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TUMEURS CÉRÉBRALES

Chez l'enfant comme chez l'adulte, on trouve dans l'encéphale des tumeurs diverses par le siège, par la forme, par le volume, par la nature.

Étiologie. — La tuberculose, décrite plus haut, paraît être la principale cause des tumeurs cérébrales de l'enfance ; les tubercules sont tantôt solitaires, tantôt multiples ; ils occupent les hémisphères, l'isthme de l'encéphale, le cervelet. On les rencontre surtout dans les premières années de la vie. Henoch, sur 12 cas, en a vu 10 de neuf mois à deux ans ; D'Espine a trouvé des tubercules multiples dans les circonvolutions chez un enfant de onze mois. Demme a trouvé, chez un enfant de vingt-trois joursj dont la mère était poitrinaire, un tubercule gros comme une noisette dans le cervelet ; ce cas plaide en faveur de l'hérédité directe. Après les tubercules, les tumeurs observées sont le sarcome, l'échinocoque, le cysticerque, le gliome.Les syphiiomes sont beaucoup plus rarement observés que les tuberculomes. Parfois on a pu invoquer l'influence du traumatisme.

Sur 83 cas de tumeurs mahgnes réunies par Steffen (les tubercules exclus), il y a 45 garçons, 25 filles : 8 cas de un à trois ans, 28 de quatre à sept ans, 13 de huit à dix ans, 21 de onze à seize ans. Le plus jeune enfant avait quatre semaines. Le traumatisme (chute ou coup sur la tête) a été relevé 12 fois. On a compté 33 sarcomes, 22 gliomes, 12 carcinomes.

Anatomie pathologique. — Les tumeurs de l'encéphale peuvent siéger partout : dans les hémisphères cérébraux ou cérébelleux, dans le bulbe et la protubérance, dans les pédoncules. Hutinel a trouvé des tubercules disséminés dans le corps strié, le cervelet, le centre ovale, la moelle épinière (2). Les dimensions varient du volume d'un pois ou d'une noisette à celui d'une noix, d'un œuf.

Le tubercule est caséeux, enkysté, ramolli au centre, rarement crétacé.

(1) RevU! des n alaa'es d" l'enfance, févr. 1892.

(2) Sx télé anatomique 1874.

On relève ia coïncidence de méningite, d'hydrocéphalie. Chez un petit garçon de dix-huit mois, dont j'ai fait l'autopsie le 21 novembre 1905, et qui avait, depuis l'âge de quatre mois, une hémiplégie spasmodique à gauche, nous^ avons trouvé un tubercule comme une noisette enkysté dans la couche optique droite. Pas d'autres lésions ; cette tumeur avait agi par compression.

Les hydatides ont été observées dans les ventricules latéraux, les circonvolutions, les méninges ; les cysticerques affectent la même distribution sans présenter le même volume. Gerhardt a réuni 12 cas de cysticerques du cerveau. A côté du myxome, du névrome signalé par Barthez et Sanné, il faut citer le sarcome, qui est moins rare et qui peut venir des os ou des méninges. Les ghomes sont des tumeurs molles, opahnes, à évolution lente. Une tumeur peut quelquefois perforer la dure-mère et le crâne, s'étaler sous le cuir chevelu (1). L. Emmett Ho\i(Amer. Jour. of Dis. oi C/?.,sept.l917)a vu, chez un enfant de sept semaines, un glio-sarcome énorme de l'hémisphère gauchesimulant l'hydrocéphalie ; point de départ dans le plancher du ventricule latéral.

Dans le livre de Steffen, nous trouvons toutes les variétés de sarcome (myxo-sarcom'3, sarcome alvéolaire, angio-sarcom^^, fibro-sarcome, sarcome à cellules cylindriques, ostéo-sarcome, sarcome à cellules rondes ou fusiformes). Dans les gliomes, on a noté les variétés glio-sarcome, myxogliome. La localisation cérébelleuse est très fréquente (54 cas sur 83, dont 14 exclusivement) : tumeurs de la protubérance, 8 ; des hémisphères cérébraux, 10 ; des méninges, 10.

Symptômes. — Les tumeurs encéphaliques, même volumineuses, peuvent rester latentes, quand elles ne lèsent pas les tractus moteurs. Après avoir été silencieuses pendant des mois et des années, elles peuvent se traduire soudain par des convulsions, le coma et la mort. Damaschino a vu une fillette de six ans atteinte d'un cysticerque du quatrième ventricule resté latent (2). Parrot a vu une fille de sept ans qui portait dans le lobe occipital gauche une poche hydatique du volume du poing ; après une longue période de tolérance^ la tumeur se termina par des accès épileptiques et un coma mortel (3).

Parmi les symptômes, on note une céphalalgie opiniâtre et fixe, qui siège du côté de la tumeur, occupe le front ou les bosses pariétales s'il s'agit du cerveau, l'occiput si la tumeur intéresse le cervelet. Elle a parfois les allures de ]à migraine.

Dans d'autres cas, on voit survenir des troubles oculaires : strabisme, ptosis, amblyopie, névrite optique ; des paralysies, des tremblements, des contractures dans un membre, de la raideur cervicale, de l'incoordination motrice. Les enfants deviennent agités, irritables, et présentent tout à coup des convulsions épileptiformes. Ou bien ils ont des vomissements faciles, qui, coïncidant avec la constipation et la céphalalgie, font penser à la méningite. Les vertiges, la titubation, l'hémiplégie, l'hémichorée, s'ajoutent à ces symptômes. Ailleurs, ce sont des troubles de la déglutition (dysphagie) ou de la res-

(1) Reer, Recueil de médecine et de chirurgie militaires, 1871.

(2) Société médicale des hôpitaux, 1865.

(3) Ibid., 1868.

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