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tanément. Quand on les écarte, on voit jaillir, entre leurs bords, un flot de pus, et la muqueuse oculaire et palpébrale apparaît rouge, tuméfiée. Puis la cornée peut être atteinte, opacifiée, ulcérée, perforée. Dans les cas graves, le globe de l’œil est détruit, vidé, anéanti.

Le pronostic de rophthalmie des nouveau-nés est redoutable dans ces formes intenses, et les oculistes prétendent que le tiers des aveugles, en France, doivent la cécité à l’ophthalmie des nouveau-nés.

Trailemenl. — A titre prophylactique, on recommandera aux femmes enceintes de faire tous les jours, surtout dans le dernier mois, des injections vaginales avec une solution de sublimé à 1 pour 2000, ou boriquée à 3 ou 4 pour 100. Au moment de l’accouchement, ces injections seront répétées trois ou quatre fois pendant le travail. Aussitôt que l’enfant a été expulsé, on laveses yeux avec une solution boriquée tiède. Cela n’est pas jugé suffisant par les accoucheurs et Grédé (de Leipzig) a systématiquement instillé une goutte de solution de nitrate d’argent (à 1 pour 30) dans les yeux de tous tes enfants de sa clinique. Pinard préconise le jus de citron, et Valude la poudre d’iodoforme en insufflation (1).

Comme traitement, dans les formes légères, les irrigations tièdes d’eau boriquée, à 3 ou 4 pour 100, faites entre les paupières (quatre ou cinq fois par jour), avec l’irrigateur ou une seringue uréthrale, suffisent. L’acide borique peut être remplacé par le sublimé (1 pour 4000), le naphtol, etc.

Dans les formes graves, on cautérisera la muqueuse avec le nitrate d’argent (crayon mitigé ou pinceau avec solution à 1 pour 30 ou 1 pour 50). Après la cautéri-

(1) Bulletin jnédical, 23 mars l89l.

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sation faite matin et soir, on neutralise avec un pinceau trempé dans l’eau salée. Dans les maternités, on isolera les enfants atteints.

•È" Op/ilha/mies de la seconde enfance.

Les nourrissons et les enfants plus âgés peuvent être atteints, dans les crèches ou dans leurs familles, par contagion accidentelle, de l’ophthalmie purulente des nouveau-nés. La maladie ne diffère pas alors de ce i qu’elle est chez les nouveau-nés, et elle exige les - ; mêmes soins. |

En dehors de cette variété, on en rencontre plusieurs . autres, très communément, chez les enfants de tout âge.

Parmi les ophthalmies de la seconde enfance, les unes sont aiguës, les autres chroniques.

A. Ophlhalmies aiguës. — On distingue la conjonctivite aiguë simple, due à un refroidissement, à un traumatisme (poussières, vapeurs, etc.) ; elle se manifeste par la rougeur des conjonctives, avec catarrhe muco-purulent insignifiant; les paupières sont, le matin, au réveil, collées l’une à l’autre. L’enfant accuse des picotements et une sensation de gravier. Quelques instillations de sulfate de zinc à 1 pour 100 suffisent à j la guérison. '

Après cette variété, il en est une autre, très commune , également, qu’on pourrait appeler conjonctivite scolaire., parce qu’elle se répand très aisément, par contagion, chez les écoliers. C’est la conjonctivite catarrhale aiguë, plus intense que la précédente, caractérisée par une sécrétion séro-purulente abondante, par une injection très vive, allant jusqu’à l’hémorrhagie, des conjonctives, par une gêne douloureuse, au moment de la vision, de la lecture, etc. Cette forme essentiellement

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contagieuse frappant successivement tous les membres de la famille, jusqu’aux adultes, est très facilement curable. L’application d’une pommade au précipité jaune, à 1 pour 50, des instillations de sulfate de zinc à 1 pour 100, amènent la guérison dans un délai de huit jours. Si la maladie est négligée, elle dure plusieurs semaines.

