‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 10 sur 112 · I. — Allaitement naturel · texte numérisé non relu

I. — Allaitement naturel

Il est inutile d'insister sur la supériorité incontestable et incontestée de l'allaitement naturel, c'est-à-dire de l'allaitement au sein féminin. L'organisme de l'enfant nouveau-né n'est réellement adapte qu'à une seule alimentation, au lait de femme, de même que l'organisme du veau n'est adapté qu'au lait de vache, celui du chien au lait de chienne, etc., etc. La nature le veut ainsi. Malheureusement il y a parfois des difficultés ou même des impossibilités, dérivant : soit de la mère, mauvaise nourricière, malade, ou mal conformée, quand elle est consentante ; soit du nourrisson, trop faible, ou incapable pour une raison physique (bec-de-lièvre, etc.), de prendre le sein qui lui est offert. L'allaitement naturel sera préféré à tout autre mode d'alimentation, quand il sera possible; on ne le remplacera pas à la légère par l'allaitement artificiel.

A. — Allaitement maternel.

L'allaitement par la mère est supérieur à tout. 11 est possible, quand la mère est saine, assez forte, pourvue de mamelles suffisantes. Avant même l'accouchement, pendant la grossesse, surtout les derniers mois, on peut déjà prévoir qu'une femme sera bonne nourrice ; dans ce cas les seins sont volumineux, sillonnés à leur surlace de veines bleuâtres, qui indiquent une circulation intérieure active. La mamelle, dissimulée sous une couche adipeuse plus ou moins épaisse, est ferme, de forme conique; la pression à la base du mamelon fait sourdre quelques gouttes jaunâtres de colostrum. Le colostrum, aliment de transition, est un liquide louche, jaunâtre, très aqueux, peu riche en corpuscules. Au moment de la naissance, c'est une émulsion composée de sérum et de globules graisseux.

Les mamelons sont gros, mùrilormes, bien détachés, entourés à leur base d'une aréole brunâtre hérissée de tubérosités (tubercules de Montgomery).

Quand on les titille, on les voit s'ériger et se durcir. Tout indique en un mot que, sous l'influence de la montée du lait, vers le 3'' jour après les couches, les seins se rempliront de liquide et assureront la nourriture du nouvel être. Par contre, si les seins sont flasques et pendants, si le mamelon est rétracté, si la pression ne fait sourdre aucun liquide dans les derniers jours de la grossesse, on pourra craindre l'incapacité nourricière de la Femme enceinte. Encore ne faudra-t-il pas trop s'engager dans la voie prophétique, car les prévisions en apparence les mieux justifiées pourraient être démenties par l'événement. J'ai vu des femmes maigres, pâles, aux seins aplatis, faire d'excellentes nourrices. La maigreur, quand elle n'est pas excessive, ne doit pas empêcher l'essai loyal de 1 allaitement. 11 n'est pas rare de voir de ces femmes se transformer sous l'influence «le la fonction nouvelle, acquérir un appétit inusité', engraisser, prendre des couleurs, éprouver en un mot les meilleurs effets d'un allaitement accepté à contrecœur «m déconseillé par l'entourage. On devrait prendre pour règle, quand il n'y a pas contre-indication formelle, d'essayer l'allaitement, quitte à chercher une nourrice devant l'insuccès bien avéré Les raisons mondaines

ne déviaient jamais entrer en balance avec les avantages de l'allaitement maternel; à quelque classe de la société qu'elle appartic une femme,

apte physiquement à nourrir son enfant, devrait pouvoir le faire. Elle y trouverait son avantage, et sa santé, loin d'être ébranlée, serait consolidée par l'accomplissement d'une fonction naturelle, qui a bien ses ennuis et ses déboires, mais qui offre bien des compensations matérielles et morales, (l'est dans les grandes villes, en France plus encore qu'à l'étranger, que nous

Voyons les classes aidées de la société déserter île plus en plus l 'allaitement

maternel; il en résulte un développement énorme de l'industrie nourricière qui, si elle assure à beaucoup (reniant- riches les bienfaits de l'allaitement naturel, condamne un nombre égal déniants pauvre- (ceui des nourrices mercenaires) à l'allaitement artiliciel et au sevrage prématuré.

Cependant, on voit des mères incapables de mener à bien l'allaitement

de leurs enfants. Quelques-unes sont devenues, par l'hérédité, par le séjour prolongé dans les grandes villes, par 1 'abus des plaisirs mondains et des fatigues qui les accompagnent, par une culture intellectuelle et artistique intensives, incapables de lactation. D'autres sont malades; elles portent le germe de la tuberculose; leurs traits, leur faciès, leurs antécédents personnels et héréditaires, tout l'indique. Dans ce cas. il sera prudent de renoncer d'emblée à l'allaitement maternel, et de confier l'enfant issu de parents suspect- à nue campagnarde vigoureuse et sanguine. Donc l'allaitement est interdit à toute femme qui tousse habituellement, qui a eu des bronchites, qui compte des tuberculeux dans sa proche parenté, qui est tuberculeuse ou menacée de le devenir. Chez, une femme de celle catégorie, l'allaitement est dangereux pour la mère, qu'il e\po-e à la phtisie, et pour l'enfant, qu'il menace du même mal.

Apre- la phtisie pulmonaire, qui contre-indique absolument l'allaitement,

il faut placer le- maladie- organiques du cœur, de l'e-touiac, des rein- et

des principaux viscères, également incompatibles avec cette fonction. Parmi

■ii ii ul l'lmiml. — I. 2

[J C-JUBl )

les maladies chroniques générales, la chlorose avancée, le diabète sucré, l'obésité, le rhumatisme, la goutte, la gravelle, l'asthme, et en général toutes les manifestations paroxystiques de la diathèse arthritique, peuvent faire écarter l'allaitement maternel. Il est une cause souvent invoquée par les familles et par les médecins, le lymphatisme, la scrofule, qui me parait au moins discutable. Beaucoup de femmes sont dites ou se disent lymphatiques, qui feraient d'excellentes nourrices. D'autres ont ou ont eu des manifestations scrofulcuses avérées, des ophthalmies, des adénopathies, des ostéopathies tuberculeuses qui les rendent suspectes. Or, quand ces manifestations sont éteintes, quand l'état général est bon, je ne vois pas pour quoi on empêcherait des mères ayant des cicatrices écrouelleuses au cou, des taies aux yeux, des déformations aux os ou aux jointures, d'allaiter leurs enfants. J'ai vu, pour ma part, d'excellentes nourrices porter ces stigmates désobligeants.

J'ai même vu une mère de famille, d'ailleurs forte et bien constituée, mais défigurée par un affreux lupus tuberculeux de la face, traité sans succès à Saint-Louis par les cautérisations et les scarifications, donner le sein avec le plus grand succès à de beaux enfants qui n'ont souffert en rien des conséquences qu'on aurait pu redouter a priori. Et cependant, si nous avions à choisir une nourrice, nous écarterions résolument les écrouelleuses, les lupiques, etc. Mais je parle d'allaitement maternel; là, il faut être beaucoup moins sévère et encourager avec bienveillance toutes les tentatives raisonnables. J'ai vu un cas où l'allaitement maternel paraissait absolument devoir tourner contre celle qui l'a tenté et contre son enfant. Il s'agit d'une dame qui, il y a dix ans, fut prise, à la suite d'un refroidissement, d'une néphrite aiguë (douleurs dans les reins, urines rouges et rares, chargées d'albumine) ; cette dame, ayant toujours de l'albumine dans ses urines, devient enceinte. L'accouchement se fait naturellement; la mère veut nourrir; elle réussit parfaitement et, sous l'influence de l'allaitement, l'albumine disparait totalement de l'urine; la néphrite, après 5 ou 4 ans de durée, guérit; une nouvelle grossesse, suivie d'un nouvel allaitement prolongé, est aussi heureuse que la première; cette dame, pour la troisième fois, accouche et allaite avec le même succès. Cet exemple montre qu'il ne faut pas à la légère déconseiller l'allaitement maternel, et qu'on doit s'incliner quand une mère manifeste la ferme résolution d'allaiter son enfant.

