‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 143 sur 163 · II. - SYPHILIS HÉRÉDITAIRE TARDIVE · texte numérisé non relu

II. - SYPHILIS HÉRÉDITAIRE TARDIVE

Étiologie. — Dans les fosses nasales, comme dans les autres régions de l'économie, les manifestations tardives de la syphilis héréditaire ne sont guère communes avant l'âge de huit ou dix ans. C'est surtout dans les années qui précèdent ou suivent la puberté qu'elles sont fréquentes.

[AT BOULAY.1

Symptômes. — 1° Symptômes fonction)) eh. — V obstruction et la suppuration nasales sont les principaux symptômes dont se plaint l'enfant Os signes sont d'ordinaire bilatéraux, mais ils sont souvent plus prononcés d'un côté. Des douleurs à caractère névralgique peuvent accompagner l'évolution des lésions. Les sécrétions sont épaisses, jaunes ou roussàtres, parfois sanguinolentes, souvent concrétées en croûtes brunâtres plus ou moins sèches : elles ont une odeur repoussante qui se rapproche de la fétidité ozéneuse, tout en étant distincte de celle-ci. Ces sécrétions entraînent parfois avec elles de petites masses noirâtres, sèches, cassantes, irrégulières, qui ne sont autres que des fragments d'os nécrosé. L'odorat est souvent compromis. c2° Symptômes physiques, a) Fosses nasales. — Contrairement à ce qui se passe dans la syphilis héréditaire précoce, les lésions restent rarement limitées à la muqueuse seule; comme dans la syphilis acquise de l'adulte, le périoste et le périchondre, les os et les cartilages sont atteints. Après avoir débarrassé les fosses nasales du muco-pus et des croûtes qui les encombrent, on distingue en un ou plusieurs points, en particulier sur la cloison, des ulcérations creuses, à fond jaunâtre, à bords plus ou moins taillés à pic, souvent recouvertes de masses végétantes, de granulations qui saignent au moindre contact. Le stylet rencontre en ces points l'os ou le cartilage dénudé ; il tombe parfois sur un séquestre déjà mobile ou en voie d'élimination; des portions de la cloison, des cornets entiers peuvent ainsi se nécroser et s'éliminer. Il en résulte des pertes de substance parfois énormes qui sont irréparables et constituent des stigmates indélébiles de la maladie : c'est tantôt une destruction plus ou moins étendue de la cloison, tantôt une perforation du plancher de la fosse nasale (perforation palatine) ou bien encore une atrophie ou une disparition du cornet inférieur qui transforme la fosse nasale en un cloaque où séjournent et se décomposent les sécrétions; de là une rhinite atrophique consécutive, unilatérale, présentant la plupart des symptômes et des inconvénients de lozène. Le travail d'élimination des séquestres exige d'ordinaire plusieurs semaines et souvent plusieurs mois pour s'achever; sa lenteur contraste avec la rapidité d'évolution de L'infiltration gommeuse qui l'a précédé ; cette période d'infiltration est si fugace qu'on a rarement l'occasion de l'observer : la gomme est déjà ulcérée, quand on est appelé à observer l'enfant. D'autre fois les ulcérations gommeuses aboutissent à la production de synéchies entre les parois latérales de la fosse nasale qui s'obstrue plus ou moins, plus rarement à l'occlusion fibreuse ou fibro-cartilagïneuse de l'une des narines. On a observé chez des enfants, mais à titre exceptionnel, la production d'exostoses intra-nasales.

b) Nez extérieur. — Les ailes du nez. le lobule et la sous-cloison peuvent devenir le siège de gommes. Une ostéo-périostitc gommeuse peut encore se localiser à la face externe des os propres : elle se traduit par la tuméfaction au niveau de la racine du dos du nez, et souvent par des douleurs névralgiques. Ces diverses lésions destructives, intra et extra-nasales, aboutissent fréquemment à des déformations qui défigurent l'enfant. Ces déformations se constituent lentement, après l'élimination des séquestres et la cicatrisation des ulcérations : alors que la guérison semble obtenue, on voit

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