‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource] (volume 2)Chapitre 50 sur 53 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

De certaines Difformités produites par quelques dérangemens survenus peu-à-peu et sans violence extérieure , dans la direc^ lion naturelle des surfaces articulaires des Os.

X^ES OS qui entrent dans la structure du corps n’ont pas seulement pour usage d’être la base sur la(juelle reposent tous les autres organes j ce sont eux encore qui déterminent la graudeur, la direction et la forme du corps humain èii général , et de chacune des parties qui le composent. Il résulte delà qu’un changement quelconque dans la forme ou dans la direction naturelle des os , produit nécessairement un désordre plus ou moins sensible dans l’habitude extérieure , un vice de conformation.

Parmi ces vices de conformation , les uns dépendent du gonflement, de l’afïaissement et de jla courbure des os , comme on l’observe dans la maladie connue sous le nom de rachitis j les autres sont l’effet d’une déviation lente et graduée de ces organes, sans aucune altération /emarquable dans leur forme et dans leur volume : il ne sera question ici que de ces derniersj nous avons parlé des autres en traitant du ramollissement des os.

Lorsque rien ne contrarie la marche de la nature dans le développement des os, leurs surlàces articulaires prennent la forme et la direction qui leur sont propres , et qui détenninent

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la direction de ces organes , et la configuration naturelle de tontes les parties. Mais lorsque jiar une cause quelconque, unouplusieursos conèervent constamincnt la même position ])endant uii certain temps, les surfaces par lescjuelles ils s’articulent prennent une forme et une direction vicieuses^ et si elles s’endurcissent dans cette direction qui fixe celle des os les uns par rapport: aux autres, il en résulte des vices de contbrniâtioii < ^ue l’art peut quelquefois prévenir ,' lorsqu’ils Sont récens et que l’ossification n’est point ache- A-^ée ÿ mais qu’il est impossible de coi;riger lorsqu’ils sont anciens, et que les os ont acquis beaucoup de consistance et pris tout leur accroissement.

Nous allons examiner les effets de cetté direction vicieuse des surfaces articulaires dans les diverses parties du corps.

— La tête a naturellement de la disposition à s’incliner en devant , parce que son centre dé gravité se trouve au-devant de son articulation avec la première vertèbre cervicale. Cetté tendance est sans cesse contre-balancée par l’action des muscles postérieurs du cou qui ramènéntla tête en arrière, de manière à la maintenirdroite, et à permettre aux vertèbres de cette région de prendre la figure qui leur e^t convenalde, pour donner à la portion de l’épine qu’elles fqrinent, la légère courbure qu’elle doit offrir en arriére. A cette cause générale de la flexion vicieuse de la tête , se joignent quelquefois des causes particulières qui la favorisent encore ; telles sont la myopie , ou seulement la faiblesse de la vue, et la mauvaise habitude de regarder les objets de très-près , lorsque les yeux sont assez bons pour les bien distinguer à la distance ordinaire.

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Dans tous ces cas, la flexion, constante de la tête influe sur la forme et la direction que le corps des vertèbres cervicales prend en se développant. La partie antérieure de ce corps éprouve une pression qui l’empêche d’acquérir l’épaisseur qu’elle doit avoir j et si les vertèbres s’endurcissent dans cette position , il devient désormais impossible de redresser le cou , et la tête reste pour toujours penchée en avant.

Ce n’est guères qu’à l’âge où les enlans commencent à lire et à écrire qu’on s’aperçoit de cette habitude. Pour en prévenir les effets, on ne saurait employer de trop bonne heure les moyens propres à la corriger!: ainsi on ne doit pas souffrir que les enfans inclinent la tête pour lire ou travailler; il faut qu’ils portentleur ouvrage ou leur livre près de leurs yeux, et non leurs yeux près de leur livre ou de leur ouvrage ; sans cette précaution , la colonne cervicale se courberait infailliblement en devant. Par la même raison on doit faire écrire et dessiner les enfans sur une table d’une hauteur convenable , et les coucher dans un lit horizontal , sans chevet , ou du moins sur un oreiller très-mince. Un moyen qui n’est point à négliger chez ceux qui ont atteint cinq à six ans, c’est de leur placer sur le sommet de la tête et un peu en devant , quelque objet qui puisse glisser facilement; on leur recommande alors de marcher sans laisser tomber ce qu’on leur a mis sur la tête. En leur faisant un jeu de cet exercice , et eu les engageant à le réitérer souvent , on les verra bientôt tenir la tête droite ; mais on ne doit pas oublier que^ pour tirer de ce moyen tout l’avantage qu’on peut en espérer, il faut que les enfans ne se doutent pàs du but dans lequel on l’emploie, et qu’ils le regardent comme un amusement.

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Si la flexion de la tête est considérable, et ' qu’elle ait résisté aux moyens dont nous venons de parler , ou qu’on juge d’avance ces moyens insuflisans , il faut en employer d’autres plus efficaces. Celui qui paraît le plus propre à remj plir le but qu’on se propose , est une mentonnière disposée en croissant , et construite avec une lame de fer très-mince , recouverte de taffetas et d’un coussin de coton, plus épais sur le côté concave que sur l’autre. Cette mentonnière est soutenue en devant par deux fils d’archal, disposés enzig-zag, fixés d’une part àlapartiemoyenne de sa convexité , et de l’autre dans deux goussets pratiqués à la partie antérieure et supérieure du corset de l’enfant. La longueur de ces fils doit être proportionnée à celle du cou ; en géj néral elle doit être telle , que le menton étant ‘ embrassé par la plaque, et les extrémités des fils j d’archal étant fixées au corset , la tête soit rej dressée sans violence et maintenue dans sa rectitude naturelle. Aux cornes du croissant sont attachés deux rubans qu’on joint sur la nuque et qui augmentent la solidité de la mentonnière. On voit d’après cette description , que l’effet de cette machine est de soutenir la tête ; qu’elle est propre à-la-fbis à l’empêcher de prendre une mauvaise position et à la rétablir dans celle qui lui convient. Elle a un autre avantage encore , celui d’agir d’une manière graduée de telle sorte, qu’elle résiste d’autant plus à la flexion que celle-ci est plus considérable et par conséquent plus vicieuse , et que la force avec laquelle elle tend à remettre la tête dans la situation naturelle , diminue à mesure que cette partie s’en rapproche davantage. Ainsi cette mentonnière agit continuellement, comme pourrait faire une

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ïiiain prudente qui , chaque fois que Tenfant \eut baisser la tête , viendrait doucement se présenter sous le menton pour le relever. Au défaut de cette machinej otï de tout antre analogue , on pourrait se servir ^ sur-tout pour les jeunes garçons, dhm collier de carton ou de cuir bouilli, assez large pour tenir le menton à la hauteur convenable. Mais on sent combien la nichtonnière clastique^a d^avantages sur celui-ci.

Par son mode d’articulation avec la colonne vertébrale , la tête n’a pas plus de tendance à s’incliner d’un côté que de l’autre : ainsi lorsqu’un enl'ant penche la tête à droite ou à gauche , c’est orJinairenyent l’elTet d’une habitude vicieuse. Nous ne parlons point ici de la flexion latérale de la tête produite par une maladie quelconque des parties dures ou molles de la région cervicale : nous nous en occuperons en traitant du torticolis; il ne sera question que de l’inclinaison qui dépend d’une mauvaise habitude. C’est souvent dès le berceau que les enfaiis la contractent : cela arrive lorsque la lumière vient les frapper latéralement et toujours du iiiêrrie côté : ils tonrixeut alors sans cesse la tête et le c'où vers la Imrtière , flont ils paraissent fort avides , comme de toutes les autres sensations; et l’on conçoit aisément vqu’à cet âge, l’effet d’une position halutuelle doit être plus rapide encore qu’à toute autre epot^ue de la vie. On prévient cet inconvénient en plaçant lé berceau de l’enfant de manière que le jour tombe également sur ses deux yeux , ou même lui vienne du côté opposé à celui d’où il le reçevait auparavant. On peut aussi prendre avec les mains la tête de l’enfant, et la ramener peu-à-peu, par

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des efforts légers et très-fréquemment répétés , fi nis sa position naturelle. Lorsque l’enfant qui à contracté l’habitude de tenir la tête de côté est déjà dans sa seconde année , on doit lui présenter presque sans cesse, quelque objet qui ex» cite vivement sa curiosité , en ayant soin de le placer de telle manière que , pour l’apercevoir^ il soit obligé de tourner fortement la tête du côté opposé à celui vers le(juel il a coutume dé la diriger.

Enfin , si ces divers moyens ne suffisent pas , il faut avoir recours à un bandage propre à ramener la tête à sa situation naturelle et à l’y maintenir ; une simple bande suffit pour remplir à-peu-près cette indication; tout le monde sait de quelle manière elle doit être employée 5 mais on parviendrait beaucoup mieux au but qu’on se projiose , en se servant d’un bandage mécanique qui pourrait être gradué à volonté. Au reste , pour favoriser l’action de ce moyen et de tous ceux dont il a été parlé précédemment, il sera bon défaire des applications émollientes sur le côté du cou vers lequel la tête est inclinée , afin de combattre la rétraction des' muscles et d’en favoriser ralongeinent.

— Les épaules sont susceptibles de diverses difformités produites par les mêmes causes: nous allons les examiner successivement.

