CHAPITRE PREMIER
PAR LE ir I. C0MB1
tu lei in de I hôpital TromM m.
Un traité des maladies de l'enfance sérail incomplet et pour ainsi dire tronqué s il n'avait pour préface une étude sur la physiologie et nir l'hygiène des enfants, et spécialement des enfants du premier âge. Avant dp décrire les troubles morbides, il est naturel d'exposer l-< fonctions normaies; avant d'indiquer le remède qui soulage et qui guérit, il est bon de
il t li is règles de l'hygiène qui souvent permettent de prévenir le mal
mi même d'enrayer ses progrès.
La vie fœtale diffère beaucoup de lu vie extra-utérine; le l'ietus baigne de toutes parts dans un liquide, où il ne peut respirer; tonte sa \ii organique est liée au placenta, c'est-à-dire à i;i mère, dont il reçoit les éléments île nutrition et de vie par le cordon ombilical. Aussitôt après la naissance, tout change brusquement; la circulation placentaire est interrompue, I entant respire et va désormais exercer toutes les (onctions animales (res «'ration, circulation, digestion, etc. i.
Respiration. — liés que l'enfant esl né, il crie et dilate sa poitrine; L'air, pour la première lois, pénètre dans ses poumons, à moins qu'il ne suit atteint d'asphyxie, de morl apparente, etc. Le docteur Cornil, ayant aosi ulté un entant au moment de la première respiration, a nettement perçu un râle crépitant dû au déplissemenl des alvéoles pulmonaires. Les mouvements de la respiration sont d'abord irréguliers, coupés par des cris
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et des efforts désordonnés; puis le nouveau-né s'endort et respire sans bruit, avec un rythme doux et inégal; on ne l'entend pas respirer. Si l'on compte les respirations, on trouve des chiffres très variables suivant les enfants, mais supérieurs aux chiffres de l'adulte; 56, 40, 50, 60 par minute. D'après Huffelmann, le nombre des respirations par minute serait : à la naissance, 55; à 1 an, 27; à 2 ans, 25; à 6 ans, 22; à 12 ans, 20; chez l'adulte, 15 à 17. A l'état de veille, la fréquence serait plus grande.
Quand on regarde un enfant respirer, on voit qu'il soulève beaucoup plus l'abdomen et le bas du thorax que la région costale supérieure; il respire suivant le type abdominal ou diaphragmatique. 11 est difficile de se rendre compte de la quantité de vapeurs exhalée par la voie respiratoire; Bouchaud l'évalue à 45 grammes en 24 heures dans la première semaine de la vie.
Circulation. — Voici comment la circulation se fait chez le fœtus : le sang, hématose dans le placenta, pénètre dans le corps du fœtus par la veine ombilicale et se dirige aussitôt dans la veine cave inférieure par le canal veineux, et dans le foie par la veine porte, pour aboutir finalement à l'oreillette droite, qui reçoit en outre le sang des membres, de la tête et du tronc par les affluents des deux veines caves. L'oreillette gauche est presque annihilée, car elle ne reçoit que quelques gouttes de sang venant du poumon par les veines pulmonaires; mais elle communique avec la droite par le trou de Botal, et quand le cœur se contracte, le sang est projeté, non seulement dans le ventricule droit, mais encore dans l'oreillette gauche. Le sang du cœur droit s'engage alors dans l'artère pulmonaire et dans l'aorte par le canal artériel; l'aorte est donc alimentée indirectement par le ventricule droit, elle l'est directement par le ventricule gauche qui, ayant reçu le sang transmis par le trou de Botal à l'oreillette gauche, le lance dans l'aorte où il se mêle au courant du canal artériel. Tout ce sang se distribue dans le corps du fœtus par les artères du système aortique avant d'aller au placenta par les artères ombilicales.
