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LA FIÈVRE HERPÉTIQUE, LA FIÈVRE ÉPHÉMÈRE

lieuresde fièvre, l’herpès labialis appcaraît, comme pour donner sa signature à la maladie. Des groupes d herpès peuvent se montrer sur les joues, sur le menton, sur les oreilles et, en général, sur un point quelconque de la face, quoique le lieu d’élection soit au pourtour del’orifice buccal. Une éruption herpétique de la muqueuse buccale (langue, gencive, palais) peut accompagner l’herpès labialis.

La fièvre herpétique, dont les formes prolongées pourraient rentrer dans le cadre de ce que les anciens auteurs désignaient sous le nom de fièvre synoque et do (lèvre catarrhale^ ne présente aucune gravité ; elle guérit toujours sans complications et sans suites fâcheuses.

Diagnostic. — Tout l’intérêt de la maladie réside dans le diagnostic, qui, le plus souvent, ne sera fait que provisoirement et par exclusion. Un enfant est pris de fièvre, on se demande immédiatement si ce mouvement fébrile va marquer le début d’une fièvre éruptive, d’une angine grave, d’une pneumonie. L’examen attentif de tous les organes, et surtout de la gorge, permettra de soupçonner la cause du mal. Si l’herpès facial apparaît, on ne peut plus songer qu’à une pneumonie, à une angine, à une fièvre herpétique. L’examen de la gorge, l’auscultation des poumons, donneront des renseignements indispensables.

Il n’est pas jusqu’à la fièvre typhoïde, dont le début est si variable, qui ne puisse accroître les difficultés momentanées du diagnostic. Au bout de peu de jours, tout s’éclaire el la nature du mal n’est plus douteuse.

Traitement. — On traitera la fièvre herpétique jiai' la diète mitigée (tisanes, lait, bouillon) et par les évacuants : huile de ricin (10 à 15 grammes), calomel (40 à 50 centigrammes), scammonée en poudre (25 à 50 cen-

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tigramnies). Dans quelques casJes vomitifs seront plus particulièrement indiqués et soulageront plus promptement les petits malades.

L’ERYSIPÈLE

L’érysipèle est une maladie infectieuse qui s’observe moins souvent chez l’enfant que chez l’adulte, mais (|ui présente, dans le premier âge, certaines particularités intéressantes.

Étiologie. — L’érysipèle se rencontre à tout âge ; chez les nouveau-nés, il n’est pas rare et les relations qu’il alfecte souvent alors avec l’état puerpéral lui donnent une gravité e.vceptionnelle. Cependant, chez l’enfant comme chez l’adulte, l’agent virulent est le même ; c’est le streptocoque, microbe en chaînette, que Fehleisen a bien étudié, que Widal a retrouvé dans le puerpérisme infectieux, dans la plilegmatia alba dolens, etc.

La cause de l’érysipèle réside dans la pénétration de ce microbe par les surfaces cutanées ou muqueuses préalablement éraillées. Mais les solutions de continuité, les éraillures sont communes, et l’érysipèle est rare; deux autres conditions sont, en etlet, indispensables: la présence du microbe, la réceptivité do l’organisme. Chez le nouveau-né, la réceptivité est très grande et la plaie (jui succède à la chute du cordon ombilical

l’érysipèle

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sert habitaellcment de porte d’entrée. Alors l’érysipèle sera grave, surtout si le streptocoque provient d’un foyer (épidémies puerpérales) où sa virulence aura été exaltée. Les suppurations internes (otites, péritonites, etc.), suivant la remarque de M. liervieux, <lonnent souvent naissance à l’érysipèle des nouveaunés. J’ai vu ainsi un érysipèle de la face succéder à l’otorrhée.

A un âge plus avancé, l’érysipèle se rencontre moins souvent, il siège plus rarement à la face que chez l’adulte, il est moins grave et moins virulent. Chez les scrofuleux, il devient atone et presque apyrétique. 11 récidive facilement.