Pour être bien situées , les épaules doivent être à la môme hauteur; leur partie supérieure doit correspondre exactement au niveau de la première côte ; les bases des omojdates doivent être très- rapprochées l’une de l’autre et se cacher sous les parties molles qui les recouvrent enfin l’une 'et l’autre épaules doivent être également arrondies et saillantes. Pans cet état,

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les clavicules sont dirigées obliquement de dedans en dehors , de devant en arrière et un peu de bas en haut , et le sommet de la poitrine en est la partie la plus large. Telle doit être la conformation des épaules , que des habitudes vicieuses altèrent fréquemment.

Quand les épaules s’élèvent au-dessus de la base du cou, celui-ci paraît plus court et comme enfoncé , ce qui donne un maintien désagréable. Cette difformité , qui dépend presque toujours d’un vice de conformation , peut être aussi , quoique bien rarement , l’effet de la seule habitude d’élever continuellement les épaules. Pour prévenir un semblable inconvénient , on doit éviter avec soin, de suspendre les enfans par la lisière , en les soulevant en l’air p 2.° de les faire asseoir sur des sièges dont les appuis , trop hauts pour eux , les forcent d’élever leurs épaules pour y placer leurs bras; 3.® de leur donner de ces roulettes où , dans certains pays , on a coutume de les placer pour les empêcher de tomber , et pour épargner à ceux qui les soignent , la peine d’être toujours auprès d’eux : ces roulettes sont nuisibles , parce que les accoudoirs sont trop élevés; et quand ils le seraient moins , elles seraient nuisibles encore , parce qu’on les donne aux enfans à un âge , où étant encore inhabiles à la station, ils se soutiennent bien plus par le secours de leurs bras , qu’au moyen des membres inférieurs ; 4-'’ enfin , on évitera par la même raison de les faire écrire , manger ou jouer sur une table trop haute.

Les deux épaules n’offrent pas toujours à-lafüis la mauvaise situation dont nous avons parlé ; il arrive dans (juelques cas que l’une est plus élevée que l’autre. Cela peut dépendre de

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la déviation de la colonne vertébrale , ou d’une habitude vicieuse que l’on a contractée. Si la colonne vertébrale a conservé sa direction naturelle , la situation plus basse d’une épaule vient évidemment de la dernière de ces causes. Un enfant qui se tient ordinairement debout sur un seul membre, tandis que l’autre est dans une sorte de repos , est expose par cela même à avoir une épaule plus basse que l’autre. Si^ par exemple , l’enfant se tient sur le pied droit , et si la jambe gauche , un peu fléchie, ne concourt point à supporter le poids du corps , il faut nécessairement, pour que l’équilibre soit conservé, que le tronc s’incline à droite , pour reporter le centre de gravité sur la jambe correspondante , ce qui ne peut avoir lieu sans que l’épaule gauche soit élevée et la droite abaissée. Dans cette espèce de station , les muscles élévateurs de l’épauie abaissée sont relâchés et alongés , ceux de l’épaule opposée sont contractés et raccourcis. Or , si cette position devient habituelle , les muscles s’accoutument tellement à l’état dans lequel ils se trouvent , que les épaules ne peuvent plus reprendre d’elles-mêmes leur situation première.

Lorsque l’habitude de se tenir sur un seul pied n’est point ancienne , on peut la corriger , et prévenir l’effet qui pourrait en résulter par rapport aux épaules, en recommandant sans cosse à l’enfant de s’appuyer sur les deux pieds et de tenir le corps droit. Si l’habitude est déjà ancienne, et qu’une épaule soit plus basse que l’autre, on fera tenir l’enfant sur le pied opposé à l’épaule qui est déprimée. Ces moyens , employés de bonne heure et avec persévérance , peuvent suffire lorsque la différence de hauteur

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il’est pas très-considérable. Dans le cas contraire, il faut employer des secours plus elïicaces. À cet efï’et , on doit faire portera ferdant ■un corset , dont une des ouvertures , celle dans lacpielle doit passer le bras qui correspond à l’épaule abaissée , soit moins échancrce inié- Tieurement que celle du côté opposé Pour éviter la gêne et même la douleur que produit le bord de cette ouverture sur l’aisselle qu’il comprime, l’enfant tient l’épaule élevée , et l’usage prolongé de ce moyen lui fait perdre l’habitude qu’il avait contractée. Les muscles élévateurs de l’épaule déprimée , qui auparavant étaient dans un état presque continuel de relâchement et d’alongement , sont forcés alors d’être sans cesse en contraction ; leur force se rétablit peuà-peu , et au bout d’un certain temps les épaules ont repris et conservent naturellement la position dans lafjuelle on les à maintenues à ï’aide du corset.

Pour reméii ier à l’inégale hauteur desépaules, quelques personnes avaient imaginé de placer sur l’épauie élevée un corps peèant, un morceau de plomb , par exemple , qui fut assez lourd pour l’abaisser. Mais l’expérience fit bientôt rejeter un moyen qui, d’a]n'ês les lois de r 'équilibre du corps, est tout-à-fait contraire au l)vit dans lequel on l’employait. En effet , |prs(ju’on ]dace un fardeau sur une épaule , elle se porte toujours plus haut que l’autre par la contraction violente de ses élévateurs , et ‘par la flexion du tronc vers le côté qui n’est point chargé 5 flexion absolument nécessaire pour empêcher la chute latérale , et ramener vers la partie moyenne le centre de gravité. Ainsi, au lieu d’imiter l’erreur de ceux qui pla-

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cent nn poids sur l’épaule la plus haute , pour corriger une difformité qu’ils augmentent réellement , on appliquera le même moyen sur l’épaule la plus basse , ou bien on fera porter avec la main ou le bras correspondans quelque chose d’un peu lourd. De cette manière on forcera l’enfant d’élever l’épaule qu’il tient ordinairement abaissée, et d’abaisser celle qu’il a coutume d’élever. On peut encore remplir la même indication, en le faisant marcher avec une canne très-haute qui le force d’élever l’épaule la plus basse , ou bien avec une canne tiès-courte qu’il porte avec la main opposée , et sur laquelle il ne peut s’appuyer qu’en déprimant l’épaule correspondante.

Les enfans ([ui contractent l’habitude de porter les bras en devant , et de les laisser , pour ainsi dire , tomber sur la partie antérieure du corps , finissent par avoir les épaules rondes et saillantes. Dans cette situation des bras , les omoplates sont éloignées de la colonne vertébrale, et correspondent à la partie la plus convexe des côtes , qui les repousse , en quelque sorte, en arrière^ et les fait proéminer sous les tégumens : les clavicules deviennent presque transversales j la résistance qu’elles opposent à l’omoplate pour l’empêcher de se rapprocher de la partie antérieure de la poitrine , les soumet à une pression qui augmente leurs courbures et rapproche leurs extrémités 3 en sorte que si ces os s’endurcissent dans cet état , ils ne peuvent plus se prêter au mouvement rétrograde des épaules ; celles-ci restent rondes , en même temps que la partie antérieure et supérieure de la poitrine est rétrécie , ce qui nuit beaucoup à la perfection de la taille.

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Pour prévenir cette dilïbrniité , on doit faire' porter aux enfans chez lesquels on a lieu de la craindre , des corsets construits de telle sorte , que l’ouverture des manches leur permette de jeter suffisamment les bras en dehors et en arrière. Lorsqu’ils ne sont plus dans la première enfance y on propose aussi de leur présenter un bâton d’une longueur telle , que , pour en saisir les deux extrémités , ils soient forcés d’étendre les bras horizontalement j on leur fait encore porter fréquemment les bras en arrière , de manière que les mains se croisent sur le sacrum ou les lombes : on doit aussi les coucher le plus à plat qu’il se peut , et les surveiller même pendant leur sommeil , pour empêcher qu’ila ne placent leurs bras sur le devant de la poitrine, et les en écarter doucement lorsqu’ils les y ramènent. Enfin , on peut se servir utilement de bretelles de velours ou d’un autre tissu , disposées en manière de huit de chiffre , avec lesquelles on porte les épaules en arrière au degré qu’on juge convenable.

— L’influence de l’habitude ne se fait pas moins sentir sur la direction des portions dorsale et lombaire de la colonne vertébrale , que sur celle de sa portion cervicale.

Dans l’état naturel , la partie antérieure du corps des vertèbres dorsales acquiert moins d’épaisseur que la partie postérieure , tandis qne dans les vertèbres lombaires on observe une disposition inverse. Les substances ligamento-cartilagineuses qui unissent entr’eux les corps des vertèbres, offrent à cet égard une conformation semblable à celle que nous avons indiquée pour ces os , c’est-à-dire , que leur partie antérieure est moins épaisse dans la ré-

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tion dorsale y et la postérieure dans la région.

es lombes. Il résulte de là que la portion dorsale est convexe en arrière, et la portion lombaire en devant. Les parties latérales du corps des vertèbres et des substances inter-vertébrales , ont une épaisseur égale ; aussi la colonne vertébrale n’offre-t-elle aucune courbure latérale , sauf une légère inflexion dont la concavité est à gauche , et qui se montre vers la troisième et la quatrième vertèbres du dos.

