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évoluer à la manière d’une méningite tuberculeuse (I ).
L’encéplialite aiguë conCond ses symptômes avec ceux de la méningite.
Les hémorrhagies méningées se caractérisent surtout par des contractures.
La fièvre intermittenle pernicieuse, la pneumonie à l'orme cérébrale, la variole, la scarlatine, la fièvre typhoide au début, peuvent simuler la méningite aiguë dans quelques cas, mais la marche ultérieure de la maladie lèvera les doutes.
Ttailemmt. — Au point de vue prophylactique, on conseillera d’éviter les insolations j)Our les nouveau-nés, de soigner les plaies de tête, les otorrhées, en s’inspirant de la méthode antisei)tique.
Comme traitement, nous ne connaissons guère que des palliatirs destinés à calmer la congestion et l’in- Jlammation interne par une révulsion ou une dérivation externe plus ou moins énergique.
Dans ce but, on applique des sangsues (deux ou trois) à l’anus, aux apophyses maslo'ides. On met des ventouses scarifiées ou un vésicatoire à la nuque, une vessie de glace sur la tête. L’enveloppement ouaté des jambes, les cataplasmes sinapisés sont à essayer. De même les bains tièdes.
On donnera un lavement ])urgatil‘ avec glycérine, ou séné et sulfate de soude. On n’oubliera pas le calomel à l’intérieur (doses fractionnées de 2 à 5 centigrammes par heure). On pourra faire des frictions mercurielles. Pour calmer l’agitation des malades, on prescrira le chloral (1 à 4 cuillerées à café de sirop) ou le bromure de potassium (1 à 2 grammes).
(1) Journal de médecine, chiruvriie et. ■pharmacie de Bruxelles,
TRAITÉ DES MALADIES DE I.’eNFAN’CE
La chambre sera grande, aérée, pas trop chaude; les volets seront fermés, on fera le calme et le silence autour de Tenfanl.
B. — . HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES.
Les hémorrhagies peuvent être extra-méningées (entre la dure-mère et les os du crâne), ou intra-méningées, et, dans ce cas, elles occupent soit la face interne de la dure-mère (hématome, hémorrhagie intra- arachnoïdienne), soit l’espace qui sépare l’arachnoïde de la piemère (hémorrhagie sous-arachnoïdienne), soit la cavité ventriculaire. Parfois, la maladie affecte plusieurs de ces localisations à la fois, l’hémorrhagie est mixte.
Étiologie. — C’est habituellement chez les enfants du premier âge qu’on rencontre les hémorrhagies méningées ; elles sont exceptionnelles dans la seconde enfance. Dugès, il y a longtemps déjà, avait bien vu qu’elles étaient une cause fréquente de mort chez les nouveaunés qui présentent des convulsions ou qui meurent pendant l’accouchement, qui sont atteints d’asphyxie ou de faiblesse congénitale (1). Cette opinion est confirmée par les travaux plus récents de Richardière (:2) et de Kundrat (3).
Ces auteurs admettent l’influence prépondérante du traumatisme obstétrical et des pressions exercées sur la tête fœtale par les os du bassin ; même mécanisme que pour la bosse séro-sanguine.
Quand l’hémorrhagie méningée s’est faite après la naissance, elle peut résulter d’une phlébite des sinus,
(1) Académie de médecine, 1833.
(2) Médecine moderne, 23 octohre 1890.
(3) Société des médecins de Vienne, 31 octobre 1890.
HÉMORRHAGIES MÉNINGÉES
d'une compression veineuse par tumeur encéphalique, (l’une compression par les ganglions sur la veine jugulaire ou la veine cave supérieure. Enfin, certaines maladies, le purpura, l’impaludisme, l’athrepsie, la tuberculose, les lésions du foie, sont à incriminer dans quelques cas.
Il est rare que, chez les enfants, l’hémorrhagie méningée relève du mécanisme si bien étudié par Cruveilhier, auquel Virchow a donné le nom de pachyméningile.
Cette variété d’hémorrhagie méningée frappe surtout les enfants épuisés et cachectiques (scrofule, tuberculose, rachitisme, rougeole).
Rilliet et Barthez ont vu un cas consécutif à la supju'ession brusque d’une dermatose du cuir chevelu.
Les traumatismes, coups, chutes, peuvent jouer un rôle, et Legendre a vu l’hémorrhagie sous-arachnoïdienne succéder à un violent accès de colère.
Analornie pathologique. — L’épanchement situé entre la dure-mère et les os du crâne est rare; il peut être le résultat d’une fracture qui aurait déchiré l’artère méningée moyenne.
Il se produit alors un céphalématome interne, qui peut guérir par résorption.
Quand l’épanchement est intra-méningé, il se présente sous forme d’une couche liquide, étalée à la surface du cerveau, ou d’un coagulum plus ou moins volumineux ; l’hémorrhagie est uni ou bilatérale.
La- quantité de sang répandue varie de quelques grammes à 100, 150, 200. Ce sang peut occuper la face interne de la dure-mère, l’espace sous-arachnoïdien, les ventricules. Il peut laisser à sa suite l’hydrocéphalie ou des kystes hématiques.
