‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 53 · DES VERTÈBRES. 3Ô · texte numérisé non relu

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en rompant tout à-la-fbis le ligament transversal et son accessoire , les latéraux , etc. Ce mode de déplacement est le plus difficile et le plus rare, parce que c’est par une traction directe que tous les ligameiis doivent être rompus , que l’effort s’exerce sur tous à- la-fois , et qu’il faut une force énorme pour surmonter toute la résistance qu’ils peuvent opposer : aussi ce n’est guère que dans une chute d’un lieu très-élevé sur la partie postérieure de la tête , l'épine se trouvant fléchie ou arquée suf la partie antérieure du tronc, que cette luxation peut avoir lieu. 2.° Dans un mouvement de rotation violent, où la face est portée de côte, au-delà des limites qui bornent ce mouvement, les ligamens latéraux de l’apophyse odontoïde et les accessoires sont tendus et contournés en spiralé autour de l’apophyse odontoïde j J’effort ne porte que sur eux , et point du tout sur le transverse ; avec une force ordinaire , on peut exercer dans ce sens un effort très-violent sur les ligamens tendus , et leür rupture est facile. Si en même temps la tête est inclinée sur l’un ou l’autre côté, l’un des ligamens latéraux est plus tendu que l’autre , et leur rupture successive est moins difficile. Les ligamens latéraux et leur accessoire une fois .rompus , si l’effort qui tend à incliner la tête , continue , l’un des côtés de l’espace circonscrit par le ligament transversal , peut ae présenter vers le sommet de l’apophyse odontoïde, et cette dernière peut passer au-dessous du ligament sans le rompre. Louis en faisant des reclierches sur les moyens de distinguer le suicide d’avec, l’assassinat , dans les cadavres des sujets morts par la strangulation J trouva que parmi les malheureux qui

périssaient par le supplice de la corde , ceui que l’on se contentait de suspendre , mouraient asphyxiés ; mais que ceux sur la tête desquels on exerçait ^ après la suspension ^ de violens mouvemens de rotation et d’inclinaison latérale , présentaient constaininent une luxation de la première vertèbre cervicale sur la seconde , qui avait lieu , sans doute , par le second procédé que nous venons d’exposer.

L’exécuteur de Lyon , qui lui donna occasion de faire cette remarque , et qui avait réduit en principes son infâme métier, ajoutait le poids de son corps à celui du patient , en plaçant son pied sur les mains liées devant le tronc j il imprimait ensuite à la tête , avec un de ses ge^ noux , le double mouvement de rotation et d’inclinaison latérale , par lequel il se proposait de luxer la première vertèbre , et ne cessait ces manœuvres-, que lorsqu’il avait entendu le bruit produit par la rupture des ligamens. Il est évident que pour produire la rupture de tous les li^amens et la luxation directe de devant en arriéré, les efforts qu’il pouvait exercer avec un genou et dans l’attitude où il se plaçait , n’auraient été ni sufïisans , ni dirigés dans le sens convenaljle.

Dans les enfans , où l’apophyse odontoïde n’est pas complètement développée , et a moins d’élévation , et où les ligarnens sont plus étendus relativement, etontmoins de consistance un efïbrt perjîendiculaire peut étendre d’abord, puis rompre les lîgamens latéraux et leurs accessoires , et permettre ensuite a l’apophyse odontoïde de passer au-dessous du ligament transversal sans le rompre. C’est ainsi , sans düutç , (jn il faut entendre l’observation si cé-

liES VERTÈBRE^.

Jebre de J. L, Petit. Un jeune enfant de six à sept ans est soulevé par un homme , qui dans un badinage grossier et dangereux , le saisit par là partie antérieure et la postérieure de la tête , et lui fait perdre terre. L’enfant se muline , §’agite e-t meurt. 11 est à regretter, sans doute , que la nature du désordre n’ait pas été consfatée par l’inspection anatomique mais s’il faut admettre une luxfatioii de la première vertèbre , comme la proniptitude de la mort ne permet guère d’en douter; il faut admettre aussi qu’un efïbrt perpendiculaire a suffi pour la produire^ et que l’apophyse odontoïde est passée au-dessous du ligament transversal sans le rompre. ; car, dans ce cas , U )i’a pu y avoir ni inclinaison do la tête , ni rotation suffisante.

