‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 121 sur 163 · TT · texte numérisé non relu

TT

ans .

. 5cra

5<m,86 6cm,68

6cra,09 34m,83

3cm,62

4cra,20

5cm,83

ans .

. Gcm

6cm,50 7cm,67

7cm,42 4cm,13

5cm,88

4cra,42

ans .

7em,16 8"", 80

7cra,67 4cm,81

5cm,03

4em,60

Chez le nouveau-né, d'après Bednar, l'épaisseur du ventricule gauche est de 0cm,44 à 0cm,48, celle du ventricule droit, de 0cm,54 à 0cm,44. L'épaisseur des deux cœurs diffère donc peu à la naissance où le cœur présente encore plus ou moins le type fœtal (travail égal des deux ventricules et, par conséquent, dimensions égales de leurs parois). A la naissance, le rapport du poids des deux ventricules est de 1,5 (ventricule gauche) à 1 (ventricule droit) (Engel). Chez l'adulte il est de 2,62 à 1. Les modifications que subit le cœur droit ta la naissance, par le fait de l'établissement de la circulation pulmonaire, tendent à élargir ses cavités sans fortifier ses parois. Pendant la période fœtale, il contribue avec le ventricule gauche à pousser le sang dans l'aorte à travers le canal artériel. Après la naissance, il ne dessert qu'un canal court et large, l'artère pulmonaire, qui s'arrête après un petit trajet au niveau des organes respiratoires, où l'abord du sang est encore facilité par le vide inspiratoire. Aussi à 6 ans le ventricule droit a-t-il a peine l'énergie qu'il présente chez le nouveau-né. En effet, l'épaisseur de sa paroi ne dépasse pas à cet âge 0cm,3 à 0cm,4, chiffre qu'il atteint à la naissance, tandis que le ventricule gauche a une épaisseur qui s'est élevée de 0cm,4 à 0em,8.

Le cœur, dans son ensemble, s'accroît jusqu'à 50 ans. A ce moment, s'il ne survient une circonstance pathologique qui augmente ses charges, il

(l) Recherches sur le cœur et le système artériel de l'homme. Mém, de la Soc. méd. d'observation Paris, t. I.

(*) 0. A. V. G., orifice auriculo-ventriculaire gauche. 0. A.V.D., orifice auriculo-ventriculaire droit. 0. A., orifice aortique. 0. P., orifice pulmonaire.

subit une sorte d'irivolution, due au ralentissement de la nutrition. La loi de croissance du cœur, que nous venons de signaler, s'applique également au ventricule gauche et à la cloison interventriculaire. L'accroissement est très lent pour le ventricule droit. Sa paroi, chez l'adulte, ne dépasse pas en épaisseur 6mm, alors que celle du ventricule gauche en présente 16. La capacité du ventricule droit l'emporte au contraire sur celle du ventricule gauche. C'est la conséquence de la faiblesse de ses parois. Le système de la petite circulation, dans son ensemble, est remarquable par son caractère spacieux : la capacité des veines est double de celle des artères, l'artère pulmonaire est plus large que l'aorte; tout est disposé pour assurer au sang veineux une circulation facile, sans choc, secondée par le jeu des valvules et l'aspiration thoracique.

Un des caractères anatomiques du cœur infantile est l'absence de graisse péricardiqué (Mùller1). Chez le nouveau-né à terme, elle fait complètement défaut. Elle commence à se développer dans le deuxième mois, augmente régulièrement jusqu'à la puberté, subit à ce moment un accroissement brusque, continue à progresser lentement chez l'adulte et même chez le vieillard.

Dès la naissance, les dimensions du cœur sont plus restreintes chez la femme, en raison du développement général moins considérable de son corps.

Les orifices auriculo-ventriculaires et artériels sont dans les mêmes rapports que les capacités des deux ventricules. L'orifice tricuspidienest, dès la naissance, plus large que l'orifice mitral. D'après Rillietet Barthez, il reste stationnaire jusqu'à 5 ans, augmente très peu jusqu'à 10 ans, et subit à ce moment et surtout à l'occasion de la puberté un accroissement qui coïncide avec le développement soudain des poumons et de la cage thoracique.

