C. — LE MÉLŒNA
On dit qu’il y a mélœna quand les selles contiennent du sang pur, ou mélangé aux matières, ou altéré par un séjour plus ou moins prolongé dans l’intestin. Si le sang est pur, il est rouge et liquide; s’il est altéré, il est poisseux, noirâtre ou semblable à du goudron.
Éliotogie. — On doit distinguer entre le mélœna des nouveau-nés et le mélœna des enfants plus âgés.
Chez ces derniers, le mélœna n’est pas rare, et il provient généralement d’une congestion de la muqueuse du gros intestin, allant jusqu’à la rupture vasculaire. 11 s’observe dans la diarrhée comme dans la constipation. C’est une complication de ces états morbides.
Chez les nouveau-nés, la cause n’est pas la même; et d’abord, au point de vue de la fréquence, on note que le mélœna s’observe environ une fois sur mille enfants (1). L’hémorrhagie peut être vraie (sang venant de l’estomac ou de l’intestin) ou fausse (sang venant du mamelon delà mère ou de la bouche de l’enfant). Dans ce dernier cas, il y a ingestion de sang par le nouveau-né, et le mélœna qui en résulte est dit mélœna spuria.
Le début de l’hémorrhagie appartient aux premiers
(1) Dusser, Des hémorrhagies gastro-intestinales chez les nouveau-^és (Thèse de Paris, I890J.
LE MÉLOENA
jours de ]ca vie, les trois premiers ; il peut être retardé jusqu’au huitième, au quinzième. L’hémorrhagie succède à l’expulsion du méconium et ne la précède que très rarement.
L’hémorrhagie dépend quelquefois d’un ulcère de l’estomac ou du duodénum, et le mélœna peut s’accompagner d’hématémèse (Billard, Cruveilhier). Mais l’autopsie ne révèle pas toujours la source des hémorrhagies, et l’on invoque alors un tempérament morbide héréditaire ou inné, une diathèse hémorrhagique, qui expliquerait les flux sanguins, intestinaux, stomacaux, ombilicaux, observés chez quelques nouveau-nés. On a pu quelquefois rattacher le mélœna à l’asphyxie et aux congestions viscérales qui en résultent.
L’hémophilie se retrouve quelquefois chez les ascendants, et la syphilis aussi. Klebs invoque la septicémie et déclare avoir trouvé des bactéries dans le sang des nouveau-nés morts de mélœna. On a incriminé la ligature hâtive comme la ligature tardhœ du cordon.
Dans quelques cas, la variole, dans d’autres l’athrepsie ont pu causer l’hémorrhagie. Landau suppose une thrombose de la veine ombilicale ou du canal artériel, d’où embolie dans les artérioles intestinales, production d’ulcères et hémorrhagies.
Anatomie pathologique. — Sur 25 autopsies (Thèse de Dusser), 11 fois il n’y avait pas de lésions, 4 fois il y avait une ulcération du duodénum, et 9 fois un ou plusieurs ulcères de l’estomac. Ces ulcères ou ulcérations étaient arrondis, superficiels, peu térébrants.
On peut donc affirmer que la cause la plus fréquente des hémorrhagies gastro-intestinales, du mélœna des nouveau-nés, est l’ulcération de la muqueuse stomacale ou duodénale. Dans tous les cas suivis d’autopsie, on a
•ibO TRAITIC DKS MALADIES DE l’eNFAMIE
noie, ce qui n’esl jias surprenant, ranéniie «les viscères. Hulil et Sieiner ont parlé de dégénérescence graisseuse aiguë des vaisseaux, mais ce n’est là qu’une hypothèse.
Symplômes. — Chez le nouveau-né, le mélœna a un début variable, mais généralement soudain et imprévu. Tantôt, le faciès de l’enfant annonce, par sa pâleur, la perte abondante de sang qu’il subit ; tantôt, il n’exprime rien et l’on ne s’aperçoit de l’hémorrbagie qu’en changeant les langes.
Ces variations dépendent de l’abondance du mélœna. Si l’enfant conserve ses couleurs et son faciès habituel, c’est qu’il a perdu peu de sang. Quand la perte est abondante, on voit la face pâlir, l’enfant s’agiter, se convulser, faire des efforts de vomissements ; les muqueuses sont décolorées, les extrémités froides, le pouls devient filiforme, la respiration est pénible et inégale, la peau prend une teinte cireuse, le cri s’éteint, la température s’abaisse; le ventre reste souple. Sur 76 cas, on a vu le mélœna exister seul 35 fois, l’héma-
émèse seule 11 fois, les deux ensendjlc 30 fois.
Le sang est tantôt rouge et liquide, tantôt et plus souvent noirâtre, mêlé de caillots. Quand il est poisseux, goudronneux, on peut le confondre avec le méconium, qui lui est parfois associé. L’écoulement de sang se répète pendant nn, deux ou trois jours, et parfois davantage.
En même tem[)S que le mélœna et l’hématémèse, on a vn le sang s’écouler par la plaie ombilicale. On peut voir l’iclère accompagner ces hémorrhagies.
Alors l’enfant ne peut résister à ces pertes multiples et répétées, il perd rapidement en poids, s alfaisse et meurt dans le coma. La durée de la maladie, qu elle aboutisse à la guérison ou â la morl, n’excède jias
LE MÉLCCNA
une semaine. La convalescence est toujours lente et pénible.
Dans la seconde enfance, le mélœna ne se présente pas avec les mêmes caractères de soudaineté et de gravité ; il ne s’accompagne pas d’héraatémèse. Un enfant atteint depuis un temps plus ou moins long d’entérite, de diarrhée chronique, rend du sang pur avec ses garde-robes. Ce sang, généralement peu abondant, borné parfois à quelques stries rouges, est plus ou moins intimement mélangé avec les matières ; ou bien c’est à la suite d’une constipation opiniâtre que le sang est rendu, ou bien c’est dans le cours d’une diarrhée aiguë.
Dans cette variété de mélœna, la quantité de sang est modérée et la vie n’est ])as compromise du fait de riiémorrhagie. Pour ne pas sortir des maladies de l’intestin, je n’étudierai pas les autres variétés de mélœna (purpura hémorrhagique, fièvres hémorrhagiques, etc.).
Pronostic. — Chez tes nouveau-nés, le mélœna est très grave et la mortalité n’est pas inférieure à 50 p. 100. Sur 78 cas, il y a eu35 guérisons et 43 morts ; plus tard, le pronostic du mélœna est lié à celui de la maladie intestinale initiale, et la présence du sang dans les selles n’implique pas une terminaison fâcheuse. J’ai vu cédei facilement la plupart des entérites hémorrhagiques que j’ai observées.
Rillict a vu deux jumeaux, atteints de mélœna grave dans les premiers jours de leur naissance, guérir contre toute prévision ; le premier n’avait que du mélœna, le second avait du mélœna et deshématémèses.
Diagnostic. — Reconnaître la présence du sang dans les garde-robes est une chose facile; mais il importe de savoir d’où vient le mélœna. Or, quelquefois le sang
peut avoir été dégluti par le nouveau-né, soit qu’il vienne d’une épistaxis, soit qu’il provienne même d’une crevasse au sein de la nourrice. Il faudra donc examiner avec soin ces sources d’hémorrhagie extrinsèque et ne pas oublier la bouche de l’enfant qui pourrait être le siège d’une plaie saignante (section du frein de la langue).
