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V. - HÉMORRHAGIES OMBILICALES

Ces hémorrhagies peuvent survenir dans les quelques heures qui suivent, la naissance, ou au moment de la chute du cordon.

Les hémorrhagies qui se produisent après la naissance sont dues à une ligature insuffisante du cordon et sont provoquées par un obstacle à la circulation pulmonaire. Cet obstacle est indispensable pour que ces hémorrhagies puissent se produire, puisque nous avons vu que normalement, dès que la circulation pulmonaire est établie, le retour du sang par la veine ombilicale et les altères n'est plus possible. En présence d'un accident de ce genre, le premier soin de l'accoucheur devra donc être de rechercher où siège cet obstacle.

Le plus souvent il est dû à l'irrégularité des mouvements respiratoires, à une respiration incomplète par suite de la faiblesse congénitale du nouveau-né ou entravée par un maillot trop serré. Cette hémorrhagie est grave parce qu'au début elle peut passer inaperçue. L'enfant a été emmailloté, il est dans son berceau et on ne s'aperçoit que par hasard qu'il est pâle, que ses lèvres sont décolorées. Si l'on n'intervient pas en faisant une nouvelle ligature, la mort survient assez rapidement. Lorsqu'on déshabille l'enfant, on trouve ses langes imbibés de sang, mais il est assez rare de voir le sang couler par les vaisseaux ombilicaux. En défaisant le maillot, souvent trop serré, on a levé l'obstacle qui s'opposait au libre jeu des mouvements respiratoires et l'hémorrhagie s'est arrêtée d'elle-même.

Les malformations du cœur gauche, les anomalies des artères ombilicales ont été signalées dans quelques cas d'hémorrhagies ombilicales. Ces causes agissent en augmentant la tension dans le système artériel ou en diminuant la rétraction des artères ombilicales.

On peut observer une autre variété d'hémorrhagies survenant au moment où le cordon commence à se détacher ou le plus souvent après sa chute. Elles sont dues à l'hémophilie héréditaire, à la syphilis, à la dégénérescence graisseuse aiguë du nouveau-né. Les accidents infectieux semblent jouer un certain rôle dans la pathogénie de ces accidents. Finkelstein a trouvé dans les viscères d'un nouveau-né, mort d'hémorrhagie, un diplo-bacille qui, inoculé à des souris, les tua de septicémie et produisit des accidents hémorrhagiques chez des lapins. P. Bar et Rénon ont signalé dans le sang des colonies de staphylocoques blancs et dorés, et dv^ streptocoques.

C'est en déshabillant le nouveau-né, quelques heures ou quelques jours après la chute du cordon, qu'on s'aperçoit que les langes sont tachés de sang, qu'on trouve des caillots au niveau de l'ombilic. Le sang ne s'écoule pas pai' jet, mais il suinte au niveau de l'ombilic qu'il faut déplisser pour pouvoir constater <pie le siège de l'hémorrhagie est situé au niveau d'un petit bourgeon qui forme le fond de la cicatrice ombilicale. Ces hémorrhagies peu-

vent être insignifiantes et n'entraver en rien la santé de l'enfant, elles sont quelquefois assez importantes pour le tuer; elles peuvent enfin se répéter, durer des mois et compromettre sérieusement sa vie.

Dans beaucoup de cas on observe en même temps des écoulements sanguins se faisant par d'autres voies : tube digestif, vessie, rein, vulve; des pétéchies, des ecchymoses, de l'ictère.

La mort survient au bout de 2 semaines dans les cas où la survie est la plus longue. On l'observe dans 85 pour 100 des cas.

Le traitement local consiste à lier en masse la région ombilicale, comme l'a fait Paul Dubois, ou à la pincer avec une pince hémostatique. Il faudra instituer en même temps un traitement général, en se rappelant que ces hémorrhagies s'observent le plus souvent chez les petits syphilitiques.

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