La contagion seule explique la transmission de l’érysipèle, le germe suit parfois la voie atmosphérique, mais à courte distance, et il se transmet ordinairement par les mains ou les objets souillés. Sa vitalité et sa résistance aux causes de destruction, en dehors <le l’organisme, paraissent assez grandes, et (*ette notion doit inspirer de sérieuses mesures de désinfection.

Symptômes. — L’é7'i/sipèle des 7iouveau-nés est, en général, péri-ombilical, il peut avoir l’anus pour point de départ ou le prépuce (dans le cas de circoncision); il s’annonce par une fièvre vive (40°-41°), par de l’agitation, des cris, des tetées incessantes; puis vient la rougeur dure, sensible, chaude, de la peau qui avoisine la plaie infectée; le bord saillant qui limite la plaque érysipélateuse ne tarde pas à se <léplacer et en quelques jours elle envahit un membre, le tronc, parfois toute la surface du corps, sans présenter la marche symétrique de l’érysipèle facial des adultes. La dureté et le gonflement de la peau sont quelquefois tellement prononcés qu’ils donnent aux

traité des maladies de l’enfance

membres une rigidité notable entravant le jeu désarticulations.

L’érysipèle peut avoir une marche lente, serpigineuse, mourant ici pour renaître plus loin, et cela pendant des semaines. Il est tantôt lisse, tantôt recouvert de phlyctènes, tantôt dénué de suppuration, tantôt accompagné ou suivi d’abcès. Il y a des degrés nombreux dans la virulence et dans les effets secondaires, de chaque cas particulier.

La terminaison est souvent mortelle ; elle est précoce (quatrième ou cinquième jour), ou tardive (deuxième ou troisième semaine) ; elle est plus commune que la guérison dans les formes puerpérales. La mort est parfois la conséquence d’une complication, péritonite, diarrhée profuse, broncho-pneumonie, gangrène cutanée, abcès étendu.

h’ érysipèle des enfants plus âgés est moins intéressant et moins grave que le précédent: est-ce parce qu’il est moins virulent, ou parce que le terrain d’évolution est meilleur ?

Quoi qu’il en soit, on voit assez souvent des enfantsde quelques mois ou de quelques années présenter,, soit à la suite de la vaccination, soit à la suite d’uneérosion accidentelle, un érysipèle qui envahit les parties voisines, qui cause de la lièvre, de l’agitation,, des vomissements. J’ai vu, à la suite du vaccin, lemembre supérieur envahi tout entier, depuis la racino jusqu’aux extrémités digitales, avec gonflement œdémateux énorme, réaction fébrile modérée et guérison rapide.

Dès que l’enfant cesse d’être un nouveau-né, if semble que la gravité de l’érysipèle s’atténue dans desproportions considérables.

Vérysipèle des enfants scrofuleux est un érysipèle de-

l’érysipèle

la face, qui a pour poinL de départ un eczéma du nez, des oreilles, ou une blépharo-conjonctivite, ou une autre lésion des orifices de la tête, si souvent malades «chez les enfants strumeux. Dans ce cas, l’érysipèle se présente avec des caractères tout particuliers : invasion peu bruyante, fièvre modérée on nulle, gonflement considérable, mais peu rouge et peu douloureux, marche lente et non envahissante, guérison certaine.

Si j’ajoute que cet érysipèle est très sujet à récidiver, j-aurai donné les principaux traits de l’érysipèle des enfants scrofuleux.

Diagnostic. — Le diagnostic de l’érysipèle des nouveau-nés est facile ; il faut cependant le distinger de certaines lésions érythémateuses ou lymphangitiques qui, abstraction faite de l’identité microbienne, s’en distinguent par leur fixité, par leurs tendances peu envahissantes, par leur bénignité.

Ces lésions s’observent aussi autour des plaies ombilicale, anale, préputiale.

L’érysipèle vaccinal se distinguera par les mêmes symptômes de la lymphangite et de l’érythème périvaccinal.

