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STRABISME ET PARALYSIES OCULAIRES

lo Dans le slrahLme^ la ligne visuelle d'un œil forme un angle avec la ligne de l'objet visé, quelle que soit la position du regard. Le strabisme peut n'apparaître qu'à de certains moments (périodique^ intermittent) ; en général, il est fixe ou permanent ; il est alternant s'il afïecte à tour de rôle chacun des deux yeux ; il est monoculaire s'il siège toujours sur le même œil ; convergent quand l'œil regarde en dedans, il est dii^ergeni quand il regarde en dehors. A ces déviations peuvent s'ajouter un abaissement ou une élévation du globe.

Dans le strabisme, le champ d'excursion des yeux est normal; la déviation primitive de l'œil strabique est toujours égale à la déviatiori secondaire de l'œil sain ; la diplopie manque, parce que l'œil dévié neutralise son image : il n'y a pas de vision binoculaire. Pour reconnaître l'œil strabique, on couvre un œil avec la main et on fait fixer un objet à 30 centimètres ; on découvre alors l'œil caché, et, si l'œil occupé à fixer se dévie, on en conclut qu'il est strabique.

Les causes du strabisme sont mal fixées ; il faut compter avec les anomalies de la réfraction et de l'accommodation (Donders), avec les troubles cérébraux (Parinaud), avec les tares nerveuses (Valude), avec les malformations et lésions de l'appareil musculaire, avec l'encéphalite aiguë du jeune âge.

Le strabisme convergent se déclare surtout chez les hypermétropes. Le début a lieu vers trois ou quatre ans, à la suite de convulsions, de fièvres éruptives, de diphtérie, fièvre typhoïde. Il peut disparaître à la puberté. Le strabisme divergent se voit surtout chez les myopes et ne guérit pas spontanément.

Le traitement orthoptique, applicable seulement au strabisme convergent, périodique, devra être poursuivi des mois et des années pour avoir quelque chance de succès. On commence par une cure d'atropine de huit jours, qui permet de calculer le degré de l'hypermétropie. On fait ensuite porter constamment des verres convexes, corrigeant l'hypermétropie, et on ferme tous

les jours, pendant une heure ou deux, l'œil bon avec une louchette. Le traitement opératoire ne rétablit pas la vision binoculaire, mais il supprime la déviation disgracieuse. Il consiste à faire la ténotomie ou l'avancement musculaire.

2° Dans la paralysie oculaire, on note la diminution de mobilité du plobe ; la déviation secondaire de l'œil sain est supérieure à la déviation primitive de l'œil malade : il y a de la diplopie. L'œil malade ne peut se tourner vers le côté du muscle paralysé ; il suffît, pour s'en assurer, de fermer l'œil sain et de faire suivre à l'œil malade un objet dans toutes les directions. Si l'on fait fixer un objet du côté du muscle paralysé, l'œil malade n'obéit pas et offre une déviation primaire ; l'œil sain offre une déviation secondaire supérieure à la précédente.

Il y a des phénomènes de fausse projection qui font que les enfants se jettent sur les meubles, les objets en mouvement.

Enfin la diplopie est constante : l'un des yeux étant dévié, il se forme deux images, et la perception n'est plus simple. Cette diplopie n'existe que quand le regard se dirige vers le muscle paralysé. La diplopie augnvenle dana la direciion du muscle paraisse el diminue dans le sens inversa. On la fait disparaître en fermant ou couvrant l'œil malade. Quelquefois l'enfant la corrige tout seul par certaines inclinaisons ou rotations de la tête.

Pour rechercher la diplopie, il faut donc commencer par mettre la tête dans la rectitude, puis faire fixer une bougie en couvrant un œil avec un verre coloré. Alors l'enfant voit deux lumières diversement colorées. La situation respective de ces images fait reconnaître le muscle paralysé (diplopie homonyme ou croisée). Lorsque les axes des globes oculaires convergent, la diplopie est homonyme ou directe ; elle est hétéronyme ou croisée lorsque les axes oculaires divergent.

Pour reconnaître le muscle paralysé, il faut savoir que les images doubles s'éloignent l'une de l'autre quand on fait mouvoir la lumière dans la direction du muscle paralysé et qu'elles se rapprochent quand on la fait mouvoir en sens opposé. Voici les principales paralysies oculaires :

A. Paralysie du moteur oculaire commun (muscles droits interne, supérieur, inférieur, petit oblique, releveur de la paupière supérieure, sphincter de l'iris, muscle ciliaire). Tout l'ensemble peut être pris, paralysie totale et complète ou incomplète de la troisième paire : chute de la paupière, déviation de l'œil en dehors et un peu en bas, diminution des mouvements en dedans, en bas, diplopie croisée, face inchnée du côté sain, dilatation de la pupille, paralysie de l'accommodation. Ou bien la paralysie porte isolément sur le droit interne (déviation en dehors, diplopie croisée, face tournée du côté paralysé), sur le droit supérieur (déviation en bas, diplopie verticale, face tournée en haut), sur le droit inférieur (déviation en haut, diplopie verticale, flexion de la tête).

B. Paralysie du moteur oculaire externe ou droit externe. — Les axes optiques sont déviés en dedans, les mouvements en dehors sont diminués, l'œil sain est dévié secondairement en dedans ; diplopie homonyme, tête tournée vers l'œil paralysé.

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