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VIENINGISIVIE OU PSEUDO-MENINGITE

On entend sous le nom de pseudo-méningite ou méningisme (E. Dupré, Congrès de Lyon^ 1894), un état morbide caractérisé par les symptômes habituels de la méningite tuberculeuse, mais se terminant par la guérison.

Étiologie. — Le méningisme se rencontre à tout âge, aussi bien dans la première que dans la seconde enfance. Ce syndrome peut être provoqué par une maladie infectieuse (grippe, malaria, pneumonie, entérite aiguë), par une intoxication (urémie, alcoolisme, stercorémie), par une action réflexe (vers intestinaux, corps étrangers, dentition). Mais, quelle que soit la cause provocatrice, elle n'agit bien que sur les tempéraments prédisposés par le nervosisme héréditaire. Tout enfant qui fait du méningisme est un névropathe en germe, un futur hystérique, épileptique, vésanique, neurasthénique, un descendant d'arthritiques ou de névrosés. En présence d'accidents méningitiques, il faut toujours rechercher la tare nerveuse.

Ànatomie pathologique. — Le méningisme se terminant par la guérison, on n'a pas l'occasion de faire la vérification anatomique. Cependant, dans les cas de méningisme toxi-infectieux, la mort est possible, et alors on ne trouve pas d'exsudats inflammatoires méningés, mais seulement de la congestion, de l'œdème, des lésions fugaces, superficielles, peu stables, qui répondent à ce qu'on a décrit sous le nom de méningite séreuse. A. Berge et P. Claisse {Presse Médicale, 1894), chez des enfants morts au cours de la pneumonie avec des symptômes méningitiques, n'ont trouvé aucune lésion, aucun microbe. Mais la recherche des toxines n'a pu être faite, et c'est évidemment de ce côté qu'il faudrait diriger les tentatives. D'autre part, le cyto-diagnostic doit entrer en ligne, et l'on ne peut parler de méningisme avant d'avoir recherché la réaction leucocytaire du liquide céphalo-rachidien.

Symptômes. — Un enfant est pris tout à coup de symptômes cérébraux

inquiétants : délire, convulsions, céphalalgie. Puis il tombe dans un état de

somnolence plus ou moins marquée ; son pouls est irrégulier, sa respiration

ralentie ou précipitée. Il a de la photophobie, de la dilatation pupillaire, par-

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fois du strabisme intermittent. Il peut avoir, en même temps, de la raideur de la nuque, des vomissements répétés, de la constipation opiniâtre avec dépression abdominale. Il peut affecter le décubitus en chien de fusil. En somme, tous ou presque tous les symptômes de la méningite sont présents. On a dit que la fièvre faisait défaut : j'en ai constaté plusieurs fois la réalité. Elle peut être accusée, intermittente ou rémittente. Quelquefois il y a une agitation considérable, des cris incessants, une instabilité notable. La langue est saburrale, l'appétit manque totalement. Ces symptômes effrayants ne tardent pas à s'atténuer et à disparaître complètement. Les rechutes et récidives sont possibles. Le pronostic est bon, la guérison habituelle.

Diagnostic. — En présence de symptômes méningitiques survenant à l'improviste, on s'enquerra avec soin des circonstances qui les ont précédés ; des grippe, pneumonie, gastro-entérite, qui ont pu en marquer le début. On tiendra compte de tous les symptômes anormaux. Dans un cas de polio-encéphalite aiguë, ayant débuté avec fracas par délire, fièvre, agitation, et ayant déjà été traité comme méningite (sangsues aux apophyses mastoïdes), je me suis basé sur l'agitation incessante, sur l'absence de raideur de la nuque, pour écarter la méningite vraie. La suite m'a donné raison. Enfin il faut scruter les antécédents héréditaires et personnels. Les enfants sont-ils de souche nerveuse ? Sont-ils eux-mêmes nerveux, ont-ils eu des convulsions, de la chorée, de l'incontinence d'urine, de l'excitation cérébrale habituelle, des crises hystériformes ? On fera la ponction lombaire pour étudier le liquide céphalorachidien au point de vue cytologique : lymphocytes dans la méningite tuberculeuse, polynucléaires dans la méningite cérébro-spinale, rien dans le méningisme pur. Grâce à la ponction lombaire, on a pu ranger dans la classe des méningites vraies un certain nombre de faits de méningisme simple. C'est ainsi que dans les oreillons, accompagnés d'accidents méningitiques, on trouve une réaction lymphocytaire qui dénote une irritation méningée ; de même dans le zona. M^^e Condat [Arch. de Méd. des Enf., janvier 1918) a insisté sur la numération des leucocytes pour compléter et préciser l'examen cytologique (cellule de Nageotte). Au lieu de 2 à 3 lymphocytes par millimètre cube (état normal) elle a noté : 4 pneumonies à forme cérébrale avec 1,2 — 1,7 — 4 — 5,2 ; 2 broncho-pneumonies avec 1,6 ; 1 otite avec 2,8 ; 2 paralysies diphtériques avec 3,2 — 1 ,2 ; 1 urémie avec 9 ; 1 zona avec 6,4 — 2,6 ; 1 polimyélite avec 18 ; 2 tétanos avec 5 — 4 ; 6 chorées avec 5, 6 — 4,7 1,5 — 18 — 2 — 11, 2. Voilà à quoi se réduisent les diverses réactions méningées à la lumière de la numération leucocytaire.

Traitement. — Si la cause provocatrice semble siéger dans l'intestin (embarras gastrique, vers intestinaux), on donnera un purgatif, un anthelminthique. Si l'on croit à une origine dentaire, on sera autorisé à scarifier les gencives tuméfiées. S'il y a un corps étranger dans l'oreille ou ailleurs, on procédera à son extraction. Si l'on soupçonne la malaria, on fera des injections de quinine. S'il y a urémie, on donnera un lavement purgatif, et on pratiquera la saignée. S'il y a hyperthermie, on prescrira les bains froids, le drap mouillé, sans oubher les antispasmodiques : lavements de chloral, d'antipyrine, de musc, potion d'éther.

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