Mais, à partir de la naissance, tout va changer : les vaisseaux ombilicaux, le canal artériel, le trou de Botal vont se fermer, et les deux systèmes, artériel et veineux, sont définitivement constitués. Le cordon ayant été lié et coupé à quelques centimètres de l'ombilic, la circulation placentaire a pris fin. Le bout fœtal du cordon se dessèche et tombe au bout de 5 à 6 jours. Cette chute, pour Richet, serait due à l'étranglement par un anneau contractile situé en arrière de l'ombilic, et pour Parrot, à la mortification par arrêt de toute circulation; c'est une eschare qui s'élimine. Dans le ventre, les vaisseaux ombilicaux contractent des adhérences avec l'anneau fibreux de l'ombilic, se rétractent et s'atrophient au point de n'être plus représentés que par trois filaments fibreux adhérant à la cicatrice ombilicale qu'ils tirent par en bas et à laquelle ils donnent la forme d'un croissant à concavité supérieure.
Sans insister sur les différentes phases du développement du cœur dont il sera parlé au chapitre des cardiopathies congénitales, je dirai que le trou de Botal n'est pas fermé à la naissance, mais seulement dans la première
ou In seconde semaine de la vie; l'oblitération complète serait même plus tardive d'après Da Costa Alvarenga (sur '215 enfants de 1 jour à 2 ans, 8 lois seulement le trou de Butai était complètement oblitéré). M.iis la communication est insuffisante pour permettre le mélange îles deux sangs; si l'oblitération n'est pas anatomique, elle est fonctionnelle. On peut en dire autant du canal artériel dont l'oblitération parfaite ne se fait que vers la 7)'- semaine.
En même temps que ces organes se rétrécissent et s'atrophient, d'autres s'élargissent et se développent pour faire face aux besoins de la fonction pulmonaire; ce sont les veines et l'artère pulmonaire qui vont désormais jouer le rôle dévolu aux vaisseaux ombilicaux : le fœtus vivait par le placenta, l'enfant vivra par le poumon. Chez le fétus, le cœur gauche était effacé par le cœur droit ; chez l'enfant, le ventricule gauche va se développer et l'einportcr définitivement sur son congénère Le rieur du nnuveau-in
représente la 120' partie du corps; chez l'adulte, il n'en représente que la 140''. Lepouh, qui, chez le fœtus à tenue, est d'environ 138 à 1 {■() par minute, ne diminue pas sensiblement de fréquence chez le nouveau-né; il est de 130 à 135 dans 1rs premiers mois, 120 à 125 entre ■'< el S mois; 115 à 120 entre 1 et - ans. Il est plus lent chez l'enfant endormi que chez l'enfant éveillé; il est accéléré par \<^ cris, la frayeur, les émotions, etc. Sa variabilité extrême lui enlève toute val. 'm- pour l'appréciation de la fièvre que le thermomètre seul peut assurer. D'après Vierordt, la tension artérielle chez le nouveau-né correspondrait à lin millimètres de mercure au lieu de l'Ol), chiffre de l'adulte. Le sang de l'enfant sera étudié an chapitrédes
maladies du Sang.
Digestion. — L'enfant nouveau-né a un tube digestif incomplet; il manque de dents, sa sécrétion salivaire est faible, son estomac est petit et presque vertical. La capacité de cet est ac, qui n'a pas encore de cul-desac, n'atteint pas 50 centimètres cubes pendant la première Bemaine, loti à la lin du premier mois, 150 au troisième mois, Il en résulte que les aliments devront être donnés en petite quantité el que les repas devront être nombreux sans être multipliés outre mesure. Le nouveau-né est incapable d'assimiler les aliments Bolides, les féculents, les crudités; seul, le lait féminin lui convient.
lies |e premier mois de la vie, la sécrétion buccale a un pouvoir sacchariliant qui s'accroîtra avec I âge. Même après la mort, la macération de la glande parotide conserve ce pouvoir. Mais le pancréas ne commence à
l'onctioi r que vey.t la quatrième semaine el son pouvoir digestif a l'égard
des amylacés est restreint jusqu à 1 an. L'effet de la salive persiste, après la déglutition, dans l'estomac, pendant une demie, I heure, ■' heures, pour < arrêter devanl la Bécrétion chlorhydrique. Cela explique comment les farineux, quoique ne séjournant pas dans la bouche, sont digérés par les nour-
ri880ns. Mais en cas de diarrhée, de débilité, d'athrepsie, la salive paroti-
dienne diminue ou fait défaut, et les tarineux ne peuvent plus être assimilés.