Enfin, il existe une conjonctivite aiguë vésiculeuse ou pustuleuse, caractérisée par la présence, sur la conjonctive oculaire, d’une ou plusieurs vésicules arrondies, de la grosseur d’un grain de mil, qui tantôt sont isolées de la cornée, tantôt empiètent sur elle. Autour de la vésicule, la muqueuse est rouge et injectée. Cette forme est plus grave que les précédentes, parce qu’elle intéresse souvent la cornée et que la conjonctivite ne tarde pas à se compliquer de kératite. Quand la vésicule reste limitée à la conjonctive, elle est facilement attaquable par la cautérisation avec le sulfate de cuivre, le nitrate d’argent mitigé, la pommade au précipité jaune.

La conjonctivite vésiculeuse, phlycténulaire, pustuleuse, peut être une localisation de l’impétigo contagieux, et je l’ai vue souvent coïncider avec l’impétigo de la face, ou lui succéder.

Elle peut atteindre la cornée. Dans la varicelle, on peut voir des vésicules analogues se déposer sur la conjonctive et plus rarement sur la cornée. Toutes ces ophthalmies aiguës guérissent bien par l’emploi des pommades ou collyres que j’ai indiqués. Quand la cornée est prise, quand il y a photophobie, on prescrit une goutte de solution d atropine ïi 1 pour 500 matin et soir.

R. Ophthalmies chroniques. — On rencontre la blépharite, la conjonctivite, la kératite chronique. Ces

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Ibrmes peuvent succéder aux formes aiguës décrites plus haut, chez les sujets prédisposés. C’est ainsi qu’on voit souvent la rougeole laisser à sa suite une blépharo-conjonctivite, une kératite, qui passe à l’état chronique. La blépharite chronique, avec chute des cils, épaississement du bord des paupières, se rencontre surtout chez les sujets scrofuleux ; elle coïncide souvent avec des adénopathies cervicales chroniques, avec l’eczéma de la face, dont elle semble être parfois une localisation. En même temps que la blépharite glandulo-ciliaire, il n’est pas rare d’observer la conjonctivite granuleuse.

Après la rougeole et la scrofule, qui sont les grandes causes des ophthalmies de l’enfance, indiquons la syphilis héréditaire, qui infiltre, épaissit et opacifie la cornée.

La plupart des kératites et des ulcères de la cornée, que j’ai vus, ne relevaient cependant pas de la syphilis ; elles dérivaient soit de la scrofule, soit de la rougeole.

Souvent elles coïncidaient avec des lésions des fosses nasales, du coryza chronique, comme si la lésion du nez s’était propagée à l’œil par les voies lacrymales. Le pronostic des kératites chroniques est grave, en ce sens qu’elles laissent souvent à leur suite des opacités, des taches (taies, leucomes) qui gênent la vision. Enfin, les kérato-conjonctivites de l’enfance sont très exposées à la récidive.

Le traitement des ophthalmies chroniques est général et local à la fois. Le traitement général s’adresse à la diathèse héréditaire, au tempérament morbide, à la scrofule, à la syphilis. On donnera, suivant les cas, l’iodure de potassium, le sirop iodo-tanique, le sirop d’iodure de fer, l’huile de foie de morue, les bains

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salés, etc. S’il n’y a que de la blépharo-conjonctivite, la pommade au précipité jaune (1 pour 40 à 1. pour 50) pourra sul'fire. S’il y a des granulations sur la conjonctive, on les cautérisera au nitrate d’argent. L’ulcère de la cornée indiquera les instillations de sulfate d’ésérine (1 pour 500). Les kératites ordinaires seront traitées par le sulfate d’atropine (1 pour 500). Quand il n’y a que des taies cornéales, on pratique des insufflations avec la poudre de calomel. Le bandeau rendra des services dans les cas de photophobie intense et de douleur.

SECTION VII

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