Mais parfois la bonne volonté, l'énergie de la mère la mieux intentionnée, sont contrariées par des accidents qui viennent compromettre l'allaitement. Ici, c'est un mamelon trop court, que l'enfant ne peut saisir, et qu'on est obligé de vider à l'aide du tire-lait. En pompant ainsi avec patience, on arrive parfois à former le mamelon et à le rendre accessible au nourrisson; mais parfois le résultat est nul, et il faut renoncera l'allaitement maternel. Là, le mamelon est bien conformé, mais il se fissure s'ulcère, présente des crevasses qu'il faut savoir prévenir ou guérir, pour éviter les douleurs, les lymphangites, les abcès de la mamelle, qui rendraient l'allaitement désastreux pour la mère et pour l'entant. Enfin il arrive que, malgré les tractions énergiques pratiquées par le nourrisson, le lait ne

monte pas ou monte on quantité insuffisante; on peut essayer quelques moyens qui passent pour avoir la vertu d'augmenter la sécrétion du lait : l,i bière do malt, le galéga, le sel marin, le cumin, l'anis, le fenouil, l'électricité, le massage, etc. Si tout échoue, si l'agalaetie persiste, si l'enfant dépérit, mi lui cherchera une nourrice. La galactorrhée peut être aus-i parfois un obstacle à L'allaitement. On la combattra par la compression, par 1rs badigoonnages de cocaïne, par les emplâtres à la belladone, par l'ergot de Beigle, etc.

L'âge do la mère peut-il être une contre-indication ci l'allaitement'? Quand on prend une nourrice, on fait grande attention à son âge, on ne la veut ni trop jeune, ni trop vieille; on a raison. Mais pour l'allaitement maternel, les limites sont plus élastiques. J'ai vu récemment, au Dispensaire que je dirigeais, une 611e do 17 ans, fraîche et rose, qui allaitait avec le plus grand sucrés son enfant, âgé' do \ mois. J'ai vu, à peu près à la mémo époque,

uni' femme do W ans qui donnait le sein à son sixièl niant, âgé de

li mois; l'enfanl était superbe. I no autre femme de il ans avait eu et nourri

au sein I" enfants; le dernier, qu'elle allaitait encore avec succès, était agi'.

de quelques mois, lue femme do ."8 ans, qui a ou I i enfants, et qui en a élevé <s au sein, sans parler de ."» enfants étrangers qu'elle a nourris,

< 1 1 11 1 1 DCOre le sein à uni' petite tille de cinq semaines a\ee un plein BUCCès

[observation prise à la Villette en décembre 1892). Par contre, une femme de 18 ans m'a présenté, à I hôpital Trousseau, bod treizième enfant devenu

raehilique par insuffisance de lactation. Les autres, nourris par la mère, quand elle était plus jeune, avaient échappé au rachitisme. L'âge avancé' peut être une conlre-inilicalinn.

Certaines maladies, certaines indispositions, la frayeur ou même le seul fait do ne plus donner le sein pendant quelques jouis, peuvent arrêter la sécrétion t\u lait et rendre la mère impropre momentanément à l'allaitement. Cette suppression du lait maternel n'est pas toujours définitive, et souvent l'allaitement interrompu peut être repris avec succès. Le il avril IK!M).

une jeune femme me conduit son enfant âgé de 3 semaines, qu'elle avait mis au biberon depuis I.'» jours, sur le conseil d'une voisine qui la croyait trop faible pour faire les fiais do l'allaitement naturel ; reniant était alhropsié, il avait du muguet, de l'érythème des fosses, etC .le conseille ;ï la mère de le remettre au sein sans plus tarder, et do l'aider, pour les premières letées, en exerçant avec la main des pressions à la base du mamelon. Ce conseil fui suivi, le lait remonta peu à peu dans les seins, et le 3 décembre suivant (8 mois après), l'enfant m'était de nouveau présenté dans un étal llorissant do santé' Donc l'allaitement maternel avait pu être repris et continué' après une interruption de 15 jours, l'os interruptions plus longues I I mois, ■> mois, et même 't moisi ont été' ciliés par les auteurs.

Quand la mère est atteinte, au cours de l'allaitement, d'une maladie aiguë grave (lièvre typhoïde, pneumonie, scarlatine,- variole, choléra, etc.), ou doit se hâter de séparer I enfant, de suspendre l'allaitement maternel.

Le lait devient insuffisant, et peut, sous l'influence de la maladie, acquérir des propriétés nocives, les microbes passant dans le lait, ou leurs produits

(J cosiby )

de sécrétion. Le mieux est de donner une nourrice à l'enfant, quand on le peut; si cela est impossible, l'enfant sera soumis à l'allaitement artificiel, et quand la mère sera rétablie, elle pourra parfois reprendre l'allaitement. J'ai vu une nourrice qui, après une interruption de 44 jours causée par la scarlatine, put donner le sein de nouveau avec un plein succès.

Quand l'enfant est atteint de faiblesse congénitale, né avant terme, il arrive assez souvent qu'il n'a pas la force de téter. Sans renoncer à l'allaitement naturel, on fera tomber directement, par la traite manuelle, le lait dans la bouche de l'enfant. On pourra ainsi, toutes les heures, allaiter le nouveau-né, et quand il aura pris des forces, il parviendra à téter directement. Quelquefois le gavage et la couveuse l'aideront à traverser ce passage difficile. Si l'enfant est atteint d'une malformation de la bouche (bec-delièvre, division du palais, gueule-de-loup), il lui est impossible de téter, et l'on est obligé de recourir à l'allaitement artificiel.

Je suppose que tout soit normal du côté de la mère, comme du côté de l'enfant ; il faut maintenant étudier les règles, la technique de l'allaitement naturel : première tétée, nombre et durée des tétées de jour et de nuit, quantité de lait par tétée et par jour, durée de l'allaitement, etc.

Première tétée. — C'est toujours avec une certaine émotion qu'on voit approcher le moment où le nouveau-né va prendre le sein pour la première fois. Il ne faut d'ailleurs pas se presser de mettre l'enfant au sein de la mère. On laissera reposer celle-ci pendant plusieurs heures, on respectera son sommeil. L'enfant peut attendre, il dort de son côté, et il ne court pas le risque de mourir d'inanition, dût-on différer la première tétée jusqu'au lendemain. Pendant le premier et le second jour, le nouveau-né n'a pas besoin, en réalité, d'une alimentation sérieuse, il lui faut surtout évacuer ses sécrétions rénales et intestinales, uriner, rendre son méconium. Aussi ne peut-on que blâmer la pratique, très ancienne et très répandue, il est vrai, mais inutile et dangereuse, de donner à l'enfant quoi que ce soit (eau sucrée, lait stérilisé) avant la première tétée.