Vei ■> la tin du premier mois, quelques enfants ont beaucoup de salive et bavent; mais c'est surtout au 5* et au 4' mois que cette bave infantile
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i PHYSIOLOGIE ET HYGIENE DE L'ENFANCE.
apparaît, pour se continuer jusqu'au 7e, 8e mois, et quelquefois plus tard. L'hypersécrétion salivaire peut tenir à l'éruption des dents ou à la surcharge alimentaire. Elle est plus fréquente et plus abondante dans l'allaitement artificiel que dans l'allaitement naturel. Quand elle est nocturne, elle indique un vice de conformation nasale (Sanchez de Silvera. — Thèse de Paris, 1894).
D'après les recherches de Czerny (Prag. med. Woch. 1895), l'estomac d'un enfant nourri au sein se vide en 1 heure et demie à 2 heures; mais il continue à sécréter de l'acide chlorhydrique qui atteint son maximum 2 heures et demie après la tétée; cet acide a un pouvoir antiseptique qui s'exerce surtout dans l'intervalle des digestions. Si l'on multiplie les tétées, l'acide chlorhydrique, absorbé par le travail digestif, ne concourt plus à l'antisepsie du milieu intérieur et devient incapable de détruire les microbes déglutis par le nouveau-né, microbes qui proviennent soit de la bouche de l'enfant, soit du mamelon de la nourrice. Il faudrait un intervalle de 5 heures entre les tétées, et, dans l'allaitement artificiel, à cause de la suralimentation en sels et en albuminoïdes qui en résulte, l'intervalle devrait être porté à 4 heures.
Le foie a un rôle très important dans la digestion et son volume est énorme chez l'enfant; la sécrétion biliaire est particulièrement active, pour émulsionner les graisses et aseptiser l'intestin.
Excrétions (urines, méconium, garde-robes). — Un certain nombre de fonctions excrétoires n'attendent pas la naissance pour s'exercer; elles existent pendant la vie intra-utérine, et le fait est incontestable pour la fonction urinaire.
Urines. — La vessie du fœtus contient de l'urine, et l'on peut se demander si la miction ne se fait pas dans le liquide amniotique. Il arrive parfois que le nouveau-né urine immédiatement après la naissance, avant même la ligature du cordon. Cette première miction est évaluée à 10 centimètres cubes environ. Les jours suivants, la quantité des urines rendues est en rapport avec la quantité de lait ingéré; peu abondante d'abord, elle devient ensuite considérable par rapport au poids de l'enfant. D'après Parrot et A. Robin, la quantité quotidienne d'urine rendue, du 6e au 50e jour, serait de 200 à 500 centimètres cubes, environ 70 centimètres cubes par kilogramme. Chez l'adulte cette proportion est 5 ou 4 fois moindre; l'activité de l'appareil urinaire est donc, chez le nouveau-né, 5 ou 4 fois plus forte que chez l'homme fait. Plus tard cette activité augmente encore, et vers le 4e, 5e mois, l'enfant urine jusqu'à 100, 120 centimètres cubes par kilogramme de poids. Cette urine est excrétée, dans les premiers jours, en 10, 15 fois, le nouveau-né rendant 20 centimètres cubes par miction en moyenne. Puis le nombre des mictions s'abaisse avec l'âge, pour ne pas dépasser G à 8 à partir de la seconde année. Dès le 6e mois, on rencontre des enfants qui cessent d'uriner la nuit et ne souillent pas leur couchette, mais n faut se hâter, quand ils sont réveillés, de les mettre sur le vase.
