NON-TUBERCULEUX
Age. — Les traités classiques sont tous d'accord pour reconnaître que la tuberculose est rare pendant les premiers mois de l'existence, mais cette rareté a été exagérée et il a fallu les remarquables travaux du professeur Landouzy( travaux qui font époque dans l'histoire de la tuberculose infantile) pour montrer, qu'au moins dans la clientèle hospitalière, la tuberculose faisait des ravages même chez les tout jeunes enfants. Quelques chiffres sont nécessaires pour établir cette fréquence de la tuberculose. Voici tout d'abord ceux que publient MM. Barthez et Sanné dans leur dernière édition (1891) :
AGE
De 1 à 2 ans 1/2
De 5 à 5 ans 1/2 ....
De 6 à 10 ans 1/2
De 11 à 15 ans. ....
Ces chiffres montrent que le nombre des tuberculeux comparé à celui des non tuberculeux prend sa plus grande fréquence de six à dix ans et demi, puis de onze à quinze, puis de trois à cinq et enfin de un à deux et demi; ce qui fait que, de trois à dix ans, plus de la moitié des décès d'enfants incombe à la tuberculose. Ces chiffres réunis à ceux publiés jadis par Papavoine donnent à peu près les mêmes résultats :
A(-E TUUERCULEUX NON-TUBKRCliLEUX
De 1 à 2 ans 1/2 . . 123 180
De 3 à 5 ans 1/2 252 171
De 6 à 10 ans 1/2. 226 96
Dell à 15 ans 124 56
D'après Hervieux, si l'on excepte les cas rares où les enfants naissent tuberculeux, on peut dire que la tuberculose n'apparaît guère avant quatre mois. Sur 996 autopsies, cet auteur n'a trouvé que 31 tuberculeux sur lesquels 10 seulement âgés de moins d'un an.
AUE TUBERCULEUX NON-TUBERCULEUX
De la naissance à 15 jours De 15 jours à 4 mois De 4 mois à 1 an.
De 1 an à 2 ans. . .
De 2 ans à 5 ans . .
De 4 ans à 5 ans. .
MM. Barthez et Sanné font remarquer que ces résultats, joints à ceux de Papavoine' et aux leurs, montrent l'immense différence qui existe entre les nouveau-nés et les enfants qui approchent de la puberté au point de vue de la fréquence de la tuberculose. L'autopsie démontre l'existence des tuber cules 1 fois sur 81 chez les premiers et plus de 2 fois sur 3 chez le
es
lE.-C. AVIRAGNET]
Affections des voies respiratoires : Coryza suppuré et simple (avec lésions péri-buccales caractéristiques dans la syphilis). Laryngites; dans la syphilis : aphonie, enrouement, crises de dyspnée, rare dans la tuberculose infantile. Broncho- pneumonies infectieuses et tuberculeuses, périostites costales. Affections cardio-vasculaires : Myocardites, anémie, leucémie, phlébites. Affections gastro-intestinales : Entérites pseudo-membraneuses, atbrepsie, choléra infantile, hémorragies intestinales. Affections du foie et de la rate : cirrhoses, rate paludéenne, rate infectieuse. Système nerveux : Méningites, scléroses cérébrales, scléroses combinées, paralysies partielles, etc., etc. Maladies de la peau : C'est de toutes les affections les plus importantes au point de vue du diagnostic; ici la syphilis peut tout simuler. La quantité des syphiloïdes est considérable. Voici les éruptions qu'on peut confondre avec la syphilis : Parmi les érythèmes : l'érythème simple, l'érythème intertrigo, l'érythème de dentition, l'érythème papuleux, l'érythème vésiculeux (fréquent dans l'athrepsie), l'érythème vaccinoïde appelé également érythème vacciniforme syphiloïde par Besnier, vaccino-syphiloïde par Fournier, herpès vacciniforme par Hallopeau (comme le nom l'indique, c'est une éruption simulant la vaccine). Puis le pemphigus simple, le pemphigus des nouveau-nés, les lésions pustulo-ulcéreuses de l'impétigo, de l'ecthyma, de la vaccine, de la varicelle, de la varioloïde. Enfin une foule d'affections cutanées rares, dont la plupart d'origine parasitaire et constituant des exceptions, tels ces cas de syphiloïdes ducs au parasite du muguet, au tricophyton, ou bien à l'infection ou à la malpropreté et simulant des gommes : abcès sous-cutanés des nourrissons dus à de la galactophorite des nourrices, à des infections de l'enfant, enfin des végétations anales ayant tous les caractères de végétations vénériennes et n'étant que des papillomes par prolifération irritative du derme (A. Fournier). En résumé, l'aspect objectif, l'aspect clinique ne doivent jamais faire affirmer qu'une affection est syphilitique si l'on n'y joint l'étude des commémoratifs et l'enquête sur la famille.