L’éry.:ipèle des scrofuleux porte avec lui un cachet S])écial, qui permet de le reconnaître aisément. Certaines indurations érythémateuses diffuses des membres inférieurs, chez les scrofuleux, pourraient faire songer ■à l’érysipèle; il y a bien, dans ces cas, rougeur, gonflement, induration, douleur ; mais l’induration est prolonde, atteint et dépasse le tissu sous-cutané ; cette induration est persistante, elle n’a rien d’aigu ni de passager, elle est apyrétique.

Pronostic. — Chez les nouveau-nés, âgés de quelques jours, placés dans les maternités ou les hôpitaux, c’està-dire dans un milieu infecté, l’érysipèle est presque

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toujours fatal, la guérison est exceptionnelle. Chez les nourrissons et dans la seconde enfance, l’érysipèle est, au contraire, bénin et fournit une mortalité à peu près nulle.

Traitement. — Pour j)révenir l’érysipèle des nouveaunés, on pansera journellement le cordon ombilical avec de l’ouate hydrophile et l’on évitei'a soigneusement le contact de l’air ou des objets malpropres. Après la chute du cordon, on pansera la plaie ombilicale soit avec du salol, soit avec de l’acide borique en poudre, soit avec de Tiodoforme, en ayant soin d’appliquer toujours une épaisse couche d’ouate hytlrophile, maintenue par une bande de flanelle ou une bande de gaze ascpti([ue. Le pansement sera renouvelé tous les jours cl même deux fois par jour si les pièces de pansement ont été souillées par les déjections de l’enfant.

Si l’on donne des bains, on y ajoutera une substance destinée à les rendre aseptiques (1 gramme de sublimé corrosif).

L’érysipèle étant déclaré, le même traitement est encore applicable, quoiqu’il soit tro[) souvent impuissant. On continuera à alimenter l’enfant par le sein ou le lait d’un animal (ànesse ou vache), si l’allaitemenl naturel est impossible. Quant aux médicaments internes, on ne peut raisonnablement songer à les employer chez les nouveau-nés.

L’érysipèle des scrofuleux sera prévenu par un bon traitement des lésions eczémateuses de la face qui lui ont donné naissance et par un traitement général (huile de foie de morue, sirop iodo-tannique, sirop de raifort iodé, sirop d’iodure de fer, etc.).

LE PURPURA HÉMORRHAGIQUE

LE PURPURA HÉMORRHAGIQUE

Werlhof, au siècle dernier, a décrit une maladie bénigne, caractérisée par des pétéchies et des hémorrhagies multiples {^morbus maculosus). Sous le nom de purpura hémorrhagique ou purpura iulectieux, je décril'ai, non seulement la maladie de Werlhof, mais aussi les variétés plus graves, parfois mortelles, observées de nos jours.

Étiologie. — Le purpura hémorrhagique, rare chez les adultes, plus rare encore chez les nouveau-nés, présente son maximum de fréquence entre six et quinze ans; il offre, malgré la variété de ses formes cliniques, les allures générales des maladies infectieuses. M. Martin de Gimard (Thèse de Paris, 1888) a trouvé, dans le sang de quelques sujets, des microcoques qu’il considère comme les agents pathogènes de la maladie. Un avenir sans doute prochain nous dira si cette assertion est fondée. MM. llanot et Luzet ont trouvé le streptocoque dans un cas de purpura fœtal, la mère étant atteinte de méningite streptococcique [Archives de Médecine e.x/3érzwîen/a/e, 1®’’ novembre 1890). L. Somma a décrit une forme de purpura infeetieux caractérisé par la présence de taches ecchymotiques arrondies, de la grandeur d’un sou, chez les nourrissons. Ce purpura ecchymotique a été observé ensuite par Rinoiiapoli. et

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G. Somma. II est attribué par ce dernier auteur à une infection d’origine gastro-intestinale (11.

Les enfants robustes et sains ne paraissent i)as moins e.Kposés au purpura que les enfants délicats et alfaiblis; peut-être relèverait-on chez quelques-uns les attributs de l’hémophilie. Le purpura n’est pas contagieux, du moins sa transmissibilité d’enfant malade à enfant sain n’a pas été observée ; peut-il récidiver sur le même sujet, je n’en connais pas d’exemple.

