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POLIO-ENCÉPHALITE

A côté de la poliomyélite antérieure aiguë (paralysie infantile) et de la polio-myélite antérieure chronique (atrophie musculaire type Duchenne-Aran), prend place la poho-encéphalite, c'est-à-dire l'inflammation aiguë, subaiguë ou chronique des noyaux gris bulbaires qui prolongent dans l'encéphale les cornes grises antérieures de la moelle. A la poliomyélite de Kussmaul répond donc naturellement la polio-encéphahte de Wernicke. La poho-encéphalite peut d'ailleurs s'associer, chez l'enfant, à la poliomyélite (0. Medin, Arch. de M éd. des Enfants, 1898), et même à la polynévrite ; il y a des cas d'infections mixtes dans lesquels peuvent être pris à la fois ou successivement la moelle, le bulbe, les nerls. On sait très bien que la polio-encéphahte chronique (paralysie labio-glosso-laryngée) peut succéder à l'atrophie musculaire progressive ou à la sclérose latérale amyotrophique. De même la

polio-encéphalite aiguë peut être associée à la paralysie infantile typique. Les cas dans lesquels la paralysie infantile se complique de paralysie faciale, d'ophtaîmoplégie, ne sont plus faits pour nous surprendre, et le syndrome bulbaire (Nil Filatow) peut se présenter dans des circonstances bien diverses : diphtérie, syphilis, septicémies. La poUo-encéphalite est distinguée en supérieure et inférieure, suivant qu'elle atteint les noyaux gris de la protubérance et de la moitié supérieure du bulbe, ou ceux de la moitié inférieure. Dans le premier cas, nous avons l'ophtalmoplégie ; dans le second cas, la paralysie labio-glosso-laryngée. Dans tous ces cas, ce sont les cellules nerveuses des noyaux gris qui sont altérées, comme elles le sont dans les cornes grises de la moelle.

Étiologie. — La poho-encéphalite peut être congénitale ; on voit des enfants qui naissent avec une ophtalmoplégie (maladie intra-utérine sans doute). J'ai vu, avec le D^ Delthil, un nouveau-né infecté dans l'utérus (placenta putréfié) présenter, immédiatement après sa naissance, un érythème desquamatif généralisé et une poho-encéphalite inférieure aiguë (impossibilité du cri, de la succion, du mouvement des lèvres, visage sans expression), qui a mis plus de deux mois à guérir. Le plus souvent, la lésion succède à une maladie infectieuse connue ou inconnue, fièvre éruptive, varicelle (cas de Marfan), grippe, fièvre typhoïde, syphilis, pneumococcie, streptococcie, ou à une intoxication (plomb, oxyde de carbone). Quelquefois, elle résulte d'une propagation encéphahque ou méduHaire (paralysie générale, lésions en foyer du cerveau, tumeurs bulbo-protubérantielles, sclérose en plaques, poliomyélite, tabès). Elle est alors dite secondaire.

Symptômes. — Dans la poho-encéphalite supérieure ou ophtalmoplégie externe, on voit les paupières demi-closes, les yeux fixes, souvent tirés en dehors (nerf abducteur non paralysé). Toute la musculature extérieure de l'œil est paralysée, sauf le droit externe. En même temps les muscles irien et ciliaire ont conservé leur action; sans cela nous aurions V ophtalmoplégie interne. Quand les symptômes sont ainsi locahsés, on ne peut admettre qu'une lésion nucléaire portant sur le noyau du moteur oculaire commun, sauf sa partie supérieure, et sur le noyau du pathétique. Il peut y avoir une ophtalmoplégie interne isolée et une ophtalmoplégie totale.

James Taylor [Brit. Journ. of C hildren' s Diseases, idinvier 1904) a vu, chez une fille de treize ans, la migraine s'accompagner d'ophtaîmoplégie (paralysie de la troisième paire) : chute de la paupière, strabisme externe, mydriase à gauche; l'hémicranie siégeait du même côté. Guérison parl'électrothérapie.

Dans la polio-encéphalite inférieure, nous avons le syndrome de la paralysie labio-glosso-laryngée : impossibilité de siffler, de souffler, gêne de la parole et de la déglutition, paralysie progressive de la langue, des buccinateurs, du pharynx, du larynx. Ordinairement toutes ces poho-encéphalites sont symétriques et bilatérales. Dans la forme aiguë et primitive, elles sont curables ; dans la forme chronique, le pronostic est très mauvais.

Le diagnostic est facile quand on connaît bien l'anatomie des noyaux

bulbaires.

Traitement. — Électrisation locahsée, iodure de potassium, strychnine.

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