‹ Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent [electronic resource]Chapitre 1 sur 24 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Culti vée dans presque tous les ‘temps avec plus ou moins de soins et de succès , la Chirurgie a fait de nos jours les plus grands progrès, et semble avoir atteint , ou peu s*en faut , le plus haut degré de perfection dont elle paraisse susceptible. Presque toutes les maladies chirurgicales sont aujourd'hui parfaitement connues , soit sous le rapport de leurs phénomènes, soit relativement aux indications qu’elles présentent : souvent meme il nous est facile de remonter jusqu’à leurs causes prochaines , et par conséquent d’en déterminer le caractère essentiel. Les procédés opératoires sont fixés et décrits avec une précision qui laisse à peine quelque chose à desirer. îSos inslrumens et nos appareils sont devenus d’un usage plus commode, à mesure qu’ils ont été simplifiés davantage , et s’il nous reste quelque chose à faire sous ce dernier rapport , si nous pouvons espérer de perfectionner encore notre art , c’est

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moins en imaginant de nouveaux instrumens qu’en en refoi^iiiant d’inutiles. La liste des médicamens externes , long-temps surchargée d’une foule de sul3stances inutiles ou bizarres , a subi des réformes non moins importantes : ceux de ces médicamens qui ont paru mériter d’étre conservés , ont été étudiés avec plus de soin , et leurs effets sur le corps humain , appréciés avec plus de justesse.

Ces progrès dus en grande partie aux travaux de l’Académie Iloyale de chirurgie , et a ceux de quelques hommes formés par cette Société célèbre , ont fait vieillir rapidement les Traités complets de Chirurgie, publiés dans le courant du siècle dernier ; ensorte que les Elèves sont obligés d’aller puiser dans un grand nombre d’ouvrages , des connaissances qu’ils acquerraient en beaucoup moins de temps et avec beaucoup plus de facilité , s’ils les trouvaient rassemblées dans un seul Traité.

C’est principalement dans la vue de leur procurer cet avantage , que je me suis déterminé à rédiger en un corps de doctrine, les leçons fjue je fais, depuis plus de vingt années.

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sur la Pathologie externe, et sur les opérations de Chirurgie.

Le plan du Traité ([ue je leur olTre aujourd’hui , ne diffère ]joint de celui que j’ai constamment suivi depuis que je me livre à l’enseignement de la Chirurgie. Je divise la palhologie chirurgicale en deux parties : !a première, consacrée aux maladies qui peuvent se montrer dans toutes les régions du corps , parce qu’elles affectent presque indilféremment tous nos organes, est elle-même partagée en plusieurs parties , qui comprennent' l’inflammation en général , les abcès, la gangrène , la brûlure, les plaies, les tumeurs , les ulcères , les fistules, et les maladies des os , divisées elles-mêmes en celles qui attaquent la substance osseuse ou la continuité des os , et en celles qui affectent leurs articulations.

J’ai suivi pour la seconde partie un ordre purement anatomique. Cette partie embrasse tout ce qui est relatif aux maladies que l’on peut considérer comme propres à tel ou tel organe , ou comme présentant , a raison de leur si 'ge , des particularités remarquables. Aixisi, parcou-

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rant les diverses régions du corps , je traiterai successivement des maladies chirurgicales de la tète , du cou , de la poitrine , de l’abdomen et des extrémités.

La plupart des maladies qui exigent les secours de la chirurgie proprement dite , c’est-adire , l’application de la main , se rapportant à cette seconde division , c’est elle qui renfermera en meme temps la descriplion des procédés opératoires : quelques notions générales sur les opérations lui serviront d’introduction.

