ALF. POUSSONS
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à l'urètre postérieur un rétrécissement supposant au passage (rime sonde cannelée. D'après Getz (de Baltimore) il existerait fréquemment dans l'urètre de très légères structures congénitales, qui passeraient inaperçues, niais constitueraient pour l'avenir une prédisposition fâcheuse. Chez les individus possédant de tels urètres on venait en effet la blennorragie et même de simples irritations de la muqueuse, comme celles produites par la masturbation, parle passage d'une urine pathologique, déterminer la production d'un rétrécissement, tandis que les porteurs d'urètres bien conformés échapperaient pour la plupart à cette complication.
La pathogénie des rétrécissements congénitaux, qui peut exceptionnellement se comprendre par l'hypertrophie des replis bordant les lacunes de Morgagni, trouve bien plus souvent son explication dans l'irrégularité de l'abouchement des divers segments embryogéniques de l'urètre. C'est en effet au point d'union de l'urètre prostato-membraneux que siègent dans la grande majorité des cas les strictures congénitales.
Ne déterminant en général aucun trouble fonctionnel, et c'est pour cela qu'ils sont le plus souvent ignorés, les rétrécissements congénitaux ne sont justiciables d'aucun traitement. S'ils apportaient des troubles à l'émission de l'urine, il serait évidemment indiqué de les sectionner et leur forme valvulaire donne à penser que cette petite opération serait sans danger.
Etroitesse du méat
Cette malformation est assez fréquente. L'atrésie est dans la majorité des cas constituée par une valvule occupant la commissure inférieure, mais elle peut être aussi formée par un pertuis creusé en plein tissu spongieux. Chez les tout jeunes enfants, l'étroitesse du méat ne détermine que des troubles mécaniques de la miction, mais un peu plus tard il s'y joint des phénomènes réflexes, incontinence, rétention, névralgies vésicales et testiculaires, etc., etc., analogues à ceux que nous avons signalés à propos du phimosis.
Pour remédier à tous ces inconvénients et accidents, il est nécessaire de pratiquer le débridement du méat atrésié. Cette petite opération se fait en pratiquant sur la commissure inférieure moins vasculaire, plutôt que sur la supérieure, une incision soit à l'aide du méatotome à bascule de Civiale, soit plus simplement à l'aide d'un bistouri ou d'un ténotome boutonné. Il faut savoir <pie cette incision donne lieu à un écoulement sanguin abondant, mais qu'il est facile d'arrêter par une irrigation d'eau chaude et la compression. Un inconvénient de l'incision simple du méat est la soudure des lèvres incisées et partant la récidive de la sténose; c'est pour la prévenir qu'il est bon de suturer la muqueuse de l'urètre à la muqueuse du gland en réalisant ainsi une opération analogue à la cantboplastie des ophtalmologistes.
Dilatations congénitales de l'urètre
(iuyon n'en relève que deux cas dans sa thèse : l'un observé par llendriksz (d'Amsterdam), l'autre par Anger; Forgue en rapporte un troisième vu par
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Delbovier et cité par Depaul . René Le Fort, reprenant incidemment cette étude, n'a pas rassemblé moins de 14 cas bien authentiques de cette malformation. Elle consiste dans l'existence d'une poche située au-dessous de la verge, se dilatant pendant la miction pour se vider artificiellement par la pression de l'urine qu'elle retient ensuite. Dans le cas d'Hendriksz seul il existait des replis valvulaires en aval de la poche, dans les deux autres aucun obstacle ne s'opposait à l'issue des urines; la dilatation ne semble donc point la conséquence d'une disposition mécanique, elle reconnaît plutôt pour cause l'absence de développement de la gaine spongieuse de l'urètre, car, dans tous les cas, la paroi de la poche était réduite à la muqueuse du canal et aux téguments. René Le Fort l'explique par la distension, sous la pression de l'urine, de la paroi d'un de ces canaux sous-péniens, borgnes internes, précédemment signalés. Cette malformation, qui ne saurait compromettre l'existence, fut guérie chez le petit malade d'Hendriksz par la résection d'une portion suffisante des parois de la tumeur et la suture séparée de la muqueuse et de la peau sur une sonde préalablement mise à demeure dans le canal.
Lésions inflammatoires
En dehors des vices de conformation, la pathologie de l'urètre chez l'enfant se réduit presque exclusivement aux phlegmasies de ce canal. Sans doute on peut observer dans le jeune âge comme dans le reste de la vie des lésions traumatiques diverses du canal, des corps étrangers venus de l'organisme ou introduits par le méat, des rétrécissements, etc.; mais toutes ces affections sont justiciables des principes généraux de la thérapeutique urinaire et elles ne sont la source d'aucune autre indication particulière que celle qui résulte du petit volume de l'organe.
Urétrites
Les urétrites méritent une description particulière dans le chapitre des affections acquises de l'urètre chez l'enfant, en raison surtout des problèmes souvent insolubles que soulève leur étiologie.