Si la mère était incapable de donner le sein avant le 2e ou 5e jour, ou si l'on attendait une nourrice, on donnera à l'enfant quelques cuillerées à café de lait tiède stérilisé. En dehors de ces circonstances exceptionnelles, l'enfant ne prendra rien entre sa naissance et la première tétée. Pour cette première tétée, il faut aider la mère, obligée d'ailleurs de garder une position gênante, la position horizontale. On découvre le sein, on lave le mamelon à l'eau horiquée tiède, on l'essuie avec le coton hydrophile, et on le dirige dans la bouche de l'enfant, couché le long du flanc de sa mère. H est rare, quand le mamelon est bien conformé, quand l'enfant est normal, d'échouer dans les premières tentatives d'allaitement. Après la tétée, quia une durée variable (de quelques minutes a un quart d'heure), on retire l'enfant, on le porte dans son berceau, et on lave à l'eau boriquée le mamelon.

Nombre des tétées, intervalles qui doivent les séparer. Pendant

les premiers jours, la régularité parfaite n'est pas possible, elle est même superflue. On met l'enfant au sein quand il pleure sans raison apparente, tantôt toutes les deux heures, tantôt toutes les heures. Mais déjà il faut avoir

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pour objectif les tétées rares et également espacées. En effet, l'estomac du nouveau-né, quoique doué d'aptitudes spéciales pour l'activité et la rapidité de la digestion, met cependant un certain temps à se vider, et il n'est pas bon de faire un nouveau repas alors que le précédent n'est pas encore digéré. Or, si on laisse l'enfant téter toutes les heures, par exemple, on peut être sûr que la digestion d'une tétée n est pas achevée quand l'autre commence, d'où fatigue pour l'estomac et possibilité (si la chose se répète trop souvent) de vomissements, de diarrhée, de dyspepsie, etc. Chez le nouveauné, la digestion dure au moins 1 heure 1/2, 2 heures, et plus tard 2 à 3 heures. Il faut donc, pour que l'estomac ne soit pas toujours encombré de lait, prescrire un intervalle de 2 heures, 2 heures 1/2, 3 heures entre les tétées. On arrive assez rapidement et assez facilement à régler l'enfant d'après ces principes, quand la mère a du lait, quand elle est bonne nourrice. Pour s'en assurer, il suffit de peser l'enfant avant et après chaque tétée. Si la mère n'a pas assez de lait, l'enfant crie avant l'heure réglementaire et le nombre des tétées devient excessif. La trop grande fréquence des tétées est souvent un signe d'insuffisance de lactation. L'intervalle entre les tétées doit être plus grand la nuit que le jour; si 2 heures séparent les tétées de la journée, 3 et 4 heures devront séparer les tétées nocturnes.

Pendant les premières semaines, l'enfant ne devra pas faire plus de S i 11) tétées en 24 beures (ti à 7 le jour, 2 à 3 la nuit). Plus tard, ce chiffre

pourra s'abaisser à 7 et à ti.

Quand l'enfant sera bien portant, on ne le réveillera pas bous prétexte (pu; l'heure de la tétée a sonné : l'intervalle peut, sans danger, pour une fois, dépasser 3 beures et même 4 beures. Si l'enfant esl faible, délicat,

paresseux au sein, dormeur et torpide, il faut le réveiller, le secouer, provoquer la succion par de petits tapotements BOT les joues, etc. La balance

sera encore le meilleur guide à suivre dans ce cas. Le chiffre des tétées par 24 beures n'est pas tout, l'abondance de chaque tétée est j considérer. Les tétées du matin sont généralement plus copieuses qui' cilles de l'aprèsmidi; l'intervalle de ces tétées matinales pourra donc s'allonger, tandis

que celui des tétées vespérales se raccourcira. On n'exigera pas une égalité mathématique contraire à la nature. La rareté relative des tétées est facile à obtenir avec une bonne nourrice; elle est impossible dans le cas contraire. On ne donnera pas deux fois de suite le même sein; on alternera. In sein, vidé plus souvent que son congénère, prendra un développement trop considérable, l'autre diminuant parallèlement et la plus grande irrégularité régnera dans les tétées. Il faut encore s nli^tciiir de donner, à la même tétée, les deui seins successivement. Il y a des femmes qui n'ont qu'un sein utilisable, soit par suite d'abcès, soit par vice de conformation du mamelon, etc. Dans ce cas, l'enfant est bien obligé de téter toujours le même sein. l'A la question se pose de savoir si une femme qui n'a qu'un sein est capable de nourrir son enfant. S il s'agit d'une nourrice mercenaire, la question n'est pas douteuse, et Ton doit refuser toute nourrice privée d'un sein. Si la mère veut absolument nourrir avec un sein, d'ailleurs bien développé, faut-il s'y opposer! J'ai vu quelques femmes qui, dans ces conditions défavorables, ont

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pu mener à bien l'allaitement de leurs enfants. Dans ce cas, elles étaient obligées d'avoir recours, plus tôt que d'habitude, à une alimentation supplémentaire, à l'allaitement mixte. Il en est de même pour une femme qui, tout en ayant deux seins utilisables, veut allaiter deux enfants. Si c'est une nourrice mercenaire, on s'y opposera. Si c'est une mère qui veut élever elle-même deux jumeaux, on pourra acquiescer, avec la résolution ferme de recourir de bonne heure à l'allaitement mixte. Car il est tout à fait exceptionnel qu'une femme, robuste et bonne laitière, puisse allaiter avec succès et sans épuisement deux enfants.

Une mère qui allaite son enfant doit éviter avec soin de donner le sein à un autre enfant connu ou inconnu, pour se mettre sûrement à l'abri de contaminations dangereuses pour elle et pour son propre enfant (syphilis).

Durée de chaque tétée. — La durée de chaque tétée est variable, mais elle doit être assez courte. Elle est variable, car elle dépend de la quantité de lait qui se trouve dans la mamelle, de la force du nourrisson, etc. Tel enfant fera sa tétée en 5 minutes, tel autre en 10, en 15, en 20 minutes. 11 ne faut pas dépasser ce chiffre dans la majorité des cas. Il ne faut pas laisser l'enfant s'endormir en conservant le mamelon dans la bouche. Cela se voit couramment quand l'enfant couche dans le même lit que sa mère, et cela est très fâcheux. En effet, le mamelon incessamment mouillé par la salive, se ramollit, s'excorie, se crevasse; des inflammations, des abcès peuvent en résulter. De plus, le nourrisson tète plus souvent qu'il ne faudrait, et il peut en résulter pour lui des troubles digestifs.

11 faut donc surveiller la durée des tétées et savoir la restreindre dans certains cas en se servant de la balance, qui dira si l'enfant a pris assez de lait, et en observant certains effets des tétées trop prolongées et trop abondantes (vomissements, diarrhée, etc.). Quand la tétée est terminée, le nouveau-né s'endort; on le prend avec soin et on le met dans son berceau. On le tiendra dans la position horizontale ou peu inclinée pour prévenir les vomissements qui se produisent surtout quand l'enfant est secoué, quand il est tenu debout ou assis sur les bras de la mère ou d'une bonne.