'I raitement. — On agira contre le mélœna des nouveau-nés à l’aide du 'pe.rchlorure de fer (5 gouttes dans de l’eau sucrée), de Vergotine (oO centigrammes dans une potion sucrée de 40 grammes) 5 on donnera la glace à l’intérieur, le cognac (5 à 10 grammes par jour dans un peu de lait). On frictionnera l’enfant avec l’essence de térébenthine, on le réchaulîera, on le mettra dans la couveuse. Si ces moyens échouent, on aura recours aux injections d’ergotine.
Contre l’hémorrhagie des enfants plus âgés, on donnera les lavements astringents (2 à 4 grammes d’extrait de ratanhia) et l’on traitera la diarrhée.
D. — LA TYPHLITE, LA PÉRITYPHLITE, l’aPPENDICITE.
L’inflammation de la partie initiale du gros intestin se ■ confond aujourd’hui avec l’inflammation de ses annexes, et en particulier de l’appendice vermiculaire. Grâce aux laparotomies exploratrices et curatives, grâce aux autopsies bien faites, on a pu s’assurer que l’appendice était primitivement en cause dans l’immense majorité des cas et que les accidents dérivaient de son ulcération et de sa perforation par des corps étrangers (1).
(1) Maurin, Thèse de Paris, 1890. — Talamon, Médecine moderne, 19 juin 1890.
LA TYPIILITE, LA PÉRITYPHLITE, l’aPPENDICITE 463
Étiologie. — La typlilite, exceptionnelle clans la première enfance, est une maladie de la seconde enfance, et les causes en sont variées. Au-dessous de cinq ans, la maladie est rare, elle devient de plus en plus fréquente à partir de cet âge, jusqu’à quinze ans. D’après Balzer (1), Blatin (2), c’est surtout après dix ans que la maladie est commune. Les garçons sont atteints plus souvent que les filles.
Sur 136 observations avec autopsie, analysées par Maurin, on trouve 18 enfants de dix à quinze ans et 4 seulement au-dessous de dix ans. Sur les 136 cas, l’appendice était lésé seul 94 fois, le cæcum seul 36 fois, les deux ensemble 6 fois.
La constipation habituelle est une cause prédisposante, l’engorgement stercoral du cæcum est indéniable, mais peut-il produire la typhlite, comme le voulait Albers (de Bonn) et doit-on continuer à décrire une typhlite stercorale ? Cela est douteux.
L’accumulation des matières durcies n’enflamme pas plus le cæcum qu’elle n’enflamme l’S iliaque, mais elle favorise l’appendicite et permet à des fragments de fèces de s’introduire dans la cavité de l’appendice. On trouve 261 cas de boulettes fécales pour 59 autres corps étrangers de cet appendice (Talamon).
Après les scybales, les corps étrangers rencontrés le plus souvent sont les noyaux ou pépins de fruits, que les enfants se font un plaisir d’ingérer (cerises, prunes, raisins). Rilliet et Barthez ont compté dans un cas cent cinquante noyaux de cerise.
Ces corps étrangers ulcèrent l’appendice, le perforent et donnent lieu à la périlyphlite.
Cependant, le cæcum peut être atteint isolément par
(1) Gazette médicale de Paris, 187D.
(2) Thèse de Paris 1868.
TRAITÉ DES MALADIES DE l’EiNEANCE
des processus inflammaloires et ulcéreux, par la dysenterie, par la fièvre typhoïde, par la tuberculose. Une petite place dans l’étiologie de la typhlite doit être réservée au refroidissement, aux traumatismes du ventre, aux efforts violents, à l’accumulation des lombrics dans le cæcum.
Anatomie pathologique. — Les lésions de l’ampoule cœcale ne sont plus considérées aujourd’hui comme les plus intéressantes ; cependant, il faut noter que cet organe est dilaté, rempli parfois de scybales ou de corps étrangers, qu’il peut être ulcéré et même perforé, quoique ces lésions soient plus spéciales à l’appendice.
Parmi les corps étrangers, les uns viennent du dehors (pépins et noyaux de fruits, haricots, épingles, arêtes de poisson), les autres se sont formés dans l’intestin, ce sont les entérolithes, sortes de calculs constitués au centre par un noyau végétal, ou une boulette fécale, et h la périphérie par de la cholestérine ou des sels de chaux.
Tous ces corps étrangers, quels qu’ils soient, sont bien tolérés par le cæcum, ils ne deviennent dangereux que par leur pénétration dans l’appendice vermiculaire. Quand cette pénétration a eu lieu, l’appendice s’enflamme, se gonfle, s’ulcère, se nécrose et finalement se perfore. La perforation n’est pas toujours en regard du corps oblitérant et, d’après Talamon, le corps étranger agit plus souvent comme bouchon que comme agent perforant.
Les lésions secondaires sont : une péritonite généralisée, quand les adhérences n’ont pas pu se former autour du foyer initial ; une péritonite localisée, dans le cas contraire 5 un abcès sous-péritonéal. Lnfin, il peut y avoir une pyléphlébite suppurée, un abcès du foie consécutif. Ces complications sont très septiques et
LA TYrULITK. LA PKmTYI>lIL[TK, l/AI’l’K.NmClTE 465
leur virulence est due probablement au hacterium coU commune.
Symptômes. — Le signe physique principal de la lyphlilc est fourni par rcxamcn de la fosse iliaque droite, qui permet de constater la présence d’une tumeur, c’està-dire d’une masse dure, arrondie, plus ou moins adhérente aux parties profondes. Cette tumeur, tantôt bien limitée, formant un boudin vertical, tantôt confondue dans un empâtement diffus, est très douloureuse à la pression et mate à la percussion.
Cliniquement, il est impossible de distinguer la typhlite de l’appendicite : tout est confondu dans les mêmes signes. Quand le péritoine est envahi, des symptômes nouveaux apparaissent.
Le début est tantôt brusque, annoncé par des frissons, de la fièvre, des coliques, des vomissements alimentaires et bilieux ; tantôt précédé par des troubles intestinaux, par une constipation opiniâtre, par des alternatives de diarrhée et de constipation, par de l’anorexie, etc.
La douleur, localisée par le malade au niveau de la fosse iliaque droite, ne tarde pas à s’irradier vers les j)arties voisines; le ventre se ballonne et la palpation devient d’autant plus diflicile que l’enfant redoute toute pression et tout contact.
A ce moment, la constipation est absolue, l’enfant, couché sur le dos, se tient dans la position inclinée, les cuisses fléchies, pour relâcher sa paroi abdominale. Les vomissements du début peuvent persister plusieurs jours.
La langue est large, étalée et saburrale, quelquefois sèche; le pouls est fréquent, la fièvre assez vive
(59'’); le visage est pâle, le faciès exprime la souffrance.
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFAACE
La constipaliori persiste généralement après les autres symptômes.
Au bout de quelques jours, sous l’influence d’une médication appropriée, les soulfrances s’apaisent, et c’est alors qu’on peut palper la région et apprécier 1 existence, le volume et la forme de la tumeur cœcale. Cette tuméfaction persiste toujours plusieurs semaines, et quelquefois même après deux mois on sent encore un cordon dur, qui atteste son existence antéz'ieure.
