‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 42 sur 145 · A. — DYSPEPSIE DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

A. — DYSPEPSIE DES NOURRISSONS

Étiologie. — Quand un enfant bien constitué et venu à terme jouit de l’allaitement naturel, il ne présente ({ue très exceptionnellement des troubles digestifs. fSi la nourrice a beaucoup de lait, si les tetées sont trop abondantes ou trop rapprochées, on pourra observer des ébauches à’ indigestion, des vomissements ou régur-

dyspepsie des nourrissons

qilations de lait caillé, des coliques et de la diarrhée ; mais ces accidents n’auront qu’un faible retentissement sur la santé de l’enfant, et il suffira, pour y mettre un terme, de réduire la durée et le nombre des tetées.

Cependant, le lait d’une nourrice quelconque, malade ou saine, peut convenir a tel enfant et ne pas convenir à tel autre. Dans ce cas, le seul remède à la dyspepsie du nourrisson est le changement de nourrice; on voit parfois des nouveau-nés passer par trois, quatre ou ciii([ nourrices avant de trouver la bonne.

Le retour prématuré des règles d’une nourrice peut nuire à l’enfant ; toutefois, l’apparition des menstrues n’est pas une contre-indication formelle à l’allaitement. Les excès de toute sorte, l’abus des spiritueux, l’usage d’aliments malsains ou indigestes, de la part des nourrices, peuvent donner aux nourrissons des vomissements et de la diarrhée (1).

Parfois, la cause de la dyspepsie, de l’anorexie, se trouvera dans la claustration trop étroite, trop absolue; les promenades régulières triompheront du mal.

Quand l’allaitement naturel est exclusif et bien réglé, quand l’hygiène est bien comprise, la dyspepsie est accidentelle et ne va jamais loin.

La véritable, la grande cause de la dyspepsie des nourrissons est dans l’allaitement artificiel ou mixte, dans l’alimentation prématurée, dans le sevrage précoce, en un mot dans V alimentation vicieuse.

A Leicester, sur 341 enfants dyspeptiques, 2 p. lOÜ seulement étaient allaités par leur mère (2).

(1) Aux Enfants-Assistés, on voit très souvent des nourrissons être pris de dyspepsie aiguë, quand la nourrice présente des troubles digestifs d’origine alimentaire (choux altérés). Cette diarrhée est connue sous larubrique : diarrhée de chou (Lesage).

(2) Ballard {British méd. Assoc., 1883).

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Vous donnez à un nouveau-né, au lieu du lait féminin, un lait d’animal qui en diffère chimiquement ; d’autre part, vous donnez ce lait imparfait en quantité surabondante, vous l’altérez par des coupages plus ou moins rationnels, vous le conservez dans des vases plus ou moins propres, au contact de l’air et de tous les germes qui peuvent le souiller, vous y ajoutez souvent des féculents et des aliments variés ; la dyspepsie est eir quelque sorte fatale.

Sans parler des ferments pathogènes ou autres^ il y a deux facteurs de dyspepsie qui agissent constamment en pareil cas : 1® un facteur chimique, les aliments ayant une composition très différente de celle que présente le lait féminin ; 2® un facteur mécanique, l’alimentation artificielle péchant encore plus par la quantité que par la qualité.

Or, la capacité de l’estomac est très petite dans le jeune âge ; à la naissance, elle n’atteint pas 50 centimètres cubes, elle ne dépasse pas 100 à un mois, 250 à cinq mois, 400 à neuf mois. On ne connaît pas assez ces chiffres et l’on abuse sans cesse de la dilatabilité d’un organe très délicat, qui exige les plus grands ménagements. Les abus alimentaires dont les nourrissons sont victimes ont pour effet immédiat la production de fermentations anormales, la mise en liberté de substances toxiques, d’acides lactique et butyrique qui agissent à la manière de véritables poisons.

Si l’on en croit un médecin américain, Vaughan,ilse développerait même, en dehors de l’estomac, sous l’influence de la chaleur, dans le lait des biberons, une ptomaïne redoutable, qu’il a nommée tyroloxine, et qui se présenterait sous la forme de longues aiguilles cristallines, Ce produit n’a pas été retrouvé en Europe ; il n’en est pas moins certain que la plupart des dys-

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