L urine des nouveau-nés est pale et légère; elle a une densité oui va de 1002 à 1005, au lieu de 1020, 1025, qui est la densité de l'âge ÀuU
La réaction est neutre, quand l'enfant est bien portant. On peut trouver dans les sédiments, outre les épithéliums provenant des voies urinairës. di - i xistaux d'acide urique, d'oxalate de chaux et de soude. L'urée esl en très minime quantité; elle n'excède pas, dans les premiers jours, 15 à 20 centigrammes, puis elle monte à 40, 50 centigrammes par jour. Les analyses d'urines d'enfants de 5 à 4 semaines que j'ai fait faire n'ont donné en moyenne que ll à ô grammes d'urée par litre. L'urée est moindre que chez l'adulte, proportionnellement au poids; cela tient à ce que l'adulte, étant omnivore, a un régime plus azoté que le nourrisson. L'acide urique est aussi en minime quantité; toutefois des concrétions et des cristaux durâtes ont été trouvés dans les reins des nouveau-nés (Billard, Parrot), don! ils remplissent les tubes de Bellini, sous forme de petits cylindres jaunâtres. En pressant la substance du rein entre les doigts, on peu! faii sortir une poussière jaunâtre à travers le somme! des pyramides. Ce sont des cristaux d'urate de soude, qu'on nli-ene parfois spontanément but le prépuce et dans les langes. Parrot a fait, de ces productions, une conséquence de l'athrepsie. Les autres sels contenus dans les urines «les nouveau-nés, chlorures, phosphates, sulfate-, sont à peine dosables.
Miils les qualités physiques el chimiques des urines dépendent avant tout du régime alimentaire auquel l'enfant est soumis; noue [l'avons parlé' (pie des enfants normaux; il \ aurait beaucoup à dire sur l'urine des enfants mal nourris, ou malades, et l'on trouvera des renseignements -m • celle question au chapitre des maladies des voie- urinairës.
Garde-robes. — Les premières garde-robes des enfants Bout constituées par une matière poisseuse, analogue à du savon noir, c'est le méconium, aiii^i nommé à cuise (le la ressemblance qu'il présente avec le buc de pavot. Le méconium peut cire évacué prématurément, .m moment du travail île l'accouchement, quand il est prolongé, quand reniant souffre; il peut aussi etie retenu trop longtemps dans l'intestin, ci on est autorisé alors à en provoquer la sortie à l'aide de laxatifs, du cathétérisme, etc. La quantité de méconium rendue dans les premiers jours de la naissance varie Buivanl les cas, elle peut être de Ml, 60, HMt, 150 grammes; celle perle contribue à faire Laisser le poids initial. Le iiiécmiiiiin est forint'' par un amas de mucosités, d'épitliéliiims. de liile, de graisse, etc \u bout de 7> ou i jours, quand tout le méconium a été évacué, les selles de l'enfant changent de couleur et de consistance. Elles peuvent être d'abord un peu liquides et veril.ilres, mais, si l'allaitement est naturel, elles ne tardent pas à devenir jaune d'or et à présenter une certaine homogénéité qui les a lait comparer à des œufs brouillés; elles n ont pas d'odeur. Le niuulire îles garde-robes est de -2 à ."> par jour, il peut excéder ce chiffre ou i e pas l'atteindre, suis que l'enfant cesse de prospérer. Biais quand, le nombre il - garde-robes augmentant, leur consistance diminue, on dit qu'il y a diarrhée; il va constipation dans le cas contraire.
Tant que l'enfant reste soumis au régi lacté exclusif, se- garde-robes
présentent l'aspect jaune et bien lie que je viens d'indiquer; aussitôt que le lait est remplacé par des aliments solides, les matières deviennent plus
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colorées, brunâtres, et offrent une odeur désagréable. Chez l'enfant nouveauné. les garde-robes sont neutres au papier de tournesol, elles deviennent acides quand il y a de la diarrhée, et leur couleur, de jaune d'or, devient le plus souvent verte. La couleur jaune, la couleur normale, est due à la bilirubine; la couleur verte est produite par ia biliverdine, abstraction faite des diarrhées vertes infectieuses produites par un microbe chromogène.
