‹ Traité des maladies de l'enfance (volume 2)Chapitre 83 sur 145 · G. — THROMBOSE ET PHLÉBITE DES SINUS · texte numérisé non relu

G. — THROMBOSE ET PHLÉBITE DES SINUS

Étiologie. — La thrombose des sinus de la dure-mère, rare à tous les âges, s’observe plus souvent chez les enfants que chez les adultes.

Parrot et Hutinel (1) ont observé la thrombose des sinus chez les enfants cachectiques et athrepsiés.La maladie peut succéder à une inflammation de voisinage, à un érysipèle de la face, à une carie du rocher, à un anthrax des lèvres.

Une compression des veines du cou ou de la veine cave supérieure par des ganglions ou des abcès peut encore lui donner naissance.

On l’a retrouvée également dans les états cachectiques qui accompagnent le mal de Pott, certaines rougeoles, certaines broncho-pneumonies, le rachitisme, la tuberculose.

Outre les faits de propagation directe ou de compression veineuse, on peut dire que toutes les maladies

(1) Hutinel (Thèse de Paris, 1877).

TRAITÉ DES MALADIES DE l’eNFANCE

qui altèrent profondément la crase sanguine peuvent amener la thrombose des sinus.

Anatomie pathologique. — La coagulation sanguine occupe surtout le sinus droit et les sinus transverses. Les veines qui se jettent dans ces sinus apparaissent dilatées et gorgées d’un sang noir. Dans le domaine de ces veines, on trouve en même temps de l’oedème cérébral ou sous-arachnoïdien.

L’hémorrhagie arachnoïdienne ou sous-arachnoïdienne, riiémorrhagie cérébrale, observées dans quelques cas, peuvent être considérées comme un degré extrême de cette congestion passive par arrêt de la circulation en retour.

Hutinel a montré que le ramollissement rouge des nouveau-nés était dû à la thrombose veineuse. La phlébite n’apparaît pas toujours, quoique le caillot soit parfois adhérent, et nous ne savons pas encore si ce caillot contient des microbes analogues à ceux qu’on trouve dans la phlegrnatia alba dolens. On peut croire à la présence du streptocoque pyogène quand on voit certaines phlébites des sinus aboutir à la suppuration et se compliquer de méningite.

Cela paraît évident pour les phlébites qui succèdent à l’érysipèle de la tête.

Sipyiptâmes. — La maladie n’a pas de symptômes caractéristiques; elle se montre comme un accident, comme une complication dans le cours d’une autre maladie infectieuse ou dyscrasique. Il en résulte qu’elle passe souvent inaperçue.

On peut soupçonner la thrombose des sinus quand on voit un enfant, dans le cours d’une otorrhée, d’une diarrhée chronique, etc., tomber dans l’assoupissement, le coma, ou présenter des convulsions, de la roideui cervicale, du strabisme.

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