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Complications très rares

Ce tableau nous dispense d'entrer dans de longs détails. — Dans quelles conditions voit-on éclater la syphilis vaccinale? Dans la vaccination de bras à bras, surtout lorsque la lancette est teinte de sang (Fournier). — Personnellement nous en avons vu un cas. — Hauslialtcr (Rev. méd. de fEst, 1894), observa cependant un entant syphilisé sur la génisse. Cet auteur suppose que le germe syphilitique avait dû être déposé par la lancette sur la plaque de vaccin au cours de la série des vaccinations qui précédaient, bien que le coupable n'ait pas été retrouvé. — On évitera ce grave accident en versant goutte à goutte et au fur et à mesure le vaccin du tube sur la lancette.

Toujours est-il que, suivant le professeur Fournier, l'inoculation syphilitique a lieu tantôt sans que le vaccin prenne, et parait au point d'inoculation de la 5e à la 4e semaine (papule indurée), tantôt après la 4° semaine, lorsque la croûte vaccinale est tombée, parfois enfin sous la croûte vaccinale.

Le schéma suivant qui s'applique à toute syphilis vaccinale résume méthodiquement, suivant l'expression du professeur Fournier, la syphilis vaccinale. Evolution en quatre temps.

I. Immédiatement après la vaccination étape silencieuse de quelques semaines de durée (incubation) ;

II. Au delà éclosion du chancre, et bientôt après développement du bubon satellite;

III. Puis nouvelle étape silencieuse de 6 à 7 semaines, où rien de nouveau ne s'ajoute aux phénomènes précédents (seconde incubation) ;

IV. Enfin, à échéance de 60 à 70 ou 75 jours au delà de là vaccination, invasion des accidents généraux;

Le chancre au point d'inoculation sera donc le critérium de la syphilis vaccinale. Jamais on ne le trouvera dans la syphilis héréditaire.

Néphrite vaccinale. — Bien que la vaccine soit par sa nature même une affection bien nettement infectieuse, on n'avait jusqu'alors jamais signalé de déterminations rénales comme celles qui relèvent de la variole, de la scarlatine, des oreillons, voire même de la varicelle.

L-3 Dr M.-L. Perl rapporte donc un cas exceptionnel (Berl. klin. Woch. 1895, p. 28) qui rappelle la néphrite varicelleuse signalée par Ilenoch (1884), Soudeikine, Hofmann, Labric (1890), etc. Il s'agit d'un enfant de 50 mois, rachitique et eczémateux, vacciné aux deux bras par six piqûres en même temps que trois enfants sur le même vaccinifère. Aucune complication n'apparaît chez les autres enfants, tandis que celui-ci est pris du 5e au 6e jour de fièvre, agitation, douleur dans les membres. L'urine devient rare, rouge, albumineuse (50 centigrammes par litre), renferme des hématies, des leucocytes, des cylindres hyalins revêtus d'hématies ou d'épithelium. — En six jours l'enfant guérit. A défaut d'aucune autre affection intercurrente, la vaccine en fut rendue responsable.

Mais c'est là, répétons-le, une observation unique, beaucoup plus rare que celle de néphrite variolique ou varicellique.

CARACTERE ET NATURE DE LA VACCINE. — SA VIRULENCE. — RECHERCHE DES MICRO-ORGANISMES

Nature et virulence du vaccin. — Nous avons vu, au début de cette étude, les caractères distinctifs qui, depuis les travaux de Lafosse, de Toulouse ( 1860), et Bouley (1870), permettaient de distinguer le cow-pox et le horsepox du grease, malgré les conclusions hâtives des savants anglais.

Nous devons chercher maintenant auquel des éléments (lymphe, granulations, micro-organismes) le vaccin doit son activité.

En ce qui concerne la lymphe (surtout lorsque celle-ci exprimée par la pince est mêlée au sérum sanguin), lorsqu'elle est seule, absolument pure, elle est peu active. Elle agit pourtant parce que le liquide, même filtré, possède encore de fines granulations (Keber). — Vient-on à la diluer, dans parties (gales de bouillon de culture, puis à l'inoculer après filtrage sur plâtre (Straus, Chambon et Saint-Yves Ménard) l'inoculation de 4 grammes de ce filtrat échoue chez le veau.

Micrococcus vaccinal ou matière inoculable (?). — L'agent actif du vaccin serait donc le micro-organisme du vaccin. Mais quel est-il? Ici nous devons reconnaitre que, malgré les recherches de Quist, d'Helsin<?fors,

MALADIES DE L'ENFANCE. I. Jfc

[H. DAVCHEZ,!

qui seul aurait réussi en 1885 à cultiver le inicrococcus sur un milieu artificiel (sérum de bœuf, glycérine, eau distillée et carbonate de potasse) et aurait pu ainsi vacciner un enfant plus tard réfractaire à la revaccination, les caractères sinon l'existence de ce micro-organisme sont des plus incertains, et exigent encore les plus expresses réserves.