Enfin les ligainens transverses, latéraux, etc. > peuvent se trouver assez forts pour résister à un efïort ([ui tendrait à les rompre tous à-lafpis, et à produire la luxation directe de devant en arrière. Dans ce cas , si i’éffort est d’ailleurs suffisant , et sur-tout si l’apophyse odontoïde est assez développée et un peu plus mince qu’à l’ordinaire à son collet, elle peut être fracturée plus ou moins près de sa base , et les articulations latérales des deux premières vertèbres sont détruites immédiatement. Dans certaines provinces de la France , où l’exécuteur appliquant le supplice de la corde, montait avec les pieds sur la tête du patient pour opérer une flexion violente.de cette partie , on observait ])lus fréquemment cette fracture , que la luxation directe.

Toute luxation de la première vertèbre cervicale, dans laquelle les rapports naturels de l’apophyse odontoïde ont été détruits, estmor-

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telle immédiatement. L’art ne peut , par aucun moyen , retarder et prévenir l’issue fatale de cet accident. Riolan raconte avoir vu un soldat , qui ayant été pendu , et ayant été rappelé à la vie , conserva une inclinaison latérale de la tête , qu’il attribue à la luxation de la première vertèbre cervicale , quoicfue cet homme eût conservé la faculté d’exercer librement les mouvemens de rotation de la tête. Mais on verra bientôt qu’il ne peut être qûestioii dans ce fait, que de la luxation de l’une des apophyses obliques de quelque vertèbre cervicale inférieure à la seconde , et non de la première sur la seconde. Du. moment que l’apophyse odontoïde est séparée de l’arc antérieur de la première vertèbre cervicale , elle pèse sur la inoëlle épinière, la contond , la déchire , et la mort est inévitable sur-le-champ. Dans le cas même de fracture de la même apophyse , les autres moyens d’union des deux premières vertèbres sont insuffisans pour soutenir le poids de la tête, et le tiraillement que la moelle épinière subit, entraîne également la mort.

ArticleIII.

De la Luxation des cinq dernieres Vertèbres

cers’icaLes,

La forme convexe de derrière en devant de la face supérieure du corps des vertèbres cervicales qui suivent la seconde, et la forme concave , dans le même sens de la face inférieure , l’épaisseur de leurs fibro-cartilages et l’élasticité naturelle de cette substance, permettent à ces vertèbres des mouvemens assez étendus de

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flexion et d’extension. Une disposition opposée dans le sens transversal , à la faveur de laquelle la vertèljre supérieure se trouve reçue dans une échancrure de l’inférieure , permet aussi des mouveinens assez marqués d’inclinaisons latérales. Enfin, pour les mêmes raisons, et surtout à cause de l’épai^eur et de l’élasticité des substances inter- vertébrales , les vertèbres cervicales sont susceptibles d’un léger mouvement de rotation. Dans chacun de ces mouvemens, les apoj)hyses obliques , dont la direction se rapproche . beaucoup de l’horizontale , éprouvent eiitr’elles des frottemens ou des glissemens en deux sens opposés : pendant la flexion ou l’extension du tronc , les inférieures glissent sur les supérieures de la vertèbre suivante , en se portant en haut ou en bas. Pendant l’inclinaison latérale du tronc , l’apophyse oblique inférieure du côté vers lequel le cou s’est incliné , glisse de haut en bas , et celle du côté opposé de bas en haut. Enfin , pendant la rotation du cou , l’une de ces apophyses s’élève et se porte en devant , et l’autre se porte en bas et en arrière. Dans ces divers mouvemens ^ les apophyses obliques se meuvent les unes sur les autres en décrivant une courbe concentrique par rapport à celle que décrit la totalité de la vertèbre mise en mouvement , et non pas suivant une ligne parallèle au plan de la surface articulaire de l’apophyse elle-même : en sorte que si fe mouvement d’une vertèbre est porté au point que le glissement réciprat|ue des surfaces articulaires obliques ait produit leur déplacement total , qu’elles aient cessé de se toucher , et que dans le retour à l’état naturel , l’apophyse oblique inferieure de la vertèbre

