CHAPITRE V
Des T^uxations des Côtes,
Le silence alîsolu du plus grand nombre des écrivains observateurs , sur les luxations dont les côtes pourraient être susceptibles , n’avait point paru étonnant jusqu’après l’époque où J. L. Petit et Duverney écrivirent leurs Traités sur les maladies des os. Petit , doué d’un esprit observateur , trouva tout simple , sans doute, que la solidité des articulations de ces os , et la flexibilité dont ils jouissent, les exposassent plu tôt aux fractures qu’aux luxations, et ne connaissant probablement aucun fait en opposition avec ces conjectures , il imita l’exemple de ses devanciers. Quelques compilateurs admirent néanmoins l’existence de ces déplacemens , mais sans en citer aucun exemple j et on a lieu d’être étonné de trouver le nom de Paré à la tête de ceux qui embrassèrent cette opinion.
Cependant un des correspondans de l’Académie de Chirurgie , croyant avoir observé un cas de luxation de l’extrémité vertébrale de l’une des côtes appelées vraies , communiqua le fait à cette Compagnie , dans un mémoire où il établit une théorie sur ce sujet. L’Académie adopta l'observation et les propositions de l’autéur, et le respect qu’elle inspirait et qu’elle méritait à tant de titres, donna du crédit à une doctrine qui nous paraît avoir été admise trop légèrement.