ECZÉMA
Vherp'es forme des groupes vésiculeux, isolés, dont la marche rapide et cyclique est spéciale. La tricophylie circinée a une forme qui, à elle seule, est caractéristique. L’eczéma aigu de la face peut simuler Véi'ysipèle.
Traitement. — S’il s’agit d’un nourrisson, on surveillera le régime de la nourrice, on diminuera le nombre des tetées, on fera suivre chaque tetée de l’ingestion de quelques gouttes d’eau de Vichy. Au besoin, on changera de nourrice.
Les topiques employés contre l’eczéma sont : les pommades avec glycérolé d’amidon ou vaseline, contenant l’o.vyde de zinc, l’acide borique, le salol (1/10). Pour certains cas, le glycérolé tartrique (1/40), la pommade au précipité jaune à 1/50, sont utiles. La calotte de caoutchouc convient aux cas rebelles. Dans les cas suintants, on usera largement des poudres inertes, amidon, talc, etc.
Les bains tièdes d’amidon, de sublimé parfois, sont utiles. Si l’eczéma siège au cuir chevelu, on coupera les cheveux avant d’appliquer la pommade. Si les croûtes sont très épaisses, on les fera tomber avec un cataplasme de fécule. Aux enfants scrofuleux, on donnera l’huile de morue, le sirop iodo-tannique, le sirop d’iodure de fer, le sirop de raifort iodé. Dans les cas d’eczéma chronique, héréditaire, on essaiera les eaux minérales de Royat, de la Bourboule, ou les eaux sulfureuses usitées en herpétologie (Uriage, etc.).
Le régime sera très surveillé; on conseillera le lait, les légumes secs, les viandes blanches. On défendra les viandes faisandées, la salade, le poisson, les épices le vin, le café. Quand l’eczéma coïncide avec la dilatation de 1 estomac, on rationnera les liquides et on fera l’antisepsie intestinale avec lebétol ou le benzo-naphtol ; on donnera des purgatifs en cas de constipation.
H. — IMPÉTUiO.
L’impétigo est caractérisé par la formation de vésicopustules superficielles (|ui aboutissent rapidement à des concrétions jaunâtres, épaisses, peu adhérentes et ne laissant pas de cicatrice. L’impétigo est une dermatose inoculable et contagieuse [impétigo contagiosa).
On a décrit d’autres variétés d’impétigo, mais elles rentrent toutes dans l’eczéma.
Etiologie. — H y a déjà longtemps que l’inoculabilité de l’impétigo a été démontrée par Tilbury Fox. Vidal, etc. Plus récemment, Dubreuil a trouvé, dans les pustules d’impétigo, les micro-organismes de la suppuration, et en particulier le staphylocoque. Ce microbe, un de nos commensaux habituels, pénètre à la faveur d’une elfraction cutanée, d’un simple traumatisme, d’une piqûre de pou, etc. La vaccine peut servir de porte d’entrée à l’impétigo. (Jhez un petit garçon de dixhuit mois, qui venait d’être vacciné sur la génisse, j’ai vu quatre pustules vaccinales recouvertes de croûtes épaisses, (|ui, par l’intermédiaire des grattages, avaient donné de nombreuses pustules d’impétigo sur les avant-bras, la face, le front, le conduit auditif externe (otorrhée). La contagion d’enfant à enfant est très commune ; elle s’exerce très souvent dans les familles et les écoles. Les mêmes remarques sont applicables à Yecthyma, également contagieux et inoculable, et dont les symptômes se confondent souvent avec ceux de l’impétigo.
Symptômes. — L’impétigo se présente au début comme une tache rouge qui ne tarde pas à présenter une vésicule bientôt trouble. Cette vésico-pustule crève et donne
IMPÉTIGO
une substance glutineuse, jaune-ambre, qui se prend en croûtes épaisses, mélicériques, plus ou moins foncées parleur mélange avec les poussières extérieures et le sang desséché.
Le volume des pustules d’impétigo est très variable ; il y en a de petites, de moyennes et de grosses ; les premières ressemblent à des vésicules d eczéma, les. dernières rappellent les bulles de pemphigus.
Ces pustules sont généralement isolées et disséminées en nombre restreint sur la face, la tête. Parfois, elles s’unissent par leurs bords et forment des placards assez larges. Le siège de prédilection est la face (joues, front, lèvres) ; de là, par les grattages, l’impétigo se répand sur les doigts, les bras, les cuisses, le tronc, au point de se généraliser parfois. J’ai vu l’impétigo aigu de la face s’étendre aux narines (coryza), aux oreilles (otorrhée), aux yeux (conjonctivite et kératite phlycténulaire), à la bouche (stomatite impétigineuse), à la vulve (vulvite impétigineuse et leucorrhée) (1).
MM. Sevestre et Castou ont bien étudié récemment la stomatite impétigineuse et ont montré qu’elle était due au staphylocoque doré (2).
Quand l’impétigo s’empare de l’extrémité des doigts, il soulève l’épiderme autour de l’ongle et forme une tourniole.
On voit que Vimpétigo contagiosa a des localisations multiples et variées. Il peut se compliquer d’adénites, d’abcès sous-cutanés du cuir chevelu, du tronc ; il peut être la première étape de l’ostéomyélite aiguë (3).
La durée de chaque pustule est éphémère, mais les
(1) Société clinique, 1887.
(2) Société médicale des Hôpitaux, 1891.
(3) G. huprey. L'impéligo et ses localisations chez l’enfant (Thèse de Paris, 1891).
TRAITÉ DES MALADIES DE l’EM-'ANCE
croûtes persistent plusieurs semaines. Après leur chute spontanée ou provoquée, elles laissent des taches vineuses, des macules pigmentées, qui disparaissent à la longue.
Chez une petite mulâtresse, j’ai vu l’impétigo laisser des taches indélébiles.
La maladie ne laisse aucune cicatrice, à moins que des grattages énergiques n’aient provoqué de véritables ulcérations.
Le pronostic de Vimpéligo contagiosa est bénin ; mais n’oublions pas qu’il peut se compliquer de kératite, d’abcès, d’érysipèle, d’ostéomyélite.
Diagnostic. — L’évolution cyclique des pustules d’impétigo permet de les distinguer de Y eczéma; l’erreur cependant est possible quand on se trouve en présence dq placards croûteux, sans élément jeune. L’auto-inoculation pourra servir de pierre de touche.
Dans Yeclhyma.^ les pustules sont plus profondes, elles sont entourées d’une base rouge et indurée, inilammatoire. Le pemphigus, dont les bulles sont plus grosses, présente quelquefois des analogies avec l’impétigo, mais il n’est pas inoculable. V herpès se présente avec des groupes de petites vésicules qui se dessèchent ensuite pour former des croûtes ; c’est à cette période terminale que l’erreur est possible ; mais il n’y a pas de dissémination ultérieure. J’ai vu un enfant de dix mois dont le visage, couvert de petites croûtes arrondies et isolées, faisait songer à la uano/e; mais la mère portait sur le nez, les doigts, des pustules et des croûtes d’impétigo, sources de la contagion. Il n’en est pas moins vrai que la variole, à la période de dessiccation, simule parfois Yimpéligo contagiosa.
Traitement. — On coupera les cheveux, si l’impétigo siège à la tête, on appliquera un cataplasme d’amidon