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ture de ces mêmes os , le fait dont il a conservé i’iiistoire n’en serait pas plus propre à démontrer l’existence , la ])ossibilité de la maladie dont il s’agit ; son malade ayant guéri, il manquerait toujours la seule preuve sans réplique que l’on puisse donner en pareille matière, l’autopsie anatomique.
Quelques observateurs , par un abus de langage , beaucoup - trop commun en médecine , ont donné le nom de luxation à quelques cas de désarticulation des côtes dans l’une ou l’autre de leurs extrémités , par suite de leur destruction , ou de celle des vertèbres ou du sternum , à l’occasion des progrès d’un anévrisme, ou de toute autre lésion organique.
Il n’existe jusqu’à présent aucun exemple bien constaté de luxation de l’une ou de l’autre extrémité des côtes ; et la chose ne paraîtra point étonnante à quiconque réfléchira sur la longueur de ces os , sur leur structure , sur leur sjuplesse, la flexibilité de leurs cartilages , la solidité de leurs articulations sternale et vertébrale, le nombre et l’épaisseur des muscles qui enveloppent cette dernière , la facilité avec laquelle ces os sont rompus , lorsque dans les dissections anatomiques , on s’efforce de les désarticuler sans avoir eu soin de couper tous les ligarnens qui les assujettissent , etc. Que penser cependant des préceptes donnés , et des ]>ropositions avancées par quelques auteurs dogmatiques , tels que Junker , Heister, etc. ? Ils ont distingué plusieurs espèces de luxations de l’extrcinité postérieure des côtes ; ils ont enseigné plusieurs procédés pour réduire la luxation en, haut et la luxation en bas } selon eux, celle dans laquelle la côte luxée s’est por-
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tée en dedans ou en devant , est la plus dangereuse ; cette espèce y)cut être accompagnée d’une pleurésie des plus graves ; et si les manipulations ordinaires, ou diverses attitudes du malade, ne réussissent pas à procurer la réduction , il ne faut point hésiter à faire une incision ])Our saisir la côte , et la ramener dans sa situation naturelle , etc. On voit que la plupart d’entr’eux ont écrit sur des objets qu’ils n’avaient jamais vus , et sur la foi de leurs prédécesseurs j et que ceux qui ont vu les accidens. dont ils parlent , ont , sans raison , attribué à un prétendu déplacement , des effets qui dépendaient d’une ou de plusieurs fractures , ou même d’une contusion violente. On ne saurait trop donner d’attention, en effet, à cette dernière source d’accidens, à la suite des fortes percussions du thorax. Nous nous sommes suffisamntent étendus sur ce sujet , en traitant des fractures des côtes et de celles du sternum ^ pour ne pas y revenir maintenant.
Les cartilages de certaines côtes sont exposés à une altération de rapports que l’on peut ranger parmi les luxations , et dont jusqu’à présent on n’a qu’un fort petit nombre d’exemples. On sait que le prolongement cartilagineux des 6.^ , 7-^ , et 9.^ , présente une courbure dont la concavité règne le long de leur bord supérieur, et que ces cartilages offrent dans ce même lieu un élargissement sensible , à la faveur duquel ils se touchent , et sont articulés entr’eux par un ou plusieurs points de leurs bords respectifs. Une membrane synoviale attachée au contour des surfaces planes correspondantes , et (|uelques trousseaux îibreux rares , distribués sur l’une et l’autre
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faces des cartilages , composent tout l’appareil de ces articulations , qui sont rarement exposées à des efiorts coasidérales. Cependant , dans un renversement du tronc en arrière f dans une chute imminente de ce même côté , la contraction violi iUe et soutenue des muscles abdominaux , et sur-tout des muscles droits, tendant à rétablir l’équililne, peut donner lieu à la ruptiire de ses hbres ligamenteuses , et au dé[)lacement des cartilages , dont l’inférieur passe alors en arrière pendant l’effort , et se relevant ensuite, pousse en devant lesupérieur^ qui paraît avoir été celui qui a subi le déplacement. Dans une observation de ce genre, rapportée par Martin (i) , de Bordeaux , le sujet, quT était un homme âgé , en jouant avec un enfant , fut renversé sur le dossier d’une chaise, €t son corps resta suspendu quelques instans dans cette attitude , la tête pendante d’un côté , et les extrémités inferieures de l’autre ; c’est dans les efforts réitérés qu’il fit ])Our se relever, que le déplacement eut lieu. Nous avons observé nous-mêmes un fait semblable , où le même accident était survenu dans des circonstances analogues. Dans l’instant du déplacement , le malade éprouva une douleur vive dans le point affecté , et l’on put distinguer tout de suite la saillie du cartilage supérieur. On a vu un léger s])asme des muscles de la poitrine, être la suite immédiate de ce premier moment de douleur , et gêner un peu la respiration; mais il est probable que si la réduction n’éfait |)oint faite, elle pourrait avoir lieu spontanément à l’occasion des mouve*
ti} Journal de Médecine, tome I.