Quantité de lait prise à chaque tétée. — La quantité de lait prise à chaque tétée varie suivant la valeur nourricière de la mère, suivant Yà"e, le poids, la vigueur de l'enfant. La capacité physique de l'estomac du nouveauné est petite; elle n'excède pas dans les premiers jours 40 à 50 centimètres cubes, c'est-à-dire le quart d'un verre ordinaire ; si l'on veut, la première semaine, faire prendre à l'enfant une quantité supérieure de lait, on est exposé à distendre, à dilater son estomac. Puis cet organe rapidement augmente de volume, il peut, dès la seconde semaine, contenir facilement 7f/à 80 centimètres cubes; la 3e semaine, 80 à 90 centimètres cubes; le 2e mois, 100 à 120 centimètres cubes; le 5e mois, 140 centimètres cubes; le 5e mois, 250 centimètres cubes; le 6e mois, 500 centimètres cubes. Ces chiffres nous donnent a peu près le poids maximum de chaque tétée aux différents âges du nourrisson. Ils veulent dire que, le premier mois, l'enfant ne doit pas prendre, en moyenne, plus de 00 à 70 grammes de lait par tétée- que le second mois, il doit se borner à des tétées de 100 à 120 grammes- que,

le 5' mois, il peut aller à 140 grammes; puis à 150, à 200 grammes, etc. 11 est lion qu'il ne dépasse jamais ce chiffre, car si son estomac peut contenir davantage, rien ne nous oblige d'atteindre la limite île la capacité gastrique, 200 grammes représentent à peu près un grand verre; il est bien rare qu'un nourrisson prenne cela dans une tétee, même à 8 ou 10 mois, et il n est pas nécessaire d'aller si loin. Voici les chiffres que l'observation nous permet

de considérer a ne très voisins de la vérité dans l'allaitement maternel.

Quantité de lait prise par tétée suivant l'âge du nourrisson :

PAR TÉIÉE PAR JOIR

l"jour 3 à 4 grammes 20 à 50 grammes

2* — 15 — ISO à 150 —

2° et •"• semaine. 60 — 500 à 000 —

2'mois 80 à 100 — 000 à 700 —

3" — 100 — Tin» a 800

5* au 10' mois. . 140 à 150 — 900 à 1000 —

(Vs chiffres expriment un maximum, ils ne se rencontrent que dans les

cas d'allaitement exclusif, sans mélang d'autre ali ntation, el avec une

bonne laitière. Aussitôt qu'une nourriture supplémentaire est ajoutée aux tétées, celles-ci diminuent.

Durée de l'allaitement maternel. — Quand la mère est \ig «use e!

saine, la durée de l'allaitement doit être longue. Il y a tOUl avantage pour l'enfant à téter le plus longt ps possible, quand Oïl a soin de lui donner,

en temps opportun, une alimentation complémentaire. Les enfants le* plus

beaux, les plus vig -eux, les plus sains, 1rs mieux (I s mu point de vue

de l'estomac el du développement futur, sont ceux qui ont tété le plus longtemps. L'allaitement prolongé jusqu'à 2, .">. I ans est très répandu chez les sauvages, les Africains, les Asiatiques, etc. Au Japon lc> enfants trient

jusqu'à 3 ou i ans, et la mortalité infantile e-t moindre que chez non* Sur

1 (10(1 enfants, 270 meurent avant l'âge de ."> ans au Japon, et ."H en France.

Un allaitement maternel qui ne dure que (i, !), 12 mois, esl un allaitement trop court. Il faut aller jusqu'à 15, 18, 20 mois el bu delà. La mère ne doit

rester en deçà que pour des raisons majeures : maladies, faiblesse, anémie, nouvelle grossesse, etc.

Conditions qui peuvent influer sur la durée de l'allaitement. — I ne maladie sérieuse qui frappera la mère à une époque où l'enfant peut être sevré sans danger, sinon sans désavantage (10 à 12 moisi, que cette maladie

soit aiguë (lièvre typhoïde, pleurésie, | umonie) ou chronique (anémie,

dyspepsie, bronehite), devra faire cesser l'allaitement, car elle tarit presque

la sécrétion mammaire, elle affaiblit la mère, et elle peut infecter l'enfant

îles microbes pathogènes passent quelquefois dans le but). S'il ne s'agit que d'une indisposition, d'un rhume, d'une grippe, d'un embarras gastrique, d'un ictère calarrbal, d'une colique hépatique, je ne crois pas qu'on doive d'emblée renoncer à l'allaitement; on s'aidera pendant quelques jours avec

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un peu de lait stérilisé, et on reprendra l'allaitement après la guérîaon.

Les fatigues qu'imposent la vie mondaine, les soirées, le théâtre, le bal. les diners, ne sont pas compatibles avec un bon allaitement; elles épuisent la mère et rendent le lait moins riche et moins abondant. 11 faut renoncer à tout cela, au moins pendant les six S huit premiers mois. Plus tard, on pourra concéder quelques sorties et l'usage des plaisirs les moins fatigants pour le système nerveux et pour l'estomac. Une femme du monde qui veut allaiter son enfant dans de bonnes conditions doit suspendre sa vie mondaine pendant un an, et ajourner la satisfaction de ses plaisirs habituels. Elle peut recevoir des visites, en rendre quelques-unes, et c'est tout.

Les émotions morales vives, la colère, la frayeur, etc., ont une influence déplorable sur la lactation," dans quelques cas; on cite des femmes qui, sous l'influence de la peur, ont vu leurs mamelles se tarir momentanément ou définitivement. On fera donc tout pour éviter les grands chocs nerveux, les secousses du cœur, les chagrins profonds. Les relations conjugales n'ont pas, par elles-mêmes, quand elles sont rares et modérées, d'influence sur la sécrétion du lait. Mais elles exposent la mère à une nouvelle grossesse et elles conduisent à un sevrage prématuré. Ce n'est pas que le lait d'une femme enceinte soit pernicieux pour le nourrisson ; beaucoup de femmes ont allaité et allaitent tous les jours leurs enfants, qui n'en éprouvent aucun malaise pendant les 2, 3, 4 premiers mois d'une grossesse jusqu'alors ignorée. Dans les espèces animales (bovine, chevaline, etc.), cela est même général, constant. Donc le lait d'une femme enceinte n'est pas mauvais pour le nourrisson. Mais il est pénible, pour la mère, de continuer l'allaitement dans les conditions anormales où elle se trouve ; la sécrétion lactée diminue, les forces s'en vont, et le sevrage s'impose. Quoi qu'il en soit, ce sevrage ne devra pas être précipité, car la crainte du mauvais lait est absolument chimérique.

Le retour prématuré des règles a-t-il une influence sur l'allaitement ? H est certain que les meilleures nourrices sont celles dont la menstruation est suspendue pendant la plus grande partie de l'allaitement ; mais il n'est pas rare de voiries règles revenir après quelques mois, 5, 4, 5, 6 mois. Quelques femmes même ont leurs règles pendant toute la durée de l'allaitement. C'est une condition peu favorable, mais non absolument fâcheuse pour le nourrisson. On remarque que les femmes qui ont leurs règles sont ordinairement moins bonnes laitières que les autres, et surtout que la sécrétion lactée diminue pendant l'époque menstruelle, d'autant plus que les pertes sont plus abondantes et plus prolongées. Mais, surtout quand il s'agit de la mère, le retour inopiné des règles ne doit jamais faire abandonner l'allaitement, ni conduire à un sevrage prématuré.

