NEURASTHÉNIE
Certains excités cérébraux de la première enfance deviennent des neurasthéniques dans l'adolescence. Les jeunes sujets ne sont pas agités, mais torpides, paresseux, incapables d'un effort intellectuel. Ils sont en retard dans leurs études ; ils accusent du mal de tête, une douleur en casque qui les empêche de travailler. Ils sont profondément découragés, ont parfois de la mélancolie, des idées noires. En même temps leurs fonctions digestives laissent à désirer, l'appétit diminue, la constipation est opiniâtre. Ces enfants sont las avant d'avoir travaillé, lents à se mettre en train, incapables d'efïort. J'ai vu un grand garçon de douze ans (père arthritique et très nerveux, presque hystérique) présenter une inaptitude complète, se plaindre de douleurs temporales avec insomnie, agitation, lassitude absolue, incapacité de travail pendant plusieurs années. A l'examen, rien que ces souffrances indéfinissables. Cependant cet enfant raisonnait bien, avait l'intelligence nette, rendait clairement compte de tout ce qu'il éprouvait. Pendant trois ans, les études en commun ont été interrompues ; il a fallu donner .un précepteur et doser avec parcimonie les heures de travail. Puis on a conseillé la bicyclette, qui a fait merveille. Le séjour à la campagne a aussi produit de bons effets, de même que plusieurs saisons à Bagnères-de-Bigorre. Appétit irrégulier, dyspepsie, alanguissement de toutes les fonctions, grand découragement. Enfin, vers l'âge de quinze ans, ce jeune homme a retrouvé son équilibre, et la guérison a été complète.
Le traitement consiste, en pareil cas, à relever les forces par les frictions sèches, l'hydrothérapie, un bon régime ; on conseillera le séjour prolongé à la campagne, les exercices au grand air, une cure à Bagnères-de-Bigorre.