Peau. — Quand l'enfant vient au monde, ses téguments sont recouverts d'un enduit épais et visqueux qui servait à prévenir la macération de l'épiderme par les liquides amniotiques. Cet enduit adipo-sébacé s'en va aisément au lavage. Alors la peau se montre lisse, duvetée et rouge; la couleur s'atténue progressivement et l'on voit bientôt l'épiderme se fendiller en différents points du corps. C'est le commencement de la desquamation physiologique des nouveau-nés, qui commence du quatrième au huitième jour et se continue jusqu'au quarantième jour et au delà. L'exfoliation épidermique furfuracée, qui se produit ainsi chez tous les enfants, est plus marquée chez les sujets vigoureux que chez les débiles, elle est plus accusée sur le tronc que sur les membres.
Les enfants des nègres ne sont pas noirs en naissant; ils ont une couleur rouge foncé, et ce n'est qu'en certains points (autour de l'orifice ombilical, au niveau du scrotum ou des grandes lèvres) qu'on voit le pigment noir se déposer en plus grande abondance. On n'attachera aucune importance à certaines petites taches roses ou violacées passagères que présente parfois le visage, ou à ces petits grains blancs de matière sébacée, sortes de petits kystes éphémères (miiium), qu'on voit aussi parfois sur le repli palatin. Ils disparaissent d'eux-mêmes.
Dans les premières semaines de la vie, les fonctions de la peau sont peu actives; cependant la sécrétion sudorale ne tarde pas à se manifester et la perspiration insensible fait perdre à l'enfant une certaine quantité de matière pondérable que Bouchaud évaluait à 55 grammes par jour à partir de la seconde semaine.
Fontanelles. — Les fontanelles sont ces espaces membraneux de la voûte du crâne qui séparent les os entre eux et se trouvent au confluent des sutures. Au point de vue pratique, on distingue deux fontanelles; la fontanelle postérieure qui sépare l'occipital des pariétaux, et qui se ferme très peu de temps après la naissance ; la fontanelle antérieure ou grande fontanelle, grand losange situé entre les pariétaux et les deux portions du frontal. Cette fontanelle est large de 3 centimètres à la naissance, et, après avoir gardé pendant les premiers mois des dimensions constantes, elle diminue peu à peu jusqu'à se fermer complètement, c'est-à-dire qu'elle se laisse envahir graduellement par le processus d'ossification.
La grande fontanelle se ferme vers le quatorzième ou quinzième mois chez la plupart des enfants bien nourris et normaux; chez les enfants mal nourris, chez les rachitiques, son involution est retardée ; loin de se fermer, elle s'agrandit parfois et sa disparition peut se faire attendre jusqu'à deux ans et demi, trois ans et même quatre ans. Ces grands retards s'observent surtout dans l'hydrocéphalie et le myxœdème. La fontanelle apparaît parfois
bombée et animée de battements systoliques, quand le liquide céphalo-rachidien est abondant; l'auscultation permet aussi d'entendre quelquefois un souffle systolique, dit souffle céphalique, qui, d'après Roger.serait commun dans le rachitisme, et rare dans l'hydrocéphalie. Chez les enfants athrepsiés et éprouvés par des pertes abondantes, la fontanelle se déprime, en même temps que les os chevauchent par leurs bords; c'est un signe fâcheux pour le pronostic.
Éruption des premières dents. — L'évolution des dents de luit suit un peu celle de la grande fontanelle; quand celle-ci est en relard. 1rs dents le sont aussi, et la même cause qui arrête les progrès de l'ossification à la route du crâne entrave le travail de germination des dents de lait. Quand I enfanl est bien nourri, quand il s'accroit d'une façon régulière, les premières dents apparaissent dans l'ordre suivant :
1° Groupe des incisives (entre 6 et 12 mois), en commençant par les incisives médianes inférieures et en continuant par les médianes supérieures. par les latérales supérieures, par les latérales inférieures, rotai, 8 dents."