L'orifice auriculo-ventriculaire gauche, plus petit que le droit, augmente plus régulièrement que ce dernier. Sa circonférence est mesurée approximativement par la distance de la base à la pointe du cœur.

Des orifices artériels, le plus large est le pulmonaire. D'après Bizot, la prédominance s'accuse surtout à partir de la seconde enfance, à G ou 8 ans ; d'après Rilliet et Barthez, ce ne serait que vers 10 ans.

Beneke admet des différences de 3 à 4n,m pendant toute la période infantile. L'écart serait nul à partir de la puberté. La prédominance du calibre de l'orifice pulmonaire est peut-être la raison de la fréquence du dédoublement physiologique du second bruit chez l'enfant.

Le poids du cœur est à la naissance de 20 à 25 grammes. Chez l'adulte il est de 250 à 500 grammes. Dans l'intervalle, il subit des accroissements rapides correspondant à la première année, à la puberté, des accroissements lents répondant à la seconde enfance.

Dimensions relatives. — L'étude des dimensions absolues du cœur ne nous renseigne pas sur son degré d'activité, ni sur Le travail utile qu'il fournit. Pour apprécier cet élément, il faut envisager non seulement le moteur, mais les résistances qu'il doit surmonter. Ces dernières varient suivant la taille, le poids du corps, l'étendue de la surface tégumentaire.

(*) Mlli-eh. Die Massen Verhëltnisse des menschlichen Herzens. Bamburg und Leipzig, 1882.

Par rapport à la taille. — Bizot avait montré depuis longtemps que le cœur est relativement plus petit pour un corps allongé. Beneke1 a étudié d'une façon plus précise cette question en établissant les variations de volume du cœur rapportées aune longueur constante, celle du mètre.

Le volume du cœur est calculé d'après la quantité de liquide déplacé d'un vase plein dans lequel on plonge le cœur. Beneke a trouvé les chiffres suivants :

Longueur Volume Volume du cœur

Age. du corps en du cœur en rapporté à 1 mètre de la

centimètres. centim. cubes. longueur du corps.

0 à 11 jours 49 à 52 20 à 25 40 à 50

11 jours à 5 mois. ... 52. à 59 24 à 50 46 à 54

Fin de la 1" année ... 68 à 72 40 à 45 57 à 62

— 7e — ... 112 86 à 94 78 à 84 15 à 14 ans ...... 140 à 150 120 à 140 85 à 100

Développement complet. . 167 à 175 215 à 290 150 à 168

Adulte 167 à 175 260 à 510 150 à 190

Ce tableau nous permet de suivre l'accroissement du volume cardiaque relativement à la taille aux différents âges. Cet accroissement est :

Pendant la lre année de 80 à 100 pour 100

— 15e et 14e — 6à 7

Pendant la puberté 50 à 80 —

Le volume du cœur a donc une tendance continue à croître en même temps que la taille et présente deux poussées rapides qui coïncident avec les allongements brusques de celle-ci dans les premières années et à la puberté. Le rapport du volume du cœur à la taille nous paraît mal choisi pour apprécier le travail du cœur, car la longueur du corps ne donne pas une idée très juste de sa masse. Elle ne mesure approximativement que les résistances très réelles provenant de la longueur des artères.

Par rapport à la largeur des épaules. — Bizot était mieux inspiré lorsqu'il comparait les dimensions du cœur avec la largeur des épaules. lia pu établir ainsi que le volume du cœur est commandé par les dimensions transverses du corps plutôt que par ses dimensions longitudinales. En fait, pour une même longueur du corps, si on s'en rapporte aux chiffres de Beneke, le cœur de l'enfant a un volume de 40à50cc, celui de l'adolescent 150 à 168, celui de l'adulte 150 à 190, en d'autres termes le cœur de l'adulte est proportionnellement trois fois plus volumineux que celui de l'enfant, par rapport

(') Die anatomischen Gnindlagcn der Constitution-nnomalicn der Menschen. Marburg, 1878.

à la taille, et cela se comprend puisqu'à longueur égale le corps de l'adulte a une niasse plus grande que le corps de l'enfant. Pour évaluer exactement le travail du cœur infantile, il faut comparer son volume et son poids au poids du corps tout entier.