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mise en mouvement , ne décrive pas nne courbe exactement semblable à celle par laquelle elle s’est éloignée de l’apo])Iiyse oblique supérieure delà vertèbre suivante , elle ne peut se remettre en contact avec cette dernière j elles arcboutent l’une contre l’autre , et l’altitude par la-quelle le déplacement avait été opéré , se niainticTit involontairement. Il existe maintenant un assez grand nombre d’exemj)les de luxation de l’une des apophyses oi>li([ues inférieures d’une vertèbre cervicale, d’où sont résultées la rotation et l’inclinaison permanente du cou , vers le côté opposé à celui de la luxation. En existe-t-il de luxation simultanée des deux apophyses obliques inférieures d’une même vertèbre ?

On volt que pour opérer ce déplacement , IL faut , ou une flexion forcée des vertèbres du cou , ou une rotation extrême de ces mêmes, os ; une cause externe est seule capable d’agir dans le premier sens , et c’est alors seulement que la luxation pourrait avoir lieu dans les deux articulations parallèles. La seule action musculaire ])eut opérer la luxation de Lune des apo()hyses obliques inferieures. Desault citait , dans ses leçons , l’exemple d’un avocat qui se lit une de ces luxations en tournant brusquement la tête pour voir la personne qui se présentait à la porte de son cabinet, placée derrière le siège qu’il occupait. Chopart nous a montré un jeune homme âgé d’environ vingtquatre ans , (jui avait éprouvé un semblable déplacement dans un mouvement forcé de rotation de la tète, et chez lerpiel , depuis cet accident, cette partie eiait inclinée sur l’épaule gauche , et la face tourne® du mê^ne côté. Une

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YÎolence extérieure peut aussi produire le iriêjne effet , et son action est d’autant plus efficace , qu’elle ne se borne pas seulement à produire la rotation du cou , mais encore qu’il en résulte en meme temps une inclinaison latérale. C’est la manière d’agir des culbutes sur la tête , chez des enfans trop jeunes pour que leurs muscles puissent redresser assez fortement l’épine , et rejeter avec assurance et célérité le poids du corps de devant en arrière. Lorsque la nuque est appuyée contre le sol , les muscles extenseurs de l’épine font un effort pour soulever le poids du corps j mais cet effort étant insuffisant , le mouvement est commencé et ne peut s’accomplir. La contraction des muscles venant à cesser avant le déplacement de la partie inférieure du tronc , la région cervicale de l’épine se courbe en devant et ordinairement sur un côté , et tout le poids du corps agit alors sur cette partie , et spécialement sur l’articulation de l’apohpyse oblique ; opposée au côté vers lequel l’inclinaison latérale de la tête a lieu. C’est , en efïét , dans de telles circonstances que l’on a vu survenir à des enfans en bas âge , des luxations de l’une des apophyses obliques des vertèbres cervicales.

Lorsque l’une de ces apophyses est seule luxée , il s’ensuit une rotation et une inclinaison latérale permanentes de la tête et du cou f la tête est portée du côté opposé à la luxation , la face est tournée de ce même côté; le malade ne peut ramener le cou à sa rectitude naturelle , ni tourner la face du côté opposé ; on ne peut pas non plus opérer ces changemens en saisissant la tête , et en cherchant à la ramener directement dans sa situation naturelle ; le i d..

