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ENCÉPHALE

A. — MÉMNLITE AIGuii.

Ayant ('•tudié ailleurs la méningite tuberculeuse, si importante en pathologie inlantile, et la méningite épidémique, il ne me reste qu’à décrire rinllammation simple des méninges, beaucoup plus rare et beaucoup moins intéressante. Rilliet a étudié cette forme (I).

Etiologie. - — La méningite aiguë simple peut être primitive et succéder soit au traumatisme (fracture, contusion du crâne), soit à l’insolation qui serait très redoutable chez les nouveau-nés.

On a incriminé aussi la répercussion des exanthèmes, mais sans doute ne faut-il voir là qu’une infection, une septicémie, à laquelle la lésion cutanée ouvre la porte.

Quand la maladie est secondaire, elle est souvent le

(i) Archives de médecine, 1846-47.

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résultat d’une carie osseuse, d’une carie du rocher surtout, elle-même consécutive à une otite moyenne.

L’enfant soulfre d’otorrhée depuis des mois on des années, et la complication méningée éclate à l’improviste; la propagation inflammatoire se fait en pareil cas, soit par le nerf auditif, soit par le nerf facial. L’ozèno, les abcès de l’orbite, pourraient aussi, par un mécanisme analogue, entraîner la méningite.

L’érysipèle de la tête, l’antbrax de la face, par une propagation semblable, atteignen t quelquefois les sinus <le la dure-mère et les méninges.

A côté de ces méningites de voisinage, un certail) nombre de maladies infectieuses comptent, parmi leurs ^complications, la méningite aiguë.

Au premier rang de ces infections se place la pneumonie qui s’accompagne parfois de méningite,- et Netter a trouvé des méningites à pneumocoque sans jmeumonie. Le pneumocoque, d’après lui, jouerait aussi un grand rôle dans la méningite épidémique (1).

Après la pneumonie, viennent la fièvre typhoïde (méningite à bacille d’Eberth), la septicémie puerpérale ('méningite à streptocoque), l’ostéomyélite aiguë (méningite à staphylocoque), la scarlatine, le rhumatisme. Dans un cas d’infection mixte par le streptocoque et le baclerlum coli, MM. Sevestre et Gastou ont trouvé une méningite aiguë supi)urée, contenant ce dernier microbe (2).

En somme, la méningite aiguë, en dehors de la tuberculose et de l’épidémicité, peut se déclarer chez les enfants de tout âge, soit primitivement, soit consécutivement à une afi'ection locale ou générale.

(1) Archives de médecine, 1887.

(2) Société médicale des Hôpitaux, 1891.

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Dans tous ces cas, la méningite est une inflammation d’origine infectieuse, dans laquelle on peut trouver des microbes très différents. La maladie, au point de vue bactériologique, est très variable; la localisation ana-. tomique seule ne varie pas.

Anatomie pathologique. — La dure-mère est tendue, y injectée, les sinus sont quelquefois remplis de coagulations ; une couche crémeuse, jaunâtre, purulente, recouvre soit une partie, soit la totalité de la surface • des hémisphères cérébraux et cérébelleux. La méningite, en effet, est tantôt générale, diffuse, tantôt partielle, elle est d’ordinaire limitée à la convexité et n’affecte pas la prédilection basilaire marquée par la, tuberculose.

Cependant, on trouve souvent du pus au niveau du chiasma et des espaces sous-arachnoïdiens, dans toutes les formes de méningite.

L’exsudât purulent siège dans la pie-mère et dans 1 ’ e s P ac e s O U s-ar ac hn oïd i e n .

Le pus est épais, fibrineux, dans la méningite pneumoeoccique; ailleurs, il peut être séreux, séro-sanguinolent.

Les vaisseaux pie-mériens sont gorgés de sang; la pie-mère adhère à la pulpe cérébrale, dont elle entiaîne des fragments quand on essaie de la détacher.

Le cerveau est congestionné, piqueté, ramolli, un certain degré d’encéphalite accompagne toujouis la méningite.

Dans les ventricules, la sérosité est abondante et parfois purulente.

Les lésions varient d’étendue et d’intensité, suivant la forme et la durée de la maladie; plus celle-ci est ■ courte, moins il y a de suppuration. On doit toujours rechercher avec soin la présence des tubercules et

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n’éliminer la méningite tuberculeuse- que dans les cas où cette recherche est négative.

On recherchera aussi du côté des os du crâne, de l’oreille, des fosses nasales, de l’orhite, les lésions qui ont pu être le point de départ de la méningite.

Symptômes. — Chez les sujets qui ont dépassé l’âge de deux ans, la céphalalgie est constante ; chez les autres, elle ne se traduit que par des cris ou des gémissements.

Ce symptôme précoce s’accompagne de vomissements, de constipation, de lièvre.

La céphalalgie est continue et atroce; elle dure un, deux ou trois jours et fait place au délire et an coma.

Chez les enfants très jeunes, les convulsions ouvrent la scène; chez les plus âgés, c’est le délire, l’agitation, l’anxiété.

Parfois, c’est un mutisme farouche que l’on constate. Le coma succède au délire ou alterne avec lui.

Les convulsions, quand elles existent, se répètent coup sur coup, elles sont toniques (roideur de la nuque et du tronc, soubresauts des tendons). Des paralysies limitées peuvent être observées.

La fièvre est très forte, elle monte à 40” et dépasse ce chilfre; j’ai vu un enfant, atteint de méningite traumatique mortelle, présenter dans l’aisselle 42“, 5 ; c’est la plus haute température qu’il m’ait été donné d’observer. Le pouls marque 120, 150, 160. La courbe fébrile est en plateau, elle ne présente que de faibles rémissions, il y a une ascension terminale dans les cas funestes.

La respiration est irrégulière et offre souvent le type de Clieyne-Stokes.

Le faciès, d’abord coloré, devient pâle, grimaçant; le

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regard est lixe, la sensiliilité des globes oculaires à la pression est exagérée, il y a du strabisme, du myosis, puis de la mydriase.

Les grincements de dents et le trismus sont habituels. L’enfant craint le bruit et la lumière.

Au début, il y a des vomissements et de la constipation, mais cette dernière est moins accusée et moins persistante que dans la tuberculose méningée.

On distingue deux formes cliniques : la délirante et la convulsive, celle-ci propre aux enfants du premier âge, celle-là plus fréquente dans la seconde enfance et accompagnée parfois d’une agitation telle qu’on est obligé d’attacher les petits malades.

La marche de la maladie est rapide et continue, sans rémissions notables ; la durée est très courte, elle va de cinq à huit ou dix jours.

On a décrit une forme chronique, caractérisée par des accès convulsifs.

La guérison est possible et l’on voit des idiots qui ont commencé par des convulsions et de la méningite aiguë ; à l’autopsie, on trouve des méninges épaisses, adhérentes, parfois de la sclérose cérébrale avec paralysie spasmodique.

Diagnostic. — Des convulsions répétées coup sur coup, avec fièvre, assoupissement ou coma, distingueront la méningite de 1 ’éclampsie infantile ; car, dans cette dernière maladie, les accès sont courts et la santé est bonne dans l’intervalle.

La méningite tuberculeuse a des prodromes plus ou moins longs, une marche subaiguë, rémittente, irrégulière, des symptômes qui indiquent la prédominance basilaire des lésions.

Chez une petite fille de quatre ans, convalescente de fièvre typhoïde, M. Tordeus a vu la méningite simple

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