Sous l’influence d’une fatigue, d’un écart de régime, la maladie peut récidiver, et pendant longtemps les enfants conservent un point faible qui les expose à des accidents.
Il y a des formes légères dont la durée totale ne dépasse pas huit jours, il y en a de moyennes qui durent quinze jours, et enfin on connaît des formes prolongées, à rechutes, dont la durée dépasse deux mois.
Cette évolution variable, mais naturelle en somme, peut être interrompue et troublée par les complications que je vais indiquer.
Le péritoine peut s’enflammer par voisinage ou à la suite d’une perforation du cæcum ou de son appendice, alors les accidents prennent une grande véhémence : vomissements répétés, hoquet, petitesse du pouls, redoublement de la fièvre, faciès hyppocratique, mort.
Quand la perforation s’est faite en arrière du cæcum, il y a une pérityphlite suppurée qui se traduit par une fièvre à recrudescences vespérales, par la flexion forcée de la cuisse droite indiquant la participation du psoas, par des fusées purulentes vers l’arcade de Fallope, ou même la paroi abdominale antérieure ; l’abcès peut sc faire jour ainsi à l’extérieur; ailleurs, il se vide dans la vessie, le rectum, le cæcum même.
LA TYPHLITE, LA PÉRITYPHLITE, l'APPENDICITE 467
Dans un cas (1), l’abcès se fit jour à l’épigastre, près de l’appendice xyphoïde, et l’enfant guérit. La péritonite est rarement généralisée, mais plus souvent limitée par des adhérences qui préviennent la mort.
Bernhard a vu un garçon de dix ans mourir d’abcès du foie, par pyléphlébite à point de départ cœcal (2).
Au poiut de vue des formes et des degrés de la maladie, Talamon distingue : une forme légère, colique appendiculaire, comparable à la colique hépatique; une appendicite simple, sans perforation, avec péritonite de voisinage,; une appendicite subaiguë, avec péritonite partielle ; une appendicite aiguë perforante, avec péritonite généralisée et mort.
Pronostic. — Le pronostic varie suivant les cas ; en général, il n’est pas très grave; la terminaison se fait par résolution ou par suppuration. L’abcès peut s’ouvrir dans l’intestin ou à l’extérieur. On doit craindre, pour l’avenir, la présence de brides, d’adhérences qui paralysent l’intestin et peuvent l’étrangler. La maladie est très sujette à récidive.
Diagnostic. — Un enfant se présente avec des signes de péritonite : vomissements, douleurs, ballonnement du ventre. Il faut soupçonner] une typhlite. Pour cela, on tiendra compte du siège où la douleur s’accuse avec le plus d’intensité, de la constipation antérieure, etc. La présence d’une tumeur iliaque coïncidant avec une constipation absolue peut encore faire songer à une occlusion intestinale, et en particulier à une invagination.
Or, dans cette dernière maladie, la constipation est absolue et ne peut être levée par les purgatifs les plus
(1) Labadie-Lagrave et Ayrolles {Revue mensuelle, 1883).
(2) Jahrb. j. Kind., 1886
TMAITK DES MALADIES DE l’EiNEAiNCE
énergiques; les vomisseinents sonl, incessants, fétides et enfin fécaloïdes. Cela suffit pour établir les distinctions dans la généralité des cas. Je passe sur le diagnostic de fièvre typhoïde qui pourrait être posé dans certains cas où il y a eu des prodromes, où la céphalalgie et l’insomnie existent, où Vépislaxis s’est montrée.
La marche seule de la maladie pourra lever les doutes, si l’exploration de la fosse iliaque droite est impossible ou négative.
Traitement. — Deux indications se présentent dans les cas simples: combattre la douleur et l’inflammation, lever l’obstacle au cours des matières. L’application de sangsues, loco dolenli, au nombre de six ou huit, l’usage de vésicatoires volants, de frictions mercurielles belladonées, de glace, de cataplasmes laudanisés, rempliront la première indication.
Quant à la seconde, elle commande l’usage, mais non l’abus, des purgatifs et des lavements; l’huile de ricin à la dose de 15 à 20 grammes, le calomel à la dose d(> .50 centigrammes, seront prescrits de préférence aux purgatifs salés. On pourra donner parfois l’opium et le chloral, à doses faibles.
S’il y a suppuration, il faut intervenir chirurgicalement. Quand il y a péritonite, on doit recourir à la laparotomie, si les moyens médicaux ne suffisent pas et si le danger est pressant. Quelquefois l’appendicite, la perforation appendiculaire simule l’étranglement nterne et veut être traitée comme lui (1).
(I) Jalaguier {Société de Chirurqie, 14 mai 1890).
COLITES ET DïSENTEniE
E. — COLITES ET DYSENTERIE.
Je ne décrirai pas ici la dysenterie épidémique, qui n’appartient pas à nos climats et que je n’ai jamais vne, mais seulement les inflammations du gros intestin et les dysenteries sporadiques que nous rencontrons très souvent chez les enfants pauvres de Paris.
Étiologie. — L’inllammation du gros intestin est fréquente dans l’enfance ; on l’observe avant la première année, mais surtout à partir de la seconde. L’allaitement artificiel ou mixte, l’usage prématuré des aliments solides, l’abus des liquides, en un mot toutes les infractions à l’hygiène alimentaire peuvent se traduire par une irritation plus ou moins vive du gros intestin. Dans la seconde enfance, les abus alimentaires, l’usage des fruits pas mûrs, des cerises avalées avec leur noyau, etc., provoquent souvent la colite.
La diarrhée est souvent à l’origine des colites dysentériformes, comme la constipation, et nous ne savons pas pourquoi les mêmes causes engendrent des effets si différents et pourquoi les mêmes abus alimentaires se traduisent chez tel enfant par de la diarrhée, chez • tel autre par de la constipation, chez tel autre enfin par de la dysenterie.
Il m’a semblé ([ue cette dernière forme était plus particulièrement liée à la dilatation de l’estomac et à l’abus des liquides.
Symptômes. — Les enfants, dyspeptiques depuis un temps plus ou moins long, souffrent du ventre, q.ui est ballonné, sensible à la pression, au niveau de la fosse iliaque gauche et sur le trajet du côlon ascendant. Puis surviennent gradueUement ou tout à coup des envies
TRAITÉ DES MALADIES DE l’ENFANCE
Iréquentes d’aller à la selle, accompagnées de brûlure à l’anus et de spasmes pénibles. Tantôt, l’enfant se met vingt ou trente fois par jour sur le vase, sans rendre une quantité appréciable de matière fécale ; il a des épreintes douloureuses sans évacuation. Tantôt, il rend du sang presque pur en quantité abondante. Ordinairement, les matières rendues sont très peu abondantes; 4 elles consistent en mucosités glaireuses, striées de sang, 0* ou bien en débris membraneux qui semblent formés par la desquamation de la muqueuse du gros intestin.
Outre les glaires et les membranes, on rencontre des ^ matières analogues à de la purée de viande crue, à de la raclure de chair, à des crachats sanguinolents. En somme, dans cette variété d’entérite, le mélœna tient toujours une large place.