Par rapport au poids du corps. — Von Dusch1 a fait ce calcul pour le volume du cœur, en empruntant les chiffres qui représentent le poids du corps aux tables de Quételet.

Volume du cœur

Rapport

Age.

•'•value

du volume moyen du cœur

en centimètres cubes.

au poids moyen du corps.

0 à 11 jours ,

4 1 jours à 5 mois . . .

Fin de la lrc année . .

15 et 14 ans. .

Développement

complet .

Maturité . . .

Le volume du cœur considéré par rapport au poids total du corps est donc maximum chez le nouveau-né ; il tombe rapidement dans la première et la seconde année pour croître de nouveau à 6 et 7 ans. Vers 15 à 14 ans, le rapport atteint son degré minimum pour reprendre au moment de la puberté. Chez l'adulte, le volume relatif correspond à celui d'un enfant de 2 à 5 ans. Abstraction faite du nouveau-né et de l'adolescent, le volume du cœur, comparé au poids moyen du corps, est donc sensiblement constant, c'est-à-dire qu'il suit dans son développement celui de la masse entière du corps. Potain et Vaquez2, étudiant le volume du cœur sur le vivant d'après l'étendue de la surface de percussion sur une centaine de cas, ont établi qu'il suivait en général dans son accroissement celui de la taille, du poids et du périmètre thoracique ; mais ils n'ont pas recherché si à un âge donné le volume du cœur, rapporté à l'unité de taille, de poids ou de périmètre thoracique, était le même que le volume observé à un âge différent. Au surplus, le volume du cœur ne donne pas la mesure exacte de son travail, le cœur pouvant se développer aux dépens de ses cavités.

Poids du cœur. — Par rapport à celui du corps. — L'étude du poids du cœur comparé à la taille, au poids du corps, convient mieux pour mesurer rigoureusement le travail du cœur. Cette recherche a été faite par Wilhelm Millier (loc. cit) sur 584 hommes et 552 femmes de tous âges. Un premier fait se dégage de là, c'est que le poids proportionnel du cœur ne change pas, quelle que soit la longueur du corps. Mais comme, d'autre part, Beneke a montré que, relativement à la taille, le cœur est plus petit chez l'enfant que chez l'adulte, il s'ensuit que le cœur de l'enfant ayant un volume plus petit et

(1) Affections du cœur. In Traité de Gerliardt.

i"i Lhi cœur chez les jeunes sujets et de la prétendue hypertrophie de croissance. Son. mcd. 1895, p. 415.

un poids égal, a des parois musculaires plus épaisses et que son travail est mieux assuré pour ce qui concerne les résistances des trajets circulatoires.

Le poids du cœur comparé au poids du corps chez 1540 sujets a permis à Mùller de reconnaître que l'accroissement du poids du cœur, tout en suivant celui du corps, est de plus en plus limité à mesure qu'on s'éloigne de l'enfance. Le cœur est, proportionnellement, plus pesant chez l'enfant que chez l'adulte. Deux chiffres suffiront pour fixer les idées à ce sujet. Le poids total du corps, après la croissance complète, représente 19 fois le poids du nouveau-né : le cœur de l'adulte représente à peine 15 fois le poids du cœur à la naissance. D'après Yierordt, le cœur de l'adulte représente 0,52 pour 100 du poids total du corps ; chez le nouveau-né il représente 0,89 pour 100 du même poids. La masse du cœur est donc en avance sur celle du corps.

