‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 43 sur 145 · DYSPEPSIE DES NOURRISSONS · texte numérisé non relu

DYSPEPSIE DES NOURRISSONS

pepsies infantiles réalisent une véritable auto-intoxication.

Symptômes. — Les nourrissons soumis à l’alimentation artificielle ne tardent pas à présenter des vomissements, de la diarrhée, parfois des convulsions, des érythèmes, du muguet, etc.

Je ne reviendrai pas sur les accidents décrits à propos de l’athrepsie, et je m’en tiendrai aux troubles purement dyspeptiques.

Je suppose, en effet, que l’enfant résiste tant bien que mal au régime défectueux qui lui est infligé, et je n’exposerai pas en détail toutes les conséquences, toutes les complications de l’abus alimentaire. Je m’en tiendrai à la dyspepsie, c’est-à-dire au syndrome dont l’estomac est le principal substratum anatomique.

Or, parmi les symptômes de la dyspepsie infantile, les vomissements sont au premier rang. L’estomac, distendu par des aliments trop abondants ou indigestes, se révolte et s’exonère à différents intervalles, et l’enfant rend sans effort, par régurgitation, des caillots de lait, des résidus alimentaires, des glaires quelquefois colorées par la bile, et exceptionnellement des stries' sanguinolentes.

Ces vomissements, souvent précédés de hoquets ou d’éructations, sont acides et exhalent une odeur âcre et désagréable.

Le ventre est météorisé et l’enfant accuse, par ses cris et par ses mouvements, des douleurs abdominales, des coliques, qui tantôt coïncident avec une constipation opiniâtre et tantôt s’accompagnent de diarrhée.

La dyspepsie, qui naît dans l’estomac, peut s’y cantonner, ou se propager à l’intestin et devenir gastrointestinale. Quand il y a diarrhée, on note la présence, dans les selles, de grumeaux de lait, de matières non

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digérées, mêlées à un liquide jaune ou verdâtre, souvent fétide. Il y a à la fois lientérie et flux de bile.

On peut parfois obtenir le bruit de clapotage, en percutant la région épigastrique.

L’estomac surchargé sans raison finit par se dilater, mais cette dilatation de l’estomac est moins accusée et moins nette que dans la seconde enfance.

Lesage [Revue de médecine, 1887-88) a trouvé la dilatation de l’estomac trois fois sur six autopsies d’enfants dyspeptiques ; il a vu des enfants ayant du clapotage sans dilatation de l’estomac ; ce bruit avait alors pour siège le côlon.

Des accidents réflexes d’une haute gravité peuvent résulter de la dyspepsie des nourrissons . J’ai dit accidents réflexes, je devrais peut-être dire accidenta toxiques.

Mais, réserve faite d’une pathogénie qui n’est pas encore bien connue, je citerai le spasme de la glotte, les convulsions, les étouffements (asthme dyspeptique), les bronchites, les dermatoses, etc. Parmi ces accidents, les uns peuvent être rapidement mortels (spasme de la glotte, convulsions), les autres sont tenaces et inquiétants.

Les enfants mal nourris et dyspeptiques sont particulièrement vulnérables; ils toussent, ils présentent des sibilances dans la poitrine et ils succombent parfois à la broncho-pneumonie. L’érythème des fesses est très commun chez eux ; l’eczéma impétigineux de la face, l’urticaire, le strophulus, ne sont pas moins fréquents.

Ces complications de l’état dyspeptique des nouveaunés ne sont pas les seules; je rappellerai l’athrepsie, les diarrhées infectieuses toujours imminentes, et enfin le rachitisme, qui menace tous ceux que n’ont pas enlevés les accidents précédents.

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