2" Groupe des prémolaires [entre 12 et |,X moisi, au nombre de i.
5° Groupe des canines entre 18 el 24 mois, au nombre de i. i" Groupe drs secondes molaires entre 2 i el 30 mois, au nombre de i. Soit en tout 20 dents en deux ans.
Fonctions nerveuses. - - Les centres nerveux sont 1res développés chez, l'enlant; le cerveau représente le septième du poids du corps, au lieu
du quarantième ou cinquantième chez l'adulte; la moelle est aussi propor-
,"" Ilemen< '">» fois plus développée que chei l'homme fait. Ce systèmi
nerveux colossal est 1res excitable, d'où la fréquence des accidents convulsifs, du spasme de la glotte, etc. On cherchera à modérer cette nervosité
native par une alimentation et une éducation ratio 'Iles (pas d'aliments
indigestes, pas de liqueurs alcooliques, pas de surmenage, etc.).
Mans les premières semaines, les fonctions de relation sommeillenl complètement, et le nouveau-né n'a que des cris pour traduire ses sensations ou
ses besoins. Vers la lin du premier mois, il commence a sourire, puis il
entend el voit. ,| prend part à ce qui se passe autour de lui. il lait entendre
de petits cris joyeux, il manifeste sa volonté A six mois, il prononci I-
ques monosyllahles, d reconnaît les personnes de son entoun Vers un
Ml, d dit quelques mots très simples; à deux a,,., ,| construit' ,1e. phrases
plus ou moins correctes, il parle assez couramment.
La précocité du langage témoigne en laveur de la mémoire et ,1e l'intelligence de 1 enfanl. Ouand l'eniant ne parle pas a deux a,,., à trois ans i|
-I anormal, arriéré, i. nie ou idiot parfois, et il v a lieu de -inquiéter
Le h est pas le blet, ou frein trop court de la langue, qui l'empêche de l'"'l,'r- /''"• "" a ,"'i"1 ''• COUper, la parole „e vient pas pour cela. La raison de ce mutisme doit être cherchée dans le cerveau, quand elle n'a pas pour origine une surdite congénitale ou précoce. Les petites filles pari! ni généralement plus tôt que les petits garçons ; elles sont plus pré „ tout
Marche. - Les enfants ne marchent pas avant un an; ceux qui font quelques pas avant douze ...ois sont rares; ceux qui marchent après cet âge
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sont bien plus nombreux. Les enfants gros et lourds marchent plus tard que les enfants d'un poids moyen ou léger, toutes choses égales d'ailleurs. La marche est influencée surtout par le mode d'alimentation du premier âge ; les enfants nourris au sein par une bonne nourrice marchent tôt, les enfants nourris au biberon marchent tard. Et la différence est souvent énorme entre ces deux catégories d'enfants : les premiers marcheront à 10, 11, 12 mois, les seconds à 20, 24, 50 mois.
Il faut reconnaître qu'il y a des exceptions à cette règle, mais l'hygiène alimentaire n'en a pas moins une influence prépondérante sur la marche. Après elle, viennent les maladies intercurrentes, bronchites, fièvres éruptives, coqueluche, etc., qui, en troublant la nutrition, amènent le retard de la marche. Parmi les maladies chroniques, le rachitisme est celle qui agit le plus fréquemment pour retarder et entraver la marche des enfants. Dans cette maladie, la nutrition générale est compromise, le système nerveux est affaibli, le squelette est ramolli et déformé. Bien souvent on fait le diagnostic rétrospectil du rachitisme d'après la date des premiers pas de l'enfant. D'autres maladies du squelette, le mal de Pott, les tumeurs blanches; ou du système nerveux, l'idiotie, les scléroses cérébrales, les myélites antérieures, peuvent retarder et compromettre la marche; mais elles sont plus rares que le rachitisme et s'accusent par d'autres symptômes. On ne doit pas s'ingénier à faire marcher les enfants à l'aide de ces appareils d'un autre âge (chariots, glissières, tourniquets), véritables instruments de torture offrant plus d'inconvénients que d'avantages. Il vaut mieux laisser l'enfant se traîner sur un tapis, se cramponner aux meubles, faire l'épreuve de ses forces ; on se contentera de le surveiller, de le soutenir, en le prenant symétriquement sous les bras ou en lui passant, autour du corps une large ceinture tenue par derrière.
