‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 13 sur 145 · JA SUETTE MILIAIRE · texte numérisé non relu

JA SUETTE MILIAIRE

La siiette miliaire est une maladie infectieuse, probablement tellurique comme le choléra, la lièvre jaune, dont elle partage les allures épidémiques; quoique rarement observée et à de longs intervalles, elle frappe les enfants avec une telle prédilection et simule parfois à tel point certaines fièvres éruptives, que je crois utile d’en donner une description sommaire. Je prendrai pour guide la dernière grande épidémie observée en France, celle du Poitou, en 1887. (Voir le rappoil de M. Brouardel dans le Bulletin de i' Académie de médecine de la même année).

Étiologie. — Le micro-organisme ])athogènede cette sorte de fièvre éruptive n’est ]>as encore connu, mais la maladie n’en est pas moins transmissible par contagion ; un cas de suetle miliaire vient-il à se déclarer dans une agglomération humaine, il fait, en (juelques jours, un très grand nombre de victimes; une école de G3 élèves ne comptait aucun malade avant le lü mai ; en (juatre jours (du lU au 14 mai), 46 enfants i)rennenl le lit. Dans certaines communes, les enfants étaient j)i’esque tous atteints, alors que les adultes ne i)ayaient qu’un tribut insigniliant à la maladie; ailleurs, les malades adultes étaient presque aussi nombreux que les malades enfants. La contagiosité cxlrômede la sueltc est démon-

TMAITK DES MALADIES DE l’ENFANCE

Icéo par les laits suivants : une fillette est séparée tfi' son ])ère atteint de snette et envoyée au loin dans un village indemne, elle y importe la maladie et crée ainsi nn nouveau foyer; un autre sujet, venant d’un pays indemne, tombe dans un village contaminé; au bout de vingt-quatre heures, il est pris de suette miliaire.

Cette diffusibilité rapide de la suette donne à penser que la maladie se transmet par la voie atmosphérique; M. Brouardel dit qu’elle a l’air de se transmettre à la façon de la rougeole et de la scarlatine ; pour lui, l’eau potable est hors de cause. La maladie peut récidiveiy même après un court intervalle (deux à trois semaines), mais les cas de récidive sont rares.

Symptômes. — L’incubation de la suette miliaire peut être courte ; dans plusieurs faits très bien observés elle a été inférieure à vingt-quatre heures ; elle est donc beaucoup plus courte que l’incubation de la rougeole, fièvre éruptive. avec laquelle la suette offre parfois de si frappantes analogies.

L’invasion est brusque en général, l’enfant est pris <l’un malaise subit, avec perte complète des forces, et il est obligé de prendre le lit; aussitôt, des sueurs profuses apparaissent et la suette s’affirme par un symptôme caractéristique. Quelquefois, le début est plus traînant et la suette ne se déclare qu’après deux ou trois Jours de troubles gastriques. Souvent l’invasion de la suette miliaire infantile rappelle celle de la rougeole, par la fièvre, la toux férine, le coryza, le larmoiement; mais ces lu’odromes, mêlés d’ailleurs de sueurs, de vomissements, d’étouffements, d’épistaxis répétées, sont beaucoup plus courts que les prodromes de la rougeole : ils durent à peine deux jours.

L’éruption se montre alors à la lace, puis aux autres parties du corps ; la face est d’un rouge sombre el,

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