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ANOMALIES ET COMPLICATIONS DE LA VACCINE

Anomalies d'évolution. — Après la description déjà faite des vaccines latentes, vaccines frustes, des vaccines tardives et des formes graves par infection secondaire au point d'inoculation du vaccin, nous signalerons seulement pour mémoire certaines irrégularités portant sur la forme des pustules dites bigéminées lorsqu'elles se soudent l'une à l'autre, sur l'abréviation des périodes d'incubation, sur la non-ombilication des pustules, dont l'importance ne peut être mise en parallèle avec les complications gravement préjudiciables qui nous restent à décrire.

Complications majeures. — Rappelons d'abord par ordre de fréquence la syphilis vaccinale, la vaccine ulcéreuse, enfin l'érysipèle heureusement très rare, dont nous résumerons à grands traits les épidémies.

Quant aux inoculations de la lèpre et de la tuberculose (ou du lupus), admises par Besnier, elles sont contestées par Straus et Josserand, qui ont inutilement cherché le bacille de Koch dans la lymphe vaccinale des tuberculeux et n'ont jamais réussi à cultiver celui-ci ni dans la chambre antérieure de l'œil des lapins, ni dans le péritoine des cobayes.

Septicémie vaccinale et érysipèle. — Trois affections peuvent, surtout au cours de la vaccination, donner naissance à des accidents érupfifsou ulcéreux d'un pronostic grave. Nous voulons parler de la septicémie, vaccinale (Proust, 1878; Brouardel, 1885); de la vaccine ulcéreuse (pseudo-chancre vaccinal de Leloir, épidémie de la Motte-aux-Bois, 1889) ; enfin de la syphilis vaccinale' qui complète la série des accidents les plus graves.

Les rapports qui lient ensemble l'infection septicémique et l'érysipèle

sont si complexes, les descriptions des auteurs représentant les sujets atteints d'éruptions morbillif ormes, scarlatiniformes, d'érysipèles, de phlegmons, sont si confuses, que nous croyons nécessaire de grouper sous un même chef ces formes variées dune même infection.

Dans l'épidémie de Grabnick relatée par M. le professeur Proust, sur 90 enfants vaccinés pour la première fois, le 19 juin 1878, en moins de 8 semaines, 55 enfants tombèrent malades et 15 succombèrent. L'autopsie des cinq victimes démontra au siège des pustules du gonflement, des ulcérations et des suppurations dues à des bactéries.

En 1888, une épidémie terrifiante de septicémie frappa 42 enfants vaccinés, à Asprières (Aveyron), par un médecin de la localité. Le vaccin, cause de ce désordre, avait été recueilli sur une pustule déjà ouverte à la lancette la veille, et restée découverte sans pansement du 8e au 9e jour : une première série d'enfants vaccinés n'avait rien éprouvé; la seconde génération éprouva quelques malaises; à la troisième génération 6 des enfants étaient morts le lendemain. Chez les autres éclatèrent dès le premier jour des vomissements, de la diarrhée, de l'hyperthermie, des convulsions.

Les piqûres étaient énormes et sécrétaient le 5e jour un liquide séropurulcnt.

Chez tous une éruption impétigincuse locale et généralisée succéda à l'inoculation (Bull. méd. et Th. de Weismann, 1892).

Descroizilles (Traité depathol. infantile, p. 1040) rappelle aussi les accidents septicémiques, observés à San-Quirino d'Orcia, en Italie, chez de jeunes sujets âgés de moins de 20 mois, auxquels on avait inoculé un virus provenant d'une génisse appartenant à l'Institut vaccinal de Rome. Un seul enfant mourut, plusieurs autres eurent de vastes phlegmons avec décollements multiples dans les interstices des muscles.

Vaccine ulcéreuse. — Moins violente, mais non moins infectieuse dans ses allures, est la vaccine ulcéreuse apparaissant au déclin (12° au 15e jour de la vaccine), au point même d'insertion. — Contrairement au chancre et aux syphilides, les lésions inflammatoires suivies d'oedème, de lymphangite, avec adénopathies parfois suppurées, sans induration ganglionnaire, prédominent. Les symptômes généraux peuvent même revêtir l'aspect typhoïde. Dans l'épidémie de la Motte-aux-Bois, décrite en 1889 par Leloir, les ulcérations vaccinales étaient arrondies, et mesuraient de 1 à 5 centimètres de diamètre.

Le vaccin inoculé était-il altéré par le pus (Vidal)? ou trop tardivement recueilli? La première hypothèse nous parait la plus plausible, car un certain nombre d'enfants contaminés étaient sains et vigoureux.

Syphilis vaccinale. Diagnostic différentiel. — Malgré les rapprochements apparents que pourraient faire naître la vaccine ulcéreuse et la syphilis vaccinale, il existe de nombreux signes différentiels que résume magistralement le tableau tracé en 1888 par M. le professeur Fournier (reproduit dans la France médicale, par le Dr Portalier) et qui, mieux qu'une description, mettra sous les yeux du lecteur les caractères distinctifs de ces deux infections.

[H. DAUCUZ7

VACCINE ULCEREUSE

CHANCRE VACCINAL

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