Quand l'enfant a pris spontanément possession de son attitude définitive, la marche doit être surveillée, dit Fonssagrives, sous le rapport de la correction de l'attitude des jambes et des pieds. Il est bien peu d'enfants dont la pose du pied soit absolument correcte ; ils prennent à chaque instant des attitudes vicieuses dont la plus habituelle est de porter l'un des pieds en dedans, de marcher sur le bord externe du soulier, etc. Qu'on laisse durer ces fausses positions, et l'habitude les transformera vite en faits accomplis; les articulations perdront leurs rapports normaux; des muscles tiraillés tendront «à l'atrophie, et des déformations regrettables finiront par en résulter. Le port de bottines lacées ou boutonnées remédie parfois au renversement du pied, si commun chez les petits enfants qui commencent à marcher avec des souliers et des chaussures basses, sans tige.
Accroissement (Poids et taille). — Au moment de la naissance, l'enfant pèse en moyenne 5000 à 5250 grammes; quelques enfants dépassent ce poids de beaucoup, atteignant 5500, 4000, 4500, 4900 et même 5000. Ces derniers chiffres sont exceptionnels. Il est plus commun de voir des enfants rester au-dessous de 5000 grammes et ne pas dépasser 2500, 2000 et même 15 à 1600 grammes. Les enfants d'un poids aussi léger sont nés avant terme. On en sauve quelques-uns par la couveuse et le navale.
Pendant les premiers jours qui suivent la naissance, l'enfant, ne prenant presque pas de nourriture et évacuant une quantité abondante de matières (urines el méconium), perd 150 à k200 grammes, de sorte que si on le pèse le 2e et le 7/ jour, on le trouvera plus léger qu'à la naissance. Mais à partir du 4e jour, il remonte et, vers le 6e ou 7e jour, c'est-à-dire à la lin de la première semaine, il a regagné son poids initial. C'est ainsi que les choses se passent, quand tout va bien; mais si la nourrice est insuffisante, si le lait ne convient pas à l'enfant, s'il survient de la diarrhée, on pourra constater un retard sensible dans le retour au poids initial, .l'ai vu des enfants qui mettaient 10, 15 et "20 jours à retrouver ce poids. Quand l'enfant est nourri suivant les règle-, il augmente progressivement et régulièrement, gagnant tous les jours un certain nombre de grammes qu'on peu) évaluer de la façon suivante.
Chaque mois, l'enfant augmente de 700, 750 à 800 grammes, c'està-dire de 25 à 50 grammes par jour. Ce gain quotidien, qui peut s'abaisser à 20 grammes, el dépasser parfois 30 gramme-, ne - observe que dans les quatre premiers mois. Il se réduit pendant les mois suivant- à 20, à 15 gramme- même, l'enfant n'augmentant «pie de lillll à 500 grammes par
i-; [uatriè mois, -i l'enfanl n'était pas trop gin- en naissant, il
peut avoir doublé son poids initial; ^ il était gros, il ne double ce poids qu'à 5 ou même 6 is. Un entant de ."non gra es par exemple pèsera
6000 grammes à 5 moi-:
un entant de 3500 grammes pèsera 70QO à
(i mois; un entant de 4000 pèsera 8000 à
7 mois. Plus l'enfant
avance en âge. moin-
l'augmentation journalière de poids est marquée; dan- les premier-
Poids