Si rien ne contrarie le développement natuturel des vertèbres, ses courbures, qu’on ne rencontre pas encore chez les enfans très- jeunes , se prononcent convenablement avec l’âge, et la colonne vertébrale prend la direction qui lui est propre. Mais cette direction peut être altérée par

Îdusieurs causes dans les sujets lés plus sains , es mieux portans, et dans tous les temps de la vie , mais particulièrement dans l’enfance et chez les individus faiblement constitués. Un travail assidu qui exige la flexion constante du corps, l’habitude de porter de pesans fardeaux sur la tête ou sur les épaules , de labourer la terre , sur - tout avec la pioche et le hoyau , sont autant de causes qui , en produisant la flexion presque continuelle du tronc, l’accoutument peu-à-peu à rester dans cet état ; presque tous les anciens vignerons et les porte-faix sont dans ce cas j la vieillesse qui débilite l’action des muscles et des ligamens , produit assez souvent un effet semblable. La même chose a lieu chez les enfans qui penchent le corps en devant , soit que cette flexion dépende d’une mauvaise habitude chez un sujet bien constitué , soit qu’elle provienne de la faiblesse des muscles de l’épine chez un enfant délicat , ou

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clioz un jeune lioinme débile dont l’accroissement a été rapide et prématuré. Dans tou,s ces cas, la partie antérieure du corps des vertèbres et des substances inter- vertébrales s’affaisse j la colonne vertébrale se courbe en devant et ne peut plus reprendre sa direction naturelle. II est rare cependant que la seule habitude de pencher le corps en devant , produise chez les enfans bien constitués un changement notable dans la direcûon de la colonne vertébrale : ses effets se bornent presque toujours à une augmentation plus ou moins marquée de la courbure propre à la portion dorsale de l’épine, ce qui rend le dos voûté, les épaules saillantes et arrondies, et la taille diforme.

Quoique ce défaut de conformation soit peu considérable, on ne doit rien négliger pour le prévenir. La plupart des moyens dont nous avons parlé , en traitant de l’inclinaison de la tête en devant, seront employés ici avec avantage ; mais lorsque l’habitude de pencher le corps en devant , est jointe à une faiblesse de ia constitution , à un accroissement considérable , on doit beaucoup moins compter sur ces moyens , dont l’effet est purement mécanique , que sur des médicainens et un régime toniques et fortifians.

Il est rare , comme nous nous venons de le dii e , que l’habitude d’incliner le corps suffise j)Otir produire un dérangement sensible dans la direction de la colonne vertébrale ; ainsji lorsqu’on voit la taille d’un enfant se déformer , on doit en chercher la cause ailleurs que dans la manière dont il se tient. Cette cause est quelquefois la contraction spasmodique de certains muscles du troue j mais le plus souvent

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c*est un vice interne ou général qui pprte son action sur les os , et particulièrenient sur les vertèbres , en même temps qu’il débilite l’appa- 2’eil musculaire et tous les autres systèmes dq l’économie.

Nous allons présenter succinctement l’influence de ces deux genres de causes sur la conformation de l’épine, et Ips moyens propres à combattre l’affection qu’ils prpduisent.

La direction de la colonne vertéb^rnle es^ déterminée, comme nous l’avons dit plus haut par la forme particulière du corps des yertèjjireS( et des substances inter vertébrales. Mais coipinq l'élasticité de ces dernières dpnne à cett® cot lonne une flexibilité très-grande , pour qu’ellp se maintienne dans sa direction naturelle , ii faut non-seulement que le pprps des vertèbres eppr serve la forme qui lui est propre , mais epppre que les musples qui peuvent mouvpjr ces os agissent de manière à se contre-balapper réciproquement. Si les muscles d’un côtp se cout tractent avec plus d’énergie que ceux du côté opposé , la colonne vertébrale change de direction , et s’incline nécessairement du côté où )es muscles agissent ayec plus de force. Ainsi la contraction spasmodique des muscles droits de l’abdomen , inclinera l’épine en devant ^ elle sera renversée en arrière par celle dps muscles placés dans les gouttières vertéljrales j elle se fléchira latéralement lorsque les muscles d’un côté seront contractés spasmodiquement.

C’est sur-tout dans la première jeunesse, plus exposée que tout autre âge à }a gibbosité et aux maladies convulsives , qu’on voit la fpf’CP musculaire produire seule la déviation de l’épine ; à çette époque de la vie , les substance^

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inter-vertébrales sont plus souples et plus molles qu’elles ne le seront plus tard; elles s’alongent avec moins de difficulté du côté où la force musculaire rend l’épine convexe , et s’affaissent plus aisément du coté opposé. Bien plus , les vertèbres elles-mêmes sont tellement comprimées de ce côté , que , loin de prendre leur accroissement ultérieur , elles perdent peu-à-peu l’épaisseur qu’elles avaient acquise, et deviennent extrêmement minces. Mais il est bien rare que la contraction spasmodique des muscles dure assez long-temps pour produire de tels effets , et le plus souvent , lorsque cette contraction cesse , la colonne vertébrale reprend sa direction naturelle.

Il arrive quelquefois qu’au bout d’un temps trop peu considérable pour que les parties qui composent la colonne vertébrale aient été affectées dans leur organisation , cette colonne ne peut plus reprendre sa direction ordinaire , quoique le spasme ait disparu. En examinant alors avec attention les muscles qui ont été contractés , on reconnaît qu’ils se sont raccourcis au point de ne pouvoir plus se prêter à l’alongement nécessaire pour que la colonne se rétablisse dans la direction qui lui est propre. C’est ainsi que deux fois j’ai vu la contraction spasmodique du muscle sterno-cléido-mastoïdien , laisser dans cette organe un telracourcissemcnt, que la tête resta inclinée sur l’épaule correspondante , après que l’état de spasme eut été dissipé.

Si la contraction spasmodique des muscles qui agissent sur la colonne v.ertébrale , peut , au bout d’un temps fort court , laisser dans ces organes un raccourcissement quelquefois

DE Certaines dietormités > etc.

opiniâtre ^ et lorsqu’elle persiste davantage , tendre incurable l’iiillexion ^cieuse ([u’elle imprime à cette colonne , on ne saurait trop se hâter de lui opposer les moyens propres à la combattre , tels (jue les bains chaude , les embrocations avec un Uniment camphré et opiacé , les fomentations et les cataplasmes émoiliens et anodins , les eaux minérales suUureuses , naturelles ou artilicielles , en bains et en douches , etc. , etc. Entre ces moyens, on choisit ceux qui paraissent le mieux appropriés à la cause connue ou présumée de la maladie.

Il est rare que les inflexions contre-nature de la colonne vertébrale soient produites uniquement par les différentes causes dont nous avons parlé jusqu’ici ; elles ont presque toujours pour principe un vice interne ou néral. Nous avons parlé ailleurs de celles qui sont l’effet du rachitis, et ded’afféction connue sous le nom de mal vertél^rai de Pott : il ne sera donc question ici que des courbures de l’épine , qui se manifestent plus ou moins long-temps après la première dentition chez des sujets qui, sans être décidément rachitiques , sont entachés de quelque vice qui porte son action sur les vertèbres et quelquefois même sur les autres os du tronc. C’est particulièrement chez les enfàns nés de parens scrophuleux , vérolés , cacochymes , épuisés par l’âge et par les femmes , que s’observent ces déviations de la cO-i lonne vertébrale , ou bien chez ceux qui ont eu pour nourrice une femme affectée des mêmes vices, n’ayant point ou presque point de lait, y suppléant par la bouillie, ou bien allaitant son nourrisson, pendant sa grossesse. Quel- Ji. 38

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quefois aussi l’on a vu des enf'ans nés de parons bien sains , allaités par leur mère ou par une nourrice exempte de tout vice , chez lesquels la colonne vertébrale a coininencé à se courber dans la convalescence d’une affection

aijîuë^ et particulièrement d’une maladie éruptive , telle (jue la variole , ou la rougeole, etc. , sur- tout lorsqu’on les a trop promptement exposés au grand air, sans la précaution de les tenir assez chaudement vêtus.

Les déviations de l’epine , dont il s^agit, ont lieu plus süuventchez les jeunes filles , que chez les garerons j elles se manifestent ordinairement depuis l’age de six à sept ans, jusqu’à celui de quatorze ou (piinze. Prescjiie toujours la portion dorsale de re[)ine en est Je siégé , quelquefois même elle en est le siège exclusif; mais le plus souvent la portion lombaire change aussi de direction. Les inflexions vicieuses de la colonne vertébrale n’ont presij^ue jamais lieu en avant ou en arriére ; c’est presque toujours de côté et même de droite à gauche que se courbe cette colonne. Dans les cas où ses portions dorsale et lombaire sont déviées en même temps, elles forment deux courbures disposées en sens inverse , de façon que la concavité de l’une correspond à la convexité de l’autre , ce qui donne à la colonne vertébrale Informe d’une S italique, dont les courbures sont plus ou moins grandes , suivant (|ue la maladie est portée à un degré plus ou moins considérable.

La colonne vertébrale ne peut changer de direction , sans que les côtes qui s’articulent avec ses parties latérales n’éprouvent des chaiigcinens c[ui influent d’une manière très- remarquable sur la forme de la poitrine. Celles qui

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s'attachent au coté convexe de l’épine déviée , prennent en arrière une courbure plus considérable , qui repousse l’omoplate et la rend plus saillante j tandis que la portion antérieure de ces côtes perd une partie de sa courbure naturelle : en même teirqis ces côtes s’écartent les unes des autres , et les espaces inter-costaux deviennent plus considérables. Les côtes qui répondent au côté concave de l’épine éprouvent des changemens tout opposés : la convexité de leur partie postérieure diminue , et celle de ' leur partie antérieure augmente j elles se rap- ])rüchent les unes des autres, et les intervalles qui les séparent deviennent plus étroits. Il résulte de là que ce côté de la poitrine est plus ou moins concave , que la mamelle correspondante est plus saillante que celle du côté oppôsé , sans être réellement plus volumineuse , et que l’omoplate , sans être plus petite , est beaucoup moins proéminente.

