L É S I 0 N S INF L A H M A 1 0 1 R E S
Chez les enfants du premier âge, le scrotum incessament souillé par les urines et les matières fécales devient facilement le siège d'érythème, de rougeur érysipélateuse, d'éruption eczémateuse, dexulcérations et d'ulcérations. Ces dernières lésions, qui en raison de l'effraction de l'épidémie peuvent devenir le point de départ d'accidents infectieux locaux ou à distance. ne sauçaient être traitées avec trop de soin. Un emmaill otage méthodique, des lavages antiseptiques mais non irritants, tels que ceux pratiqués à la solution boriquéc, surtout l'emploi de poudres absorbantes, préviendront le plus souvent les lésions épidermiques. Que si elles se produisent, les glycérolés et les pommades au tanin, à l'oxyde de zinc, à l'aristol, etc., en assureront vite la suérison.
Infiltration séreuse
En raison de sa grande laxité, le tissu cellulaire du scrotum se laisse très facilement infiltrer par la sérosité sanguine, et indépendamment des causes communes à l'adulte et à l'enfant susceptibles de déterminer l'œdème des bourses, nous devons signaler cet état de déchéance organique qui constitue l'athrepsie. Dans tous les cas, l'infiltration séreuse du scrotum à la naissance est l'indice d'une faiblesse native. Au lieu d'occuper la totalité des bourses» l'œdème est fréquemment alors localisé à la partie déclive du scrotum où il forme une tumeur tendue, luisante, transparente et souvent fluctuante.
Tumeurs
Les parois scrotales chez les enfants peuvent être le siège de toutes les variétés de tumeurs rencontrées chez l'homme fait : nous signalerons plus particulièrement les tumeurs vasculaires ou angiomes et les kystes dermoïdes ou tératomes, dont la description a été faite si complètement par le professeur Lannelongue dans son traité des kystes congénitaux, auquel nous renvoyons le lecteur. La variété d'épithéliome, qu'on a dénommée cancer des ramoneurs, sans être spéciale à l'enfance, s'observe souvent de 8 à 15 ans chez les sujets dont le scrotum est soumis aux poussières et autres causes d'i rritation professionnelle .
Hydrocèle
L'épanchement de sérosité dans la tunique vaginale peut être, chez l'enl.u 1 1 comme chez l'adulte, le résultat d'une inflammation de la séreuse, consécutive elle-même à une inflammation du testicule ou de 1 épi- (lidyme. Cette hydrocèle acquise du jeune âge ne diffère à aucun point de vue de celle qu'on observe après la puberté et dans tout le reste de l'existence.
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Hydrocèle infantile
Mais il est une variété d'hydrocèle infantile chez les nouveau-nés dont nous devons dire quelques mots. Elle serait assez fréquente. Bien que sa pathogénie soit encore obscure, il est probable qu'elle résulte du froissement de l'épididyme au cours d'un accouchement prolongé et difficile et d'une vaginalite séreuse consécutive. Nous en avons observé un grand nombre dans notre service des enfants, et il nous semble qu'elle se rencontre le plus souvent chez des nouveau-nés chétifs et malingres. Le scrotum distendu par la sérosité vaginale atteint parfois le volume d'un poing d'adulte. Il est lisse et régulier, et forme une tumeur translucide sur laquelle se détachent des arborisations vasculaires plus ou moins nombreuses. Gomme le liquide s'est accumulé dans une vaginale close de toutes parts, la tumeur est irréductible. Il est de règle que le liquide se résorbe, et que la tumeur disparaisse dans les 5 ou 4 semaines qui suivent la naissance. Si elle persiste, on peut lui appliquer le traitement par la ponction avec injection d'alcool ou de teinture d'iode ou bien avec cautérisation au nitrate d'argent, comme nous le dirons au paragraphe suivant.
