‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 50 sur 145 · MALADIES DU PÉRITOLNE ET DU FOIE A. — PÉRITONITE AIGUE · texte numérisé non relu

MALADIES DU PÉRITOLNE ET DU FOIE A. — PÉRITONITE AIGUE

La péritonite tuberculeuse a été décrite au chapitre de la tuberculose, et il ne reste qu’à donner l’histoire snccincte des inflammations du péritoine, indépendantes de cette maladie infectieuse. C’est la péritonite aiguë que j’aurai surtout en vue dans cet article.

Etiologie. — La péritonite aiguë peut s’observer à tous les âges, aussi bien chez les nouveau-nés que' chez les enfants plus âgés.

Chez les nouveau-nés, elle peut être l’expression de la septicémie puerpérale, elle peut succéder à l’érysipèle ombilical, la plaie de l’ombilic ayant servi de porte d’entrée aux agents virulents. Dans ce cas, c’est une péritonite à streptocoques.

La péritonite peut encore atteindre l’enfant dans le sein de sa mère, et l’on possède des observations incontestables de péritonite fœtale.

TRAITli DES MALADIES DE l’ENFANCE

Dans la seconde enfance, la péritonite aiguë peut s’observer primitivement ou secondairement.

Primitive, elle succède au traumatisme ou au coup de froid ; mais le fait est rare.

Bien plus fréquente est la péritonite consécutive à une lésion des viscères abdominaux, à la perforation de l'intestin (tuberculose, fièvre typhoïde), de l’appendice cœcal (corps étrangers), de la vésicule biliaire (calculs).

Dans les cas de lésions intestinales, la perforation n’est pas absolument nécessaire, et il existe une péritonite par propagation.

Les lésions inflammatoires du foie, de la rate, des reins ou de leur atmosphère graisseuse, de la vessie et des organes génitaux déterminent, chez l’enfant comme, chez l’adulte, quoique moins fréquemment, des péritonites partielles ou générales, aiguës, subaiguës ou chroniques.

On voit parfois survenir des péritonites aiguës, suppurées, sans cause appréciable, et qui sont dues au pneumocoque (1).

Anal amie pathologique. — Dans la péritonite générale aiguë, on note des adhérences plus ou moins friables unissant les anses intestinales, un dépoli avec injection vive de la séreuse, un exsudât séro-purulent ou floconneux qui s’amasse dans les parties déclives.

Tantôt, le liquide est clair, citrin, séro-fibrineux: tantôt, il est jaune, épais, purulent 5 tantôt, le liquide est en petite quantité; tantôt, il forme une collection considérable qu’on peut évaluer par litres.

Quand la péritonite est partielle, elle siège au \oisinage de la lésion initiale et l’on peut trouver alors, soit entre le foie et le diaphragme, soit dans la fosse iliaque

(1) Seveslre, Galliard (Société médicale, des Hôpitaux, 1890).

l’KlUTüMTE AIGUE

droite, etc., une collection purulente, enkystée par des

l'ausses membranes épaisses.

Dans les cas de perforation intestinale, le liquide épanché est souvent mêlé de gaz, de sanie, de matières fécaloïdes.

Des néo-membranes fibrineuses, gélatineuses, traversent parfois, dans plusieurs sens, la cavité péritonéale, et l’on conçoit que, dans les cas curables, les rétractions ultérieures de ces tractus puissent entraîner des accidents.

La péritonite partielle iliaque, sous-diaphragmatique, pelvienne, peut aboutir à la perforation dans le cæcum, dans l’intestin grêle, dans le rectum, dans la plèvre et le poumon, à l’extérieur. Parfois, cette détermination amène la guérison.

En même temps que les lésions de la péritonite, on anoté celles des plèvres, des synoviales articulaires, des méninges, etc.

Cette généralisation de l’inflammation suppurative d’une grande séreuse n’a pas lieu de nous surprendre.

Sxjmp lûmes. — Il n’est pas facile de retracer les symptômes de certaines péritonites observées chez les sujets très jeunes, et qui parfois restent latentes ; les péritonites partielles surtout ont une symptomatologie obscure.

Quand la péritonite est franchement aiguë et généralisée, elle se manifeste par plusieurs symptômes. La douleur est très vive, augmentée par les mouvements et la plus légère i)ression. Cette douleur, qui peut être I locale au début, se généralise rapidement ; quand elle a le foie pour point de départ, elle peut s’irradier à I l’épaule droite.

Le ballonnement du ventre, le tympanisme, sont toujours plus ou moins marqués; quand le ventre est

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très tendu, il est impossible de se livrer à l’exploration des ]iarties sous-jacentes, et même de pratiquer la percussion. Les vomissements sont fréquents, verdâtresils surviennent dès le début, quelquefois cependant ils se font attendre plusieurs jours.

La constipation est plus commune que la diarrhée. Anorexie absolue, soif vive.

Le malade est couché sur le dos, parfois sur le côté, les jambes fléchies sur les cuisses et celles-ci sur le bassin; son faciès exprime la douleur, l’anxiété;, il est pâle, grippé; les yeux sont excavés et entourés d’un cercle ombré, le nez est effilé et ses ailes se dilatent avec énergie, car la dyspnée est très marquée. La température est généralement élevée ; elle peut, sans atténuation de la maladie, se rapprocher de la normale (1) ; il n’y a que rarement des frissons. Le pouls est petit et rapide, atteignant et dépassant 130, 140, 150.

Les urines sont rares, foncées, quand elles ne se suppriment pas complètement.

Quand la terminaison doit être funeste, le pouls devient insensible, les extrémités se refroidissent et l’enfant succombe après une légère agitation convulsive.

Quand la maladie doit se terminer favorablement, quand la péritonite reste partielle ou se localise, ou voit la fièvre, les vomissements, le tympanisme disparaître peu à peu, et alors la palpation permet de sentir une tuméfaction limitée, fluctuante, une collection enkystée du péritoine qu’on ouvrira, si elle ne s’est pas déjà ouverte spontanément.

Barthez et Rilliet citent un garçon de sept ans qui,

(1) Dans un cas de péritonite des nouveau-nés, Quinquaud a noté 42”, 0. '

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