Parmi les causes occasionnelles, il faut citer les émotions morales intenses (frayeurs), les traumatismes violents (coups et chutes).

Symptômes. — Le purpura hémorrhagique peut se présenter sous divers aspects : la lièvre peut être absente ou à peine accusée, les hémorrhagies cutanées occupant seules la scéue morbide [purpura simple) ; ou bien la fièvre est vive, l’état général est inquiétant [forme typhoïde) ; ailleurs, le purpura s’accompagne de douleurs articulaires [forme rhumatismale).

D’ordinaire, le ; pétéchies sont les itreniiers symptômes qui attirent l’attention, mais elles sont souvent précédées de malaise vague, d’anorexie, de courhature, de fièvre. Los taches sont nombreuses, disséminées sur le tronc et sur les membres, épargnant souvent le cou et la face; les unes sontiietites, punctiformes, les autres arrondies et larges comme un pois, une lentille ; elles sont d’abord d’un' rouge vif, elles ne s’elfacent pas sous la pression du doigt ; au bout do quelques jours, elles se décolorent, pâlissent et deviennent jaune verdâtre. Des traînées ecchymotiques, larges eLdilfuses, peuvent accompagner les pétéchies, elles simulent les A'estiges de violentes contusions do la peau-; les sullusions hémor-

(1) Arch. liai, di pediafrla, janvier 1892.

LE PURPUnA IIÉMORRHAGIQPE

iliagiques sont parfois sous-cutanées et iutra-uuisculaires. Les 'hémorrhagies peuvent, dans quelques cas, envahir les centres nerveux (Dnplaix, /b’cAfpes de Médecine, 1883).

Des poussées nouvelles de pétéchies peuvent succéder à la première, et chaque poussée est marquée par une recrudescence delà fièvre et des symptômes généraux.

Cette fièvre, modérée dans la plupart des cas (38”, 38”, 3), atteint, dans les cas graves, 40“ et 41”; l’enfant est alors abattu, sa langue est sèche, ses dents deviennent fuligineuses, l’état typhoïde est des plus prononcés. Dans la forme rhumatismale, ou voit des douleurs vives se montrer, soit an niveau des articulations, soit dans les muscles des mollets, avec ou sans œdème concomitant.

En même temps, parfois avant que les hémorrhagies périphériques n’aient api)aru, on observe des hémorrhagies du côté des muqueuses et des viscères, les gencives saignent (sloniatorrhagie), l’enfant a des épisiaxis abondantes, des hématémèses, du melœua, des hématuries, plus rareiueiiL des hémoptysies. La répétition on fabondance de ces hémorrhagies peut créer nu véritable danger; les petits malades devieuneut pâles, ils ne i)eiivent se lever ni faiiœ le moindre elTort sans être menacés de syncope ; s’ils survivent, les [>ertes de sang qu’ils ont subies rendent la convalescence pénilde et longue.

Deux fois M. Martin de Gimard a au la gangrène cutanée compliquer le purpura, et une fois la mort s’ensuivre; chez ces deux sujets, les douleurs articulaires et musculaires ainsi que l’œdème des membre étaient très accusés.

La durée de la maladie, rarcmcut inférieure à huit jours, peut dépasser deux et trois semaines; la guéri-

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son est fréquente, mais la maladie [»eut avoir une terminaison fatale, alors même qu’elle s’annonçait au début par des signes rassurants. Il faut toujours se défier du purpura infectieux et réserver le pronostic.

Diagnostic. — Le diagnostic est en général facile : le puiqmra non infectieux, dyscrasique ou névrotrophique, observé chez quelques enfants anémiés, surmenés, alïaiblis par le travail ou par la croissance, se distinguera par l’absence d’hémorrhagies viscérales, de fièvre, [>ar la dissémination discrète de ses mouchetures, par leur siège aux membres inférieurs.

Le scorbut, bien rare aujourd’hui, se distinguerait par la prédominance des manifestations buccales et la notion étiologique. Quant aux ])étéchies qui marquent le début des fièvres éruptives, surtout de la variole hémorrhagique, elles peuvent donner le change et simuler parfaitement les formes les plus graves du purpura infectieux.

