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CONVULSIONS. — ÉCLAMPSIE

auteurs, Brachet, Rilliet et Barthez, ont observé parfois des symptômes prodromiques : insomnie nocturne, assoupissement diurne, irascibilité, pouls vibrant.

Les convulsions laissent à leur suite de la somnolence, de la mydriase,deîa fixité du regard, un état comateux. S'il persistait une paralysie, on soupçonnerait quelque lésion des centres nerveux.

La durée d'une convulsion est courte ; elle est de une à cinq minutes, mais elle peut se répéter coup sur coup, à intervalles plus ou moins longs. Il peut y avoir cinq, dix, vingt accès par jour ; ces accès peuvent être subintrants, formant un véritable étal de mal convulsif qui peut durer plusieurs jours. Les convulsions initiales des maladies aiguës s'ont ordinairement uniques. Celles des lésions cérébrales sont multiples. La mort peut résulter d'un seul accès ou d'une série d'accès ; elle est à redouter quand les accès sont très violents et très rapprochés.

Diagnostic. — L'épilepsie a de grandes analogies avec l'éclampsie, et d'ailleurs on voit des enfants qui entrent dans l'épilepsie. par cette porte. Cependant, en présence d'un enfant atteint de convulsions, on n'est pas autorisé à prononcer d'emblée le mot d'épilepsie ; ce n'est que dans la seconde enfance qu'on pourra le faire. On tiendra compte non seulement de l'âge des enfants, mais du retour des accès, du stertor qui les accompagne, de la santé antérieure et des causes provocatrices.

En présence d'un accès convulsif, il n'est pas toujours facile de remonter à la cause. Si l'enfant a moins de deux ans, s'il n'a ni fièvre, ni albuminurie, s'il entre facilement en convulsion, s'il est issu de parents névropathes, on admettra l'existence de l'éclampsie essentielle ou idiopathique, liée au tempérament de l'individu, et curable. S'il existe une cause d'excitation externe ou interne, un traumatisme cutané, une entérite, des vers intestinaux, on pourra admettre la convulsion réflexe, et le diagnostic s'affirmera si le traitement de la cause présumée fait cesser les convulsions. Les convulsions toxiques, celles qui sont Hées à un mauvais régime, à l'usage des aliments grossiers, trop épicés, trop irritants (alcool, café), devront disparaître par le retour à un régime approprié et par l'antisepsie intestinale. On soupçonnera une lésion encéphalique si les convulsions se répètent, si elles alternent avec des paralysies, si elles s'accompagnent de vomissements et de constipation. Les convulsions initiales des maladies aiguës se reconnaissent à l'existence de la fièvre et à l'apparition prochaine des symptômes de ces maladies (éruptions, signes stéthoscopiques).

Pronostic. — Quand les convulsions sont légères, non suivies de stertor, on peut porter un pronostic favorable. Il n'en est pas de même si elles se répètent avec intensité. Plu» l'enfant est âgé, plus la signification des convulsions se précise ; un petit enfant entre facilement en convulsion, ; il faut une cause sérieuse pour donner des convulsions dans la seconde enfance. Beaucoup d'enfants meurent de convulsions ; parrrii ceux qui survivent, les uns guérissent complètement et définitivement ; les autres sont destinés à l'hystérie, surtout quand ils ont de mauvais antécédents héréditaires.

Les convulsions du début des maladies aiguës ne sont pas graves ; elles le CoMBY. — Maladies de r Enfance. 54

sont davantage quand elles surviennent plus tard, car elles indiquent quelque complication encéphalique. Les convulsions asphyxiques du croup, de la coqueluche, de la broncho-pneumonie, sont très graves. Très graves aussi sont leg convulsions symptomatiques des lésions cérébrales. L'éclampsie scarlatineuse est généralement curable.

Traitement. — Au moment de l'accès, on desserre les vêtements de l'enfant, on élève sa tête et on donne de l'air. On cherche à provoquer une évacuation intestinale par un lavement au miel, à l'huile, à la glycérine (une cuillerée à bouche de ces substances).

Trousseau conseille la compression des carotides, West les inhalations de chloroforme. Le chloral, contre-indiqué s'il y a asphyxie, peut être donné, dans les autres cas, en lavement (1/2 gramme) ou en potion (20 centigrammes), de quart d'heure en quart d'heure. On fera des frictions stimulantes, on flagellera les fesses, le visage, avec l'eau froide ; on fera respirer un peu d'ammoniaque. Si Fimpaludisme est soupçonné, on donnera la quinine en lavement, suppositoire ou injections sous-cutanées (20 centigrammes de bichlorhydrate ou de chlorhydro-sulfate de quinine). Les bromures de sodium, ammonium, strontium, seront prescrits à la dose de 1 à 2 grammes.

On cherchera à triompher des causes des convulsions et, suivant les cas, on sera conduit à donner des vermifuges, à faire la trachéotomie, à purger l'enfant. Pour les convulsions des fièvres, surtout quand il y a hyperthermie, on a conseillé avec raison l'usage des bains froids ou tièdes, du drap mouillé. Si l'urémie est en cause, on appliquera des sangsues ou des ventouses scarifiées. Comme antispasmodique, le musc sera essayé (en lavement : 20, 30, 60 centigrammes). Les inhalations d'oxygène trouvent leur indication dans l'asphyxie qui accompagne les cas intenses.

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