Quand les enfants sont un peu grands (de deux à cinq ans), ils ne paraissent pas très atteints par leur mala- p die; ils continuent à marcher, ils conservent l’appétit, ils n’ont pas de fièvre, et, n’était la fréquence des besoins et la présence du sang dans les garde-robes, les parents ne s’inquiéteraient pas. j
Les apparences de cette côlite dysentériforme sont | donc bénignes, car elle n’intéresse qu’à un faible degré 4 l’état général du sujet. Elle ne semble pas résulter d’une infection véritable, mais tout au plus d’une | intoxication légère, suite de dyspepsie et d’indigestions ^ répétées. En effet, chez tous les enfants que j’ai vus, et ils sont nombreux, l’inflammation du gros intestin était une complication, un aboutissant de troubles digestifs antérieurs.
Diagnostic. — La fréquence insolite des selles, l’absence de diarrhée, la présence de sang, la douleur 1 provoquée par la pression sur le trajet du gros intestin,
COLITES ET DYSENTERIE
Ml
sont des caractères suffisants pour le diagnostic dilférentiel.
La dysenterie sporadique de nos climats n’a rien de commun avec la dysenterie épidémique, qui est une maladie infectieuse, atteignant profondément l’état général et entraînant des complications graves que je n’ai pas observées dans la colite dysentériforme des jeunes enfants. Celle-ci se distinguera donc de la dysenterie épidémique par l’atténuation de tous ses symptômes et par l’absence des conditions épidémiques générales.
P?'onoslic. — Le pronostic de la colite n’est pas grave, mais il est un peu assombri par la fréquence des récidives ; je n’ai pas vu cette alïection entraîner la mort; elle serait toutefois redoutable si elle sévissait sur une collectivité d’enfants alTaiblis ou malades (crèches, hospices et hôpitau.v), et elle indiquerait des mesures prophylactiques (isolement, antisepsie).
Anatomie pathologique. — Les lésions du gros intestin sont variables de forme, d’intensité, d’étendue. Tantôt, elles sont congestives, la muqueuse est rouge, tuméfiée, tapissée de mucosités adhérentes et sanguinolentes ; tantôt, elles sont véritablement ulcéreuses, il y a des pertes de substance arrondies, discrètes ou serpigineuses, entamant largement la muqueuse, séparant des lambeaux qui peuvent être expulsés, créant des solutions de continuité qui peuvent être la source d’hémorrhagies, de suppuration. On peut voir, dans les autopsies, ces ulcères recouverts de débris diphthéroïdes pseudo-membraneux. Ces lésions, observées dans les cas mortels, peuvent, quand elles guérissent, laisser à leur suite un rétrécissement de l’intestin. Elles peuvent se compliquer de perforation, d’abcès hépatique. Elles sont de nature à faire naître et à
TRAITli DES MALADIES DK l’enFAXCE
exaller la virulence du baclerium coli commune, et, à coup sûr, elles lui ouvrent la porte.
Traitement et prophylaxie. — La prophylaxie individuelle consiste à nourrir l’enfant d’une façon convenable et à écarter de son régime alimentaire les substances indigestes ou irritantes, les liqueurs fermentées, les boissons trop abondantes. Le traitement vise à soulager les douleurs, à supprimer les épreintes et le mélœna, à aseptiser l’intestin. On fera sur le ventre des onctions calmantes avec le baume tranquille, on appliquera des cataplasmes laudanisés, on donnera des bains de son ou d’amidon. Les lavements émollients (eau de guimauve, eau amidonnée) seront donnés matin et soir; pour les cas un peu graves, on prescrira des lavements antiseptiques au sublimé à 1 p. 5000 ou à l’acide borique à 4 p. 100. Les lavements à l’acétate de plomb (5 p. 1000) sont recommandés par M. Iténoch. Les lavements au nitrate d’argent à 1 p. 500 peuvent aussi rendre service.
Le régime lacté est le meilleur à prescrire; il sera continué jusqu’à la guérison et au delà; si la constipation est opiniâtre, on donnera l’huile de ricin (10 grammes) ou le calomel (30 centigrammes).
F. — INVAGINATION INTESTINALE.
De toutes les formes d’étranglement interne observées chez les enfants, l’invagination intestinale est la plus fré(iuente, et c’est la seule que je décrirai.
Étiologie. — C’est dans la première enfance, avant l’âge d’un an, que la maladie est la plus commune; les garçons sont plus atteints que les filles. Le mauvais régime alimentaire, l’entérite qui en est la conséquence.
INVAGINATION INTESTINALE
figurent au nombre des causes de l’invagination. Les traumatismes, les elTorts peuvent être des causes occasionnelles. Une cause prédisposante de 1 inv agination chez les enfants, c’est la faible musculature du gros intestin et la laxité des liens qui 1 unissent aux fosses iliaques.
Anatomie pathologique. — Ordinairement, 1 invagination siège au niveau du gros intestin 5 l’invagination de l’intestin grêle s’observe bien assez souvent dans les autopsies d’enfants, mais c’est une lésion cadavérique.
Dans l’invagination pathologique, on voit d’abord, à l’ouverture du ventre, le gonflement et la dilatation du paquet intestinal.
Écartant les anses d’intestin grêle, on cherche le cæcum, le côlon ascendant, le côlon transverse, on ne les trouve plus, et l’intestin grêle semble s’aboucher directement dans l’S iliaque. Au niveau de la fosse iliaque gauche et du bassin, on rencontre, en effet, un gros boudin noueux, qui est l’intestin invaginé ; il est pâteux, mou, violacé, et, en tirant sur la partie supérieure, on peut réduire l’invagination et dérouler l’intestin, à moins que les surfaces séreuses ne soient unies par des adhérences, ce qui arrive si la maladie a duré plusieurs jours. La surface interne du boudin invaginé est molle, rouge, tapissée de mucosités, infiltrée de sang, ulcérée parfois.
Les parois de l’intestin peuvent être épaissies et gangrenées. Dans la seconde enfance, à partir de cinq ans surtout, l’invagination occupe l’intestin grêle, comme chez l’adulte, et la maladie a une durée plus longue ; la portion invaginée peut se mortifier.s’éliminer, laisser à sa suite un rétrécissement ou une perforation.
Symptômes. — Los vomissements subits et répétés
THAITÉ DES MALADIES DE l’ENFANCE
marquenl le début du mal; les enfants rendent d’abord le lait qu’ils viennent de prendre, puis des matières bilieuses, quelquefois aussi des matières fécaloïdes. Rapidement l’enfant s’affaisse, tombe dans la prostration et peut mourir en quelques jours.
L’absence complète de selles n’est pas aussi commune que chez l’adulte. Il y a des garde-robes, peu abondantes il est vrai et qui contiennent souvent du sang. Quelquefois même, l’hémorrhagie intestinale est très abondante. Plus tard, on peut voir le mélœna remplacé par des matières fétides et gangreneuses.
Cette hémorrhagie, presque constante dans l’invagination de la première enfance, est le résultat de l’étranglement de l’intestin.
Au bout de quelques jours, on peut trouver, dans les selles, des fragments reconnaissables d’intestin.
L’abdomen n’est pas ballonné, comme chez l’adulte, parce qu’il n’y a pas, comme chez ce dernier, arrêt complet des matières et des gaz.