Hydrocèle congénitale
Pathogénie. Êtiologie. — L 'hydrocèle congénitale a pour première caractéristique de tenir à la persistance du canal vagino-péritonéal de Chassaignac, qui dans les premiers jours de la vie fait communiquer la séreuse entourant le testicule avec la grande séreuse abdominale, et qui, d'après Ramonède, resterait perméable 52 fois sur "215 sujets. Les recherches de cet auteur lui ont montré que, loin d'être régulièrement calibré, ce conduit présente au point où il croise l'artère épigastrique, puis à sa sortie du canal inguinal et enfin au niveau de sa pénétration dans les bourses, une série d'étranglements, qui peuvent parfois aller jusqu'à l'oblitération complète. L'accumulation de liquide dans les départements du canal vagino-péritonéal ainsi délimités constitue ['hydrocèle enkystée du cordon, tumeur irréductible et par cela même bien différente de l'hydrocèle congénitale que nous étudions en ce moment. Mais il peut arriver que le premier étranglement du canal vagino-péritonéal se fermant complètement au niveau de l'artère épigastrique, le conduit reste perméable dans tout son trajet funiculaire. Dès lors, le liquide refluant de la vaginale dans le cordon constitue une variété rare d'hydrocèle congénitale, qui mérite le nom d'hydrocèle en bissac, communicante ou biloculaire, décrite pour la première fois par Dupuytren et dont l'étude a été reprise dans ces derniers temps par Duplay et plus récemment par Bazy. Dans cette variété d'hydrocèle la poche scrotale communique par un goulot occupant le canal inguinal avec une poche iliaque qui parfois atteint un volume considérable.
Anatomie pathologique. — Le liquide de l'hydrocèle congénitale ne diffère pas par ses caractères physiques et sa composition chimique du liquide de l'hydrocèle acquise commune. La séreuse est ordinairement lisse
IALF. POUSSON.]
et sans altération à sa surface interne, mais parfois elle est dépourvue d'épithélium par place, et présente des végétations dentilriques et des fausses membranes, indices d'une inflammation primitive ou secondaire. Le testicule peut être à sa place normale dans le fond et en arrière du scrotum, mais souvent il est retenu à la partie supérieure des bourses, ou dans le canal inguinal, ou même dans l'abdomen; parfois il est en inversion; on Ta vu se mouvoir à l'orifice interne du canal inguinal et faire office de soupape, permettant au liquide de passer du conduit vagino-péritonéal dans les bourses, mais s' opposant à son reflux en sens inverse. Notons entin la coexistence fréquente d'une hernie inguinale avec l'hydrocèle congénitale.
Symptômes. — Quoique le plus souvent l'hydrocèle congénitale révèle son existence dès les premiers temps de la vie, il n'est pas rare qu'elle apparaisse assez tard vers la puberté, au moment où par exemple le testicule, retenu jusqu'alors à l'anneau, achève sa migration et établit ainsi la communication entre la vaginale et le conduit péritonéo-vaginal.
Les caractères de l'hydrocèle congénitale sont ceux de l'hydrocèle acquise commune : tumeur régulière lisse, à parois souples, de consistance égale dans tous les points, élastique, fluctuante et éminemment transparente ; mais il en est deux qui lui sont particuliers et dont l'un est véritablement pathognomonique : la conformation de la tumeur et sa réductibilité. Au lieu d'être ovoïde et de se terminer du côté du canal inguinal par un bord net et arrondi, l'hydrocèle congénitale a une forme allongée se prolongeant par une sorte de pédicule dans le trajet inguinal et jusque dans la fosse iliaque. Dans les cas où existent les étranglements signalés par Ramonède dans le canal vagino-péritonéal, le liquide distendant les portions intermédiaires, la tumeur est moniliforme et multiloculaire ; elle est franchement en bissac dans les hydrocèles communicantes ou biloculaires de Dupuytren. La réduction s'obtient par une pression lente et continue, et elle est plus ou moins rapide suivant que l'orifice de communication avec le péritoine est plus ou moins largement ouvert. Certaines hydrocèles congénitales, qui ne se réduisent que très difficilement, ou même sont tout à fait irréductibles par la pression, disparaissent par le repos au lit pendant la nuit. Comme le fait remarquer Guersant, il est probable que dans ce cas le liquide qui, repoussé par la main, applique l'une contre l'autre les sinuosités du conduit et se ferme le passage à lui-même, filtre in visiblement dans le ventre dans le décubitus dorsal. La tumeur réduite se reproduit en général assez vite ; la station verticale, les efforts, les cris et la toux activent sa réapparition, et la main éprouve à ce moment une impulsion qui n'est pas sans analogie avec celle des hernies. Dans toute hydrocèle congénitale, il convient de rechercher avec soin la position du testicule et de s'assurer qu'il n'existe pas de hernie concomitante. C'est là le seul point délicat de diagnostic que comporte cette affection. La sonorité et le gargouillement feront reconnaître la présence de l'intestin, les épiplocèles étant exceptionnelles chez les enfants.
