‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 105 sur 145 · B. ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

B. ÉPILEPSIE

L’é])ilepsie, qui n’est pas propre à l’enfance et qui ne déroule que plus tard les phases de sa funeste évolution, débute cependant dans le jeune âge, et à ce titre je dois l’étudier.

Etiologie. — L’hérédité neuro-pathologique, comprise dans sa plus large acception, joue un très grand rôle dans l’étiologie de l’épilepsie; tantôt, cette hérédité est similaire et l’on voit des iiarents épileptiques engendrer des enfants épileptiques: tantôt, elle est dissemblable et l'on retrouve, parmi les ascendants des épileptiques, l’hystérie, la migraine, la chorée, les convulsions, l’aliénation mentale ; ailleurs, on a pu invoquer l’alcoolisme des générateurs, ou leur consanguinité.

Les rapports héréditaires de l’épilepsie avec l’éclampsie infantile sont de toute évidence et les fils des épileptiques meurent souvent de convulsions dans la première enfance (1).

(1) Déjerine (Thèse d’agrôgaliou, 1886). Pour Dejeriue, l’hérédité

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Brown-Séquard a vu des coJ)ayes rendus épileptiques engendrer des cobayes épileptiques.

En dehors de l’hérédité neuro-pathologique, il faut faire une part au traumatisme crânien et à la malformation (Lasègue).

L’épilepsie débute généralemènt dans la seconde enfance, si l’on attend, pour la caractériser, le grand mal; à cinq, six, sept, huit ans, le grand mal n’est pas rare; j’ai même vu un petit garçon de trois ans qui avait des attaques complètes.

Si l’on considère certaines convulsions comme les premières manifestations de l’épilepsie, lè début se rapproche alors beaucoup de la naissance. En présence d’un enfant éclamptique, il est impossible d’affirmer qu’il guérira complètement et qu’il ne deviendra pas épileptique.

Dans la première enfance, l’épilepsie n’est donc pas suffisamment attestée par l’éclampsie, elle ne l’est pas davantage par le tic de Salaam, dont je parlerai plus loin, ni par l’incontinence nocturne d’urine.

Comme causes provocatrices des attaques d’épilepsie, il faut signaler les émotions vives, la frayeur, qui joue aussi un rôle dans la chorée et l’hystérie.

Anatomie 'pathologique. — L’épilepsie dite essentielle, si l’on en croit les recherches de M. Chaslin, devrait être rayée du cadre des névroses, car elle possède une anatomie pathologique entrevue par lui. Les circonvolutions cérébrales seraient atteintes de sclérose névroglique (feuillet externe du blastoderme), caractérisée par une multiplication des faisceaux de la névroglie, sans participation vasculaire. Cette gliose, sorte de malformation congénitale, expliquerait l’hérédité similaire.

(Jirecle ou similaire a uu rôle moindre que l’hérédité dissemblable ou névropathique.

TliAITÉ DKS MALADIES DE L’eNFANCE

Symptômes. — Dans la plupart des cas, les accidents initiaux et prodromiques échappent. Si l’on interroge les parents avec soin, on apprend qu’il y a eu, tantôt <ies absences, des vertiges, tantôt des convulsions on des émissions involontaires et nocturnes d’urine.

Mais le petit mal (vertiges, absences) est plus dil'ticile à saisir chez l’enfant que chez l’adulte.

Enfin apparaît un jour, chez un enfant (pii jusqu’alors avait pu passer pour un simple nerveux, un agité, un déséquilibré, la grande attaque: cri, pâleur de la lace, chute, perte de connaissance, tétanisme, clonisme, stértor, écume. Pendant cette attaque [grand mal), on constate l’élévation de la température centrale et la miction involontaire.

Après la première attaque, l’enfant peut rester des mois et des années sans être repris ; puis les crises se rapprochent, elles reviennent tous les deux ou trois mois, tous les mois ou davantage.

Dans l’intervalle des attaques, la santé générale est bonne, et ce n’est que tardivement qu’on voit l’intelligence s’affaisser. Les enfants épileptiques peuvent présenter certains stigmates permanents, l’anesthésie du pharynx, que j’ai relevée chez plusieurs d’entre eux.

La maladie est à peu près incurable, et son pronostic est des plus sombres ; non seulement les enfants sont exposés aux traumatismes qui résultent des chutes inconscientes et fatales de leurs attaques, mais ils peuvent perdre peu à peu leurs facultés intellectuelles et devenir idiots ; l’intelligence est d’autant plus menacée que les attaques sont plus précoces.

Diagnostic. — Le diagnostic de l’épilepsie vraie n’est pas toujours facile; il faut d’abord éliminer l’épilepsie symptomatique ou jacksonnienne, l’épilepsie vermineuse, l’éclampsie. La première se reconnaîtra aux

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antécédents, à la marclie des accès (épilepsie partielle) ; la seconde, très rare, cédera à l’expulsion des parasites intestinaux; la troisième, très commune, appartient à la jjremière enfance, elle ne s’annonce pas par un cri, mais il ne faut pas oublier qu’elle peut être le prélude de l’épilepsie.

Quant à l’hystérie infantile, elle simule parfois l’épilepsie, mais elle s’accompagne généralement de stigmates révélateurs (anesthésie, troubles oculaires, etc.).

Trailemeni.. ■ — -Le traitement de l’épilepsie ne saurait être que palliatif; on donnera le bromure de potassium à la dose de 1 à 4 grammes par jour, les douches froides. On recommandera la vie au grand air, la sobriété, le calme moral (pas d’émotions, pas de surmenage, etc.).

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