Lorsque la cause qui produit la déviation de l’épine borne son action aux vertèbres , les changemens qu’éprouvent les côtes dans leur direction , et la poitrine dans sa forme , sont rarement portés à un degré assez considérable pour gêner les mouvemens du thorax et rendre la respiration difficile. Mais lorsqu’elle agit aussi sur les côtes , ces os se déforment de différentes manières, la configuration de la poitrine peut être considérablement altérée , et la respiration plus ou moins gênée , comme nous l’avons dit en parlant du rachitis.

L’espèce de courbure de l’épine (jui nous oc- ; cupe se montre , en général , à un âge où le I bassin a déjà acquis un développement corisi- ! dérable, et les os qui le composent une assez

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grande solidité ; aussi est-ii rare qu’elle iiiüiie sur la configuration de cette partie j seulement lorsque la distorsion de la colonne vertébrale est considérable , et sur-tout lorsqu’elle a lieu simultanément dans ses portions dorsale et lombaire , elle change la direction du bassin par rapport à cette colonne. Alors , au lieu de former , comme dans l’état naturel , un angle droit de chaque côté avec la base du sacrum , la colonne vertébrale présente un angle aigu d’un côté , et de l’autre un angle obtus ; en sorte que les deux hanches sont inégalement élevées. Il n’en est pas de même lorsque la courbure de l’épine a lieu dans la première enfance , chea un sujet décidément rachitique; dans ce cas , tous les os du corps ayant de la mollesse et de la flexibilité , ceux du bassin éprouvent dans leur direction et dans leur forme , des change- ^ mens divers qui produisent dans la configuration générale de cette partie des altérations,* nombreuses. D’après ce que nous venons de dire , 011 voit comment il arrive que des femmes ont le bassin bien fait , quoique leur colonne vertébrale soit contournée ; tandis que chez d’autres la distorsion de cette colonne est toujours accompagnée de la mauvaise configuration du bassin.

C’est ordinairement d^ine manière lente et graduée que s’opère la déviation de la colonne vertébrale ; en sorte que les personnes qui prennent soin des enfans ne s’eu ajjerçoivent que lorsqu’elle a fait des progrès considérables. Elles remarquent bien d’abord, à la vérité , l’élévation et la saillie d’une épaule , et l’inflexion du tronc vers le côté opposé ; mais comme la plupart du temps elles attribuent ces phénomènes

BÈ certaines biefor mites , ctc. 5p7

la mauvaise habitude que les enf'ans ont contractée de pencher le corps d’un côté , elles se contentent de les avertir sans cesse de se tenir droits, et négligent d’ailleurs les moyens qui pourraient arrêter les progrès de la maladie. Aussi arrive-t-il souvent que lorsqu’on réclame les secours de l’art , ils ne peuvent plus rien contre un mal devenu absolument incurable , par l’altération profonde qu’il a portée aux vertèbres.

Il est donc très-important d’opposer de bonne heure à la déviation de la colonne vertébrale les moyens propres à y remédier , ou du moins â en arrêter les progrès. A cet effet , on doit recourir à-la-fois aux médicamens internes , aux topiques et à un régime convenable. Les médicamens internes doivent être choisis parmi ceux qui sont spécialement destinés à combattre le vice interne dont l’enfant paraît atteint , et qui doit être regardé comme la véritable cause ou le principe de la distorsion de l’épine. Des différens vices auxquels peut être attribuée cette maladie, le scrophuleux est certainement celui qui la produit le plus souvent. Il s’annonce en général par des signes assez remarquables , pour etre facilement reconnu ; quelquefois cependant il s’offre sous des traits à peine prononcés , et même sous les dehors d'une santé florissante , qui permettent à peine d’en soupçonner la présence J mais dans ces cas où l’on ne rencontre aucun des signes qui caractérisent ou font suspecter le vice scrophuleux , on est conduit à le reconnaître et à le combattre , soit par la fbiblesse de la constitution du malade , soit par les signes commémoratifs , tels que l’origine de jiarens cacochymes , épuisés par les femmes ,

5^8 DE CERTAINES DIFFORMITES , CtC.

les aimées , les maladies vénériennes , etc.

Nous ne croyons pas devoir énumérer ici en détail tous les remèdes qui ont été proposés et employés pour combattre le vice scrophuleux : nous pensons qu’il suffira de dire que ceux qui ont été administrés avec le plus d’avantages > sont les toniques amers , les anti-scorbutiques f les martiaux, les mercuriaux , les antimoniaux , les eaux minérales ferrugineuses et sulfureuses, les carbonates de potasse et de soude : on se détermine pour l’un ou l’autre de ces remèdes, ou bien on en combine plusieurs ensemble , suivant les circonstances particulières qui accompagnent la maladie^ ou qui paraissent avoir coopéré à son développement. Ainsi l’on devra préférer le mercure dans les cas où le vice scropliuleuxse développe chez un individu né de parens cj ui auront été affectés une ou plusieurs fois de la maladie vénérienne , et dont la constitution aura été affaiblie par cette affection autant que par l’abus des moyens employés pour la guérir. Si des symptômes scorbutiques accompagnent ou précèdent l’affection scrophuleuse , on doit S[)écialement insister sur les remèdes propres à combattre le scorbut : c’est sans doute dans des cas de cette espèce , si communs dans les grandes villes , que Bouvard , et MM. Portai. etSalmade, ont fait un usage heureux du sirop de Bellet et du sirop anti-scorbutique.

Lors(ju’un enfant, dont Pépine se contourne, ne présente aucun signe qui puisse faire soupçonner l’existence du vice scrophuleux , et c[ue d ailleurs il est doué d’une constitution faible et délicate, c’est aux remèdes tonitpies et fortifians qu’il faut avoir recours ; le quinquina et î>es diverses préparations , une forte décoction

DE CERTAINES DIFFORMITÉS, etC.

hoiiblcwi , de racine de bardane ou de gentiane , sont ceux dont l’expérience a le mieux établi relHcacité.

Quelle que soit l’utilité de ces remèdes , on ne peut jamais se dispenser d’y joindre l’usage de tons les moyens que l’hygiène prescrit. On conseillera aux personnes qui jouissent d’une certaine aisance d’habiter la campagne préférablement à la ville , dans un lieu exposé au midi ou au levant, et dans un climat chaud. De semblables conseils ne sauraient convenir à la classe indigente, obligée souvent de rester dans le lieu qu’elle habite , faute de trouver ailleurs les mêmes moyens d’existence. L’habitant des campagnes pourra , sans quitter son village , se transporter sur un coteau mieux exposé j le peuple des villes abandonnera un rez-dechaussée humide dans une rue étroite , pour un premier étage plus élevé, et un faubourg sec et bien aéré. L’insolation fréquente , avec les précautions convenables pour en préserver la tête, ne doit pas être négligée , non plus que l’usage des poêles et des cheminees pénclantl’hi ver , aliu de maintenir dans une température modérée , l’air de la chambre du malade.

Les vêtemens , variés suivant les saisons , devront toujours être chauds. Il sera utile que ceux qui touchent immédiatement la peau soient de flanelle ou d’une autre étoffe de laine. Les frictions sèches et humides, avec des flanelles imprégnées de vapeurs aromatiques, ou imbi- Ifées de liqueurs spiritueuses et balsamiques , telles que l’eau de lavande , de mélisse , le baume ncrva, celui de muscade, de Fioraventi , etc. Les bains froids dans la rivière , les bains aromatiques , hydro-sulfureux , ceux de mer , se-

6oO DE CERTAINES DIFFORMïTÉS f CtC.

ront conseillés suivant les circonstances. Le malade couchera sur une sorte de matelas rempli d’Jierlies aromati(jues desséchées. Quant aux allniens , il fera usage de ceux qui sont légers , iaciles à digérer , mais très-nourrissans , tels que la chair des animaux laits , comme le mouton , le bœuf, les viandes sapides et colorées ; les racines succulentes , comme celles de la carotte , du navet , de la scorsonère , du chervi ou gyrolle j les herbes anti-scorbutiques , comme les choux, les oignons, les poireaux, lé certéuil , le cresson , la roquette : on ne permettra les farineux qu’autant qu’on y joindra des viandes convenables, et des végétaux aromatiques. Le laitage , les fruits verts ou gâtés seront proscrits ; l’usage modéré du chocolat et du caie ne peut être que profitable. Le vin vieux de bonne qualité, étendu convenablement avec l’eau, et quelquefois pur , est la boisson la meilleure.

Pour ce qui regarde l’exercice , il est bon de remarquer (ju’il ne suffît pas que le malade se livre à celui qui fortifie le corps en général , comme la marche , la course, la natation , la lutte , etc. , il faut que les membres supérieurs soient sur-tout exercés , et spécialement celui qui correspond au côté où la colonne vertébrale est devenue concave : il est remarquable que les muscles de l’épaule et du bras de ce côté , sont moins développés et moins forts que ceux du côté opposé , et cette faiblesse est une tles causes déterminantes de la déviation de l’épine ; d’où l’on peut conclure que l’exercice partiel de ce bras .est le moyen le plus sur et le plus facile de la corriger. On peut remplir cette indication de diverses manières. Les jeux de volant , de balle , de ballon , l’action de ti-

T>E CERTAINES DIFFORMITES , CtC. 6ol

rer avec une corde placée sur une poulie, un poids qui y est attaché , offrent des moyens faciles de traiter les enfans , sans qu’ils le soupçonnent. Mais pour retirer de ces exercices tout l’avantage possible, il faut que les mouvemens du membre supérieur dépendent principalement de ceux de l’épaule ; parce que les muscles destinés à mouvoir cette dernière partie , ayant presque tous leurs attaches aux vertèbres , agissent sur l’épine et peuvent contribuer à redresser ses courbures , ou du moins à en arrêter les progrès , avantage qu’on ne pourrait obtenir , comme il est évident , de la contraction des muscles du bras proprement dits.