Hygiène de la mère. — Une mère qui allaite son enfant doit éviter avec soin tout écart de régime, les bons diners, les mets épicés et échauffants, les aliments indigestes, les crudités, les boissons fortement alcooliques (vin pur, liqueurs, etc.). En dehors de cette règle générale de conduite, elle ne doit pas se croire obligée, parce que nourrice, de changer radicalement son régime alimentaire. Elle habite la ville, elle a contracté

l'habitude de prendre une nourriture plus azotée, plus annualisée que les femmes de la campagne, il n'y a pas de raison pour qu'elle essaye d'un régime nouveau auquel son estomac et son tempérament ne sont pas faits.

Qu'elle évite seulement les excès, surtout les excès alcooliques, qui ont une mauvaise influence sur le lait et le nourrisson. On permettra l'eau rougie, la bière légère, etc. La quantité moyenne sera de 2 à 5 litres par 24 heures. Une femme qui allaite ne restera pas enfermée, mais sortira tous les jours avec son nourrisson, si le temps le permet. Elle doit prendre l'air; quand la saison est favorable et quand ses moyens le lui permettent, elle quittera Paris et les grandes villes pour la campagne, où elle se trouvera dans des conditions hygiéniques plus favorables à l'allaitement. Le séjour à la campagne favorise la sécrétion du lait et galvanise parfois des femmes qui, à la ville, ne faisaient que de pauvres nourrices.

Influence du tempérament , de la constitution. — Doit-on tenir compte, pour ou contre l'allaitement maternel, de la couleur des cheveux, du tempérament de la mère, de son embonpoint? On a dit que les femmes rousses ne pouvaient pas faire de bonnes nourrices; rien n'est moins prouvé. Qu'une femme soit rOUBse, blonde on brune, elle peut avoir toutes les qualités d'une nourrice et l'on ne doit pas attacher la moindre importance à la couleur des cheveux, au teint de la peau, aux traits du visage, à l'implantation des dents. Les femmes d'un embonpoint moven sont dans des conditions plus favorables que les femmes émaciées ou obèses pour mener

à bien l'allaitement de leurs enfants. L'obésité franche doit être regardée

C le une contre-indication ; mais l'embonpoint n'en est pas mie. lue

femme simplement nerveuse pourra nourrir; une femme hystérique à grandes attaques ne le pourra pas. J'ai vu une il. une bien constituée et bien portante, capable à coup sûr de faire une bonne nourrice, s'abstenir d'allaiter son enfant, pour l'unique raison qu'elle avili épousé son cou-iu germain. Les mariages consanguins peuvent bien, dans quelques cas, avoir de fâcheuses conséquences sur la descendance; la consanguinité peut donc contre-indiquer le mariage, mais je ne vois pas comment elle pourrait, conlre-iudiquer l'allaitement maternel.

B. — AlX.VITKMENT MERCENAHtE.

L'allaitement par une nourrice, qui n'est pas la mère de l'enfant, offre plus de difficultés que l'allaitement maternel. Mais il donne souvent d'excellents résultats, bien supérieurs à ceux que donnerait l'allaitement maternel, si, à la mère faible, délicate, malade, on peut substituer une robuste campagnarde, remplissant toutes les conditions voulues pour faire une bonne nourrice. Les premiers jours d'un enfant mis en nourrice différent sensiblement de ceux (le l'enfant mis au sein de sa mère. Celle-ci, qui vient d'accouchei , n'a pas encore de véritable lait; l'enfant, pendant 2 OU 3 jours, ne ramené qu'une faible quantité de colostrum, qui le purge et chasse devant lui le méconiuin. La nourrice mercenaire, au contraire, est accouchée depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois, elle a un lait plus vieux,

£J. COUBY]

trop abondant, trop caséeux pour un enfant d'un jour; l'un ne répond pas à l'autre, et les premières rencontres ne sont pas toujours heureuses. L enfant, recevant, dans les premières tétées, plus de lait qu'il ne lui en faudrait, présentera souvent des vomissements, de la diarrhée, des coliques et, loin d'augmenter de poids, il pourra diminuer notablement. J'ai vu des enfants qui, sous l'influence d'un lait trop vieux, ne tardaient pas à présenter des éruptions de la face, des érythèmes des fesses, etc. Ces troubles vont quelquefois assez loin pour imposer le changement de nourrice.

Pour éviter ces inconvénients ou les atténuer, on priera la nourrice de dégorger ses seins trop remplis avant de faire téter l'enfant; elle y parviendra facilement par la traite manuelle et elle en éprouvera elle-même du soulagement. Deux causes rendent les premières tétées indigestes pour le nouveau-né confié à une nourrice étrangère : 1° La trop grande abondance du lait ; au lieu de quelques gouttes de colostrum qu'il aurait pris au sein de sa mère, le bébé est exposé à ingérer 50, 60 grammes de lait véritable; 2° Ce lait est relativement vieux, il a des qualités fort différentes du colostrum. Sans doute, quelques enfants s'accommodent facilement et rapidement à cette alimentation trop abondante et trop riche ; mais d'autres ont de la peine cà s'y faire. On les aidera en leur donnant, après la tétée, quelques gouttes d'eau de chaux ou de Vichy.

Les règles de l'allaitement mercenaire sont les mêmes que celles de l'allaitement maternel, et je n'y reviendrai pas. Pour ce qui est du choix de la nourrice, de son régime, de son hygiène, on trouvera plus loin tous les renseignements désirables. Il est des cas, assurément très rares, mais dont un exemple a été cité par le Dr J. Weill-Mantou, d'allaitement combiné (mère et nourrice). Une mère veut bien nourrir son enfant, mais c'est une tâche qui lui parait au-dessus de ses forces, soit parce qu'elle est faible, soit parce que l'enfant est gros et vorace, etc. Elle prend alors une nourrice qui se charge de donner le sein la nuit pendant qu'elle-même le donne le jour. Un enfant élevé dans ces conditions jusqu'à 15 ou 16 mois, a prospéré, le succès a été complet. Cela n'est pas étonnant; mais voulùt-on répéter l'expérience, on trouverait difficilement des nourrices pour consentir à ce rôle un peu effacé de surnuméraire en allaitement. Cette sorte d'allaitement mixte (maternel et mercenaire) ne se voit guère que dans l'élevage des jumeaux, la mère partageant avec une nourrice les charges de l'allaitement de ses deux enfants.

Nourrices. — Il y a deux catégories de nourrices : les nourrices sur lieu, qui, habitant avec les parents de l'enfant, sont étroitement surveillées; les nourrices à la campagne qui, emportant chez elles les nourrissons qu'on leur confie, les soignent souvent mal et leur donnent prématurément des substances plus ou moins indigestes au lieu du lait féminin qu'elles s'étaient engagées à fournir. On donnera donc la préférence aux nourrices sur lieu, qui, il est vrai, coûtent plus cher que les autres. Mais, dans les deux cas, il faut procéder médicalement au choix de la nourrice.