Je n’ignore pas que l’usage a prévalu de décrire les opérations de chirurgie dans des traités particuliers , et de se borner à en présenter une idée superficielle dans les ouvrages de pathologie externe. Mais n’est-il pas évident que l’art de traiter les maladies par l’opération de la main , se rattache par une infinité de points, a la connaissance détaillée des désordres qui nécessitent cette sorte de traitement? La liaison est si étroite entre ces objets , qu’aucun des auteurs de ces Traités de médecine opératoire ne s’est avisé d’isoler entièrement la description des opérations de celle des maladies qui

PRÉFACE, les rendent nécessaires j de manière que , sous ce rapport, leurs ouvrages peuvent être considérés comme des fragmens de la pathologie chirurgicale. En traitant de chaque opération en particulier, je me suis attaché a décrire avec précision et exactitude, le procédé dont les avantages m’ont été démontrés par l’experience , et je me suis contenté d’indiquer les autres. Les personnes qui désireront des détails plus étendus sur tous les procédés opératoires, les trouveront dans les Traités particuliers sur les opérations chiriu'gicales (i).

(t) Parmi ces Traités particuliers sur les Opérations cliirurgicales que l’on ne peut s’empêcher de méditer, celui de M. Roux, tient un rang distingué et me paraît mériter la préférer-ce. Cet ouvrage, dont la seconde partie , qui n’a pas paru encore, est vivement desirée , doit être considéré comme le plus au niveau des progrès que la chirurgie a faits dans ces derniers temps, tant en France que dans le paysétrangers : il estaussi plusessentiellement pratique , si je puis m’exprimer ainsi , que ne le sont la plupart des Traités d’opérations, d’ailleurs si estimables , qui ont été publiés dans dans çes derniers temj[>s. Je me ferais un vrai plaisir de mettre dans tout son jour, le mérite de cet ouvrage , si je ne craignais que les liens qui m’unissent à son auteur ne rendissent mes éloges suspects.

On voit que le plan général de mon ouvrage s’eloi gne peu de celui qui a elé jusqu’ici généralement suivi par les auteurs de Traités complets de Chirurgie, et notamment par Fabrice d’Aquapendente et par Heister. A l’avantage , selon moi très-réel , d’étredéj'a universellement adopté , cet ordre joint encore celui d’une extrême simplicité", et j’avoue que cette double considération me paraît motiver suffisamment la préférence que je lui ai donnée.

Je ne dissimulerai pas. qu’on peut reprocher a ce plan de, manquer d’unité, puisque les maladies qui appartiennent a la première division , s»nt classées d’après leur nature ", taudis que celles qui sont comprises dans la seconde , s’y trouvent rangées suivant leur siège* Pour obvier à cet inconvénient, j’avais d’abord formé le dessein d’appliquer l’ordre anatomique à l’ensemble des maladies chirurgicales", mais j’ai reconnu bientôt qu’une distribution assise sur cette base unique, m’entraînerait dans des répétitions fastidieuses, en meme temps qu’elle me forcerait a séparer des objets qui ont entre eux la plus grande connexion.

Il n’en est pas de la chirurgie comme de la médecine, relativement à la classification deA maladies dont l’une et l’autre s’occupent. Celles qui font le sujet de la pathologie interne , se prêtent avec plus ou moins de facilité aux méthodes nosologiques. Quelque opinion qu’on ait de l’utilité de ces méthodes , relativement à

la pratique, on ne peut, ce me semble, leur

contester le mérite de soulager la mémoire et de faciliter par la l’étude de la médecine. Mais il n’est pas moins incontestable , et l’expérience prouve que nous n’avons |>as le meme besoin d’y recourir ]>our nous diriger dans l’étude de la palhoîogie externe. Les maladies chirurgicales, toutes nombreuses qu’elles sont, présentent des caractères si bien tranchés, qu’il est difficile de les confondre, lors meme qu’on ne les connaît encore que par la lecture des bonnes descriptions. En outre, la plupart de ces maladies ont si peu d’analogie avec les maladies internes, qu’elles n’ont pu jusqu’ici être distribuées dans

aucun des cadres nosologiques connus. Aussi voyons-jious que les Nosologistes qui ont cru devoir lescomprendre dans leur travail, les ont toujours rangées dans une classe séparée.

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