Traitement. — Repos au lit, dans une chambre aérée, chautrée à 16“ ou 17“ ; diète lactée, boissons acidulés ^limonade citrique ou tartrique), glace dans les cas d’hémorrhagie interne. Frictions stimulantes de la peau avec l’essence de térébenthine, l’eau-de-vie camphrée, le baume de Fioravanti, enveloppement des jambes œdématiées avec des compresses imbibées de chlorhydrate d’ammoniaque (5 p. 100 d’eau distillée) ; ces moyens s’adressent aux jjétéchies et aux accidents cutanés.

A l’intérieur, pour combattre la tendance aux hémorrhagies, on donnera l’acide citrique (2 à 4 grammes dans un jule]) gommeux), la quinine, l’ergotine (50 a 60 centigrammes par jour), le siroj) de ratanhia (50 a 100 grammes), l’extrait de quinquina (2 grammes dans une (lemi-i)otion de ïodd).

LE PEMPHIGüS AIGU 1

Si les hémorrhagies deviennent inquiétantes,^ on donnera le perchlorure de fer (20 gouttes dans l’eau sucrée); on fera des injections sous-cutanées d ergotine, malgré le danger qui peut résultei d un léç,ei Iraumatisme de la peau; le tamponnement des fosses nasales, voire la transfusion, sont parfois indiqués.

LE PEMPHIGÜS AIGU

Le pemphigus aigu est une maladie inlectieuse qui se j)résente tantôt sous forme épidémique, tantôt sous forme sporadique; dans les deux cas, c’est une maladie de la première enfance intéressante à étudier.

Étiologie. — En dehors des cas sporadiques qu’il est donné à tout médecin d’observer de temps à autre, nous possédons la relation de véritables éi)idémies qui ]jlacent le pemphigus aigu des nouveau-nés au nombre des dermopathies. contagieuses et infectieuses. Hervieux (Société médicale des Hôpitaux, 1868) a vu un nouveauné atteint de pemjihigus créerune épidémie qui n’ai)as frappé moins de 150 enfants de la Maternité de Paris, llomolle a vu une épidémie semblable dans la salle d’accouchements de l’hôpital de la Charité (Rapport de Besnier, Société médicale des Hôpitaux, 187-4). Kocli (de ^Yiesbaden) a vu le pemjihigus aigu chez 23 enfants delà clientèle d’une sage-femme, alors que 200 nouveau-nés soignés par d’autres sages-femmes restaient

TnAITK DES MALADIES DE l’eNFANCE

indemnes. S’étanl, inoculé an bras le liquide d’une bulle, il aurait obtenu un résultat positif après soixante heures d’incubation.

M. Vidai (Société de Biologie, 1874) a obtenu également une inoculation positive sur un de ses élèves, et il a même pu produire une bulle de troisième génération. Colrat [Revue de médecine, 1884) a publié aussi des laits conformes à l’inoculabilité du pemphigus.

Ces différents observateurs ont cherché, dans le li({nide des bulles, l’agent parasitaire présumé de la maladie ; ils ont décrit des bactéries et des riiicrocoques dont la biologie et la valeur pathogénique ne sont pas encore bien établies. Quoi qu’il en soit, l’infectiosité, la contagiosité, l’inoculabilité du pemphigus aigu des enfants, me paraissent certaines.

Relativement à l’âge des sujets, on peut dire que le pemphigus épidémique sévit surtout chez les nouveaunés, de trois à huit jours, dans les maternités. Quant au pemphigus sporadique, il peut s’observer beaucoup plus tard, et les observations que j’ai recueillies onl trait à des enfants de cinq semaines, neuf mois, douze mois, dix-sept mois, deux ans. A partir de deux ans, le pemphigus aigu devient plus rare.

Les enfants vigoureux et sains sont aussi exposés que les enfants malades et cachectiques ; cependant j’ai relevé, dans la plupart des cas que j’ai observés, la mauvaise alimentation, l’allaitement artificiel, les troubles digestifs. Ces influences sont de second ordre, elles servent peut-être de porte d’entrée, elles n’engendrent pas la maladie.

