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TUBERCULOSE DU LARYNX

La tuberculose du larynx, signalée par Trousseau, Rilliet et Barthez, Steffen, Demme, a été étudiée par le D^" Maurice Perrin (Bordeaux, 1902).

Étiologie. — La phtisie laryngée, très rare dans la première enfance, moins rare dans la seconde, est souvent une trouvaille d'autopsie. Louis disait que le larynx s'inoculait par les crachats expectorés. On peut admettre quatre modes de tuberculisation :

1^ Infection secondaire à la tuberculose pulmonaire ;

2° Infection secondaire par voie sanguine ou lymphatique ;

3° Infection primitive de la muqueuse laryngée ;

4^ Envahissement de proche en proche (tuberculose du pharynx).

Anatomie pathologique. — Infiltration tuberculeuse du larynx (cordes vocales, épiglotte) ; légère tuméfaction de la muqueuse, follicules tuberculeux, bacilles rares; parfois œdème, ulcérations en coups d'ongle, fissuraires, punctiformes, érosions avec ou sans œdème ; la trachée peut être envahie. Forme végétante, pseudo-polypeuse. Périchondrite avec œdème (laryngite

œdémateuse secondaire). Sclérose du larynx. Granulie pharyngo-laryngée. La tuberculose du larynx n'existe jamais seule ; il y a des lésions viscérales (poumons, ganglions bronchiques).

Symptômes. — La tuberculose laryngée peut être latente, surtout si elle est secondaire et tardive. Quand le larynx est infecté assez tôt, il y a des symptômes : dysphagie en cas de lésions vestibulaires, voix rauque, enrouée ; douleur plus rare ; ulcérations ou infiltrations visibles au laryngoscope quand les enfants se prêtent à l'examen. Après l'enrouement et même sans ce symptôme, accès de suffocation pouvant se répéter et nécessiter la trachéotomie. Ces accès sont dus à l'œdème de la glotte.

Diagnostic. — L'envahissement du larynx sera dénoncé par les symptômes précédents. Dans quelques cas, le diagnostic présente des difficultés (syphilis). La forme végétante peut être confondue avec les papillomes du larynx. La forme suffocante, si elle survient d'emblée, peut simuler le croup ; la laryngoscopie, quand elle sera possible, permettra d'éviter l'erreur. D'ailleurs l'examen du poumon et des autres organes, l'étude des antécédents de l'enfant et de la marche de la maladie pourront lever toutes les difficultés.

Pronostic. — Le pronostic dépend souvent de l'état de ces autres organes (poumon, etc.). Il faut reconnaître que la tuberculose laryngée aggrave le pronostic des autres localisations ; elle est souvent la dernière étape de la tuberculose infantile. La mort peut être rapide (quelques semaines), ou retardée (plusieurs mois), et la guérison n'est pas impossible.

Traitement. — H y a peu à faire localement contre la tuberculose laryngée (badigeonnages et cautérisations). Le tubage ne saurait intervenir, mais la trachéotomie peut être rendue nécessaire par la suffocation. On ne néghgera pas le traitement des autres locaHsations de la tuberculose et l'hygiène générale qui permettra de fortifier le terrain (cure d'air, alimentation, repos).

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