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tliffres montrent que la quantité absolue d'urée augmente avec l'âge, mais que la quantité relative au poids du corps, après avoir augmenté jusqu'à 1 ans. diminue ensuite d'une façon constante. C'est ce qu'exprime Vierordt en disant qu'il y a 2 minima correspondant aux deux extrêmes de l'enfance et qui sont au maximum (4 ans> comme 1:5: 2.
La quantité d'urée relativement à l'urine est généralement inférieure à 1 pour 100, elle atteint 1,7 et 1,8 pour 100, mais reste toujours inférieure au taux de l'adulte 2.15 pour 100.
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'25 livres, observée par Strauss, éliminait de 9 à 15 grammes d'urée; une malade de Dickinson (8 ans, 21 livres), tuberculeuse il est vrai, émettait 14 à 21 grammes, avec une nourriture mixte; avec un régime végétal, l'urée tomba à 6 grammes, pour remonter à 50 avec une alimentation animale. Une autre fille de G ans, pesant 27 livres, rendait de 9 à 25 grammes avec régime mixte, 6 à 7 grammes avec régime végétal, 24 grammes avec régime animal. Un garçon, observé par Niemeyer (20 ans), présentait une azoturie très nette (28 à 58 gr.) ; Mosler, Cbavanis ont observé deux cas analogues.
Les analyses que j'ai faites dans 5 cas de diabète insipide de l'enfant m'ont dénoté une diminution de l'urée dans deux cas, 10 au lieu de 17; 10 au lieu de 20; elle était normale dans un troisième. Ces trois enfants avaient, il est vrai, peu d'appétit.
L'acide urique et les chlorures sont en quantité normale ou peu augmentés; l'acide phosphorique est au-dessous de la normale. On a constaté la présence de l'inosite chez l'enfant comme chez l'adulte polyurique, mais de façon très inconstante; ce corps ne paraît avoir, d'ailleurs, aucune signification pathogénique.
Dans la polyurie simple de l'enfant, liée à un trouble du système nerveux, les matériaux sont généralement en quantité inférieure à la normale. Mais ce n'est pas une règle absolue, car le traumatisme (Mosler, Chavanis) peut aussi bien provoquer une azoturie qu'une hydrurie simple; l'hystérie et la dégénérescence donnent aussi parfois une augmentation des chlorures.
A quoi attribuer ces excès rares, mais réels, de matériaux fixes? Jeanneret admet que l'urée augmente de 0 gr. 05 par 24 heures pour 100 centimètres cubes d'eau ingérée, fait que Mme Schabanowa n'a pu vérifier chez l'enfant. De même Becquerel, Kiener, pensent que la persistance de la polyurie entraîne, à un certain moment, l'excrétion exagérée des produits normaux. On peut l'admettre pour certaines variétés de polyurie à déterminer, mais il est assurément des formes qui durent pendant des années sans modifier en rien le chimisme des excréta, ceux-ci restant normaux ou au-dessous de la normale.
En présence de ces opinions contradictoires, il faut se rappeler combien sont grandes chez les sujets normaux les variations des éléments de l'urine. Ne peut-on admettre qu'avec une polyurie de même origine, chaque sujet réagissant à sa façon se distingue des autres par une soustraction plus ou moins abondante de telle ou telle substance ?
Le diabète insipide présente ainsi des variétés qu'on peut qualifier d'azoturiques, anazoturiques, chloruriques.
État des fonctions. — Les fonctions digestives sont généralement bonnes, et l'appétit est conservé. Il faut noter cependant quelques anomalies; certains nerveux mangent extrêmement peu; ils sont anazoturiques; on a signalé la polyphagie chez des enfants azoturiques (Cbavanis); quelques enfants éprouvent pendant la digestion de la céphalalgie, un peu de gêne cérébrale en rapport avec la dilatation d'estomac. La gastrectasie est fréquente, si on en juge par le siège du clapotage, mais pas aussi développée que pour-
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rail le Faire croire l'abondance des boissons; celle-ci loin de nuire aux digestions de reniant est souvent tout à l'ait nécessaire.
Les garde-robes sont rares, aqueuses, ce qu'expliquerait la sécheresse du tube digestif. On observe la dilatation de la vessie qui remonte fréquemment jusqu'à l'ombilic. L'incontinence d urine accompagne quelquefois la polyurie.
Un fait qui est lié à l'activité de la sécrétion urinaire, c'est l'immunité à légard des boissons alcooliques et des médicaments : Extrait de valériane à hautes doses, ergotine par grammes, prolongée pendant plusieurs jours, antipyrine à la dose de 6 grammes régulièrement administrée, ne produisent aucun effet fâcheux sur ces enfants, car la substance active est éliminée par le lavage des tissus.
La température du corps serait abaissée (Kùlz), ce qu'explique la déperdition résultant de l'élimination exagérée d'eau et surtout l'ingestion si fréquente de liquides froids. Pribram Ta trouvée au-dessus et au-dessous de la normale suivant les circonstances.
