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est généralement moins grave que chez l’adulte. Les causes' sont multiples. Une irritation cutanée (poux^ grattages, malpropreté), une mauvaise alimentation (allaitement artificiel, boissons alcooliques, irritantes), peuvent engendrer les eczémas.
On voit des enfants en apparence bien nourris, c’està-dire allaités par leur mère ou par une nourrice, présenter de l’eczéma.
Cela tient tantôt à la trop grande fréquence des tetées, tantôt à la mauvaise qualité du lait (lait trop vieux ou impropre au nourrisson), tantôt au régime de la nourrice (abus des alcooliques, des épices, etc.).
Dans tous ces cas, l’eczéma semble traduire une véritable intoxication de l’enfant.
L’auto-intoxication joue un grand rôle dans les eczémas qui accompagnent le rachitisme, la dyspepsie infantile, la dilatation de l’estomac.
La dentition, qu’on a invoquée, ne me paraît pas jouer un rôle appréciable.
Les états diathésiques, l’arthritisme, la scrofule, ont une influence mieux établie ; l’eczéma est souvent héréditaire, et j’ai vu des mères eczémateuses ou psoriasiques me présenter des enfants atteints d’eczéma.
L’eczéma des scrofuleux apparaît surtout dans la seconde enfance ; il siège surtout au niveau des oreilles, autour des narines, de la bouche, des yeux. Il se complique souvent d’otorrhée, de blépharite glandulo-ciliaire, de kérato-conjonctivite, d’adénites chroniques, d’abcès froids, d’écrouelles.
La rougeole laisse souvent à sa suite des eczémas rebelles de la face ; j’en dirai autant de la vaccine, qui, chez un enfant en puissance d’eczéma, peut être le point de départ d’une poussée quelquefois générale.
traité des maladies de l’enfance
D’après Unna, l’eczéma séborrhéique et même les autres variétés d’eczéma seraient parasitaires.
L’eczéma des enlants est vulgairement désigné sous le nom de gourmes, \\enx mot qui englobait autrefois toutes les dermopathies du jeune âge et qui ne mérite pas d'être conservé.
Sym.ptômes. L’eczéma infantile est presque toujours suintant et humide, et forme des croûtes épaisses, jaunâtres, analogues à celles de l’impétigo, d’où le nom d’eczéma impétigineax souvent employé.
Le siège habituel de l’eczéma des enfants est la face et le cuir chevelu ; â la face, l’eczéma affectionne surtout les joues, les lèvres, les narines, les oreilles et particulièrement le sillon qui sépare le pavillon auriculaire de l’apophyse mastoïde. Après la face, viennent le cou, les parties génitales, les membres et enfin le tronc. 11 n’est pas rare de voir, chez les enfants à la mamelle, un eczéma généralisé, avec érythème d(> toute la surface cutanée ; cette forme est fréquente chez les enfants au biberon, aussi bien chez les gras que chez les maigres {eczéma ruhrum).
Ordinairement, l’eczéma n’est pas aussi étendu, il se limite à la face, qu’il recouvre parfois d’un masque épais, sillonné par des grattages, souillé de sang et de pus. L’eczéma, en efi'et, est souvent très prurigineu.x. J’ai vu parfois les poussées eczémateuses remplacées par des accès de dyspnée, avec bronchite sibilante.
11 y avait un véritable balancement entre l’eczéma et la bronchite ; quand celle-ci se calmait, l’eczéma se développait, et inversement. On a vu aussi des métastases du côté du cerveau (convulsions), du côté des reins (néphrite avec albuminurie). 11 faut, en pareil cas, se garder de traiter trop radicalement la dermatose et procéder avec prudence, pour éviter do fâcheuses
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métastases. Il semble, chez ces enfants, que l’eczéma soit un exutoire à respecter. Avant de fermer cette soupape de sûreté, il faut chercher à tarir la source' des poisons qui paraissent s’éliminer par la peau. C’est le tube digestif qu’il faut viser.
Il n’est pas rare de voir l’eczéma s’accompagner de diarrhée ou coïncider avec une constipation opiniâtre.
L’eczéma provoque souvent l’inllammation des ganglions voisins, et les adéno-phlegmons sous-maxillaires et cervicaux viennent compliquer les eczémas de la face, surtout quand ils ont été irrités par les grattages. On voit quelquefois des éruptions pustuleuses, papuleuses (eczéma lichénoïde), furonculeuses, accompagner l’eczéma.
Parmi les autres complications de l’eczéma, il faut signaler les blépharo-conjonctivites, les kératites, les otorrhées, les coryzas, les inllammations des lèvres avec hypertrophie de la lèvre supérieure. Outre l’hypertrophie de la lèvre supérieure d’origine eczémateuse, il existe un eczérha du bord libre des lèvres et des commissures, caractérisé par des squames, des fissures saignantes et un gonflement insolite des parties sousjacentes. 11 y a une blépharite eczémateuse, un coryza eczémateux, une otorrhée eczémateuse, etc. M. Besnier considère la desquamation linguale comme un eczéma en aires.
Cliniquement, on peut distinguer : 1“ un eczéma sec, qui siège surtout à la face, aux joues, au menton, qui s’observe dans la seconde enfance et donne lieu à une desquamation pityriasiforme ; 2“ un eczéma suintant, •croûteux, impétigineux, plus fréquent chez les enfants du premier âge, et simulant Vimpétigo contagiosa avec lequel, du reste, il n’a rien de commun • 3° un eczéma séborrhéique, qui occupe surtout les sourcils, le
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eA'FANCE
front, les oreilles, le cuir chevelu, et se présente aussi sous forme de croûtes jaunes, épaisses, ^graisseuses ; 4" un eczéma pédiculaire, qui siège au cuir chevelu et forme des croûtes qui adhèrent aux cheveux {impétigo granulata) ; cet eczéma s’accompagne d’adénopathies cervicales postérieures, souvent abcédôes.
L’eczéma infantile est plus souvent aigu que chronique, mais les récidives sont fréquentes. L’eczéma aigu, accidentel, disparaît en quelques jours, avec un traitement approprié. L’eczéma chronique, constitutionnel, plus rare d’ailleurs chez les enfants que chez les adultes, est très rebelle et dure parfois plusieurs années, avec des rémissions plus ou moins longues.
L’eczéma localisé à l’oreille, au lobule ou au sillon rétro-auriculaire, est parfois tenace et désespérant. On voit, à la suite de la perforation du lobule (boucle d’oreille), un eczéma impétigineux s’emparer de celte région et déterminer parfois la section complète du lobule (Constantin Paul). Cet accident s’observe chez les enfants scrofuleux.
En général, la guérison de l’eczéma s’obtient plus facilement chez les enfants que chez les adultes.
Diagnostic. — Le diagnostic est facile ; le psoriasis, d’ailleurs rare, se distingue par ses squames nacrées, par ses placards discrets, occupant surtout le pourtour des genoux et des coudes. \J impétigo contagiosa diffère essentiellement de l’eczéma, quoiqu’il affecte souvent la même localisation et la même forme. Il a toujours une marche aiguë, il est formé par des pustules qui se terminent par des croûtes jaunes, épaisses, disposées en îlots sur la face, donnant lieu à des auto-inoculations, etc.
La miliaire présente des éléments vésiculeux éphémères, qui ne laissent aucune trace (eczéma sudoral).