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malade éprouve une douleur qu’il rapporte .vaguement autour de la région où siège le déplacement ; les apophyses epineuses des vertèbres situées au dessus de celle qui a été luxée , et celle de cette dernière , sont déplacées et portées du côté de la luxation , pour s’incliner de là par une ligne oblique , du côté opposé : ce changement dans la situation et la direction des apophyses épineuses des vertèbres supérieures à la luxation , succède tout-à-coup à l’arrangement régulier de celles des vertèbres inférieures. Les muscles sterno-mastoïdiens , les scalènes , le trapèze, etc. , sont dans leur état naturel, et . ne présentent aucune trace de spasme , ni de toute autre affection caj)able do produire le phénomène remarquable de la situation de la tête et du cou. Ce dernier caractère est propre à faire distinguer la luxation dont il s’agit, d’avec les diverses espèces de torticolis ou obstipité , avec lesquelles elle a d’ailleurs quelque ressemblance.

On n’a jamais observé que la luxation d’une seule des apophyses obliques fût suivie d’une gêne de la moelle épinière, assez grande pour produire la paralysie, ou toute autre altération des fonctions du système nerveux. En effet , tandis que Lapophyse oblique luxée s’élève et se porte en devant , celle du côté opposé s’abaisse et se porte en arrière : il résulte delà un léger mouvement de rotation , mais trop peu marqué pour qu’il imprime une torsion sensible à la moelle épinière. D’un autre côté, la totalité de la vertèbre n’est point élevée ; sa partie postérieure seule change de situation et ce changement se jréduit enfin à une légère jiicliiiaisoii latérale : la distance qui sépare

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dans l’ordre naturel les lames postérieures , n’étant pas augmentée , il n’y a point de tiraillement , ni de compression de la moëüe épinière. Ainsi, les seuls inconvéniens qui résultent de cet accident , sont la difformité , une douleur assez vive dans les premiers temps , qui diminue et s’appaise complètement dans la suite , et successivement l’ankylose des deux vertèbres dont l’articulation a été affectée.

Comme l’on conçoit plutôt que l’on ne peut démontrer par l’observation , la luxation simultanée des deux apophyses obliques inférieures d’une inêjne vertèbre , on ne peut dire quelle influence elle exercerait sur la moelle épinière et sur ses fonctions. Il est probable qu’elle ne serait pas nulle j car , dans ce cas , la lame postérieure de la vertèbre luxée serait éloignée de celle de la suivante ; le canal vertébral serait véritablement alongé, et la moëll© épinière par conséquent tiraillée.

Dans un cas de luxation de l’une des apophyses obliques seulement, Desault ne voulut point entreprendre la réduction. Je lui ai souvent entendu raconter, dans ses leçons , que l’on avait conduit chez lui un enfant âgé de huit ou, neuf ans, qui , en faisant des culbutes sur un lit, s’était luxé l’apophyse oblique inferieure droite d’une vertèbre cervicale. La tète était inclinée sur l’épaule gauche , la face tournée vers le même côté , et la têce était tel-' lement fixée dans cette situation , qu’il était impossible de la ramener à sa rectitude naturelle , même en exerçant un effort, considérable. Peyrilhe , qui était présent, voulait que l’on tentât la réduction , mais Desault n’osa pas l’entreprendre ; et pour s’en défendre , il

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ne cacha pas aux parens du jeune malade , qu’il ne pouvait pas assurer que l’enfant ne mourrait pas dans les tentatives. Ce pronostic rempli de prudence , et dont la justesse est trèssusceptible de démonstration, n’est pas seulement fondé sur les craintes que la disposition des parties peut inspirer ; l’observation a démontré, qu’en effet des tentatives de réduction peuvent causer la mort. Petit-Radel (i) raconte avoir vu à l’hôpital de la Charité à Paris , un enfant dont le cou et la tête étaient inclinés de coté. L’accident était survenu à l’occasion d’une chute faite depuis plusieurs jours. On ne put pas déterminer d’une manière précise en quoi consistait cette maladie j mais soupçonnant une luxation , on fit quelques manœuvres à telles fins que de raison^ et le malade expira sous les yeux de ceux qui le tenaient. On examina le cadavre , on reconnut la luxation en devant de l’une des apophyses obliques inférieures d’une vertèbre cervicale. On ne sera point étonné de cet évènement , si l’on considère que pour réduire cette luxation il faut commencer par augmenter l’inflexion de l’épine dans le sens qui a produit le déplacement , afin de dégager l’apophyse oblique arrêtée devant celle de. la vertèbre suivante. Nous croyons donc qu’il faut regarder comme un précepte fondé sur la raison et sur l’expérience , celui de ne point entreprendre la réduction de la luxation de l’une des apophyses obliques : la maladie est exempte de danger , le malade en est quitte , au bout de quelque temps , pour une difformité avec laquelle il vaut mieux lui per-