Symftômes. — La maladie s’annonce, en général, par du malaise et de la lièvre ; les enfants sont agités, demandent le sein fréquemment, leur peau est chaude, leur pouls raj)ide. Au bout de vingt-quatre ou quarante-

LE PEMPlllGUS AIGU

huit heures, se montre l’éruption caractéristique : ce sont des bulles plus ou moins grosses, hémisphériques, les unes de la grosseur d’un demi-pois, les autres de la grosseur d’une demi-noisette. Le liquide ({u’elles contiennent est, au début, parfaitement transparent, mais il se trouble par la suite.

La bulle de pemphigus est ainsi constituée : le derme est un peu congestionné à la base, œdématié, infiltré de globules blancs; la voûte de la bulle est formée par la couche cornée de l’épiderme, la cavité est uniloculaire, elle renferme un liquide fibrino-albuniineux contenant des globules et des microbes, à réaction alcaline. Au bout de douze, vingt-quatre, trentesix heures, le liquide se trouble, devient opalin, puruont, puis l’enveloppe se flétrit, se fend et s’affaisse, comme s’il s’agissait d’une brûlure au second degré.

C'est au niveau du cou, du tronc, de la face, que les bulles sont le plus nombreuses ; les petites bulles rapprochées peuvent s’unir entre elles pour former une bulle plus large. Certaines bulles sont avortées, l’épiderme se décolle, mais ne se soulève pas. J’ai vu les bulles limitées aux fesses, aux cuisses, en petit nombre, alors que les lieux d’élection (cou et face) étaient indemnes. Chez les nouveau-nés, les bulles sont beaucoup plus nombreuses, mais elles respectent toujours la paume des mains et la plante des pieds.

Il y a souvent plusieurs poussées éruptives, subinliantes ou séparées par des intervalles de santé.

La durée de la maladie est courte ; elle est, dans quelques cas, réduite à huit jours, elle atteint souvent ■deux ou trois semaines, elle peut récidiver.

Son pronostic csl, eu général, bénin; dans la forme épidémique (maternités), la mortalité est toujours très huble et peut être attribuée parfois à des complications

TRAITÉ DES MALADIES DE l’eN FANGE

étrangères à la maladie. Le pemphigus sporadique m’a paru plus grave ; j’ai vu un enfant de vingt-cinq mois mourir en huit jours, avec des accidents infectieux et une broncho-pneumonie terminale. Billard (1628) a observé la même terminaison chez une fillette de quatre mois et demi ; dans son cas, comme dans le mien, la maladie ne dura que huit jours.

Diagnostic. — Le pemphigus des nouveau-nés sera distingué du pemphigus syphilitique par la date de son apparition, par son contenu, par son siège. Tandis que le pemphigus syphilitique est congénital (on peut voir, dès la naissance, les pieds et les mains iiarcheminés et gonflés par l’éruption), le pemphigus aigu ne se montre qu’après plusieurs jours. Tandis que les bulles de pemphigus aigu sont claires et transparentes au début, celles du pemphigus syphilitique sont d’emblée troubles et opaques. Enfin, le jiemphigus syphilitique siège à la plante des pieds et à la paume des mains; le pemphigus idiopathique respecte ces régions.

Dans quelques cas, j’en ai cité un exemple {Revue mensuelle des maladies de l'enfance, 1887), le pemphigus aigu simule la varicelle, du moins le premier jour, alors qu’il n’est représenté que par des bulles petites, arrondies et transparentes; mais l’erreur de diagnostic ne saurait être de longue durée.

Traitement. — Il faut traiter localement le pemphir gus comme une brûlure au second degré : les onctions avec la vaseline boriquée, l’enveloppement avec l’ouate hydrophile, l’emploi des poudres isolantes (amidon, lycopode, talc), qu’on peut rendre aseptiques en les mêlant à parties égales avec l’acide borique, me paraissent indiqués. Le traitement général est purement hygiénique : grand air, bonne nourrice. Il faut isoler les enfants atteints de pemphigus aigu.

LA SUETTE MILIAIHE

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