L'étude de la perspiration cutanée a été faite par Strauss et Bûrger. Cette question avait une grande importance autrefois, car on admettait que dans le diabète l'urine peut dépasser de beaucoup la quantité des liquides ingérés, et pour expliquer cela, on supposait que la peau pouvait absorber l'eau de l'air ambiant. Mais il est certain que la différence entre l'urine et les boissons n'est jamais bien considérable, et de plus les expériences de Nasse ont démontré que la peau du diabétique n'absorbe pas d'eau, même dans un bain.
Strauss, Bûrger ont constaté que la perspiration cutanée est abaissée chez le polyurique; d'après Bûrger elle peut tomber à 8 pour 100 de la perte de poids du corps, tandis qu'elle est de 52 à 55 pour 100 chez un sujet normal, d'après Vierordt.
D'après, Pribram, la perspiration cutanée et pulmonaire augmente quand la polyurie diminue. Toutefois, il ne faut pas généraliser, car Kùlz, Engelmann et Kraus ont constaté de grandes variations.
Les polyuriques ont souvent des palpitations, leur pouls est parfois petit et serré (Vogel). Je n'ai pas constaté l'exagération de la tension artérielle qu'ont admise les auteurs ; les épistaxis et les palpitations qu'on invoque comme preuve de ce phénomène ont été surtout observées chez des enfants atteints de polyurie symptoniatique.
La menstruation s'établit quelquefois très tard. Cependant les fonctions génératrices ne semblent pas atteintes chez les polyuriques qui arrivent à l'état adulte.
Malgré des conditions dénutrition anormales en apparence, les enfants se développent bien, quand leur urine ne renferme pas un excès de matériaux solides; tous ceux que j'ai observés étaient gras, vigoureux, colorés et vifs. après plusieurs années de polyurie. Cependant, si l'on en croit la statistique de Kùlz où sont réunis les poids de 14 polyuriques, leur croissance serait très inférieure à la normale. Mais, comme je l'ai déjà dit, on a souvent réuni dans une même description des cas très dissemblables et particulièrement
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des polyuries symptomatiques d'altérations dos reins ou do lésions diverses. C'est ainsi qu'on peut s'expliquer le tableau si noir que fait Bouchut de l'enfant atteint de diabète insipide. « La peau, dit-il, est sèche et terreuse, le pouls est petit et faible;... le sang perd une partie de ses globules; il se fait donc peu à peu une anémie d'autant plus prononcée que la sécrétion urinaire se prolonge plus longtemps : alors les enfants sont sensibles au froid, ont les extrémités froides; ils sont tristes, abattus, et dans un état de langueur plus ou moins prononcé. »
Tous ces traits sont évidemment forcés. Le polyurique, en tant que névropathe, est exposé à des manifestations nerveuses multiples : névralgies, céphalées, convulsions, chorée; comme dégénéré, il peut présenter toutes les manifestations psychiques ; émotivité, irritabilité du caractère, colères violentes, instabilité mentale, indiscipline, perversions.
Marche et pronostic. — Le diabète insipide est essentiellement chronique; il s'établit brusquement et dure indéfiniment avec des oscillations dont la cause souvent échappe. Les maladies aiguës, fébriles, atténuent et parfois suppriment la polyurie, mais la guérissent rarement (Debout). Dickinson, Von derileyden, n'ont vu aucune modification au cours d'une scarlatine, d'une rougeole, d'un érysipèle et d'une pleurésie.
Bouchut signale un cas de guérison par les injections de morphine. Lunin, un autre, guéri après 9 ans de maladie et différents traitements. Un malade de Desgranges aurait guéri après un vésicatoire suppuré, appliqué dans le cours d'une pleurésie.
Le plus souvent, on retrouve la polyurie à '20, 50, 40 ans de son début, laissant généralement son porteur en assez bon état. Au bout de 19 ans, un malade de Bidard est bien constitué, quoique lymphatique. Un homme de 54 ans, malade depuis l'âge de 4 ans, est peu vigoureux, d'appétit normal, les gencives décolorées. Un homme de 55 ans, polyurique depuis l'enfance, est maigre avec le thorax peu développé, mais il n'est jamais malade.
La plupart meurent de maladies accidentelles, quelques-uns de tuberculose contractée à l'hôpital. D'après Bouchut, les enfants succombent à la consomption ou à des accidents comateux comme dans l'urémie; mais comme je l'ai dit plus haut, les observations de Bouchut concernent des polyuries symptomatiques. Vazoturie conduit généralement à la cachexie et à la tuberculose.
La polyurie traumatiqae chez l'enfant est plus fréquemment indépendante de la glycosurie, ce qui explique sa bénignité ; elle guérit souvent en quelques semaines (Fritz, Johannessen).
