MALADIES ACQUISES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
PAR LE Dr E. WEILL
Agrégé, médecin des hôpitaux de Lyon.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L ANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE DU CŒUR DE L'ENFANT
Activité de la nutrition. — L'enfant est soumis, depuis la naissance jusqu'à l'âge du complet développement, à une croissance régulière, entrecoupée de poussées plus ou moins rapides, dont l'une se montre dans les premiers temps de la vie, dont l'autre, liée à la puberté, clôt la période infantile. La croissance a comme corollaire obligé une activité très grande de la nutrition.
Celle-ci peut être appréciée par la mesure des excréta. La quantité d'urine, rapportée au poids du corps, est, d'après Vierordt, 5 à 7 fois plus grande chez le nouveau-né, 2 à 5 fois plus considérable de 5 à 6 ans que chez l'adulte. L'urée et les substances minérales représentent, de 5 à h ans, le double de ce qu'elles seront plus tard.
Un enfant de huit ans élimine proportionnellement à son poids un tiers d'acide carbonique en plus qu'un homme de 50 ans (Andral et Gavarret). Le mouvement d'assimilation et de désassimilation est plus intense dans le jeune âge; aussi la température est-elle un peu plus élevée chez l'enfant, 0°,2 en moyenne.
Le développement des échanges chimiques et des combustions dépend de l'activité nutritive des cellules elles-mêmes. Cette activité ne peut s'exercer que si les conditions d'apport des matériaux assimilables et d'élimination des déchets sont assurées par l'établissement d'une circulation large, facile. C'est de ce point de vue qu'il faut envisager le cœur et les vaisseaux de l'enfant pour saisir les différentes nuances anatomiques ou fonctionnelles qui les distinguent de ceux de l'adulte. Le cœur est l'instrument mécanique de la nutrition. La fonction circulatoire s'adapte à la fonction de nutrition qui la domine et comme cette dernière présente chez l'enfant une puissance spéciale motivée par la loi de croissance, le système circulatoire subit également le contre-coup de cette influence.
Il ne faut donc pas s'attendre à trouver entre deux cœurs, l'un jeune, l'autre âgé, des différences touchant à la conformation intérieure ou extérieure, exception faite pour la vie ftetale et les premiers temps de la naissance ; ce qui les distingue, ce sont les dimensions relatives qu'ils présentent, c'est la quantité relative de travail qu'ils fournissent lorsqu'on les rapporte à l'organisme tout entier.
Dimensions absolues du cœur. — Nous allons établir d'abord les dimensions absolues du cœur de l'enfant. Bizot1 a mesuré sur 156 sujets dont 73 garçons et 86 filles la longueur, la largeur, l'épaisseur du cœur, l'épaisseur du ventricule gauche, les dimensions des orifices auriculo-ventriculaires et artériels. Voici les résultats obtenus :