Que la nourrice vienne directement de la campagne à la ville, dans la famille qui l'attend, ou qu'elle soit prise dans un bureau, elle doit subir

un examen médical. On peut faire exception pour des nourrices retenues d'avance, connues de la famille ou des amis de la famille, examinées, suivies par le médecin de leur village, etc. Pour les autres, il faut être sévère et exiger toujours la présentation de leur enfant. Le bon état de ce dernier témoigne en faveur de la mère; il faut l'examiner attentivement et s'assurer i{ii il n est pas syphilitique. La nourrice ne sera ni trop jeune, ni trop vieille; trop jeune et primipare, il est à craindre quelle manque, non seulement il expérience, mais encore et surtout d'une lactation suffisante et durable. Au-dessous de 20 ans, et surtout de Ifl et 18 ans, il est rare de rencontrer de lionnes nourrices. Les meilleures sont entre "JO et 30 ans, surtout quand elles sont secondipares ou multipares. Toutes chose- égales d'ailleurs, la secondipare ou la multipare fera une meilleure nourrice que la primipare. Une femme qui a nourri une ou deux fois avec succès, a fait ses preuves, elle offre plus de garanties que b primipare; quelque bonne (pie paraisse cette dernière, rien ne prouve qu'elle puisse faire les Irais d'un allaitement prolongé. S'il faut rechercher1 les femmes qui ont déjà nourri, eela ne veui pas dire qu'on doive accueillir avec empressement une femme âgée, ayant passé la trentaine ou la quarantaine, OU épuisée par des grossesses multipliées. Les organismes appauvris doivent être écartés avec autant de résolution que les organismes incomplètement développés.

Un refusera également les nourrices n'ayant qu'un sein utile. Sur !">'' nourrices n'ayant qu'un sein apte à la lactation, auxquelles oh avait confié des nourrissons, le D' Sabatier a su que 15 de ces derniers étaient morts ilès les premiers mois, ce qui donne une mortalité de W pour 100. D'autre part, 52 nourrices pourvue- de deux seins n'ont donné que !• morts, soit 2<s pour l(H(. (Service départemental de Lyon.)

(tu exigera que la nourrice soil à une distance convenalile de l'accoucheul. Si elle se relève à peine, s'il ne g'dsl passé que I .'> jours ou trois

semaines entre la parturition et le placement, il est à craindre qu'elle n'ait

encore îles perles, de- douleurs, el qu'elle ne donne p.is assez de lait. Si

elle es! accouchée depuis (i mois ou davantage, son Lui est trop vieux pour

un enfant oouveau-né. Il est à craindre qu'il ne soit pas bien digéré et qu'il ne tarisse trop loi. On a bien vu des femmes nourrir successivement deux. enfants, mais c'esl exceptionnel. Le mieux est de choisir une nourrice

aceouchée depuis 2 ou ." mois; le lait ne sera pas trop vieux et durera plus longtemps. Il faut bien savoir en elVet ipie la sécrétion lactée ne conservé pas toujours le même taux; très abondante les premiers mois, elle diminue ensuite trop fréquemment.

Le II' l.edé a relevé toutes les nourrices au sein venues à Paris, de mai 1878 à lin décembre 1886. Sur un total de si T.'.ii. dont 56393 femmes mariées, I 263 veuves, et 24 llio célibataires, il a pu étudier l'âge du lait des filles-mères, qui sont toutes nourrices sur lieu, et dresser le tableau suivant :

Lait .le I is 7 801

y. COS1DT ]

Lait de i mois 1 704

Or la loi Roussel (art. 8) veut que l'enfant de la nourrice ait 7 mois révolus ou qu'il soit allaité par une autre femme. Cet article est incessamment violé par les nourrices sur lieu. II est vrai que, si cet article était rigoureusement observé, l'industrie nourricière aurait vécu en France, car personne ne voudrait d'un lait de 7 mois. Cependant M. le D' Pinard ne cesse de demander, dans les Sociétés savantes, dans les journaux, dans les thèses de ses élèves, le respect absolu de cet article de la loi Roussel, qui devait sauvegarder tant de malheureux enfants des campagnes. Le droit de Venfant à sa mère, M. Pinard en fait un dogme intangible. Voici la réponse faite par le Dr Poitou-Plessis à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle, en 1894.

« En fait, l'article visé de la loi Roussel est pratiquement inexécutable et il aboutit directement comme conséquence à la suppression complète de l'industrie nourricière. Si c'est là le but que nous voulons atteindre, il serait plus simple de le dire carrément. Je comprendrais, en effet, que l'on vienne soutenir cette thèse, sous bien des rapports défendable. — L'industrie nourricière étant foncièrement immorale, encourageant les mères riches à se soustraire au plus saint des devoirs de la maternité, nous en demandons la suppression absolue. — Cela est très beau comme thèse philosophique; mais, au point de vue pratique, on aurait bien des objections à y faire. Certes, je déplore, autant que qui que ce soit, de voir des mères, qui seraient capables de faire d'excellentes nourrices, se refuser, sous le prétexte soit de convenances mondaines, soit d'occupations commerciales, à l'accomplissement de ce devoir. Mais, combien ne voyons-nous pas, chaque jour, de femmes qui désireraient vivement nourrir elles-mêmes leur enfant et qui ne le peuvent parce que la sécrétion lactée fait défaut; et la mère phtisique, prétendrez-vous la contraindre à un allaitement aussi nuisible à elle-même qu'à son enfant? Et l'enfant dont la mère est morte en couches? Quel est donc le prétexte philanthropique dont vous vous couvrirez pour l'empêcher d'avoir une nourrice?

« Vous arrivez donc forcément à cette conclusion : que s' il peut être désirable de voir restreindre l'industrie nourricière, il serait mauvais de la supprimer; et pour ce qui est de la restreindre, il faut compter bien plutôt sur l'influence morale que le médecin peut exercer par ses conseils dans la famille, que sur des dispositions légales impossibles à appliquer.

« Et, en effet, que se passe-t-il dans la pratique? En premier lieu, aucune femme, voulant se placer comme nourrice, n'attend d'avoir un lait de 7 mois, par cette excellente raison que, 8 fois sur 10, personne n'en voudrait. Non pas tant à cause du préjugé régnant sur les inconvénients d'un lait un peu âgé, que parce qu'on craindrait, non sans raison, de voir chez elle la sécrétion lactée se tarir avant qu'elle ait pu achever la nourriturc qu'elle entreprend. Donc, c'est à 2, 5 ou 4 mois au plus qu'elle cher-

cho à se placer comme nourrice; à ce moment, où son nourrisson a acquis un degré suflisant de force et de résistance, elle le confiera à ses parents, à la campagne (lesquels ont souvent une bonne vache laitière) et qui vont continuera élever l'enfant au biberon, dans des conditions en somme assez favorables.

« Et voilà ce que votre loi prétend empêcher! Je me demande, en vérité. au nom de quel principe supérieur pouvant primer ceux de liberté individuelle et d'égalité devant la loi, qui sont les bases de notre droit public. Comment! chaque jour se passe le fait suivant, sans que la loi ait à intervenir : une commerçante parisienne quelconque vient d'accoucher, et son accoucheur, voyant qu'elle a en abondance un lait succulent, fait tous ses efforts pour obtenir d'elle qu'elle nourrisse son enfant; mais elle lui répond que cela lui est impossible; qu'il faut qu'elle surveille son eommerce, qu'elle soit à son magasin; et on envoie le malheureux petit nouveau-né à 10, 15 ou '20 lieues de Paris, pour y être nourri au biberon et dans des conditions souvent liés défectueuses et qui peuvent augmenter beaucoup ses chances de mortalité (').

« En vertu de quel droit le législateur, qui ne se croit pas autorisé à interdire l'élevage au biberon à celte mère qui ne peut arguer que «le ses intérêts commerciaux (et alors qu'il s'agit d'un enfant débile et nouveauné 1 1 1 ■ ■ va être confié presque sans surveillance à des mercenaires); en vertu

île quel droit, dis-je, prétend-il interdire ce mé 'levage au biberon à la

paysanne dont l'enfant, déjà vigoureux, en quittant va mère, ne quitte pas pour cela une famille qui continuera il le surveiller avec tendresse? »

Et le lr Poitou-Plessis l'ail ressortir l'état de misère dans lequel croupiraient les filles-mères de la campagne, si elles ne trouvaient pas ii se placer

comme nourrices dans des familles aisées. Huant à la prétention d'exiger de la femme qui veut se placer comme nourrice, d'assurer préalablement une autre nourrice au sein à son enfant, elle est également injustifiée, car la malheureuse ne peut donner des arrhes, n'ayant pas un centime.