Nous avons fait construire une machine qui paraît réunir toutes les conditions nécessaires pour parvenir au but qu’on se propose dans le cas dont il s’agit , et dans tous ceux où cette espèce de mouvement pourrait être indiquée. .Cette machine est composée d’une roue pleine, placée verticalement dans une pièce montante qui en supporte l’axe. Celui-ci reçoit dans chacune de ses extrémités prolongées , une manivelle dont la branche verticale peut s’alonger ét se raccourcir de manière à être proportionnée à la longueur du bras de l’enfant, en même temps que la hauteur totale de la machine peut être augmentée ou diminuée suivant la taille du jeune malade. Les choses doivent être disposées . de façon que le bras de l’enfant soît fbitement étendu , au moment où la branche vertic.ale de la manivelle est tournée en haut , afin que les mouvemens du membre dépendent plus encore de l’action des muscles de l’épaule que de ceux du bras lui-même ; les mouvemens de la roue peuvent d’ailleurs être rendus plus ou moins

6o2 de certaines dtitormités , etc.

diiïicllcs y suivant les forces du malade , au moyen d’une vis de pression, qui applique avec une force variée sur la circonférence de la roue f les extrémités recourbées d’un ressort. Enfin, a la faveur des doux manivelles , on peut exercer les deux bras , ou n’en exercer qu’un , suivant les cas quise présentent. L’utilité de cette machine n’est pas bornée an cas de distorsion de l’épine. Cet exercice n’est ]ias moins avantageux îxux enfans , dont la poitrine étroite a besoin de prendre un développement (jui rende le jeu des poumons plus facile et plus complet. Au reste , de quelque manière qu’on fasse exercer les bras d’un enfant dont l’éjnne est déviée ou dont la poitrine est mal conformée , on ne doit compter sur les bons effets de ce moyen , qu’autant qu’on le répète très-souvent , et pendant longtemps chaque fois.

JNous ne dirons rien d’un autre genre de moyen mécanique par lequel on a prétendu pouvoir corriger ou prévenir les déviations de l’épine , nous voulons parler des corsets baleines , quelles qu’en soient la forme et la solidité ; des croix de 1er et de quelques autres machines plus ou moins ingénieuses : il est déaumtré que ces moyens sont en général plus nuisibles qu’utiles, et les praticiens les ])lus j>idicieux ont renoncé presque entièrement à leur usage.

En ayant recours de bonne heure aux divers moyens dont nous avons parlé , et en les employant avec persévérance J on parvient ])iesque toujours à arrêter les progrès de la maladie , et quelquefois même à ramener la colonne vertébrale à sa direction naturelle. Mais, il faut l’avouer , il est extrêmement rarequ’oja obtienne un succès aussi complet , et que l’épine déviée

DE CERTAINES DIFFORMITES , 6tC. 6o3

reprenne la rectitude qui lui est propre. On en conçoit aisément la cause : pour peu que la maladie soit ancienne, le corps des vertèbres a

f)ris une configuration qui fixe pour toujours a direction vicieuse de l’épine. Quelque faible que soit l’espoir d’une guérison complète , on ne doit néanmoins mettre aucune négligence dans le traitement , soit de la part du malade , soit du côté du médecin j la maladie pourrait faire de tels progrès , la difformité devenir si considérable , que tous les moyens en usage pour la pallier ou la rendre moins désagréable seraient inutiles ; inconvénient trèsgrand sans doute , mais beaucoup moindre cependant que ceux qui résultent de la même maladie pour les viscères contenus dans le thorax et même dans l’abdomen , et notamment pour les poumons et l’estomac , dont les fonctions importantes ne peuvent être troublées , sans que la santé ne soit altérée , et souvent la vie compromise.

Il nous resterait à examiner le« vices de conformation des membres pectoraux et abdominaux, si les premiers fournissaient à l’objet qui nous occupe , quelque chose qui fut digne d’être remarqué. Leurs difformités étant toujours l’effet du rachitis , des fractures , des luxations , des tumeurs blanches , etc. , ce qui les concerne a])partient à l’histoire de chacune de ces maladies. Nous nous occuperons seulement ici de quehjues vices de conformation des membres inférieurs.

— Les enfans faibles et délicats sont sujets , lorsqu’ils commencent à marcher , à la déviation des genoux en dedans ou en dehors. Cela s’observe sur- tout chez ceux que l’on fait rnar-

6o4 CERTAINES BIFTORMITÉS , CtC.

clieràTaitle de lisières qui préviennent les chute* sans empêcher tout le poids du corps de peser sur les membres inférieurs , encore trop faibles

Ï)Our le supporter , sans être exposés à perdre eur direction naturelle. Ce n’est pas seulement à cet âge que se montre cette déviation des genoux , elle a lieu quelquefois chez les enlâns de cinq ou six ans et même de dix ou douze J il est extrêmement rare qu’elle se manifeste plus tard. Au reste ) on la rencontre tantôt dans les deux genoux à-la-fois , et tantôt dans un seul.

La déviation des genoux peut avoir lieu en dedans ou en dehors ; mais presque toujours elle se forme dans le premier sens. On en conçoit aisément la cause en réfléchissant sur la direction du fémur par rapjxirt au tibia : le condyle interne du fémur descendant plus bas que l’externe , et ces éminences étant appliquées sur l’extrémité supérieure du tibia , qui offre un plan horizontal , il en résulte que le fémur est naturellement oblique de haut en bas et de dehors en dedans , et qu’il forme avec le tibia un angle saillant en dedans et rentrant en dehors. Cette disposition peu prononcée chez l’homme , l’est bien davantage chez la femme , dont Je bassin est plus large et les fémurs plus écartés l’un dé l’autre à leur extrémité supérieure. Ainsi les genoux , par la manière même dont le fémur et le tibia s’articulent entr’eux etindépendamment d’aucune courbure vicieuse de ces os , ont une tendance naturelle à se dévier en dedans.

11 n’en est pas de même de la déviation des genoux en dehors ; pour qu’elle ait lieu , il faut non-seulement que l’obliquité naturelle du fé#

»DB CERTAINES DIFFORMITES , ÇtC. 6o5

mur par rapport au tibia disparaisse , mais aussi que ces os changent tellement de (jii’ection , qu’ils forment par leur rencontre un angle saillant en dehors et rentrant en dedans. On conçoit aisément d’après cela pourquoi la déviation des genoux en dehors est très-rare , irès-peu considérable en général et toujours accompagnée de la courbure du fémur et du tibia en dedans j tandis que la déviation opposée n’est presque jamais accompagnée de la courbure de ces os.

Une chose bien digne d’attention est le rapport constant qu’on obsèrve entre la direction du fémur , par rapport au tibia , et celle du tibia par rapport à l’astragale. Dans l’état naturel , le fémur forme avec le tibia un angle obtus , saillant en dedans et rentrant en dehors ; le tibia forme avec l’astragale un angle semblable , mais moins marqué. Ce rapport devient bien plus remarquable , lorsque les genoux se dévient en dedans ou en dehors. Dans le premier cas , l’angle rentrant que doivent former en dehors le fémur avec le tibia, et le tibia avec l’astragale , se prononce davantage 5 le pied , par conséquent , se renverse en dehors ; la malléole interrie devient très-saillante , et le jioids du corps porte principalement sur le coté interne de la plante du pied. Dans le seçond cas , l’astragale forme avec le tibia , qomme ce dernier avec le fémur , un angle rentrant en dedans j le pied se tourne dans ce sens J la malléole externe devient très - saillante , et la station a lieu sur le bord externe du pied. Toutefois le rapport qui existe entre la direction du genou et celle du pied , n’est pas également marqué dans tous les cas : il l’est plus, ou moin« suivaiit du sujet la

6o6 DE CERTAINES DIFFORMITES , 6tC.

marche de la maladie : ainsi le renversement du pied est moins prononcé^ lorsque la déviation du genou s’opère d’une manière prompte et rapide , chez un sujet cjui a passé la première enfance , <jue lorsqu’elle a lieu d’une manière lente et «raduée chez un enfant très- jeune.

La faiblesse générale du corps , et celle des genoux, en particulier , est la cause prédisposante de cette déviation j la pression qu’exerce le corps sur des membres trop faibles pour le soutenir , en est la cause efficiente. Pour prévenir cette déviation , il faut abandonner les enfans à leurs propres mouvemens , et ne les faire marcher que quand ils n’ont besoin d’aucun secours étranger pour se tenir debout : cette règle applicable à tous les enfans , doit sur- tout être observée à l’égard de ceux qui , dans les premiers efforts qu’ils font pour marcher , cherchent à se soutenir en appuyant les genoux l’un contre l’autre.