La palpation reste possible et n’est pas très douloureuse; elle permet, dans quelques cas, de reconnaître, dans le flanc ou dans la fosse iliaque, la présence d’une tumeur allongée qui indiquerait le siège de l’invagination. Cette tumeur ovoïde est douloureuse à la pression et mate. Enfin, mais le cas est plus rare encore, la tumeur invaginée peut être sentie par le toucher rectjal, elle peut même faire saillie à l’anus.
Les enfants souffrent, ont des coliques, des épreintes, qu’ils trahissent par leurs cris incessants. Ils sont agités, nerveux; quelques-uns ont des convulsions; la plupart ne tardent pas à tomber dans le coma.
Je n’insiste pas sur le faciès hyppocratique, 1 amaigrissement des traits, l’enfoncement des yeux, le refroidissement des extrémités.
INVAGINATION INTESTINAL!:
La marche de la maladie offre peu de variations : le début est soudain, marqué par les vomissements, les cris ou les convulsions ; les vomissements persistent [lendant trois ou quatre jours, le pouls devient petit, fréquent, et la mort survient dans le coma.
Si la guérison doit survenir, les vomissements cessent, les évacuations redeviennent normales, l’assoupissement diminue, l’appétit renaît.
Dans la seconde enfance, la guérison peut succéder à l’élimination du boudin invaginé ; on a vu des enfants rendre ainsi 15, 20 centimètres et même 1 mètre d’intestin.
L’enfant guéri n’est pas à l’abri d’une récidive.
La mort peut être le fait de la péritonite généralisée par propagation ou par perforation. Quand la guérison a suivi l’élimination de l’intestin, un rétrécissement cicatriciel peut persister et l’enfant reste maigre, anémique, cachectique pendant des mois et des années.
Quelquefois, l’invagination ne détermine pas un obstacle complet, et les matières passent comme à travers un rétrécissement, d’où les allures chroniques que la maladie peut prendre.
Diagnostic. — Le diagnostic présente toujours de réelles difficultés ; il repose sur des signes physiques (tumeur, mélœna, prolapsus anal) qui n’existent pas toujours.
D’autre part, l’hémorrhagie intestinale, si fréquente, n’a pas une valeur absolue ; elle peut accompagner la colite dysentériforme, elle peut être l’expression du mélœna des nouveau-nés. Il faut donc rapprocher ce signe des autres, pour arriver à la certitude.
he choléra infantile, la péritonite, la typhlite, peuvent être des causes d’erreur.
Pronostic. — La maladie est très grave, et d’autant
[tlus que l’enfanL est plus jeune; dans la première enfance, Tinvagination tue en trois ou quatre jours, avant que l’élimination ait eu le temps de se faire; plus tard, il n’en est pas ainsi et l’enfant, plus âgé et plus vigoureux, peut survivre à l’élimination spontanée de son intestin invaginé ; mais il reste exposé aux accidents ultérieurs (rétrécissement).
Traitement. — Il faut s’abstenir des purgatifs, quand on soupçonne l’invagination; au contraire, il faut user des narcotiques (l à 2 gouttes de laudanum en lavement, une piqûre de 1 à 2 milligrammes de morphine, une potion avec 50 centigrammes de chloral).
On a essayé d’agir mécaniquement en insufflant de l’air avec une sonde et un soufflet; il faudra agir lentement, d’une façon soutenue et progressive. On peut injecter dans l’intestin la potion de Rivière ou un siphon d’eau de Seltz. Ces moyens ont donné quelques succès, de même que le lavement électrique (Boudet de Paris). Le lavage de l’estomac peut aussi être essayé. En dernier ressort, on aura recours à la laparotomie et on essaiera alorsde réduire directement l’invagination.
G. — PROLAPSUS DU RECTUM.
Cet accident, très commun chez les enfants, est | constitué généralement par le renvei’sement de la ) muqueuse rectale, quelquefois par une véritable inva- ' gination du rectum. Sa description vient donc tout I naturellement après celte de l’invagination intestinale; i sans doute, les deux maladies ne sont pas comparables par leurs symptômes et par leur pronostic, mais elles se rapprochent sur le terrain anatomique.
Étiologie. — C’est à la fin de la première enfance,
PROLAPSUS DU RECTUM
entre deux et cinq ans, que la chute du rectum se ren- ' contre le plus fréquemment. La constipation habituelle, les efforts de défécation qu’elle détermine suffisent ]iarfois à la production de la maladie. Plus souvent, c’est à la suite de diarrhées, d’accidents dysentériformes, qu’on l’observe. Dans ce cas, l’inflammation répétée ou chronique de la muqueuse rectale provoque le relâchement des sphincters et favorise l’invagination de la muqueuse.
L’accident est fréquent chez les rachitiques; il peut se montrer à la suite des quintes de coqueluche. Hénoch insiste sur le prolapsus rectal des enfants atteints de calcul vésical ; les polypes du rectum peuvent également provoquer le prolapsus.
Symptômes. — La maladie n’est ordinairement pas douloureuse, elle n’atteint pas l’état général, elle ne donne pas de fièvre; elle est essentiellement locale.
Elle se traduit par l’issue, au moment de la défécation, d’un bourrelet rouge, arrondi, couvert de mucosités et de sanie, au centre duquel on peut reconnaître un orifice. Sur les bords, la masse charnue se continue avec la peau de l’orifice anal, qui lui forme une bride circulaire plus ou moins serrée. Tantôt le bourrelet est peu saillant, tantôt il est allongé en forme de boudin et peut atteindre une longueur de 10 à 15 centimètres. Dans ce dernier cas, l’invagination de la partie supérieure du rectum est évidente.
La tumeur se réduit facilement chez la plupart des enfants; chez quelques-uns, la réduction est laborieuse, parfois même presque impossible. On a vu le prolapsus se compliquer de gangrène par étranglement ; c’est dans ces cas compliqués qu’on peut observer des douleurs locales, des vomissements, des symptômes d’occlusion intestinale.
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE
Si la réduction du prolajjsus est facile, la récidive est habituelle et la maladie se reproduit avec d’autant plus de facilité que l’enfant fait de plus fréquents et de plus violents elîorts de défécation.
J’ai vu la maladie durer ainsi plusieurs mois, un an, plusieurs années, A la longue, la guérison spontanée survient, à mesure que l’enfant grandit et prend des forces. Le prolapsus rectal est, en somme, une maladie d’évolution. Mais il y a des cas qui ne guérissent pas sans intervention sanglante. Le diagnostic est aisé, il est inutile d’insister sur ce point.
Traitement. — En présence d’un prolapsus rectal, il faut d’abord réduire la tumeur ; pour cela, on prend un linge lin, enduit de vaseline boriquée et on presse de bas en haut sur le bourrelet muqueux ; s’il rentre difficilement, on porte en bas la tète de l’enfant, on soulève le siège et, la pesanteur aidant, on obtient la réduction; pour le maintenir, on peut appliquer un bandage en T.
Pour prévenir le retour du prolapsus, il y a plusieurs indications à remplir.
S’il y a de la diarrhée, on la traitera par les moyens ordinaires ; s’il y a de la constipation, on prescrira des laxatifs ou des lavements.
Pour prévenir l’issue de la muqueuse à chaque défécation, on peut obliger les enfants à rester coucbés pour aller à la garde-robe, ou, s’ils sont assis sur le vase, on aura soin que leurs pieds ne touchent pas par terre. En agissant ainsi, on préviendra les efforts violents.