Chez les nouveau-nés (Richardière), le sang est libre,
sans trace d’enkysLemcnt, sans lésion j)réalahle de la pie-mère ni de l’arachnoïde, sans pachymôningitc. L’hémorrhagie est souvent mixte, et il peut y avoir trois nappes sanguines superposées (pie-mère, arachnoïde, dure-mère).
Dans les trois observations de Richardière, la piemère était prise, ce qui semble indiquer une rupture vasculaire. Cependant, il n’y avait pas trace de cette rtqiture, probablement capillaire. On peut trouver’ concurremment, dans ces cas, des ecchymoses pleurales, de l’atélectasie, etc.
En dehors de celte forme spéciale au nouveau-né, et dans laquelle il n’y a pas trace de travail inflammatoire, il faut étudier la pachyméningite et l’hématome de la dure-mère.
Baillarger est le premier à avoir vu que l’hémorrhagie était contenue dans une fausse membrane adhérente à la dure-mère et que le feuillet pariétal de l’arachnoïde n’3'' était pour rien. Seulement, il croyait que cette fausse membrane était formée par la fibrine du caillot.
Cruveilhier et Virchow prouvèrent qu’elle était le résultat d’un travail inflammatoire, la pachyméningite, cl que l’hémorrhagie avait pour origine la rupture des vaisseaux de cette néo-membrane. Donc, il y a deux phases anatomiques : 1“ phase inflammatoire ou pachyméningite; 2° phase hémorrhagique ou hématome.
L’hémorrhagie ainsi enkystée adhère à. la dure-mère, faiblement d’abord, d’une manière plus intime ensuite, j répondant, par sa face libre, qui est lisse et polie, à l’arachnoïde.
La néo-membrane siège près de la faux du cerveau; elle est composée de lamelles stratifiées contenant des 'I vaisseaux fins et fragiles qui, par leur rupture, créent '
lllÎMORRHAGIES MÉNINGÉES
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ie kyste hématique. Vulpian y aurait même trouvé des (ilets uerveux.
La collection sanguine varie beaucoup d’abondance, ilepuis l’ecchymose jusqu’aux collections volumineuses qui contiennent du sang frais, des caillots, des matières ocreuses, chocolat, suivant l’àge de la collection. Quelquefois il y a transformation séro-albumineuse et l’on a une hydrocéphalie externe ou enkystée.
Symptômes. — Dans les cas d’hémorrhagie en nappe, •chez les nouveau-nés, la mort est rapide; quelques enfants viennent mort-nés ou asphyxiés, ou succombent peu de jours après leur naissance, après avoir eu des •convulsions, du coma, des vomissements. Elsàsser a pourtant vu un enfant qui a vécu trois semaines, et Virchow croit à la possibilité de la guérison. Cette forme est des plus graves.
La pacbyméningite procède autrement, elle i)eut être latente. Souvent, elle s’annonce par des convulsions générales, ou limitées à un côté, à un membre, à la face, par une contracture des extrémités. Il y a des vomissements répétés, du délire, du coma. Chez les enfants assez âgés pour traduire leurs sensations, la céphalalgie est habituelle.
Dans quelques cas, la maladie débute par une apoplexie suivie d’hémiplégie. La mort peut être rapide (quelques jours).
Mais il y a une forme lente dans laquelle on voit la •fontanelle se bomber, les paralysies apparaître, a mydriase, la cécité, le strabisme, les contractures.
L enfant pousse des cris, reluse la nourriture et tombe dans le marasme.
Les paralysies sont incomplètes, à cause de la présence des fontanelles qui cèdent devant lepanchernent «t préviennent la compression du cerveau. Les convul-
TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNEANCE
sions peuvent exister du même côté que la lésion. Pas (le fièvre. Rémissions possibles.
Mort dans la plupart des cas.
Dans les cas d’hémorrhagie sous-arachnoïdienne abondante, occupant la base, il peut y avoir mort subite par compression du bulbe.
Il n’y a généralement pas de prodrome et la maladie débute, comme une apoplexie, par du coma ou par des convulsions, ces deux symptômes pouvant se remplacer.
Aux convulsions succèdent la rigidité des membres et du tronc, le strabisme, la dysphagie, la mydriase ou le myosis, la pâleur de la face, l’irrégularité du pouls, le stertor. La température est abaissée au moment de l’ictus.
Si l’hémorrhagie est ventriculaire, la mort est également rapide.
Diagnostic. — Il est presque impossible de reconnaître le siège de l’hémorrhagie, et l’on doit se contenter de savoir qu’elle existe. Une maladie cérébrale qui débute par des convulsions, de la contracture, sans localisation fixe, sans paralysie absolue, ou avec paralysie éphémère, variable, alternant avec les convulsions, ne peut être ni une hémorrhagie cérébrale., ni un ramollissement cérébral.
La céphalalgie, quand elle existe, a une réelle importance.
Il est vrai que cette céphalalgie existe aussi dans la méningite ; mais, dans cette maladie, les symptômes sont dilfus et contraires à l’idée d’un foyer limité.
La tumeur cérébrale procède par accès épileptiformes, laissant au malade des intervalles de santé relative.
La pachyméningite a parfois une marche en deux temps qui permet de la soupçonner; l’hémorrliagie sousarachnoïdienne est plus soudaine et plus rapide.