Cetle précaution ne suffit pas toujours pour eni])êcher les genoux de se dévier en dedans ou en dehors, et cette déviation fait des progrès tantôt lents et gradués , tantôt j)rompts et rapides. Dans tous les cas , il est urgent de suspendre le cours d’un mal , qui , comme tous ceux du même genre , résiste d’autant plus au traitement , qu’il est plus ancien et plus avancé. Il faut donc recourir de bonne heure aux remèdes ibrtifians internes et externes , et à des moyens mécaniques capables de ramener la jambe à sa direction naturelle. Les remèdes internes sont les mêmes que ceux dont 'nous avons parlé en traitant des inflexions vicieuses de l’épine. Les remèdes externes qu’on emploie avec le plus de suocès , sont les bains , les fo-

DE CERTAINES DIFFORMITES , CtC. 6oj

Kieiîtatloiis , et les cataplasmes fbrtiflans et aromatiques. Mais on doit sur-tout s’atladier aux moyens mécaniques que nous allons indiquer. Pendant la nuit, on placera sur le coté externe' du membre une attelle de bois , ou de toute autre matière solide , garnie d’une substance assez molle pour prévenir les inconvéniens qui résulteraient d’une compression trop forte sur les endroits les plus saillans du membre. Cette attelle sera fixée au moyen d’une bande convenablement serrée. Pendant le jour , l’enfant ])ortera un brodequin dont la semelle sera beaucoup plus é[)aisse du côté vers lequel le genou s’incline. Ainsi, lorsque le genou sera, dévié en dedans , la semelle du brodequin sera plus épaisse à son bord interne qu’à l’externe ; dans le cas contraire , ce sera la moitié externe qui sera la plus épaisse. Ce moyen , conseillé par Ambroise Paré , semble peu propre , au premier coup - d’œil , à conduire au résultat qu‘’on desire. Cependant si l’on ramène son attention sur le rapport vraiment remarquable qui existe entre la direction du fémur sur le tibia , et celle de cet os sur l’astragale •, si l’on se rappelle qu’un changement dans la position du genou , produit constamment un changement analogue dans celle du pied , on concevra facilement comment un changement de direction imprimé au pied , pourra déterminer peu -à -peu dans la position vicieuse du genou , une déviation favorable. On peut , à Paide d’une expérience bien simple , reconnaître la vérité de ce que nous avamjons ; elle consiste à renyerser le pied en dedans , et à marcher sur son bord externe ; on éprouve alors dans le genou une tension qui annonce

'6o8 BE certaines DIFFORMIT:és , etc.

l’elFort que fait i’extréiuité supérieure du tibia^ pour se porter en dehors : f^u’on renverse , au contraire , le pied en deliors , et qu’on marche sur son bord interne , le genou devient le siège d’une sensation incoiimiode , produite par la tendance qu’a la tête du tibia à se porter en dedans. Au reste , lors même (ju’il serait impossible de se rendre compte de la manière d’agir de ce moyen ingénieux , l’observation prouverait, et cela serait suffisant , que le brodequin çn maintenant constamment le pied dans l’adduction ou l’abduction , a une action réelle , quoiqu’éloignée , sur le genou qu’il ramène insensiblement à sa direction naturelle.

Pour retirer de cette chaussure tout l’avantage possible , il faut que , sans comprimer le pied douloureusement , elle l’embrasse assez étroitement pour qu’il ne puisse pas y tourner , et que la plante du pied corresponde toujours exactement à la semelle du brodequin : celle-ci doit avoir à son bord le plus élevé , une épaisseur proportionnée au degré de la maladie ; mais on ne doit pas lui donner d’abord toute la hauteur dont elle a besoin, pour ramener le genou à sa direction naturelle : dans cette circonstance , comme dans beaucoup d’autres il faut agir d’une manière graduée.

En mettant de la persévérance dans l’usage des moyens dont nous venons de parler , on

f>arvient fréquemment à redresser les genoux orsque les enfans sont très-jeunes ; chez eux l’ossification est encore peu avancée j les condyles dv fémur et les cavités articulaires du tibia n’ont pas encore pris la forme qui doit déterminer pour le reste de la vie , la direction de ces os, l’un par rapport ù l’autre, et la dévia-

DE CERTAINES DIFFORMITES , etC, 609

tion des genoux en dehors ou en dedans. Plus les enfans s’éloignent de l’époque de la naissance , et moins on doit compter sur l’effet de ces moyens. Il arrive même un âge où ils sont absolument inutiles ; c’est lorsc^ue l’ossification est assez avancée pour que les os ne puissent plus céder à la force qui tend à les redresser , et à produire lentement dans leurs surfaces articulaires une modification qui leur rende leur forme naturelle.

— Les pieds sont sujets , comme la plupart des autres parties du corps , à plusieurs vices de conformation.

Pour remplir l’usage auquel ils sont destinés , les pieds doivent être conformés et dirigés de telle sorte , que leur face inférieure ou plantaire appuie horizontalement sur le sol , lui ! transmette le poids de la jambe et du corps ,

I dont les pieds sont la base. Il faut aussi que ! les orteils , dirigés en aïant , soient séparés de I ceux du pied opposé, par un espace au moins I égal à celui qui se trouve entre les talons. SI , I par une cause quelconque , le pied ne peut I toucher le sol que par son bord externe ou i interne, ou par sa' pointe , ou bien encore si I les orteils sont dirigés en dedans , sans que sa face plantaire cesse d’être horizontale , il en résulte divers troubles dans la station et la marche , et différentes difformités auxquelles on a donné les noms de pied^ bot , lorsque le pied I n’appuie que sur un de ses bords ; et de pied I équin , lorsque sa pointe seule touche le sol.

I Les Latkis ont appelé vari ceux dont les pieds sont tournés en dedans, et valgi ceux qui les ont tournés en dehors. Le renversement du I pied en dedans est le plus fréquent ; les autres

6lO DE CERTAIWES DIFFORMITÉS , CtC.

variétés de cette maladie sont extrêmement fares. Dans tous les cas , cette affection peut occuper à-la-fbis les deux pieds ^ ou être bornée à un seul.

Les déformations du pied sont distinguées eil congéniales et en accidentelles. On a voulu attribuer les premières , les uns à la mauvaise position du fœtus dans la matrice^ d’autres à l’influence de l’imagination de la mère. Ces hypothèses sonttout aussi insuffisantes pourexyjliquer cette maladie , que pour rendre raison de tous les autres vice^ de conformation dont le foetus est fréqueraent atteint.

Les causes qui peuvent , après la naissance , déterminer ou favoriser le développement de cette déviation du pied , sont les fractures , les luxations , les abcès, la laxité des ligamens, la contraction spasmodique , ou le relâchement des muscles. Duverney regardait cette dernière cause comme la seule qui pût produire le renversement du pied : il fondait son opinion sur la flaccidité et l’atrophie constante des muscles destinés à ramener le pied dans le sens opposé , et à prévenir , par conséquent , cette inflexion vicieuse. M. Scarpa prétend, au contraire, avoir toujours observé que , loin de précéder le renversement du pied, ce relâchement lui est toujours consécutif. Sans nous engager dans l’examen approfondi de ces deux opinions également exclusives , nous pensons qu’on peut regarder comme très-probable, que le relâcliement des muscles est , dans quelques cas , la cause , et dans d’autres l’effet de ce vice de conformation. A ces causes il faut joindre certaines maladies de la plante des pieds; telles ^ue pustules , plaies , ulcères , phlegmons, etc.

DE CERTAINES DIFFORMITÉS, CtC. 6ll

t]ui forcent de renverser cette partie de manière à ne point appuyer dans la station et la marclie sur le point affecté : dans quekjues cas aussi les mauvaises habitudes que prennent les enfans, ou le trop grand empressement des parens ou des nourrices à les faire marcher , deviennent les causes accidentelles de cette difformité.

Le renversement du pied en dedans peut être fort léger ; dans ce cas , le bord externe du pied appuie plus que le reste de sa face inferieure qui peut encore toucher le sol , lorsque le pied est pressé avec force contre lui : à une époque plus avancée de ce renversement , le bord externe du pied et la partie la plus voisine de sa face plantaire supportent seuls le poids du corps ; enfin , dans le degré lé plus avancé , la pression a lieu à-la-fois sur le bord externe du pied et sur la malléole correspondante , qui paraît plus basse et plus en arrière que de coutume , tandis que l’interne est presque effacée ou très-peu saillante , et semble portée en avant. La tubérosité postérieure du calcanéum se trouve recourbée vers le côté interne du pied et tirée un peu en haut vers le gras de la jambe. Le dos du pierl est saillant, la plante très-concave , et sillonnée profondément dans toute sa longueur j le gros orteil est écarté des autres qui forment avec le sol un plan plutôt vertical qu’horizontal. Le bord externe du pied qui supporte tout le poids du corps est semi-circulaire j il est recouvert en partie d’une callosité au-dessous de laquelle on -sent profondément une substance molle, élastique 5 le tendon d’achille , oblkjue de dehors en dedans et de haut en bas , est continuelleijnent tendu. Lé plus souvent dans cette espèce

6ia> »E CERTAINES DIFFORMITES, CtC.

de renversement , la pointe du pied est dirigé® en dedans et en haut ; lorsque cette torsion est cüriâitîérable, et (juc la maladie occu[)e à-la-f'ois les deux pieds , ces organes sont quelquefois sur la même ligne transversale , et les orteils d’un coté touchent ceux de l’autre. Dans un degré aussi considérable de çette maladie , les enfans ne peuvent marcher qu’avec beaucoup de peinej ils sont obliges de soulever alternativement un pied , qu’ils portent au-dessus et au-dc^ant de l’autre , en décrivant un espèce de demi-cercle; il sont presque continuellement menacés de tomber en arrière ou en- avant. La vacillation est encore plus grande , lorsqu’un des genoux est tourné en dedans ou en dehors.

M. Scarpa a eu occasion de disséquer plusieurs fois le corps d’individus chez lesquels existait cette dillormiié : il a reconnu d’abord que l’astragale n’y participait point, au moins dans les cas ordinaires ; circonstance très importante à remarquer pour l’application d’un moyen mécanique, auquel il peut servir d’appui. Ensuite il s’est assuré que les autres os du tarse n’étaient

])oint luxés , comme on l’avait cru , mais seuement contournés selon leur axe le plus petit ; ce n’est que quand la maladie est très-ancienne qu’il a trouvé la Ibrme des os altérée et leurs rapports mutuels tout à-lait changés.