Pour réveiller la contractilité des sphincters, on peut se servir des lavements ou des suppositoires à 1 extrait de ratanhia (2 à 4 grammes). Si le cas est rebelle, on essaiera les injections d’ergotine laites au voisinage de l’anus. Quant aux injections de sulfate de strychnine, leur emploi doit être très réservé et très surveillé.
VERS INTESTIXAUX
L’électricité pourra également rendre des services, Avant de recourir à ces moyens actifs et d’un emploi quelquefois dangereux chez les enfants, on recommandera la patience et on fera entrevoir la guérison spontanée dans un avenir peu éloigné.
Tous les prolapsus du rectum que j’ai vus dans ces dernières années ont guéri par les seuls efforts de la nature.
Mais il y en a un certain nombre qui résistent à tous les remèdes mis en œuvre et qui indiquent une intervention chirurgicale. Quand le prolapsus est de petit volume, les cautérisations linéaires avec le thermo-cautère peuvent amener un rétrécissement cicatriciel curateur. Quand le prolapsus est ancien et étranglé, il faut le réséquer; quand les sphincters ont perdu toute tonicité, il faut songer aux opérations autoplastiques.
H. — VERS INTESTINAUX
Les vers intestinaux jouent un certain rôle dans la pathologie infantile, mais ce rôle est moindre qu’on ne l’a dit et les maladies vermineuses se réduisent à fort peu de chose ; ces parasites, souvent inolîensifs et parfois incommodes, ne sont que rarement dangereux. Les lombrics et les oxyures vermiculaires, très communs chez les enfants, sont exceptionnels chez les adultes ; les tœnias, au contraire, appartiennent à tous les âges. Je vais passer successivement en revue ces trois ordres de parasites.
i° Lombrics ou ascarides lornbricoïles .
Ces vers, faciles à reconnaître, puisqu’ils ressemblent aux vers de terre, atteignent une longueur qui varie
■'‘^80 TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFAKCE
(le 10 à 25 centimètres; les mâles sont plus petits et plus rares que les femelles; celles-ci pondent des millions d’œufs. L’extrémité caudale du mâle est recourbée et munie d’une double verge. Quand on étudie les œufs, on constate qu’ils sont formés de deux enveloppes; leur diamètre est de 60 à 70a, leur aspect mùriforme. D’après Davaine, l’embryon mettrait plusieurs mois à se former et deux générations de lombrics ne poui-raient se succéder dans l’intestin de l’enfant. Les œufs ayant été expulsés, l’embryon ne se développe que sous l’influence de la chaleur et de l’humidité ; il ne rompt son enveloppe que s’il a été introduit de nouveau dans l’intestin d’un enfant; il ne se développe pas chez les animaux.
Etiologie. — L’ascaride lombricoïde ne se développe dans l’intestin de l’enfant qu’après l’ingestion d’œufs, qui généralement sont véhiculés par l’eau de boisson. La contamination des puits, des sources, des rivières par les matières fécales rend compte de la présence de grandes quantités d’œufs de lombrics dans les eaux potables ; les vers intestinaux sont plus communs à la campagne qu’à la ville, parce que, à la campagne, on ne prend aucune précaution contre la pollution des eaux d’alimentation; à la ville, l’usage des filtres est un moyen prophylactique qui se répand de plus en plus. Toutefois, la population pauvre des villes est encore très exposée; à Paris, notamment, je vois les enfants du faubourg de la Villette, qui boivent une eau impure, non filtrée, provenant du canal de l’Ourcq, atteints fréquemment de vers intestinaux. Chez les enfants à la mamelle, les lombrics sont très rares, ils n’existent même pas chez ceux qui jouissent exclusivement de l’allaitement naturel ; à mesure que l’enfant prend une autre nourriture, il s’expose à conlracter la maladie
VERS INTESTINAUX
ASl
vôrminGusGj et Igs lombrics sont plus Iréqucnts, pour cGttG raison, dans la sGCondc que dans la promièro Gnl'ancG, chGz Igs Gnfants sevrés que chez ceux qui ne le sont pas.
Mais, si l’enfant est nourri au biberon, s’il est condamné à absorber ces coupages de lait faits avec une eau malpropre et crue, on peut voir les lombrics entrer en scène. En somme, l’étiologie se réduit à une question d'alimentation.
Anatomie pathologique. — C’est dans l’intestin grêle qu’habite le lombric; de là, il peut cheminer dans l’estomac, le gros intestin, remonter même dans l’œsophage et le pharynx, être rejeté par la bouche ou les narines; quelquefois, les lombrics peuvent s’engager, par le canal cholédoque, dans les voies biliaires, s’enkyster dans le foie.
Chez un garçon de treize ans, mort de fièvre typhoïde, Jadelot {Bib}. méd., 1814) trouva les intestins remplis d’ascarides, dont quatre occupaient la cavité dilatée de l’appendice cœcal.
Enfin, à la suite de perforation, on a retrouvé ces parasites dans le péritoine, la vessie, sous la peau (abcès vermineux). Quelquefois, soit pendant la vie, soit après la mort, les lombrics peuvent s’engager dans les voies aériennes, le larynx, la trachée, les bronches, le canal nasal, les sinus frontaux, le conduit auditif.
Leur nombre varie dans des limites très étendues, d’un à plusieurs centaines. Dans l’intestin, on peut les trouver isolés ou agglomérés en paquets, en pelotons, qui peuvent distendre et obstruer le duodénum, le cæcum, l’appendice cœcal, etc.
La présence de ces masses vermineuses ne détermine pas d’altération profonde de la muqueuse ; parfois
ïnAITÉ DES MALADIES DE l’ENFANCE
cependanl on trouve de la congestion et une entérite en quelque sorte traumatique; quant aux perforations de l’intestin sain par les lombrics, elles ne sont pas admissibles.
Symptômes. — Le véritable et le seul symptôme pathognomonique, c’est l’expulsion des vers par l’anus ou par la bouche. Les lombrics peuvent habiter, en nombre considérable, l’intestin d’un enfant, sans éveiller le moindre trouble morbide. Ilénoch cite un enfant qui, après avoir pris du semen contra, rendit, en plusieurs jours, des masses de vers qui n’avaient donné lieu à aucun symptôme.
Cependant, on insiste partout sur l’altération des traits dn visage, sur les yeux cerclés, sur les démangeaisons nasales, la toux, les céphalées, les vertiges, l’agitation nocturne, les troubles de l’appétit, les coliques, les irrégularités du pouls, les troubles vasomoteurs (pâleurs et rougeurs subites), les lipothymies et les syncopes, les palpitations, le strabisme, les grincements de dents, la dilatation des pupilles, les symptômes méningitiques.
Tous ces accidents, attribués à la présence des lombrics dans l’intestin, sont variables, inconstants, sans valeur.
Dans l’immense majorité des cas, les parasites sont parfaitement tolérés et n’éveillent aucune réaction.
Si l’enfant présente des symptômes vagues, incertains, que les parents ne manquent pas d’attribuer aux vers, on examinera les garde-robes, et, si Ton trouve des œufs, on prescrira les vermifuges usités.
Davaine a pu compter plusieurs milliers d’œufs de lombrics sur des parcelles minimes de matières fécales.
