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LARYNGSTE PHLEGIVIONEUSE

L'inflammation suppurative du larynx peut être interne ou externe, intralaryngée ou péri-laryngée. Dans le premier cas, il y a périchondrite ou abcès sous-muqueux (cas du D^ Coulon, Progrès Médical, 1889 ; cas de Marevéry, Médecine Infantile, 1894 ; cas de Moure). Dans le second cas, il y a abcès périlaryngien et même péri-trachéo-laryngien (cas de Massei, Arch. iial. di Laring., 1897 ; cas d'Egidi ; cas de Filé-Bonazzola, id. 1902).

Étiologie. — • La laryngite suppurée est presque toujours secondaire à une maladie infectieuse locale ou générale : rougeole, grippe, fièvre typhoïde, amygdalite aiguë. Elle se rencontre dans la première comme dans la seconde enfance ; mais elle est assez rare et ne saurait entrer en parallèle, pour la fréquence, avec les autres variétés (laryngite striduleuse, croup).

Les examens directs, les cultures du pus n'ont pas montré la présence du jjacille de Lœffler, mais seulement des microbes pyogènes (staphylocoques, streptocoques) et parfois des pneumocoques.

Il faut faire une petite place à l'abcès prélaryngé, ayant pour point de départ le ganglion de Poirier ou Gouguenheim, dont on a rapporté des exemples après le tubage (Apert, Tollemer, Soc. de Pédiatrie, 1905). Dans le cas de Tollemer, quoique l'enfant fût atteint de croup, le pus de l'abcès était à pneumocoques. J'ai vu un cas d'abcès prélaryngé chez un enfant atteint simplement de rhino-pharyngite grippale.

Symptômes. — L'enfant, après une phase plus ou moins bien caractérisée de grippe, d'angine aiguë, de bronchite, de broncho-pneumonie, est pris de dyspnée intense avec cornage, de suffocation avec symptômes de sténose laryngée. Le tableau est celui du croup à la période asphyxique. Tantôt, si l'examen laryngoscopique est possible, on constate une tuméfaction sous-

glottique ; tantôt on voit à l'extérieur une tumeur fluctuante, qui siège sur un des côtés du larynx et envahit plus ou moins la trachée. Dès lors le diagnostic est fait. Cependant la situation générale et locale est de plus en plus grave, et, si l'on n'intervient pas, l'enfant est emporté par l'asphyxie et les progrès de l'infection. Le pronostic est donc des plus graves ; car, même après la trachéotomie, la mort n'est pas toujours évitée, l'enfant étant déjà épuisé par la fièvre, par l'infection, par la broncho-pneumonie qui comphque souvent cette périlaryngite.

Diagnostic. — Quand il n'y a pas de tuméfaction extérieure, le diagnostic €st des plus difficiles. On pense d'abord à la diphtérie, au croup, qui offre à peu près le même tableau symptomatique. Toutefois l'examen bactériologique ne révèle pas la présence des bacilles de Lofïler, et, après la trachéotomie, il s'écoule un flot de pus. D'ailleurs, dans quelques cas, l'examen laryngoscopique a montré la présence de l'abcès sous-glottique (Moure).

L'œdème de la glolie doit être également éhminé ; on sait qu'il siège à l'entrée du larynx le plus souvent et qu'il peut être senti par le doigt ou constaté de visu avec l'abaisse-langue. Les laryngites ulcéreuses de la rougeole^ de la fièvre iyphoïde (laryn go-typhus) devront être envisagées. L'abcès rétropharyngien à siège inférieur pourra créer des difficultés de diagnostic. Si le phlegmon est extérieur (Massei), il est facile à reconnaître par l'examen direct.

Traitement. — Donner issue au pus, telle est l'indication principale. La trachéotomie est préférable au tubage en pareil cas. Pour prévenir l'abcès, on fera systématiquement des pulvérisations antiseptiques des premières voies dans toutes les maladies aiguës qui menacent le larynx.

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