‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 140 sur 145 · GALE · texte numérisé non relu

GALE

peut atteindre les nouveau-nés et les enfants à la niannelle 5 la contagion frappe tout le monde, sans jamais rencontrer d^organismes réfractaiies. Il faut, en général, un contact direct et prolongé (communauté de lit) pour la transmission de la gale. Le parasite de la gale est un petit insecte, qui est à la limite des objets visibles à l’œil nu (1/3 à 1/3 de millimètre) ; il a la forme d’une tortue, dont la surface serait striée et hérissée de poils ; la tête ou rostre se présente comme un bourgeon arrondi 5 on compte quatre paires de pattes, terminées par une ventouse | chez le mâle, la troisième paire n’a pas de ventouses, et chez la femelle, qui est plus grosse que le mâle, les deux paires postérieures sont terminées par des poils. L’œuf, vu par transparence dans le corps de la femelle, a 1/7 de millimètre de long, il donne une larve à trois paires de pattes ; les mâles sont plus rares que les femelles.

Au moment de la ponte, la femelle se creuse un sillon- sous l’épiderme, une galerie dans laquelle elle dépose ses œufs ; elle ne peut plus reculer et meurt au fond du tunnel qu’elle s’est creusé. Chaque sillon, rectiligne ou sinueux, a de quelques millimètres à 2 centimètres de long. La surface saillante des sillons est ponctuée et le fond fait une petite bosselure dans laquelle on peut, avec une pointe d’épingle, aller chercher le parasite. Des lésions variées s’observent secondairement : prurigo, eczéma, impétigo, ecthyma, lymphangite, abcès, etc.

Symptômes. — Pendant les premiers jours, aucun symptôme ; au bout de sept à huit jours, les démangeaisons commencent, surtout la nuit. On examine les mains, la face antérieure des poignets, les pieds, les organes génitaux, les seins et la paroi antérieure de l’aisselle, c’est-à-dire les lieux d’élection du sarcopte.

TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE

La face est respectée. On rencontre alors les sillons caractéristiques décrits plus haut, avec des lésions de grattage plus ou moins étendues.

Ces lésions secondaires sont très abondantes et très exubérantes chez beaucoup d’enfants; on trouve des papules excoriées (prurigo), des pustules d’ecthyma, des bulles pemphigoïdes, des eczémas impétigineux formant des croûtes épaisses autour des poignets, sur les mains. On trouve aussi des plaques d’urticaire, des fissures, des traînées de lymphangite, des adénites ; en un mot, éruption violente et polymorphe.

Diagnostic. — Le polymorphisme des lésions précédentes, rapproché de leur lieu d’élection, doit faire soupçonner la gale, quel que soit l’âge de l’enfant; l’intégrité de la face confirme ce diagnostic.

Enfin, si la mère ou la nourrice, les frères ou sœurs, les autres membres de la famille présentent une éruption prurigineuse, la certitude est presque absolue. Cependant,le prurigo de Hébra est polymorphe et prurigineux au suprême degré ; les poux donnent aussi des éruptions polymorphes ; dans les cas douteux, la recherche du parasite s’impose et le diagnostic de gale ne sera affirmé qu’en présence d’un sillon caractéristique.

Le pronostic n’est pas grave, car la destruction de l’agent pathogène est facile ; cependant, l’intensité des lésions accessoires peut entraver la guérison et la retarder.

Traitement. — On passera les vêtements et les objets de literie à l’étuve à vapeur ou à la soufreuse. Si l’enfant est déjà grand, on le soumettra à \d. frotte Aq Saint- Louis (bains, frictions au savon noir, pommade d’Helmerich). Si f enfant est jeune, il suffira de frictionner le corps avec l’onguent styrax pur ou coupé d’huile d’olive ou d’amande douce.

POUX, PÉDICULOSE, PUTniRIASE 040

On peut se servir du savon de M. Constantin Paul ;

Savon de Marseille

Pétrole

Alcool à 90°

Cire

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O. — POUX, PÉDICULOSE, PHTHIRIASE.

Nous décrirons , sous le nom de pédiculose ou phthiriase, l’ensemble des lésions cutanées produites par les poux. Il y a trois espèces de poux:

1“ Le pou du pubis on Phthh'ius inguinalis (morpion), qui appartient surtout à l’âge adulte et occupe les régions pileuses qui avoisinent les organes génitaux ; c’est à lui que sont dues les taches bleues ou ombrées. Des recherches récentes ont montré que le pou du pubis pouvait atteindre les entants à la mamelle ; il siège, chez eux, sur la tête, et particulièrement sur les cils, et sa présence peut occasionner une blépharite rebelle (1).