Est-ce à dire que les lombrics soient toujours inoffensifs? Quand un enfant porte, dans un organe en
VERS INTESTINAUX
somme très sensible comme rinlestiii, de nombreux lombrics, il serait étonnant qu’il n’eût jamais à en soul- IVir. En réalité, on connaît deux ordres de symptômes eu relation avec la présence des ascarides lombricoïdes : les uns sont locaux ou directs, les autres sont réflexes ou à distance.
Accidents directs. — Une perforation du cæcum, de l’appendice, de l’estomac, peut conduire les lombrics dans la fosse iliaque, dans le péritoine, etc. Mais il est douteux que les vers puissent à eux seuls traverser et perforer l’intestin, quand ce dernier n’est pas malade. Il n’est pas moins douteux qu’ils puissent provoquer riiémorrhagié intestinale.
Mais, par leur réunion en masse, ils peuvent déterminer l’obstruction intestinale; les faits de cet ordre se comptent, mais ils sont irrécusables.
On a pu quelquefois sentir la masse vermineuse par la palpation abdominale. D’autres accidents locaux sont possibles.
Archambault a vu une jeune fille de cinq ans dont les lombrics, après avoir cheminé du duodénum dans' les voies biliaires, s’étaient enkystés dans le foie.
Quand les ascarides remontent dans l’estomac, ils ])cuvent provoquer des vomissements; s’ils vont plus haut, en suivant l’œsophage, ils détermineront de l’angoisse, de la dyspnée, des accès de suffocation (compression de la trachée, obstruction du larynx). Ils ont parfois pénétré dans la trachée et l’on a cité des cas de mort dus à la pénétration des vers dans les voies aériennes.
On a vu des abcès vermineux contenant une grande quantité de ces parasites, dans la région inguinale ou ombilicale.
Symptômes réflexes, — Les faits d’amblyopie, de slra-
TRAITÉ DES MALADIES DE L’EiNFANCE
bistne^ d aphonie^ attribués aux vers intestinaux, ne sont pas à l’abri de tonte-critique, et la plupart des phénomènes nerveux doivent être étudiés avec soin. Sans doute, on voit les convulsions cesser par les vermifuges, mais le fait est rare.
Quant à la chorée vermineuse, admise par les anciens auteurs, elle n’e.xiste pas. Il s’agissait, dans les faits rapportés, d’accidents choréiformes, hystériques ou de chorée de Sydenham.
La présence des vers pourrait aussi déterminer des accidents méningitiques ; céphalalgie, vomissements, coma, raideur de la nuque, dilatation des pupilles. Il faut retenir, au milieu de ces troubles variés, les convulsions et les accidents pseudo-méningitiques qui s’observent exceptionnellement chez les enfants prédisposés par leur tempérament nerveux.
Somme toute, on ne peut pas considérer le pronostic des lombrics comme sérieux dans l’immense majorité des cas ; les maladies vermineuses, tenues jadis pour fréquentes, graves et même funestes, sont, en réalité, bénignes et rares. Si l’on met en parallèle le nombre incalculable d’enfants qui sont porteurs de lombrics intestinaux et le chiffre restreint de ceux qui en meurent ou simplement qui en souffrent, on reconnaît que la tolérance de l’organisme à l’égard de ces parasites est pour ainsi dire sans limites.
Diagnostic. — Le diagnostic n’est pas sans présenter quelquefois des difficultés ; un enfant souffre de troubles digestifs vagues, d’accidents nerveux qu’on ne sait à quoi rapporter ; ces troubles sont-ils sous la dépendance des vers intestinaux, ou faut-il leur chercher une autre origine?
L’examen des selles s’impose en pareil cas : s’il n’y a pas de lombrics, il peut y avoir des œufs qu’on recon-
VERS INTESTINAUX
naîtra au microscope. En l’absence de ces œufs, on n’hésitera pas à conclure à l’absence de maladie vermineuse ; des débris organiques (tendons, ligaments, fibres végétales) pourraient simuler des lombrics. Guersant conseille de les dessécher et de les brûler: l’odeur qui s’exhale est toute spéciale.
Traitement. — La présence d’ascarides étant reconnue ou soupçonnée, on prescrira des remèdes destinés à tuer et à faire évacuer les parasites. Les plus usités sont : la mousse de Coi se^ à la dose de 5 à 10 grammes dans le lait sucré; le semen contra, qu’on donnera à la dose de 1 à 4 grammes dans de la confiture ou un électuaire, ou son principe actif, la sanlonine, qu’on peut donner incorporée à des bonbons, dragées, pastilles, etc., à la dose de 5 à 10 centigrammes. La santonine, quand la dose est trop forte, peut produire des accidents au nombre desquels figurent la dysurie, la xanthopsie, l’urticaire, etc. On fera suivre l’administration de ces vermicides d’un purgatif (calomel, 40 à 50 centigrammes ; huile de ricin, 10 à 15 grammes ; poudre de scammonée ou de jalap, 50 centigrammes).
La prophylaxie consiste à ne donner aux enfants qu’une eau pure, bien filtrée, ne contenant pas d’œufs d’ascaride.
2“ Oxyures vermiculaires.
Ces vers, qui appartiennent à la même famille que les lombrics, sont beaucoup ])lus petits ; les mâles n’ont pas plus de 3 millimètres en moyenne, leur queue est enroulée en spirale ; les femelles mesurent en longueur 9 à 10 millimètres ; elles sont beaucoup plus nombreuses que les mâles. Les œufs ont 5 p. de long sur 3 de large. Quand l’œuf a été introduit dans l’es-
TRAITÉ DES MALADIES DE l’EiNFANCE
tomac de l’enfanl, l’embryon rompt son enveloppe et chemine dans l’intestin grêle; c’est vers la fin de cet intestin que les mâles et les femelles se rencontreraient. Celles-ci descendraient ensuite dans le rectum, où la ponte aurait lieu.
Les œufs éclosent beaucoup plus vite que ceux des lombrics, et, d’après Davaine, l’éclosion se ferait sur place.
Leuckart croit, au contraire, que l’éclosion dos œufs pondus à l’anus ne peut se faire qu’après leur introduction dans l’estomac. Ces œufs, répandus sur les fruits, les légumes et autres crudités, infecteraient ainsi facilement les enfants et les individus prédisposés.
Symptômes. — Tandis que les lombrics habitent l’intestin grêle, les oxyures siègent dans le gros intestin ; quand la nuit arrive, ils sortent par l’anus et vont se répandre dans les parties voisines.
Leur présence est toujours très gênante, elle se traduit par des démangeaisons, du ténesme; les enfants se grattent avec énergie, surtout quand ils sont couchés et quand la chaleur du lit favorise la sortie des oxyures ; on a vu des eczémas des plis inguinaux contenant ces parasites.
Le prurit dure ainsi une heure ou deux, puis se calme, pour reparaître à peu près à la même heure les jours suivants.
Quelquefois, l’enfant s est endormi sans éprouver aucun malaise, pour se réveiller quelques heures après, en proie à des démangeaisons atroces qui lui arrachent des plaintes et des cris.
Quant aux accidents réflexes (convulsions, épilepsies, pseudo-méningite), ils sont encore plus rares que dans les cas de lombrics.