La polyurie hystérique sur laquelle Brissaud attirait de nouveau l'attention dernièrement n'est autre que celle que je viens de décrire.
La polyurie héréditaire mérite une place à part dans cette description; les observations de Lacombe, de Pain, S. Gee, Weill, sont les plus remarquables. Cette polyurie atteint un grand nombre de personnes dans une même famille, 7 sur 9 dans une observation de Lacombe, 7 sur 10 (Pain), '25 sur 91 (A. Weill). Les personnes épargnées appartiennent aux deux sexes. Elle peut sauter une génération; elle débute dans le jeune âge, souvent dans
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les 6 premiers mois; quand elle est congénitale, l'enfant succombe généralement de i à 6 mois.
On trouve dans ces familles quelques cas de scrofule, de tuberculose (Pain), quelques malformations (Weill), mais trop rares pour qu'on puisse rattacher cette maladie à une diathèse ou à une infection quelconque. La polyurie héréditaire est en effet compatible avec une excellente santé, beaucoup de sujets sont vigoureux, d'intelligence normale et vivent vieux; mais ils gardent toujours leur infirmité.
Diagnostic. — Le diagnostic est généralement facile. Toutefois il exige une observation attentive, qui permette d'éloigner tout soupçon de simulation, et des analyses complètes et répétées.
Une seule analyse pourrait en effet laisser inaperçue la présence du sucre dans l'urine : le diabète sucré chez l'enfant, comme chez l'adulte, peut en effet présenter des phases transitoires de diabète insipide. Il s'accompagne de troubles dénutrition assez importants pour attirer l'attention.
La polyurie symptomatique des affections cérébrales apparaît dans le cours des tumeurs cérébrales, des méningites de la base et cérébro-spinales, de la tuberculose cérébrale, de l'hydrocéphalie. Elle n'est pas très abondante, s'accompagne souvent de glycosurie ; elle est d'ordinaire précédée de symptômes cérébraux sous la dépendance plus ou moins immédiate de la lésion : céphalée, vomissements, troubles de la vue, vertiges, attaques convulsives et épileptiformes ; l'examen du fond de l'œil peut rendre des services en décelant un œdème péripapillaire.
La polyurie par lésion des reins ne se voit guère chez l'enfant que dans la dégénérescence amyloïde de ces organes; il s'agit presque toujours de petits tuberculeux ou syphilitiques, porteurs de vieilles suppurations osseuses ; la pâleur extrême, la faiblesse, le gros ventre, le gonflement et la dureté du foie sont les meilleurs signes de cette dégénérescence.
La polyurie post-épileptique, la polyurie des convalescences (entérite, fièvre typhoïde, paludisme aigu, pneumonie) sont passagères et se distinguent de la polyurie essentielle par l'abondance des matériaux de désassimilation que contient l'urine ; Whittle a signalé une polyurie alcaline dans la convalescence d'une angine membraneuse.
La polyurie de guérison des ascites et anasarques est aussi transitoire et facile à reconnaître.
Traitement. — Hygiène. — Nous ne possédons pas encore de traitement bien établi du diabète insipide. Il est cependant un certain nombre de précautions hygiéniques recommandantes.
Avant tout, il ne faut pas priver le polyurique de boissons, comme ont proposé de le faire Fonssagrives, Marsh et Piorry ; c'est une méthode dangereuse, comme nous l'avons vu. et à coup sur inutile. Le polyurique ayant tendance au refroidissement, il faut réduire autant que possible la perte de chaleur que produit l'ingestion de boissons froides, en lui donnant des liquides tièdes. 11 doit, de même, porter des vêtements chauds: « c'est un moyen utile, même au point de vue de la polyurie. dont il peut diminuer l'intensité, en augmentant la perspiration cutanée » (Lecorché).
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Les bains chauds, les frictions agissent favorablement en excitant les fonctions cutanées; l'exercice est utile, mais il doit être modéré et ne jamais aller jusqu'au surmenage, sous peine d'augmenter les déperditions auxquelles a toujours tendance le polyurique.
Pour réparer les pertes, on prescrira l'huile de foie de morue, les aliments azotés et gras, le fer, les anrers et le quinquina.
Traitement pharmaceutique. — On a essayé et on peut essayer tous les médicaments qui, en provoquant la sécrétion d'autres glandes ou par un autre procédé, diminuent la sécrétion rénale. Signalons le jaborandi, l'opium, la valériane, la belladone, la strychnine, l'acétate de plomb, l'antipyrine, le salicylate de soude.
Cette énumération est quelque peu décourageante ; mais tous les essais sont légitimes, d'autant plus que la polyuric protège les malades contre l'intoxication.
On a conseillé aussi Yélectrisation galvanique (Seidel, Le Fort) appliquée sur la moelle et les reins. Chez les hystériques, la suggestion a une efficacité réelle (Babinski, Mathieu, Erhardt).
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