Par rapport à la surface du corps. — La taille, le poids du sujet, son périmètre thoracique ne constituent pas les seuls éléments capahles de mesurer approximativement le travail dévolu au cœur. La surface du corps, par le refroidissement qu'elle produit, exerce une réelle action sur la calorification et sur l'activité du cœur. Or, si on rapporte la surface au poids, elle varie proportionnellement en sens inverse. Les chiffres qui expriment la surface envisagée par rapport à l'unité de poids sont plus élevés chez les enfants que chez l'adulte, d'où déperdition plus grande de calorique, et, comme corollaire, obligation de combustions et d'une circulation plus actives, si la température centrale doit se maintenir constante. Or Mùller a montré que le poids proportionnel du cœur augmente avec la surface correspondante à l'unité de poids. Pour les corps de 1 à 20 kilog., la surface correspondant à 1 kilog. est de 499 à 720 cinq. Le poids du cœur répondant à 1 kilog. est de 670 niilligr. Pour des corps de 40 à 60 kilog., la surface par kilog. est de 292 à 506 cmq. et le poids du cœur par kilog. est de 220 milligr. Pour des corps de 80 à 100 kilog., la surface par kilog. est de 269 à 280 cmq. et le poids par kilog., 180 milligr. Le cœur augmente donc sa masse en proportion de l'étendue de la surface d'évaporation et de réfrigération. Cela se conçoit, puisque les quatre cinquièmes de l'énergie du corps sont transformés eu chaleur. Le cœur, qui s'est adapté à la fonction de la croissance, a du conformer aussi ses proportions aux besoins d'une fonction plus importante encore, lacalorification.

Dimensions relatives des artères. — Les exigences circulatoires de la croissance étendent leurs effets, non seulement au cœur, mais aux vaisseaux. Le système artériel doit surtout être envisagé par rapport à la taille, car c'est la longueur du trajet à parcourir qui constitue la résistance principale que rencontre le courant sanguin. Le développement des diamètres transverses et antéro-postérieurs du corps et le poids du corps en général n'exercent qu'une influence très restreinte sur ces résistances.

Le calibre des artères ou la somme des calibres partiels croit avec la masse générale du corps (Beneke), qui elle-même s'accompagne d'une augmentation de la masse du sang. La largeur des artères est donc maxima dans les deux premières années et à la puberté. Mais cette largeur ne compense pas, au moment de la puberté, l'augmentation brusque des résistances

MALADIES DE 1,'eXFAXCE. III. -40

qu'entraîne rallongement artériel et qui se traduit par l'apparition rapide d'une tension forte. Si on rapporte en effet le calibre des artères à la taille, loin d'offrir un élargissement à la puberté, il est relativement étroit. Benéke a pu même établir, en rapportant toujours ses mensurations à la longueur du corps, qu'il existe un type eardio-vasculaire infantile qui se transforme complètement à la puberté. Le cœur infantile se caractérise par sa grande masse, son petit volume; les artères de l'enfant par leur calibre large. L'adolescent, au contraire, a un cœur volumineux et des artères étroites. Le volume du cœur, de la naissance à la puberté, augmente plus de 12 fois, la circonférence de l'aorte n'augmente que 5 fois. Dans la première enfance, le volume du cœur est à la circonférence de l'aorte comme 25 : 20. A la puberté, ce rapport est, au début, 140 : 50; et à la fin, 260 : 61. Le système artériel de l'enfant est donc très large pour la masse du sang, mesurée nécessairement par le volume du cœur, qui doit y pénétrer à chaque contraction cardiaque. Les orifices qui établissent la communication entre le cœur et les vaisseaux subissent des changements très lents. De 1 à 4 ans, les orifices auriculo-ventriculaires et artériels ne varient à peu près pas. L'orifice auriculo-ventriculairc droit reste stationnaire jusqu'à 5 ans. L'orifice aortique a des modifications très lentes jusqu'à 15 ans. Le sang s'écoule, dans la première enfance, par des orifices presque aussi volumineux que dans la seconde enfance.

Le système artériel, considéré dans ses différentes parties, présente chez l'enfant un certain nombre de caractères spéciaux. Les artères du corps et des membres ont, dès la naissance, relativement à la longueur du corps, leur diamètre maximum. Il n'en est pas de même des gros troncs aortiques et pulmonaires, qui sont relativement très étroits chez le nouveau-né : l'artère pulmonaire parce que sa fonction ne se développe qu'à partir de la naissance, l'aorte parce que, chez le nouveau-né, elle fait seule les frais de la circulation artérielle, alors que, chez le fœtus, elle partageait cette charge avec l'artère pulmonaire, en amont de l'isthme de l'aorte.