On remédie d’autant plus dilïicilement à cette maladie , qu’elle est plus ancienne , que le renversement est plus considérable et qu’on éprouve ])lus de rlifliculté à ramener avec les mains , le ])ied malade dans la situation qui lui est propre. Quelle que soit d’ailleurs la gravité de la maladie , pourvu que l’ankylose des os du tarse ne la rende pas incurable, l’indication est la môme

DE CERTAINES DIFFORMITÉS , CtC. 6l3

dans tous les cas ; c’est d’appliquer au pied contourné une puissance extérieure (pii le ramené par degrés à sa direction naturelle, sons occasionner do douleurs , ni aucune autre incoiimiodité notable au imdade , sans empêcher la station et la marche pendant le temps qu’on en fait usage.

Hippocrate avait bien senti tous les avantages d’une pareille machine j Fabrice de Hildan en avait inventé une avec laquelle il obtint tpielques succès. Avant de l’employer, il avait coutume d’appli(juer , pendant un certain temps, sur le pied malade , des topiques émolliens, destinés à donner à cet organe toute la souplesse nécessaire pour être ramené facilement à sa situation naturelle : ces topiques pourront dans beaucoup de cas être très-utiles aux malades chez qui l’on voudra faire usage de la machine de M.Scarpa , ou de toute autre analogue. On pourra se former une idée de cette machine assez compliquée , et de la manière dont elle doit être appliquée , en lisant l’excellent Mémoire de ce célèbre chirurgien , sur la torsion congéniale des pieds des enfans , et sur la manière de corriger cette dilforinité , et en étudiant les planches dont ce Mémoire est accompagné. *

Nous nous servons d’une machine plus simple c[ue celle de M. Scarpa, et avec laquelle nous avons plusieurs fols redressé des pieds qui étaient singulièrement contournés en dedans. Cette machine consiste en un soulier au talon duquel est fixée latéralement une lame de fer qui présente deux parties, l’une horizontale, et l’autre verticale : la première s’engage entre les deux pièccîs de cuir (font le talon est com-

6l.| l’E CEETAINlîS DIFFORMITÉS J etc.

f)Osé, et leur est unie au moyen d’un clou rivé J a dernière ne s’élève pas à plus de dix-huit ou vingt lignes au-dessus de la semelle. Elle se termine par une extrémité arrondie , un peu plus large que le reste, et qui est percée d’un trou dans le(|uel s’engage une \fs qui est rivée à l’extrémité inférieure d’une autre lame d’acier dont nous allons parler ; cette vis reçoit un écrou au moyen duquel on peut fixer cette lame et la rendre immobile y après lui avoir donné une direction verticale. La lame dont il s’agit, large d’environ un pouce, et assez longue pour monter jusqu’au-dessus du mollet, doit avoir une élasticité proportionnée à la force qu’on veut employer pour ramener le pied vers sa position naturelle : elle est recouverte de velours ou de toute autre substance analogue. La semelle du soulier est formée de deux pièces , l’une postérieure et l’autre aiitérieure. La première, qui forme le talon du Soulier, en soutient le quartier ; la seconde est la semelle proprement dite j c’est elle qui ■soutient l’empeigne , laquelle n’a aucune union avec le quartier , et doit être composée , ainsi <jue ce dernier, de peau de veau épaisse, solide et doublée en peau de mouton. Le bord postérieur de cette pièce est concave , pour recevoir le bord antérieur de la pièce postérieure qui est convexe. Chacune de ces deux pièces est formée de deux cuirs placés l’un sur l’auire. Elles sont unies entr’elles'de la manière suivante : une lame de fer d’une largeur presrfjue égale à celle de la pièce postérieure est placée dans l’épaisseur de cette pièce , entre |cs deux cuirs dont elle est composéé et avec lesquels elle est unie par des clous rivés j la

DR CERTAINES DIFFORMITES , GtC. 6lS

f partie moyenne et antérieure de cette lame est

f traversée par une vis qui la dépasse id^érieureraent d’environ deux lignes , et qui est rivée supérieurement ; cette vis correspond au centre d’une ouverture circulaire pratiquée dans le morceau de cuir inférieur, et qui a environ huit lignes de diamètre ; c’est dans cette ouverture que se loge l’écrou dont nous parlerons bientôt. Une autre lame de fer , large d’environ un pouce , après avoir passé dans ]iresque toute la longueur de la pièce antérieuré de la semelle , entre les deux cuirs dont elle est composée , et auxquels elle est unie par des clous rivés , la dépasse assez en arrière pour s’étendre jusqu^à la vis dont la lame postérieure est garnie. Cette partie excédante de lalame antérieure, s’engage entre les deux cuirs qui composent la pièce postérieure de la semelle , et elle se termine par une extrémité arrondie dont le centré est percé d’une ouverture qui reçoit la vis , et qui est assez large pour permettre à cette lame de se mouvoir librement autour de cette vis. Un écrou rond , entaillé sur les côtés pour recevoii les deux parties d’un toume-vis bifurqué , s’adapte à cette même vis , et sert à rendre la partie antérieure du soulier immobile , lorsqu’on lui a donné la direction qu’on juge convenable de faire garder au pied. L’empeigne est fendue dans toute sa longueur : les deux bords de cette fente sont percés de trous destinés à recevoir un lacet ,, au moyen duquel on les rapproche quand le ]>ied est placé dans le soulier. Cette machine est maintenue au moyen de deux courroies seulement ; l’une de cuir, fixée à un

6i6 -HE certaine? difformités f etc.' des amples du quartier , embrasse le coude-pied, et se serre au moyen d’une boucle fixée à l’autre angle du quartier : l’autre , beaucoup plus large , est composée d’un morceau de lisière recouvert de velours ; elle est attachée au sommet de la laine élastique , et embrasse la partie supérieure de la jambe comme une jarretière. On la serre au moyen d’une boucle fixée à l’une de ses extrémités. On conçoit facilement la manière d’appliv{uer cette machine, et la double indication qu’elle remplit , de ramener la plante du pied à une direction horizontale , et la pointe à sa situation convenable : on peut ])endant le cours du traitement , remplacer la lame élastique par d’autres lames successivement plus résistantes , et varier aussi la direction de la pièce mobile de la semelle, pour parvenir par degrés et sans violence au but qu’on se propose (i).

Nous avons indiqué sommairement les cas dans lesquels les machines peuvent’ être employées avec succès : il est à peine besoin de dire , qu’il ne faut pas y avoir recours lorsque la torsion des pieds est l’effet du rachitis , des tumeurs ou gonflemens lymphatiques de l’articulation du pied , ou des tophes goutteux et rhumatismaux de la même articulation. Dans tous ces cas , le pied ne peut être ramené par

(i) Cette machine et toutes celles dont il est fait . mention dans cet ouvrage , sont de la < onstruction de M. Oudet 5 bandagiste-inécanicien. Cet artiste habile , ‘honoré des suflVages de l’Académie de Chirurgie, et jugé digne des récompenses nationales , demeure à Paris , rue des Fossés Saint-Germain-des-Prés , N.® j8.

DE CERTAINES DIFEORMITÉS , 6tC. 617

une force étrangère à sa direction naturelle, et par cela même on doit s’abstenir d’un moyen qui ne serait d’aucune utilité , et ne pourrait qu’aggraver l’état du malade.

U’après ce que nous avons dit du renversement du pied en dedans , on se fait aisément une idée des symptômes qui accompagneraient le renversement en dehors , et des moyens qui conviendraient en ce cas.

Si le renversement du pied soit en dedans , soit en dehors était léger, il suffirait le plus souvent pour le corriger , de faire porter au malade , des souliers dont la semelle serait beaucoup plus épaisse du côté vers lequel le pied est tourné que du côté opposé; mais si le mal persistait malgré l’usage de ces souliers , et surtout s’il faisait des progrès , il faudrait promptement recourir à une machine beaucoup plus incommode , sans doute , mais aussi plus efficace.

L’espèce de déviation du pied dans laquelle le talon est relevé et les orteils abaissés . dépend quelquefois d’une luxation du pied en devant , et peut aussi être l’effet d’un défaut d’harmonie entre les fléchisseurs du pied et ses extenseurs qui sont beaucoup plus forts : dans ce cas , les orteils et les extrémités correspondantes des ds du métatarse sont les seules parties qui touchent le sol ; elles forment avec le reste du pied un angle qui se rapproche plus ou moins d’un angle droit : la peau qui recouvre la face plantaire des orteils devient beaucoup plus épaisse , la marche est vacillante , la station l’est beaucoup plus encore. M. Scarpa a proposé , pour la guérison de cette difformité, une machine construite de telle manière , qu’à mesure que le pied

6lS DE CEKTAINES DTrFOtlMIl'JÊS , ÊtC.

apîixïie davantage sur le sol j sa partie âutd*rienre se trouve jrelevée par degrés , et est rainelîéo sur le menie plan cjuc la partie postérieure <jui s’abaisse.

Nous laissons à la sagacité des praticiens le soin de modifier ces machines suivant les cas <|ui se présentent , et notamment dans celui où la pointe du pied est tournée en dedans , sans <[ue la plante cesse d’être horizontale. Nous dirons seulement qu’il est encore vraisemblabla que dans ce cas l’astragale participe peu à la déviation du pied , et qu’il est , pour ainsi dire, le pivot surle(juel elle s’opère.

