LARYNGITE AIGUË SIMPLE
Étiologie. — Le refroidissement est, à tous les âges, la cause habituelle de la laryngite aiguë simple ; tantôt l'impression du froid agit d'emblée et exclusivement sur le larynx, tantôt la laryngite aiguë succède au coryza et marque le trait d'union entre la rhinite a frigore et la trachéo-bronchite.
Les Anglais citent la brûlure du larynx, observée chez des enfants buvant à la théière, comme cause de laryngite aiguë et d'œdème de la glotte. Après le froid, il faut signaler la rougeole comme une cause fréquente de la laryngite, qui précède l'éruption et lui survit parfois. Les autres maladies générales, pouvant s'accompagner de laryngite aiguë, sont : la variole, la fièvre typhoïde, la grippe, la coqueluche.
Anatomie pathologique. — Il est rare qu'on puisse étudier les lésions microscopiques de la laryngite simple ; mais cette étude est possible dans les laryngites aiguës secondaires à la rougeole. Coyne [Thèse de Paris, 1874) a vu, en pareil cas, divers degrés et diverses formes de lésions : ou bien la muqueuse du larynx est simplement rouge, hyperémiée, arborisée, ou bien elle présente des ulcérations. Dans la forme simplement catarrhale, le chorion de la muqueuse est infiltré de leucocytes, surtout autour des vaisseaux et des glandes qui sont tuméfiées. Les follicules lymphatiques sont saillants et hypertrophiés.
Dans la forme ulcéreuse, on trouve des pertes de substance disséminées ou localisées à la partie postérieure de la corde vocale inférieure ou près des cartilages aryténoïdes. Enfin on peut trouver des lésions œdémateuses de l'épiglotte et des replis aryténo-épiglottiques, dans les cas où l'enfant est mort avec les symptômes de la laryngite œdémateuse. L'œdème de la glotte, exceptionnellement primitif, est presque toujours secondaire à la variole, à l'abcès rétro-pharyngien, à la nécrose typhoïdique des cartilages, à l'albuminurie scarlatineuse.
Je mentionnerai la périchondrite suppurée, qui, très rarement il est vrai, peut simuler l'œdème de la glotte ou le croup et nécessiter la trachéotomie (Coulon, Progrès Médical, 1889).
Symptômes. ■ — La laryngite aiguë se traduit par un enrouement qui peut aller jusqu'à l'aphonie complète ; j'ai vu cette aphonie durer plus de quinze jours dans une laryngite consécutive à la rougeole, chez un enfant de trois ans et demi. La toux est rauque, mais il n'y a pas la moindre dyspnée, et la maladie peut évoluer sans fièvre et sans troubles de la santé générale. On ne la reconnaît qu'aux caractères anormaux de la voix et de la toux. L'auscultation, quand la laryngite est simple, reste absolument négative. L'examen de la gorge fait constater parfois une rougeur diffuse du pharynx et la présence de mucosités épaisses sur la paroi postérieure. Quant à l'expectoration, il ne faut pas y compter chez la plupart des enfants ; les crachats, peu abondants d'ailleurs, sont déglutis à mesure qu'ils sont chassés par la toux.
A côté des laryngites légères et sans fracas, il y a des formes graves avec fièvre, anxiété, dyspnée, toux incessante et pénible, cornage, menaces d'asph^Tcie. On a cité des cas mortels. Généralement, tous les symptômes s'amendent au bout de quelques jours; la voix est pour un temps enrouée, bitonale, et l'enfant guérit assez vite.
Diagnostic. — En présence d'un enfant qui a de la raucité de la voix, même sans fièvre et sans atteinte générale, sans angine, sans adénopathie, on ne peut se défendre de penser au croup. La diphtérie du larynx débute trop souvent d'une façon insidieuse pour ne pas justifier toutes les alarmes. S'il y a eu une fausse membrane dans la gorge ou dans les crachats, le diagnostic est fait. Dans les cas douteux, on prescrira l'isolement, comme si la diphtérie était certaine. Gela ne nuira pas à l'enfant et pourra préserver l'entourage.
On reconnaîtra l'œdème de la glotte au toucher et même à la vue.