(i) Encyclopédie méthod.,,Dict. de Chir.

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STiacIer de vivre , que d’entreprendre une réduction dont le succès n’est pas assuré , et qui peut causer la mort. 11 en serait de même , à plus forte raison , de la luxation des deux apophyses obliques d’une même vertèbre : nous avons déjà fait remarquer que , dans ce cas , la vertèbre déplacée doit être inclinée en devant, et la moelle épinière tiraillée; or, la tension de cet organe ne pourrait être augmentée qu’avec le plus grand danger, dans les manœuvres de réduction où il serait indispensable d’augmenter d’abord le déplacement , en portant plus loin la courbure de l’épine dans le point affecte.

Article IV,

De la Luxation du Corps des Vertèbres,

La luxation des apophyses obliques, telle que nous l’avons décrite , et telle qu’on l’a observée à la région cervicale , ne peut avoir lieu à la région dorsale et à la région lombaire : là ces apophyses ont beaucoup plus d’élévation et une direction verticale ; en sorte que pour passer les unes au-dessus des autres, et pour que celles de la vertèbre supérieure pussent se placer devant celles de l’inférieure , il faudrait que l’inclinaison antérieure entre deux vertèbres, fût portée à un point extrême que la souplesse de leurs fi bro- cartilages ne saurait permettre , sur-tout aux lombes, où les apopliyses obliques ont une longueur extraordinaire.

Mais les corps des vertèbres peuvent-ils être lu:^és ? On a cru que , dans une flexion violente de l’épine , produite , soit par la chute de

quelques corps graves sur la jjartie supérieurç du tronc , l’épine étant déjà courbée , soit par une chute d’un lieu élevé sur la nuque ou sur les l'esses , soit encore par un violent effort qui tendrait à produire une grande exteiLsion de l’épine, comme un éboulement de terre , etc. ; on a cru , dis-je , que dans des circonstances de cette nature, les ligamens postérieurs de la colonne vertébrale, et successivement le fibrocartilage, pouvaient être- rompus, et la partie supérieure de l’épine éprouver un déplacement en se portant en devant ou en arrière. Quand on réfléchit sur la force prodigieuse des substances fibrô-cartilagineuses inter^verté braies , sur la ténuité de la couche compacte qui recouvre la su])erficie des vertèbres , sur la fragilité des' lames osseuses qui forment les corps de ces os ^ on est plus porté à croire à la solution de continuité de l’os lui-même , qu’à celle de ces moyens d’union. Si l’on examine ensuite les faits sur lesquels l’opinion dont il s’agit paraît fondée , on trouve que la fracture des lames postérieures des vertèbres en est un phénomène que l’on peut regarder comme constant j que ces lames ont même été le plus souvent écrasées, brisées en éclats j et que presque toujours , quand le corps de quelque vertèbre avait en même temps subi un déplacement , l’arrachement du flbro-cartilage avait été suivi de celui d’une partie de la substance de la vertèbre même.

On voit , d’c^irès cela , que cette espèce de désordres ne porte point les caractères propres aux luxations, et qu’elle doit bien plutôt être rangée parmi les fractures comminutives ,, et compliquées de lésions graves des parties molles environnantes.

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