On traitera cette blépharite parles pommades mercu-, rielles, précipité rouge ou jaune à 1/40.

2® Le pou du corps [Pediculus vestimentorum), plus grand que le pou de tête, et qui se rencontre plus souvent chez les adultes et les vieillards que chez les enfants. C’est le pou des vagabonds, des misérables qui couchent dehors, sous les pontSj etc.

d® Le pou de tête [Pediculus capitis) est essentiellement le pou des enfants ; je vais étudier ses conséquences morbides.

(1) .liillieii (Société de Dermatologie, 10 décembre 1891, 10 mars 1892). Trouessart (Académie des sciences, 20 décembre 1892).

Etiologie. — Les poux se rencontrent surtout chez les enfants pauvres, mal tenus, malpropres. Il existe encore des mères qui croient à la vertu préservatrice des poux de tête et qui ne font rien pour en débari’asser leurs enfants. Incurie, malpropreté, ignorance, misère, telles sont les causes de la pédiculose infantile. La contagion se fait aisément dans les familles nombreuses, les écoles, les asiles.

Le pou de tète est un insecte aptère, de 1 à 2 millimètres de long, muni d’un rostre et de mandibules. Il dépose ses œufs ou lentes sur les cheveux, auxquels ils adhèrent intimement; on peut en trouver plusieurs sur le même poil, qui prend la forme d’un chapelet.

Symptômes. — Les effets sont variables suivant la quantité de parasites, la quantité de cheveux, la pro- ]ireté des enfants, leur tempérament, etc.

Beaucoup d’enfants, assez bien tenus, peignés, lavés tous les jours, n’ont que quelques poux, sans éruption, et tout se borne à des démangeaisons supportables. A l’examen direct, on aperçoit quelques lentes collées aux cheveux, sans lésion du cuir chevelu.

D’autres enfants, et ils sont nombreux, ont des éruptions multiples et diverses.

Ce sont des lésions de grattage, excoriations et fissures saignantes de la tête, croûtes impétigineuses disséminées ou confluentes, faisant adhérer les cheveux. Quelquefois, les croûtes sont sèches, fragmentées, formant des grains collés aux cheveux {impétigo granulata). Au milieu de cet impétigo g7'anulata, on distingue des multitudes de lentes et on voit grouiller les poux.

A la nuque, on constate des lésions de grattage, du prurigo, qui descend parfois sur le dos, entre les omoplates; le siège seul de ce prurigo doit faire soupçonner les poux. Souvent, on constate la piésence

% POUX, PÉDICULOSE, J'IlTillUIASE

d’impétigo aigu, en placards disséminés sur la tète, la nuque, la face, les membres, etc. C’est Vimpeligo contagiosa, provoqué par les poux, qui, en entamant la peau, ont ouvert la porte au microbe pathogène (staphylocoque).

Secondairement, les lésions prurigineuses, eczémateuses, impétigineuses du cuir chevelu déterminent des lymphangites et des adénites qui peuvent suppurer. Avant toute suppuration, on constate habituellement, chez les enfants pouilleux, la présence de nombreux ganglions cervicaux, petits, durs, arrondis, mobiles, siégeant de chaque côté, derrière les sterno-mastoidiens.

On trouve aussi des abcès du cuir chevelu, et des adéno-phlegmons du cou. J’ai vu un phlegmon susclaviculaire étendu d’origine pédiculaire. Les furoncles, les anthrax, les pustules d’ecthyma ne sont pas rares.

Consécutivement, on peut avoir des cicatrices indélébiles de la nuque, de la face; j’ai rencontré souvent une pigmentation persistante de la nuque, rappelant la syphilide pigmentaire.

Les complications assombrissent le pronostic de la pédiculose, qui d’ailleurs par elle-même est quelquefois très rebelle et d’une curation difficile.

Traitement. — La propreté, le port de cheveux courts chez les garçons, résument la prophylaxie. Il est très facile de tuer les poux avec une solution de sublimé à 1 pour 500, avec l’onguent gris, la poudre de pyrèthre, avec l’alcool camphré. Mais les lentes ne sont pas attaquées. On les détachera avec le vinaigre chaud et le peigne fin.

Chez les garçons, le traitement sera facile après la coupe des cheveux.

A Copenhague, on se sert de la solution suivante :

Vinaigre 300 grammes.

Sublimé 1 —

On traitera les complications avec une pommade horiquée ou salolée àl pour 10.

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