« Tout ce que l'Etat a le droit et le devoir de faire, ajoute le I)r Poitou- Plessis, c'est d'assurer à cet enfant, dont la mère se sépare, la même surveillance et la même protection (qu'il soit élevé au sein ou au biberon) qu'aux autres enfants de son âge mis en nourrice. »

Après cette digression à laquelle nous avons été conduit par la question d'âge du lait des nourrices, nous continuons l'élude des questions relatives au choix et au changement de nourrice. Avant d'arrêter une nourrice, on s'informera du retour de ses règles; ce n'esl pas toujours une cause de renvoi pour une nourrice en fonction, mais c'est un inotit d'exclusion dans le choix d'une nourrice nouvelle.

La nourrice doit être robuste et saine, sans tare organique sérieuse, sans soupçon de tuberculose pulmonaire ou de maladie contagieuse quelconque.

(') Le Bulletin de Statistique municipale donne les chiffres suivants; je prends une semaine au bâtard, uMlème semaine de 1893 i" au 16 ours). On < enregistra II naissance de 11116 enfants: oo

.i déclara1 I M en nourrice de 108 enfants, dont lb soient placés a Paris et 388 hors de Paris.

Parmi ces cuTdoU, 97 seront Doums au sein et 506 recevront une autre alimentation.

[J COMBY ]

?>0 PHYSIOLOGIE ET HYGIÈNE IlE L'ENFANCE.

C'est pour s'assurer de l'absence de ces vices rédbibitoires que l'examen médical est nécessaire. On note la couleur du visage, des cheveux, l'état des dents, l'embonpoint ou la maigreur, les cicatrices visibles ou cachées, on ausculte le cœur et les poumons, on examine la gorge, le ventre, etc. On refusera une nourrice trop pâle, anémique, trop maigre, trop grasse. La couleur des cheveux n'a pas d'importance, mais les odeurs fortes exhalées par la peau de certaines femmes seront un motif d'exclusion. Les dents profondément cariées indiquent que la nourrice aura de la peine à s'alimenter et la feront écarter.

On examinera avec le plus grand soin les mamelles, qui devront être volumineuses, pas trop chargées de graisse, mais constituées par des lobes noueux et denses, et sillonnées à leur surface par des veines bleuâtres. Le mamelon doit être saillant, non rentrant; la pression à sa base doit faire jaillir le lait, comme une pomme d'arrosoir. Toute nourrice qui aurait un sein annihilé, par atrophie, abcès, cicatrices, doit être refusée. On examinera le lait qu'on aura fait jaillir des deux seins dans une cuiller ou un verre; on jugera ainsi de sa couleur, de sa viscosité, de son apparence.

En mettant une goutte de ce lait sur l'ongle, on apprécie aisément sa richesse en globules, traduite par son opacité et son épaisseur. Mais cette enquête sommaire ne donne qu'une présomption, qu'une approximation. Le lactoscope de Donné permettra de pousser plus loin l'analyse. Le procédé du compte-gouttes d'IIélot de Rouen peut être utilisé : on remplit une seringue de Pravaz, dont la pointe de l'aiguille a été limée, avec le lait de la nourrice, et on le chasse goutte à goutte ; on compte le nombre de gouttes écoulées après évacuation complète du corps de pompe; le nombre des gouttes d'eau étant 30, celui des gouttes de lait doit être 55; au-dessous de 55, le lait sera considéré comme mauvais. Mais tout cela est moins pro haut que l'enfant de la nourrice, qu'on devra toujours se faire présenter en s'assurant qu'il est bien à elle et qu'il n'est pas emprunté pour la circonstance. Si le nourrisson est gros, gras, ferme, gai, vif dans ses mouvements, s'il a bonne mine, s'il a toutes les apparences de la santé, on doit admettre que la mère est une bonne nourrice, alors même que l'une ou l'autre des conditions requises plus haut semblerait en défaut.

Les nourrices de la campagne seront préférées aux nourrices des villes. Les femmes adonnées aux travaux des champs sont supérieures aux ouvrières des usines. Quand on a le choix entre une fille-mère et une femme mariée, laquelle doit-on prendre? La question de moralité pèse d'un grand poids dans certaines familles ; mais il faut tenir compte avant tout des qualités nourricières du sujet. Les filles-mères sont souvent plus maniables, plus dociles que les femmes mariées Ces dernières exigent toujours un prix plus élevé que les autres et les familles sont souvent ennuyées par les exigences de leurs maris.

On ne prendra qu'avec répugnance, et après enquête, une nourrice qui vient de quitter une place, par renvoi, départ volontaire, mort ou sevrage du nourrisson. Les bureaux de nourrices cachent au public les placements antérieurs de leurs clientes, surtout quand ils ont été de comte durée.

Quand une nourrice est bonne au point de vue de la santé et de la lactation, on doit passer par-dessus les imperfections d'ordre moral ou intellectuel qu'elle peut présenter; est-elle inférieure à ce point de vue, on la surveille de 1res près, on ne lui confie l'enfant qu'au moment des tétées et surtout on ne la laisse, sous aucun prétexte, coucher avec lui. On sait du rote que les qualités comme les défauts de la nourrice ne sont pas bransmissiblea par le lait au nourrisson.

Régime des nourrices. — Quand la mère nourrit elle-même son entant, elle n'a pas de régime particulier à suivre; si elle a l'habitude des viandes rôties, elle continuera à en manger; si elle était végétarienne, elle restera végétarienne. La question du régime alimentaire se pose uniquement pour 1rs nourrices sur lieu qui, venant de la campagne <>ù elles rivaient de pain, (le soupes et de légumes, se trouvent transportées dans un milieu où l'alimentation est plus azotée et plus riche. Il importe de ne pas changer brusquement le régime auquel la nourrice est faite depuis son enfance, L'excès <!<• viande et de vin est surtout à redouter. Une nourriture trop riche en albuminoïdes augmente la quantité de graisse. Le pain, les légumes (pommes de terre, haricots, pois, lentilles), les ragoûts, les soupes aux

légumes, le IV âge seront donnés en abondance. Comme boissons, on se

réglera sur les goûts de li irrice, mais on oe lui permettra jamais le

vin pur ni les liqueurs fortes, à cause du trouble que l'alcool peul apporter à la lactation. On a vu, chez la chèvre, que l'alcool, à la dose de luil grammes, passait dans le lait, l/ahus des boissons alcooliques ;i de plus l'inconvénient de diminuer l'appétit de la nourrice et <wr suite la quantité de sou laii ; il rend ce lait plus gras et plus indigeste 'in donnera l'eau rougie, la bière légère, le cidre pur ou coupé d'eau (2 litres par jour eu moye ).

Si la nourrice ne prend que de l'eau, eelle-ei devra être pure, Bltrée,

potable en un moi. J'ai vu un nourrisson présenter de la diarrhée et <\r> vomissements parce que sa mère avait contracté les mêmes accidents en

faisant usage d'une eau impure.