— Les orteils enfin sont sujets aussi à des dif- Jbrmités ; leur direction naturelle peut être changée dedi verses manières etpar dillérentes causes. Une des plus fréquentes est l’habitude de porter des chaussures trop étroites ; renfermés alors <laus un espaeequi n’a pas assez d’étendue transversale pour les contenir , les orteils sont pressés les uns contre les autres, et si cette pression est très- forte, l’un d’eux peut quitter sa place et sa direction naturelles, pour se porter en haut et cil dedans , et croiser à angle aigu celui qui est placé à son côté interne. Cette déviation d’un ou de plusieurs orteils peut être plus ou moins considérable , et , suivant le degré auquel elle est portée , devenir plus ou moins incommode et rendre même la progression difficile et doulour , rense. On peut facilement guérir cette difformité ilans son principe, en faisant quitter les chaussul es trop étroites , aussitôt qu’on s’aperçoit qu’un orteil commence à quitter sa place , et en le ramenant à la position qui lui est propre , au moyen d’une bandelette de linge convenablement disposée 5 mais lorsque la déviation es.t

DE certaines difformités , ctc. 6l^

ancienne , on ne peut plus y remédier , "parce qu 'alors les surfaces articulaires ont pris une forme qui iîxe l’orteil dans la direction vicieuse qu’il présente, et l’empêche de rentrer dans sa situation naturelle , même à l’aide d’une force étrangère. Les personnes en qui ce vice de con-* formation est porté à ce point, sont condamnées à user de chaussures assez larges pour ne pas gêiiér les orteils j quelquefois même il devient nécessaire de placer du coton sur les côtés de celui qui est dévié , pour le garantir de la compression trop forte que pourrait exercer sur lu? l’empeigne du soulier.

Les orteils peuvent se dévier d’une autre manière que voici : la première phalange de l’un d’eux , et c’est ordinairement celle du troisième , se redresse peu- à-peu , de manière à former avec l’os du métatarse qui la soutient , un angle obtus , qui se rapproche plus ou moins d’un angle droit J en même temps que cette première phalange se porte davantage dans l’extension , îa seconde et la troisième s’inclinent dans une flexion plus marquée , de sorte que l’extrémité de l’orteil dirigée en bas , appuie sur le sol dans I la station et la progression. L’orteil se trouve ; ainsi comprimé entre l’empeigne du soulier I qui agit sur l’angle formé par la réunion de la I première phalange avec la seconde , et la semelle qui soutient les bouts de l’orteil. La pression que ces parties éprouvent , cause une douleur plus ou moins vive j la peau devient rouge s’enflamme et souvent même s’ulcère } la progression devient pénible et douloureuse j les personnes chez lesquelles cette difformité est très-prononcée, sont tout-à-fàit incapables de soutenir une longue marche , sur-tout lorsqu

Ô20 DE CERTAINES DIFFORMITÉS , CtC.

la troisième phalange se ilécliit sur la seconde à un tel degré , que l’orteil , au lieu d’appuyer sur son extrémité charnue , porte sur l’ongle même.

‘ Cette direction vicieuse d’un ou de plusieurs orteils n’est pas le résultat de la mauvaise conformation des os qui les composent ou avec lesquels ils s’articulent j elle dépend de la rétraction du muscle extenseur, et se forme d’une manière lente et graduée. Lorsqu’elle est récente et peu considérable, il est facile de ramener l’orteil à sa rectitude naturelle j mais aussitôt qu’on l’abandonne à lui-même, il reprend sa mauvaise position. Lorsque le mal est ancien et porté à un haut degré , on ne peut faire perdre à l’orteil sa direction vicieuse , dans laquelle il reste invariablement fixé, moins encore par la rétraction même du muscle extenseur , quelque considérable qu’elle soit , que par le changement de conformation qui s’est opéré consécutivement dans les articulations des phalanges entr’elles et avec l’os du métatarse j ce changement survenu dans la configuration des surfaces articulaires ne permet plus aux phalanges d’exécuter le mouvement par lequel elles seraient ramenées à leur situation ordinaire.

Lorsqu’il n’a pas été possible d’arrêter dans son principe , au moyen de quelques précautions, l’espèce de déviation dont il s’agit , on peut encore y remédier àl’aide d’une opération , pourvu que le mal ne soit pas ancien et porté à un degre qui ne j^ermette plus de ramener l’orteil à sa direction naturelle ; cette opération , que j’ai pratiquée deux fois avec tout le succès possible , consiste à couper en travers et à enlever une portion du tendon du muscle rétracté.

DE CERTAINES DIFFORMITES , CtC, Ô2l

La première personne sur laquelle Je lis usage de ce moyen , était un jeune homme de dix-sept à dix-huit ans , dont le petit orteil gauche présentait l’espèce de déviation qui nous occupe : on pouvait aisément ramener cet orteil u sa direction naturelle , mais aussitôt qu’on l’ahatidonnait à lui-mâme il revenait à sa position vicieuse'. Le tendon du muscle extenseur soulevait la peau du pied , et Ibnnait une saillie remarquable , qui disparaissait momentanément lorsque l’orteil était rendu à sa rectitude convenable , et se présentait de nouveau aussitôt qu’il était abandonné à luimême. Cette déviation était si incommode, que le jeune homme ne pouvait marcher qu’avec beaucoup de peine, quoiqu’il se servît de souliers fort larges : aussi était-il résolu à tout souffrir pour s’en débarrasser. Je lui proposai une opération à laquelle il se détermina : une incision d’environ un pouce fut pratiquée sur le trajet du tendon extenseur qui fut mis à dé»couvert , puis coupé transversalement j à l’instant ses deux bouts s’éloignèrent Lan de l’autre et laissèrent entr’eux un intervalle considérable , qui augmenta encore lorsque l’orteil fut ramené à sa direction naturelle : je le fixai dans cette direction au moyen d’une petite bande avec laquelle il fut assujetti contre l’orteil voisin ; la plaie fut réunie au moyen do deux bandelettes agglutinatives , et en quatre à cinq jours la cicatrisation fut parfaite. L’usage de la bande qui servait à fixer l’orteil dans sa position naturelle fut continué pendant long-^ temps , et l’on ne permit au malade de l’interrompre, que lorsque l’orteil put, sans être

DE CERTAINES DIFFORMITES , CtC.

soutenu, conserver sa nouvelle rectitude. La guérison parut alors complète ; mais bientôt il se forma entre les deux bouts du tendon qui avait été coupé , une substance dure et solide qui en rétablit la continuité , et rendit par degré à l’orteil sa direction vicieuse , à mesure , sans doute, que la substance intermédiaire acquérait elle-même une solidité plus considérable ; en sorte qu’environ six mois après l’opération , cette direction était aussi prononcée qu’auparavant. Je compris alors que , pour retirer de cette opération un avantage durable, il ne suffisait pas de couper le tendon en travers,, mais qu’il fallait encore en enlever une portion. Je fis part de cette idée au malade, qui se soumit volontiers à une seconde opération } elle fut pratiquée de la manière suivante : la peau ayant été incisée dans l’étendue d’un pouce et demi sur le trajet du tendon , celui-ci lut coupé en travers au niveau des deux extrémités de l’incision des téguraens , et la portion comprise entre ces deux sections fut enlevée , en sorte que le tendon éprouva une déperdition de substance d’environ un pouce et demi : je dois dire en passant (ju’il n’est pas indifférent de faire la première section transversale du tendon , à Tune ou à l’autre extrémité de l’incision ; il faut toujours commencer par le couper du côté où il correspond à la portion charnue du muscle qui , sans cette précaution , entraînerait sous les tégumens une partie de ce

2u’on se serait proposé d’enlever. Je me conuisis pour tout le reste de cette opération , comme dans la première : l’orteil maintenu pendant long-temps dans sa direction naturelle

«B CBRTAINES DIFFORMITis , ClC. 623

an moyen de la petite bande dont il a été parlé plus haut , a conservé ensuite cette direction sans aucun secours étranger.

Ce fut sur une Jeune fille de neuf A dix ans que je pratiquai la seconde opération de ce genre, hile avait eu une contorsion congéniale du pied en dedans , à laquelle on avait remédié, autant que possible, au moyen d’une machine analogue à celle dont nous nous sommes servis plusieurs fois avec succès 5 mais il était resté une légère difformité d’un autre genre. Le gros orteil était porté en haut par la rétraction de son muscle extenseur , qui entraînait aussi la pointe du pied en dedans. Cet orteil pouvait être aisément ramené à sa direction naturelle , qu’il abandonnait aussitôt qu’on cessait de l’y maintenir. Ce cas me parut un de ceux où fablation d’une partie du tendon extenseur peut être faite avec avantage: je la pratiquai comme la précédente^ et j’obtins le même succès.

Lorsque la diflormité qui nous occupe est très-ancienne et très-considérable , et qu’on ne peut plus y remédier par l’opération, dont nous venons de parler , il ne reste d’autre ressource que l’amputation de l’orteil j mais pn sent qu’il ne faut avoir recours à ce moyen extrême que dans les cas où la difformité 4oiit il s’agit rend la marche presque impossible. C’est ainsi que j’ai été contraint de pratiquer cette ablation sur un jeune homme de dix-sept à dix-huit ans , dont le troisième orteil de l’un et l’autre pieds , avait une direction extrêmement vicieuse : la guérison fut cornplète , et, le malade put marcher ensuite

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avec la plus graade facilité. Une chose digne de remarque , et qui m’a été certifiée par ce jeune homme , c’est que la plupart des individus de sa famille étaient dans le même cas.

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