En Allemagne Klebs, Voigt, Henoch auraient constaté l'existence de micrococci groupés 2 par 2 ou 4 par 4, de bactéries signalées aussi par Bittersack en 1895. Nous donnerons aussi plus loin un aperçu des conclusions fournies par quelques auteurs français et étrangers. Mais nous le répétons, les descriptions contradictoires nous obligent a réserver comme MM.Chambon et Saint-Yves à l'agent virulent le nom de « matière inoculable », en attendant qu'il soit mieux connu.

Signalées dès 1860 par Chauveau, les granulations charriées par la lymphe ne seraient pour Warlomont que des organismes végétaux parasitaires. La régularité de leur forme, leur groupement, la constance de leur apparition à tous les stades de l'éruption sont rappelés par cet auteur.

Morphologiquement toujours sphériques, ces granulations mesureraient, d'après Klebs, environ six millièmes de millimètre. On en trouverait, d'après le même auteur, d'analogues dans les pustules varioliques. Dans la pustule vaccinale, leur groupement quatre par quatre leur avait fait donner le nom de inicrococcus quadrigeminus . (Th. de Fouque, Paris, 1888.)

Elles naîtraient et se développeraient toujours dans la couche muqueuse de Malpighi, où le professeur Straus aurait réussi à en colorer quelques-unes par le violet de gentiane. — Ces micrococci apparaissent alors non groupés quatre par quatre, mais en amas compacts ou en séries linéaires, suivant les espaces lymphatiques (Soc. de Biologie, 1882).

En France1 et en Italie, trois auteurs ont plus particulièrement et presque simultanément repris la question: 1° au point de vue du développement: « Le microcoque vaccinal, dit le Dr Maljean (Gaz. hebdom. juin 1895), se retrouve non seulement dans les pustules vaccinales de l'homme et de la génisse, mais encore dans la simple papule vaccinale, incomplète, arrêtée dans son développement (vaccine rouge). Ille renferme si bien qu'on peut le cultiver dans la pulpe glycérinée. Si on le transporte successivement sur deux génisses, on obtient même un vaccin très pur, très actif et dépourvu tin tout agent inflammatoire étranger à la vaccine. »

2° Au point de vue de ses transformations : Les pustules vaccinales, dit Guarnieri (Archives italiennes de biologie, octobre 1895), sont liées à l'évolution d'un être amœbiforme possédant un noyau et un protoplasma. Celui-ci se multiplie par scission du noyau et du protoplasma. Cet être mo-

(!) Dans une récente communication à l'Académie des Sciences (9 mars 1896), M. le professeur S. Arloing déclare n'avoir jamais pu découvrir l'agent virulent de la vaccine, malgré ses recherches très minutieuses. Ces recherches pratiquées sur des pustules de horse-pox obtenues par injection intraveineuse à un jeune poulain de vaccin de génisse, pustules dont la face profonde seule détachée à l'aida d'instruments flambés et stérilisés servit à ensemencer du bouillon glycérine, ne fournit qu'un microcoque sans valeur. Ce microcoque inoculé à plusieurs générations ne conféra pas l'immunité contra l'inoculation du vaccin à la lancette. Il est vraisemblable (Arloing) que ce microcoque, commensal (lu vaccin, pénétre de la profondeur a la surface de la pustule et que l'agent virulent est l'oeuvre (le substances toxiques solubles.

nocellulaire serait un protozoaire parasite de la classe des spirozoïdes (Citoryctes vaccinée).

3° Au point de vue morphologique : Le microcoque vaccinal (Antony et Vaillard) ne serait possible à déceler que dans la lymphe fraîche vivante et non dans la pulpe mêlée de lymphe. Ce microcoque se présenterait le plus souvent sous forme de diplocoque, parfois en courts chaînons de 4 à 5 éléments, faciles à colorer par toutes les couleurs d'aniline. En moins de '24 heures, il trouble les tubes de bouillon peptonisé. — Enfin sur l'agar il donne naissance à des colonies, d'un blanc de porcelaine, d'où le nom de diplocoque porcelaine.

Toujours mélangé à de nombreux cocci jaunes, en proportion variable, parfois même aux bacilles de la pomme de terre ou des volailles, leur proportion ne saurait primer celle du coccus porcelaine sous peine d'enlever au vaccin son activité ou de le rendre suspect.

Nous verrons plus loin qu'en vieillissant le vaccin se revivifie, se purifie sur la génisse et se débarrasse de ses éléments étrangers, ce qui explique les succès plus constants obtenus deux mois après la récolte.

Dilution et virulence de l'agent vaccinal. — Telle est l'activité de 'agent vaccinal, que Chauveau, diluant l'agent virulent du vaccin dan:-, des milieux alcalins, réussit à leur conserver leurs propriétés actives en les mélangeant à des solutions représentant 2 fois, 15 fois leur poids d'eau. Le même expérimentateur, injectant dans les veines d'un cheval 8 milligrammes de sérosité vaccinale dans 400 fois son volume d'eau, réussit à provoquer une éruption confluente de horse-pox artificiel (d'Espine).

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