I.e nombre des repas sera île ■">. de i même (v compris le lunch de l'après-midi que prennent la plupart des nourrices). On donnera à discrétion le pain, la soupe, les légl s, les ragoûts, etc. On rationnera les

viandes rôties, les salades, les mets épicés. Outre les boissons alcooliques et excitantes (vin pur, liqueurs, café, thé), on interdira certaines substances qui peuvent passer dans le lait et nuire à l'enfant. L'ail, les oignons, les poireaux, lés asperges, etc.. seraient dans ce cas. Dans cette question 1res complexe des aliments, on se guidera surtout sur la tolérance de la nourrice et du nourrisson, permettant les mets qui réussissent à l'une et à l'autre, interdisant ceux qui semblent agir défavorablement sur le lait.

M. le D' • '.. Paul a prescrit le régime suivant aux nourrices de la crèche de l'hôpital de la Charité : lait, pain, soupes maigres, viande à mi seul repas, dréches mélangées à de la farine de lentilles màltée, ce qui constitue un aliment très azoté et très galactogène; bière pendant les repas seulement et, dans l'intervalle, d autres lioissmis (elles que celle qu'on peut préparer en ajoutant de l'avoine noire grillée au coco ordinaire des hôpitaux; cela ferait

Il COMBY }

une boisson sucrée, parfumée et très agréable. Pour lui, ce qu il laut surtout, c'est réduire la viande, supprimer le vin, augmenter les farineux. Il reconnaît que ce régime n'est applicable qu'aux nourrices sur lieu, à ces paysannes dont l'alimentation change dès leur arrivée dans les villes. La campagnarde qui nourrit dans son pays n'a aucun motif de changer son régime ; la citadine, sans changer radicalement son alimentation habituelle, doit s'inspirer des mêmes principes.

L'alimentation des nourrices doit être abondante, mais non excessive; il ne faut pas pousser à l'engraissement, qui pourrait diminuer la sécrétion du lait. Quand les nourrices engraissent, dit-on, les nourrissons maigrissent. C'est pour éviter ce danger qu'on veillera aux occupations, exercices et promenades des nourrices. La nourrice se lèvera et se couchera de bonne heure. Sans l'astreindre à des occupations fatigantes, on ne la laissera pas dans l'oisiveté et on lui donnera de menus ouvrages à faire. On soignera surtout son hygiène, elle devra sortir en promenade tous les jours avec son nourrisson, à pied, de façon à prendre à la fois l'air et l'exercice nécessaires.

Les soins de propreté, les bains ne sont pas nuisibles aux nourrices; on ne les négligera pas. On s'abstiendra de purger énergiquement ou de médicamenter une nourrice sans nécessité absolue. La plupart des remèdes, outre l'action restrictive qu'ils peuvent avoir sur la sécrétion du lait, passent dans le lait, en petite quantité, il est vrai, et peuvent impressionner l'enfant. Il en est ainsi de la quinine, de l'opium, du salicylate de soude, du mercure, de l'alcool, etc. Le salicylate de soude aurait la proprité d'augmenter la sécrétion du lait comme le chlorate de potasse. L'antipyrine aurait celle de la diminuer ou de la supprimer. Une femme qui allaitait son enfant, ayant pris de l'antipyrine pour un accès de migraine, a vu son lait se supprimer.

Du changement de nourrice. — Certaines familles ont une véritable frayeur du changement de nourrice. Sans doute, il ne faut pas, pour des motifs secondaires ou futiles, risquer de compromettre la santé d'un enfant qui vient bien et qui prospère. Dans cette question, il laut avoir égard uniquement au nourrisson. Est-il bien portant, augmentc-t-il régulièrement de poids, on doit faire des sacrifices pour conserver la nourrice. Mais, dans le cas contraire (amaigrissement, pâleur, diminution du poids de l'enfant), il ne faut pas hésiter à changer de nourrice, et sur-le-champ. Les bonnes nourrices sont malheureusement assez rares, et l'on voit des lamilles qui, dans l'espace de quelques mois, changent cinq ou six fois de nourrice ; je connais un enfant qui a eu onze nourrices. A la dixième, il avait 15 mois, les parents ont cru qu'ils allaient pouvoir le sevrer. Leur nourrice, à la suite d'émotions et d'ennuis, perdit rapidement son lait. L'enfant, dès ce moment, devint pâle, grognon, refusa la nourriture supplémentaire qu'il recevait déjà depuis longtemps (lait de vache, panades, soupes, crèmes, racahout, etc.). Tout cela était refusé ou vomi, quand l'ingestion était obtenue. La digestion ne pouvait se faire en l'absence du lait féminin, qui servait d'assaisonnement, d'apéritil et de digestif. Force fut donc de prendre une onzième nourrice; l'enfant revint à la santé du jour au lendemain.

HYGIENE DE L'ENFANT. Xi

On voit des enfants qui, habitués nu visage el à l'odeur d'une nourrice, rcfusenl la nouvelle nourrice qu'on leur présente. Il esf bon clans ces cas de faire téter reniant la nuit. Mais cette répulsion des nourrissons pour les nourrices nouvelles est très rare, et presque jamais insurmontable. Le changement de nourrice s'impose donc quand reniant cesse de s'accroître ou diminue de poids. Faut-il la changer quand I enfant, sans cesser rie gagner en poids ne présente pas le taux moyen d'augmentation? Par exemple -i l'enfant qui, dans les premiers mois, doit gagner "20 à 25 grammes par jour, n'acquiert que 8 ou Kl grammes, faut-il immédiatement chercher une nouvelle nourrice? Dans <•<• dernier cas, il faut attendre en redoublant de surveillance el de soins à l'égard de la nourrice, en s'assurant qu'elle a w\ régime convenable, qu'elle mange bien, qu'elle prend l'air et l'exercice nécessaires, etc. Si, au bout de quelques semaines, la situation ne s'améliore pas ou s aggrave, on se décide pour le changement.

Faut-il renvoyer une nourrice qui a ses règles? Oui, si l'on se trouve au dibul de l'allaitement, si la Béerétion du lait diminue sensiblement, si

l'enfant cesse de présenter l'accroisse ni normal. Non, si l'enfant a 5 ou

6 mois, et si la sécrétion lactée, diminuée pendant les règles, se rétablit convenablement dans leur intervalle. Dans tous les cas, il ne faut jamais prendre une nourrice qui a ses règles, c eBl une mauvaise note; les bonnes nourrices n'ont pas leurs règles (sauf exception) avant Kl ou 12 mois. Si la menstruation n'est pas toujours un motit d'exclusion pour les nourrices sur lieu, la grossesse le serait constamment; il n'est pas besoin d'insister sur ce point. Toute maladie grave survenue chez la nourrice impose aussi le

changi ni i édiat (fièvre éruptive, lièvre typhoïde, rhumatisme aigu,

pleurésie, pneumonie, tuberculose). Quand on veut renvoyer une nourrice, il est hou de m' pas la prévenir avant d'avoir fait choix de la nouvelle et

de la mettre en présence du l'ail accompli, car le mécontente ut qu'elle

eu éprouverait pourrait avoir son contre-coup sur l'enfant.

Il n'est pas rare de voir le changement de régi chez uni' nourrice

qui arrive de la campagne à la ville, amener dans les premiers joui', une

diminution de lait plus ou moins notable. Puis la sécrétion reprend son

cours régulier; il ne faudrait d ■ pas se hâter de renvoyer une nourrice

qui présenterait cette diminution momentanée.

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