‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 124 sur 145 · I. — ONANISME · texte numérisé non relu

I. — ONANISME

L’onanisme, ou masturbation, est une perversion du sens génital, qui s’observe dans les deux sexes et qui ne mérite pas l’importance qu’on lui accorde généralement.

Étiologie. — C’est ordinairement dans la seconde enfance, dans les pensions, les écoles, les collèges, surtout dans les internats, que cette habitude vicieuse se développe.

L’enfant qui en est atteint fait des prosélytes, et l’on voit souvent, dans le même établissement, un grand nombre de pensionnaires se livrer, par imitation, par contagion morale, à l’onanisme.

Les enfants nerveux, hystériques, prédisposés aux névroses par l'hérédité, sont ceux qui abusent le plus de la masturbation. A leur exemple, on rencontre des enfants sains d’esprit autant que de corps, sans tare

héréditaire, s’adonner à l’onanisme ; mais ceux-là ne deviennent jamais des masturbateurs effrénés et incurables.

Les grands masturbateurs, Lasègue l’avait bien vu, sont des maniaques, des inconscients, des cérébraux. Chez eux, l’onanisme est un tic, qui peut durer au delà des limites habituelles. En général, vers l’établissement de la puberté, à quatorze ou quinze ans, le goût de l’onanisme se perd, la maladie guérit toute seule; chez les cérébraux, chez les dégénérés, la funeste habitude persiste et prend alors une signification plus grave.

Des causes locales, phimosis, prurit vulvaire, présence d’oxyures, ont été accusées dans certains cas. On a vu des enfants très jeunes (di.x-huit mois, deux ans) se livrer à la masturbation.

Symptômes. ■ — Je n’ai pas à décrire l’acte incriminé, mais seulement les conséquences morbides de la répétition de cet acte.

Les enfants qui se livrent à l’onanisme ne tardent pas à présenter de l’amaigrissement, de la pâleur et de l’inaptitude à tout effort physique ou intellectuel.

Ils sont sujets aux palpitations, aux essoufflements, à la lenteur et à la difficulté des digestions ; d’ailleurs, 1 appétit diminue ou se perd, la soif augmente. Les vertiges, la céphalalgie, la gastralgie, les névralgies diverses sont fréquentes. Le caractère change et tourne à la mélancolie, à la tristesse.

Si l’habitude vicieuse augmente, l’enfant tombe dans une sorte de langueur et de demi-imbécillité ; il perd la mémoire, il comprend avec difficulté, il présente des troubles de la vue, des bourdonnements d’oreilles, de l’insomnie; ses pupilles sont dilatées, etc. En même temps, on constate un degré marqué d’anémie.

Il faut bien dire que ces accidents sont 1 apanage des

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