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ABCÈS MULTIPLES DE LA PEAU

Il n'est pas rare d'observer, chez les enfants en bas âge, chez les nourrissons dont la peau est si tendre, si facile à érailler, à excorier au contact des urines et des matières fécales, des collections purulentes multiples, cutanées ou sous-cutanées, qui ne relèvent ni de la syphilis, ni de la tuberculose.

Ces abcès multiples, bien étudiés par Escherich, Hallopeau [Soc. de Derm., 2 août 1894), J. Renault, relèvent du staphylocoque doré, comme l'impétigo, le furoncle, l'ecthyma ; cependant Auché {Journal de Màd. de Bordeaux^ 18 août 1907) a trouvé le coHbacille dans le pus d'abcès multiples d'un prématuré ; dans un de ces abcès il y avait aussi quelques staphylocoques ; C. Nyberg {Finsk-Handl., nov.-déc, 1918), sur 133 cas, trouve 132 fois le staphylocoque en culture pure, 1 fois associé au streptocoque et insiste sur la transmission directe ; l'agent pathogène pénètre probablement par les orifices glandulaires, et la dissémination se fait par des auto-inoculations successives. Les bains répétés, les enveloppements humides du thorax peuvent être le point de départ des abcès multiples. J'ai vu un petit enfant de dix-sept mois atteint de pneumonie présenter ainsi une multitude d'abcès, d'abord durs et petits comme des grains de plomb ou des pois, puis mous et étalés. En certaines parties du tronc, ils étaient absolument confluents. On les voit fré-

quemment à la suite des fièvres éruptives chez les nourrissons, à la suite des entérites, de l'athrepsie. Il n'y a pas de septicémie, d'infection générale de l'organisme ; malgré la^multiplicité des manifestations cutanées, la cause est purement locale et agit superficiellement. Mais les abcès peuvent se multiplier rapidement ou se succéder pendant des mois, laissant à leur suite des cicatrices planes ou déprimées, des macules rouges. Ce qui distingue ces collections purulentes des gommes tuberculeuses, observées au même âge, c'est la durée moindre de chaque abcès, l'absence de fistule consécutive à l'évacuation, l'absence de bacilles tuberculeux et de tuberculose expérimentale. Ces abcès cutanés et sous-cutanés sont d'ailleurs de volume variable : leur grosseur peut égaler celle d'un pois, d'une noisette, d'une noix. Le pronostic est bénin, et un bon traitement local antiseptique amène assez rapidement la guéri son.

On devra donner des bains de sublimé (1 p. 10.000) tous les jours ou tous les deux jours, afin de rendre la peau aseptique et de détruire les microbes de la surface. On peut aussi faire un lavage à l'eau oxygénée à 12 volumes. Les collections purulentes seront ouvertes, après lavage à l'eau oxygénée, par ponction simple à la lancette ou au bistouri et pansées isolément, soit avec l'emplâtre de Vigo, soit avec l'emplâtre rouge. En recouvrant chaque abcès, au moment de sa formation, on s'opposera à la dissémination des germes.

A. Mauié {La Presse Médicale, 22 juillet 1918) recommande les sels de cuivre comme topiques : bain local de sulfate de cuivre à 1 pour 1.000, pansements humides avec cette solution dont on peut augmenter le titre jusqu'à 1 pour 200.

La répétition indéfinie d'abcès chez les enfants déjà grands peut conduire à l'emploi des vaccins antistaphylococciques. J. Sabrazès, G. Dargein et R. Mougneau [Gaz. hehd. des se. méd. de Bordeaux, 19 mars 1911), chez une fille de quinze ans épuisée par une série d'abcès, ont injecté à huit ou dix jours d'intervalle, d'abord 100 milHons, puis 200, 400, 500 et 600 millions de staphylocoques, sans aucun inconvénient. Après la cinquième injection, l'enfant a guéri. M^-^ de Pfeffel [Soc. de Péd., 18 mars 1919) a employé la méthode de Wright (auto-vaccin) avec succès : 250 à 500 millions de germes. J. Maurel [Thèse de Toulouse, 1919) a aussi employé le vaccin antistaphylococcique : stock- vaccin lipoïdique obtenu par la méthode de Wright (100.000 cocci par ce).

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