‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 113 sur 342 · CONGESTION CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

CONGESTION CÉRÉBRALE

cérébral ou sous-arachnoïdien. L'hémorragie arachnoïdiennc ou sous-arachiioïdienne, l'hémorragie cérébrale peuvent être considérées comme un degré extrême de cette congestion passive par arrêt de la circulation en retour.

Hutinel a montré que le ramolHssement rouge des nouveau-nés était dû à la thrombose veineuse. La phlébite n'apparaît pas toujours, quoique le caillot soit parfois adhérent, et nous ne savons pas encore s'il contient des microbes analogues à ceux qu'on trouve dans la phlegmalia alha dolens. On peut croire à la présence du streptocoque pyogène quand on voit certaines phlébites des sinus aboutir à la suppuration et se compliquer de méningite. Cela paraît' évident pour les phlébites qui succèdent à l'érysipèle de la tête. Dans 2 cas de J. Halle et G. Ulmann [Arch. de Méd. des Enfants, 1900), on a trouvé le streptocoque pyogène dans le caillot. Les enfants avaient l'un de la rhinobronchite avec otite gauche, l'autre de la pneumonie avec otite double.

Dans 4 cas de Th. Fisher {Brit. med.Jour., 6 juillet 1901), on a trouvé du pus dans la caisse du tympan. C'est en pareil cas que les recherches de Veillon et Zuber, Guillemot, sur les anaérobies seraient applicables.

Symptômes. — La maladie n'a pas de symptômes caractéristiques; elle se montre comme un accident, comme une complication dans le cours d'une autre maladie infectieuse ou dyscrasique. Il en résulte qu'elle passe souvent inaperçue. On peut soupçonner la thrombose des sinus quand on voit un enfant, dans le cours d'une otorrhée, d'une diarrhée chronique, tomber dans l'assoupissement, le coma, ou présenter des convulsions, de la raideur cervicale, du strabisme. Si la fontanelle n'était pas fermée, on la voit s'affaisser, et les os du crâne se rapprochent, chevauchent l'un sur l'autre.

Quand le sinus longitudinal supérieur est oblitéré, on observe la cyanose de la face, les épistaxis, les sueurs frontales. Si les sinus transverses et pétreux sont pris, la jugulaire du côté malade se vide, s'affaisse et semble beaucoup moins apparente que de l'autre côté. Dans quelques cas, on a constaté un œdème de la région mastoïdienne. Quand la thrombose occupe le sinus caverneux, il y a de l'exophtalmie ou de l'œdème palpébral supérieur. La mort est en quelque sorte fatale, et elle ne tarde pas ; les cas de guérison sont très douteux et s'expliquent souvent par des erreurs de diagnostic.

Traitement. — Le traitement est réduit à bien peu de chose, il ne saurait être que palhatif. On emploiera les sangsues, la glace sur la tête, les purgatifs. On fera surtout de la prophylaxie en traitant avec soin et d'une façon antiseptique les otorrhées, les plaies de tête, les furoncles et anthrax de la face ; en agissant ainsi, on préviendra l'érysipèle, cause relativement fréquente de thrombose des sinus.

Page 1