EXCITATION CÉRÉBRALE
Certains enfants sont, dès le berceau, agités, criards, insupportables pour leur entourage. Ils dorment mal, ils se tournent et se retournent, geignent sans raison, cherchent à sortir de leur couchette et tomberaient à terre s'ils n'étaient protégés par un rebord élevé ou par un filet. Plus tard, quand ils marchent, ils ne peuvent tenir en place, vont et viennent, brisent tout ce qui leur tombe sous la main, se cognent à tous les meubles. Si on s'oppose à leurs impulsions, ils se mettent en rage et présentent parfois des spasmes de la glotte ou des convulsions. Quand ils sont plus grands, ils ne sont pas davantage en repos, escaladant les meubles, bousculant tout, faisant une dépense de mouvement extraordinaire. La plupart de ces enfants dorment mal, et l'insomnie est souvent ce qui préoccupe le plus leurs parents.
Quand ils vont en classe, ils sont incapables d'attention et n'apprennent que difficilement. Cependant quelques-uns sont fort intelligents, et, s'ils méritent le nom de dégénérés, à coup sûr ce sont des dégénérés supérieurs. On pourrait plutôt les ranger dans la classe des déséquilibrés, des cérébraux. Ils peuvent rester dans cette classe, mais ils s'élèvent quelquefois dans la hiérarchie de la névropathie, et, à l'âge adulte, ils peuvent tourner vers l'hystérie, l'épilepsie, la vésanie. Parfois ils deviennent neurasthéniques, ou bien ils se livrent à l'onanisme ; ils ont des pertes séminales involontaires, de l'incontinence d'urine.
Quand on consulte les antécédents héréditaires, on retrouve les névroses habituelles, l'hystérie, l'épilepsie, la diathèse neuro-arthritique, l'alcoolisme, la goutte.
L'excitation cérébrale n'est pas toujours héréditaire et congénitale; elle peut être acquise, à la suite d'une maladie infectieuse aiguë ayant atteint le cerveau. Elle est très souvent une séquelle de V encéphalite aiguë, soit qu'elle existe seule, soit qu'elle accompagne des troubles spasmo-paralytiques ou psychiques divers.
On sera sobre de médicaments chez ces enfants ; on usera surtout des bains donnés le soir pour procurer le sommeil ; ce moyen réussit bien chez les tout petits enfants. Plus tard, on emploiera le drap mouillé, les douches froides, les frictions sèches, le massage. On veillera sur l'hygiène de la digestion, on écartera l'alcool, les metsépicés. On recommandera la cure d'air, la vie à la campagne, en un mot tout ce qui peut calmer les nerfs et fortifier le corps, sans exciter le cerveau. Pas de surmenage intellectuel, pas de veillées tardives, pas de spectacles, pas de soirées.