Pathogénie. — Il est aujourd'hui surabondamment démontré que l'inflammation de l'urètre comme l'inflammation des autres organes reconnaît pour cause prochaine l'intervention de micro-organismes pyogènes divers, au premier rang desquels se trouve le gonocoque de Neisser. Si chez l'adulte ce diplocoque est l'agent le plus ordinaire de l'infection urétrale, chez l'enfant il passe au dernier rang et chez lui l'urétrite est, dans la grande majorité des cas, le produit de germes pathogènes vulgaires, comme le colibacille, les diverses variétés de staphylocoques, les streptocoques, etc., qui s'introduisent dans l'urètre par des mécanismes variés, ou y vivent habituellement en saprophytes. Les conditions qui rendent offensifs pour l'urètre ces microbes, en temps ordinaire bien .tolérés, sont celles que tous les cliniciens de la période prébactériologique avaient bien su voir et qu'ils avaient
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(«lèvres au rang dé causes déterminantes sans soupçonner l'intermédiaire
obligé entre elles et leurs effets.
Étiologie. — Os causes ne font que rendre fertile le terrain urétral. Ce sont les traumatismes et en particulier le cathétérisme mal fait, les injections irritantes, le séjour clans le canal d'une sonde à demeure ou d'un corps étranger. L'onanisme est chez les grands enfants une cause fréquente d'urétrite. L'excitation, entretenue dans tous les tissus de la verge par les manœuvres de la masturbation, détermine l'infection du canal par ses saprophytes ou par des germes venant de l'extérieur et transportés au niveau du méat par la main polluante. A côté des urétrites non vénériennes, il y a lieu de mentionner, chez les enfants comme chez les adultes, des urétrites vénériennes et le plus souvent alors gonococciques. 11 en existe des cas observés chez de tout jeunes enfants contaminés par des nourrices ou des gardiennes de mœurs dépravées.
Les urétrites, dont nous venons de mentionner F étiologie, peuvent être appelées urétrites de cause externe par opposition aux urétrites de cause interne que nous allons maintenant signaler. Comme le dit Faitout dans une bonne revue sur les urétrites non gonococciennes : « elles sont ou liées à un état général, une diathèse, ou bien dues à des ingesta qui peuvent être des aliments, des médicaments à dose raisonnable ou toxique ». Les états constitutionnels, comme la goutte (Legendre, chez un garçon de 1 4 ans), le rhumatisme (Martin eau, Riel, Jullien, chez des jeunes gens), les maladies infectieuses comme la fièvre typhoïde, les oreillons (Barthcz et Sauné), agissent par l'intermédiaire de l'urine, du sang ou des autres humeurs soit en modifiant le milieu urétral et en le rendant vulnérable aux organismes, ses hôtes habituels, soit en important à la surface ou dans l'épaisseur de la muqueuse leurs germes spécifiques. C'est aussi par les altérations apportées à la composition des urines que l'ingestion de certains aliments et boissons (asperges, oseille, cresson, raifort, poivre, moutarde, excès de bière, vin blanc, cidre, etc.), ou de certains médicaments (sels de potasse, scille, vins diurétiques à base de cresson, cochléaria, raifort (Desruelles), préparations arsenicales (Rousseau Saint-Philippe, Delioux de Savignac, Delaeour), huile de foie de morue accidentellement cantharidée (Boutin), détermine la suppuration de l'urètre en rendant tout à coup offensifs les germes pathogènes. Quant aux urétrites survenant pendant la période de la dentition et chez les enfants atteints d'oxyures, et dénommées par les anciens auteurs urétrites réflexes, elles peuvent s'expliquer par la perturbation que ces phénomènes physiologiques ou pathologiques apportent dans les humeurs de ces jeunes organismes.
Symptômes. — Les urétrites infantiles, à part celles qui exceptionnellement sont gonococciques, se caractérisent toutes cliniquement par la rapidité de leur évolution. S'allumant en général sans période d'incubation, elles s éteignent pour ainsi dire du jour au lendemain aussitôt qu'est supprimée la cause qui leur a donné naissance. Elles ne passent ainsi presque jamais à I état chronique et restent le plus souvent cantonnées à l'urètre antérieur. On peut cependant observer chez les diathésiques la propagation à l'arrière-
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canal et des complications de cystite, d'urétérite et de pyélo-néphrite. Les caractères physiques de l'écoulement diffèrent peu de ceux de l'urétrite blennoïragique des adultes, et il serait téméraire de vouloir le différencier par son abondance, sa consistance fluide, sa coloration moins verte; l'examen bactériologique est le seul critérium qui permet de le reconnaître. En général, la réaction inflammatoire locale est moins vive : il n'y a pas de tuméfaction du méat, de gonflement du gland, d'œdème du prépuce, de lymphangite de la verge; les douleurs de la miction sont moins vives. Le pronostic des urétrites de l'enfance est peu grave pour le moment et aussi pour l'avenir, car elles ne deviennent pas le point de départ de rétrécissement. Néanmoins, à la suite de l'urétrite blennorragique, cette complication peut s'observer chez l'enfant comme chez l'adulte et elle apparaît parfois assez rapidement, puisque Kammer (de New- York) l'a constatée chez un enfant de 3 ans, 6 mois après le début de la blennorragie.
Traitement. — Le traitement, des plus simples, doit d'abord consister dans la suppression de la cause. Quelques bains locaux émollients et antiseptiques, à la solution boriquée particulièrement, au besoin des injections de solutions légèrement eathérétiques, ou astringentes, suffiront à dessécher le canal si, la cause supprimée, l'écoulement tardait à disparaître.