Chez l'enfant, les artères qui irriguent la tête et les membres supérieurs sont plus larges que les artères iliaques. Les calibres s'égalisent à l'adolescence. Cette disposition favorise le développement cérébral, mais contribue aussi à créer la prédisposition aux affections du cerveau. Dans son ensemble, le système artériel de l'enfant est donc disposé pour assurer au sang une circulation large et facile. Le cœur est énergique, le calibre des artères très développé, les parois artérielles elles-mêmes sont dans des conditions d'intégrité qu'on ne retrouve pas aux autres âges.

Du système capillaire. — L'adaptation des conduits vasculaires à une circulation active se retrouve dans les dispositions générales que présente le système capillaire de l'enfant. D'après Berg, les capillaires dans les poumons, les reins, le foie, la peau, l'intestin sont plus larges, d'une façon absolue, ebez l'enfant que chez l'adulte. Les mailles des réseaux qu'ils forment sont ('gaiement élargies. Malgré cette augmentation du calibre, Vierordt admet que la masse (\^< capillaires, par rapport à l'unité de poids, est plus considérable chez l'enfant que chez l'adulte, et que par conséquent leur nombre

aussi l'emporte dans le jeune âge. Cet énorme développement de la circulation capillaire relève des mêmes causes que la masse relativement considérable du cœur et le large calibre des artères, de l'intensité des actes nutritifs dans un organisme en voie d'accroissement.

Des veines. — On n'a pas calculé d'une façon précise les dimensions relatives du système veineux cbez l'adulte et l'enfant. Cliez l'adulte, le rapport du diamètre des veines à celui des artères est comme 2 à 1. Dans la première enfance (Alix)1, les artères sont à peu près égales aux veines. Ce rapport augmente peu à peu. Les veines ont, en effet, une tendance constante à s'élargir et cette tendance entraine un ralentissement progressif de la circulation veineuse. Les parois des veines ont, chez l'enfant, une résistance marquée qui se comprend parce qu'elles n'ont pas encore étéforcées par les longues luttes contre la pesanteur ou engourdies par l'immobilité des professions sédentaires.

Les dispositions anatomiques qui caractérisent le système cardiovasculaire de l'enfant ont pour conséquence d'établir un type circulatoire fonctionnel, propre à l'enfance, et qui se traduit par les trois phénomènes suivants: 1° faiblesse de la pression artérielle; 2° rapidité de la circulation; 5° accélération du pouls.

Pression. — La pression a été mesurée directement chez des animaux de différents âges. Volkmann a reconnu qu'elle était abaissée chez les jeunes. La pression carotidienne du chien adulte étant de 150 millimètres de mercure, celle du jeune chien sera de 100. Chez la vache, \olkmann et Ludwig estiment la pression artérielle à 280 millimètres de mercure; chez le veau, elle varie de 122 à 127. La pression artérielle de l'homme est évaluée par Vierordt de la façon suivante :

Chez le nouveau-né 111 millimètres;

A 3 ans 138

A 14 ans 171

Chez l'adulte 200

La faiblesse de la pression a pour effet de diminuer le travail du cœur» celui-ci se calculant d'après la masse du sang chassé et la pression artérielle à vaincre. La masse proportionnelle du sang est la même chez l'adulte et le nouveau-né. Si on admet, en effet, avec Robin et Hiffelsheim, que la capacité moyenne des ventricules du nouveau-né est de 8 centimètres cubes, le poids moyen du nouveau-né étant de 5 kilogrammes, la niasse proportionnelle du sang chassé à chaque systole sera de 8/5000= 1/575 du poids du corps, chiffre qui se rapproche de celui qu'on trouve chez l'adulte. Par conséquent, le développement du cœur infantile n'est pas commandé par un surcroit de travail qui serait dû à la masse du sang à mouvoir. Au contraire, les résistances artérielles sont moindres. Tout concourt cà diminuer les charges du cœur. D'après les calculs de Vierordt, si on prend les chiffres absolus, le travail du cœur dans l'unité de temps est 20 fois plus considérable chez l'adulte que chez le nouveau-né. Le travail relatif est supérieur chez l'enfant.

(*j Étude sur la physiologie de la première enfance,. I9&îi .

<i'2X APPAREIL CIRCULATOIRE.