Le pronostic de l'hydrocèle congénitale est peu grave chez les jeunes enfants, car le plus souvent l'affection guérit toute seule. Lorsqu'elle persiste, elle constitue un danger pour l'avenir, les inflammations secon-
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daires ou primitives de la vaginale peuvent en effet gagner le péritoine.
Traitement. — La première indieation à remplir dans le traitement de Fhydrocèle congénitale, c'est de provoquer une inflammation adhésive qui oblitère le canal vagino- péritonéal : la communication avec la séreuse péritonéale une fois fermée, on voit le liquide contenu dans la vaginale se résorber et ne plus se reproduire, preuve que le liquide vient bien plutôt du péritoine que de la vaginale. Cette indication est simplement remplie par une légère compression exercée sur le trajet inguinal à laide d'un bandage ou de tout autre appareil approprié. On a cherché à la réaliser par d'autres moyens moins anodins consistant en application de topiques irritants sur les bourses et le cordon : tels que l'alcool, la teinture d'iode, la teinture de noix de galle, le chlorhydrate d'ammoniaque, les vésicatoires, etc. Si ces moyens ne réussissent pas, on doit comme dans l'hydrocèle commune agir directement sur la vaginale pour en évacuer le liquide et en tarir la sécrétion. Les ponctions répétées suffisent parfois dans les premières années de la vie ; plus tard il est nécessaire d'y joindre l'action de liquides modificateurs. Parmi ces liquides, l'alcool absolu, dont on injecte un ou deux grammes suivant le procédé de Monod père, ne présente aucun danger d'après notre expérience, malheureusement le résultat qu'il donne est loin d'être constant ; il en est de même du chlorure de zinc au dixième injecté à la dose de 10 à 20 gouttes comme le préconise Polaillon ; la teinture d'iode agit bien plus efficacement mais aussi elle présente plus de dangers. On ne doit l'employer que dans les hydrocèles dont la communication avec la cavité péritonéale est étroite, et il faut pousser l'injection avec prudence en ayant soin de faire comprimer par les doigts d'un aide le canal péritonéo-vaginal. Un bon procédé de cautérisation de la vaginale après évacuation du liquide, n'exposant pas aux risques que font courir les injections, est celui de Defer. Il consiste à évacuer le liquide avec le trocart et à toucher en plusieurs points la face interne de la vaginale à l'aide d'un stylet cannelé dans la rainure duquel on a coulé du nitrate d'argent.
L'hydrocèle congénitale rebelle aux moyens que nous venons d'indiquer est-elle justiciable de l'incision antiseptique ? Pour nous, cela ne saurait être douteux et nous croyons qu'entre les mains d'un chirurgien aseptique celle méthode offre moins de dangers que la méthode des injections. Dans les cas compliqués d'ectopie du testicule et de hernie, l'incision nous paraît être la méthode de choix, car en même temps qu'elle assure la guérison de l'hydrocèle elle permet de fixer le testicule à sa place et de faire la cure radicale de la hernie. Il va sans dire que cette opération ne sera pas pratiquée dans les premiers temps de la vie, mais différée à l'époque où l'âge et la force de l'enfant autorisent les interventions chirurgicales.