‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource] (volume 2)Chapitre 13 sur 53 · DES CÔTES · texte numérisé non relu

DES CÔTES

Selon Buttet , les dernières vraies côtes , et les premières de celles que Ton appelle fausses > seraient les seules susceptibles de luxation , et le déplacement ne pourrait jamais avoir lieu qu’en devant : la cause luxante devrait toujours agir sur l’angle même de la côte , ou le plus près possible de l’apophyse transverse avec laquelle elle s’articule , et dans un espace très-borné : les symptômes de cette luxation seraient une douleur Vive à la région postérieure du thorax , l’inspiration courte et gênée , la mobilité de la côte luxée dans toute sa longueur, 7in bruit sensible pour le sens de Vouie^ et pour celui du toucher : \e traitement consisterait à comprimer les côtes du côté malade , près du sternum , et des vertèbres correspondantes, pour faire cesser les douleurs et la gêne de la respiration.

Mais que l’on remarque d’abord que l’auteur ne se fonde que sur un seul faitj et qu’en admettant qu’il eût été bien vu , on ne serait pas autorisé pour cela à en déduire des propositions générales. En second lieu , il ne faut pas un grand effort d’attention pour reconnaître , dans le tableau que nous venons de présenter , les symptômes de la fracture d’une côte, près de son articulation avec l’apophyse transverse de la vertèbre correspondante. Il ne pourra pas rester Je moindre doute à cet égard, si l’on écarte l’ambiguité de certaines expressions de la narration de ce fait: qu^est-ce qu’un bruit qui se manifeste par itne espèce de soubresaut ^ et qui n’est point la crépitation quoique beaucoup plus distinct qii elle ? C’est pourtant sur cette distinction subtile que reposerait, selon Buttet, toute la différence propre

h l’aire disllnguer les luxations des côtes d’avec leurs l’ractiires : suivant lui , dans ces dernières, la crépitation ne serait sensible que pour l’organe du toucher , et elle produirait un bruit inanil’este dans les cas de luxation : comme si l’on n’observait pas tous les jours une crépitation sonore , dans les recherches que l’on lait pour constater l’existence des fractures. D’ailleurs, en admettant la luxation de l’extrémité postérieure des côtes , qui ne voit que , dans ce cas , l’extrémité de l’os déplacé , revêtue de sa couche cartilagineuse , en frottant contre le corps des vertèbres correspondantes, ne pourrait j)roduire même une crépitation sourde et sensible seulement pour l’organe du toucher? On distingue , à la vérité , cette sensation , et même le bruit qui l’accompagne , dans la réduction des luxations qui intéressent les articulations orbiculaires , quoique les deux surfaces soient recouvertes d’une couche cartilagineuse j mais, dans ce cas, il se. passe des mouveinens fort étendus J l’on est forcé d’user de violence, et la tête de l’os luxé , en rentrant dans la cavité qu’elle avait abandonnée , tombe dans une excavation profonde. 13ans la supposition de .Buttet , au contraire , il s’agirait de surfaces presque planes , jouant librement, et sans obstacle, les unes sur les autres, et dans un espace fort circonscrit ; et dans cette région , on ne voit absolument qu’une fracture qui puisse donner lieu’à la crépitation , quel que soit son caractère.

Enfin , quand bien même les phénomènes indiqués par Buttet , comme propres à caractériser la luxation des côtes , ressembleraient moins exactenieiit aux symptômes de la frac-

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