DU TIBIA ET DU PERONE
sement du pus dans l’articulation et dans ses environs 5 dans le cas de gangrène , on emploie tous les moyens propres à en arrêter les progrès ; mais malgré leur usage, elle gagne quelquefois toute la cuisse avec une telle rapidité , que le malade succombe très-promptement , et qu’on n’a pas même la ressource de l’amputation du juembre , opération qui deviendrait absolument nécessaire si les progrès de la mortification s'arrêtaient , et si la nature posait une ligne de démarcation entre le mort et le vif , dans un lieu où le retranchement du membre serait encore praticable. C’est vraisemblablement cette promptitude avec laquelle la gangrène s’empare du membre dans quelques cas de luxations complètes du tibia , qui a fait mettre en question , si ces lüxations ne devaient })as être mises au nombre des cas qui exigent sur-le-champ l’amputation. Un chirurgien prudent ne se décidera à prati([uer cette opération immédiatement après l’accident , que lorsque le délabrement de l’articulation sera tel , que la gangrène du membre doit en être la suite inévitable j et ce cas se rencontre très-rarement.
Des Luxations du Téroné,
En considérant la manière dont les extrémités du péroné s’articulent avec le tibia, on est porté à croire que les luxations du premier de ces os sont absolument impossibles. C’est sans doute là l’idée que se sont formée de ces luxations la plupart des Auteurs de Traités ex professa sur les maladies des os, et de Traités généraux de chirurgie , puisque très-peu en ont
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parlé , et que ceux qui en ont fait mention , en ont raisonné plutôt comme d’une chose qui ne leur paraissait pas absolument impossible, que comme d’une maladie qu’ils avaient vue.
Articulé supérieurement avec le tibia par "une facette plane , recouverte d’un cartilage lisse , le péroné est susceptible de légerg mouvemens de glissement de devant en arrière et de derrière en devant. Il pourrait se luxer dans ces deux sens , si , plus volumineux que dans l’état .ordinaire , il pouvait donner prise aux puissances extérieures capables de le déplacer. Il serait facile de reconnaître ces luxations , à la tumeur que formerait la tête du péroné dans yn lieu différent de celui qu’elle occupe naturellement , à moins qu’un gonflement considérable des parties molles ne masquât entièrement cette portion de l’os. La réduction de ces luxations serait facile j il suffirait , pour l’opérer , de pousser l’extrémité supérieure du tibia en sens contraire du déplacement j on maintiendrait la réduction au moyen d’un bandage roulé , dont la compression sur l’extrémité du péroné serait rendue plus forte du côté de la luxation , par des compresses longuettes assez épaisses et une attelle placées de ce côté , le long de ^ l’os.
L’articulation de l’extrémité inférieure du péroné avec le tibia est si serrée , qu’elle ne permet à la malléole externe de se mouvoir qu’autant que les ligamens (|ui l’affermissent
Feuvent prêter , en cédant a la pression de astragale, lorsque le pied est fortement renversé en dedans ou en dehors ; mais si ses ligamens , ainsi que ceux qui entourent l’articulation supérieure sont relâchés , et si en même