Quand on examine l’anus, on voit que la muqueuse
VERS INTESTINAUX
esl rouge, irritée, parfois saignante, et, dans les plis qu’elle forme, on peut trouver des oxyures; les selles contiennent parfois des vers et des œuls.
Diagnostic. — Pour reconnaître la source des accidents, il ne faut pas se contenter d’examiner les selles, mais chercher, en écartant les plis de l’anus, la présence des parasites.
Si ces recherches sont négatives, on prescrira un lavement froid et on examinera les matières rendues.
Le pronostic n’est pas grave, mais la maladie est tenace et les récidives sont fréquentes.
Traitement . — Le traitement ne doit pas être seulement local, il faut donner à l’enfant les vermicides et les vermifuges citésplus haut. Localement, on s’efforcera do chasser ou de tuer les parasites qui siègent dans le rectum. Le lavement d’huile à’ olive fait cesser les démangeaisons; on conseille aussi les lavements de glycérine, de vinaigre, ào, se/, de térébenthine, le bouchon avec l’onguent napolitain. Les lavements de sublimé à •1 p. 5000 me paraissent très efficaces. Les suppositoires au salol, à l’iodoforme, à l’onguent napolitain (10 centigrammes de ces substances pour 3 grammes de beurre de cacao) sont à essayer. A recommander aussi l’infusion de semen contra à 10 grammes p. 100 en lavement, les lavements d’huile de pétrole mêlée avec parties égales d’huile d’olive (Perrin).
3° Les lœnias.
Les trois variétés principales de vers rubanés observés chez l’homme (tœnia solium, tœnia inermc, bothriocéphale) peuvent se rencontrer chez l’enfant. Le tœnia inernie ou médio-cannelé est le plus fréquent.
Étiologie. — L’usage de la viande de bœuf crue ou
ïnAITK DES MALADIES DE l’eN FANEE
insuffisanmient cuite explique la présence du tœnia inerme flans l’intestin des enfants, quand ils sont alimentés prématurément avec des viandes saignantes ou quand ils prennent la viande crue dans un but thérapeutique (diarrhée, anémie, etc.).
L’enfant nourri au sein,exclusivementau sein,nepeut pas plus avoir de tœnias que d’ascarides ou d’oxyures; l’helminthiase n’apparaît que chez les enfants sevrés ou recevant une alimentation mixte défectueuse. Le tœnia est exceptionnel chez les enfants à la mamelle et, pour ma part, je ne l’ai pas observé avant l’âge de deux ans.
Dans certains pays où la ladrerie de l’espèce bovine est commune et où l’usage de la viande crue est universel (Abyssinie), le tœnia se rencontre chez les personnes de toute condition et de tout âge. Il est vrai que, dans ces pays, le kousso abonde, comme si la nature avait voulu placer le remède à côté du mal. En France, le tœnia est, au contraire, assez rare, et, sur des milliei'S d’enfants que j’ai observés depuis dix ans, à la Villette, je n’ai rencontré que 33 cas de tœnia.
Symptômes. — Les symptômes fonctionnels sont le plus souvent nuis, et la seule preuve de la présence du tœnia est l’expulsion de fragments plus ou moins longs, d’aspect blanchâtre, de forme aplatie, véritables rubans constitués par des anneaux articulés l’un avec l’autre.
Les pores génitaux de ces anneaux sont placés sur le milieu des bords, en alternant irrégulièrement. C’est le cas du tœnia inerme. S’il s’agit du tœnia solium ou tœnia armé (qui provient de la ladrerie du porc), on constate la régularité d’alternance des pores génitaux. Chez ce dernier, la tête est armée d’une double rangée de crochets ; chez l’autre, elle en est dépourvue. S il 'I s’agit de bothriocéphale, les pores génitaux sont au
VliRS INTESTINAUX
milieu des anneaux; la tête est dépourvue de crochets et de ventouses.
L’issue des fragments annelés, ou cucurbitins, a lieu quand l’enfant va à la selle, ou bien dans l’intervalle des selles, à l’insu du malade. Dans les cas douteux, on peut, à l’aide d’un purgatif, provoquer la sortie d’un grand nombre d’anneaux ou de longs fragments, qui permettent d’assurer le diagnostic.
Les troubles digestifs, les accidents nerveux réflexes (convulsions, épilepsie, vertiges) sont les mêmes que dans le cas d’ascarides lombricoïdes.
On a cité des cas d’amaurose, de rétrécissement du champ visuel, de polyopie monoculaire, etc. Mais souvent on a pu retrouver chez les enfants, en même temps que le tœnia, les stigmates de l’hystérie et les antécédents héréditaires de la névrose (1).
Les attaques épileptiformes dues au tœnia sont rares, mais incontestables; sur 522 cas réunis jiar Martha (2), il y a eu des enfants dont le plus jeune avait trois ans. Dans cette forme de jiseudo-épilepsie vermineuse, l’aura est longue et prévient les traumatismes graves, les convulsions durent dix à quinze minutes, au lieu d’une à deux; le coinacst également plus long que dans l’épilepsie vraie. Des intervalles très longs séparent les attaques, qui peuvent être périodiques. Enfin, le traitement vient juger la nature des accidents.
Voilà pour les accidents réflexes.
Quant aux accidents locaux et mécaniques, ils n’existent pas, car jamais le tœnia ou les tœnias (ils peuvent être plusieurs) ne forment, dans l’intestin, d’amas com-
(1) Parinaud. Troubles visuels provoqués par lés vers inlestinau.v (liecueil d'ophthalmologie, mars 1890).
~ (2) Des attaques épileptiformes dues à la présence du tœnia (pseudo-épilepsie vcrininouse) {Archives de médecine,
TRAITÉ DES MALADIES DE l’ENFANCE
parables à ceux des lombrics; Us ne peuvent donc distendre ni obstruer le canal intestinal.
Le pronostic du tœnia n’est pas plus grave chez l’enfant que chez l’adulte ; il est vrai que l’expulsion totale du ver est assez difficile à obtenir du. premier coup, que les récidives ou rechutes sont fréquentes; mais on finit toujours par amener la tête, et la guérison est obtenue.
Traitement. — Quand la présence des cucurbitins aura été constatée dans les selles, on donnera les tœnifuges usités. Dans la seconde enfance, on peut prescrire le kousso, à la dose de 10 grammes, mêlé à un siro}» épais, à la confiture, ou mieux granulé. On prépare le. sujet par une diète lactée de vingt-quatre heures, on donne le remède à jeun et on le fait suivre, une demiheure après, par un purgatif (15 à 20 grammes d’huile de ricin).
L’écorce de grenadier (15 à 20 grammes) fraîche, macérée pendant vingt-quatre heures, puis bouillie, sera donnée avec beaucoup de sucre et aromatisée avec du jus de citron.
Le tannate de pelletiérine de Tanret doit être réservé aux adultes; il est toxique pour les enfants.
J’emploie souvent l’extrait éthéré de fougères mâles, en capsules ou en potion très sucrée et très aromatisée, à la dose de 4, 6 ou 8 grammes, suivant l’âge.
L’émulsion sucrée de semences de courge (40 à 60 grammes) peut être aussi utilisée. Récemment, on a vanté les propriétés tœnicides des sels de strontium :
Lactate de strontium tO grammes.
Eau distillée
Glycérine Q. s.
Une à deux cuillerées à café pendant cinq jours con sécutifs.