La masse du sang qui s'écoule à travers l'unité de poids dans l'unité de temps, est, d'après Vierordt, de 579 chez le nouveau-né, de 506 à ô ans, 246 à 14 ans, 206 chez l'adulte.

La vitesse de la circulation est, par là même, démontrée plus grande chez l'enfant. La faible tension artérielle, l'impulsion énergique du cœur L'expliquent dans une certaine mesure; l'accélération des battements du cœur en est la cause principale.

Nombre de pulsations. — D'après Roger, le pouls oscille durant la première année entre 80 et 120; dans la première enfance, il se maintient entre 80 et 110. Dans la seconde enfance il tombe à 80 ou 90; et, à la puberté, atteint 70 à 80. Henoch a compté 120 à 140 pour les 4 premiers mois, 100 à 120 pour la deuxième année.

Chez le nouveau-né, le pouls, après s'être ralenti quelques instants après l'accouchement, devient très fréquent dans les heures qui suivent : 144 (Elsâsser), 154 (Floyer), 156 (Smith). La moyenne du premier jour est de 150 (Jacqueinier et Lediberder). Celle de la première semaine est de 125 à 128 (Elsâsser, Mignot, Gorham). Celle de la seconde semaine 155,4 (Elsâsser). Celle de la troisième 151,9 (Elsâsser).

Trousseau trouve 152 le second mois, 128 de 5 à 6 mois, 120 de 6 à 12 mois. Chez le nourrisson les influences extérieures créent des variations considérables. La tétée, les cris, les mouvements déterminent des accélérations de 14 à 16 pulsations (Seux). Les différences entre l'état de sommeil et de veille peuvent atteindre le chiffre de 40 pulsations (Hohl et Allix).

Le nombre des pulsations diminue avec 1 âge, d'abord rapidement, plus tard lentement. A 6 ans, il est de 100, à 14 ans de 87. A dimensions égales du corps, le pouls diminue par le progrès de l'âge (Volkmann). Pour des enfants de même âge et de taille différente, le pouls diminue de fréquence avec l'allongement général. Dès la naissance, l'action du sexe se fait sentir, mais elle est surtout évidente à partir de 5 ans. Elle est maxima à la fin de l'enfance. La première enfance se caractérise par une irrégularité physiologique du pouls. Il y a des séries ralenties et accélérées. La séniéiologie du cœur doit en tenir compte.

Vitesse de la circulation. — Nous avons déjà dit que la circulation de l'enfant était plus rapide que celle de l'adulte. Voici des chiffres comparatifs. D'après Vierordt le cycle complet de la circulation s'accomplit en 27 pulsations, quelle que soit l'espèce considérée. En appliquant cette règle à l'homme, on voit que la durée d'une révolution de la circulation accomplit son cycle.

Chez le nouveau-né en 12" I 134 pulsations.

A 3 ans 15" 108

A 14 ans 18" 6 87

Chez l'adulte 22" 1 72

Dastre et Morat1 ont montré que, chez les jeunes animaux, l'appareil

(') Des tachycardies. Th. de Lacer no. Paris.

modérateur intra-cardiaque est peu actif. Le pneumogastrique ne fonctionne pas pendant la vie fœtale et dans les premiers moments qui suivent la naissance. Chez le chat, du 2e au 7e jour, l'excitation électrique du pneumogastrique arrête le cœur, mais la section des deux vagues ne l'accélère pas (Anrep). Dans la 5e semaine, l'excitation du pneumogastrique arrête le cœur, sa section l'accélère, mais l'avantage reste encore au système accélérateur (Anrep).

Résistance du cœur. — Le cœur de l'enfant est encore remarquable par sa résistance vis-à-vis de la fatigue, ce qu'on peut vérifier tous les jours chez les enfants cardiaques. Heinricius1, en établissant une circulation artificielle dans des cœurs de fœtus de chiens et de lapins, a vu les contractions cardiaques se prolonger très longtemps. S'il tétanisait le cœur, le rythme reprenait dès qu'il cessait l'excitation. Ohlmùller2 a vu, chez des enfants athrepsiques, tous les organes diminuer de volume et de poids à Fexception du ventricule gauche qui garde son aspect normal.

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