PURPURA
de rechute. La rechute peut survenir d'ailleurs spoiilandxnent même au repos, ou être provoquée par l'intervention d'une maladie (^ingine aiguë par exemple), d'une purgation ou d'une autre cause provocatrice quelconque. J'ai vu une fillette de dix ans soignée pour un purpura simple des quatre membres guérir rapidement par le repos au lit. Un jour, elle a de la fièvre, mal à la gorge, on voit des points blancs sur les amygdales, en même temps ses membres se couvrent de taches purpuriqiies. Après quelques jours, la poussée purpurique s'éteint. On veut donner un [.urgatif pour nettoyer l'intestin (20 grammes d'huile de ricin) ; après des évaluations abondantes, nouvelle poussée de purpura. La guérison n'est devenue stable et définitive que quinze jours après.
La guérison est fréquente, mais la maladie peut avoir une terminaison fatale, alors même qu'elle s'annonçait au début par des signes rassurants. Il faut toujours se défier du purpura infectieux et réserver le pronostic. Cependant, même dans les cas de purpura foudroyant, il n'y a pas lieu de désespérer. Boulloche a vu guérir un enfant de quatre ans et demi qui en était atteint {Soc. Méd. des Hop., 27 octobre 1899).
L'examen du sang, dans le purpura, peut donner d'utiles indications. Hayem [Acad. des Se, 23 novembre 1896) et Bensaude {Soc. MH. des H^p., 15 janvier 1897) ont appelé l'attention sur l'absence de rétraction du cailio , sanguin et de transsudation du sérum dans les diverses variétés de purpura hémorragique. Cette lésion coïncide avec une diminution du nombre des hématoblastes, qui tombent de 150.000 ou de 200.000 à 50.000 ou 35.000 par millimètre cube. Sur 16 cas de purpura hémorragique, la lésion existait constamment, alors qu'elle a manqué chez 152 sujets atteints de purpura simple ou d'affections diverses. L'examen du sang présente donc dans le purpura un double intérêt clinique : il constitue un élément de pronostic, et, de plus, il permet parfois de porter le diagnostic de purpura hemorragica dans les cas ayant les apparences d'un purpura simple, ou caractérisés simplement par de rares ecchymoses cutanées (Bensaude).
Le pronostic du purpura peut être assombri par la coïncidence de la tuberculose signalée assez souvent chez les enfants. P. Haushalter {Arch.de Méd, des Enfants, mai 1911) a vu une fillette de sept ans, après des poussées successives de purpura subaigu pendant cinq mois, mourir de tuberculose. Parmi les formes les plus graves, dont j'ai vu 2 ou 3 cas, il faut signaler le purpura gangreneux dont Mamerto Acufia {Bev. de ti Soc. Med. Argtnlina, sept.oct. 1909) a publié un exemple typique : fille de sept ans, œdème et purpura, phlyctènes séro-sanguines, ulcérations, eschares, purpura infectieux primitif très étendu, avec foyers gangreneux multiples, albuminurie, hématurie, melsena (3.000.000 hématies, 15.000 leucocytes). Mort. Pétéchies sur le cœur, l'estomac, l'intestin, le péritoine ; streptocoques dans le sang.
Diagnostic. — Le diagnostic est en général facile : le purpura non infectieux, dyscrasique ou névrotrophique, observé chez quelques enfants anémiés, surmenés, affaiblis par le travail ou par la croissance, se distinguera par l'absence d'hémorragies viscérales, de fièvre, par la dissémination discrète de ses mouchetures, par leur siège aux membres inférieurs. Le scorbut,
bien rare aujourd'hui, se distinguerait par la prédominance des manifestations buccales et la notion étiologique. Dans deux cas de scorbut infantile (maladie de Barlow), j'ai constaté le purpura ; les deux enfants ont guéri. Quant aux pétéchies qui marquent le début des fièvres éruptives, surtout de la variole hémorragique, elles peuvent donner le change et simuler parfaitement les formes les plus graves du purpura infectieux.
Le purpura rhumatoïde devra être distingué du rhumatisme articulaire aigu. Dans quelques cas la.confusion avec l'appendicite a été faite. Un examen attentif du ventre permettra de l'éviter.
Traitement. — Repos au lit, dans une chambre aérée, chauffée à 16 ou 17° ; diète lactée, boissons acidulés (limonade citrique ou tartrique), glace dans les cas d'hémorragie interne. Frictions stimulantes de la peau avec l'essence de térébenthine, l'eau-de-vie camphrée, le baume de Fioravanti ; enveloppement des jambes œdématiées avec des compresses imbibées de chlorhydrate d'ammoniaque (5 p. 100 d'eau distillée) ; ces moyens s'adressent aux pétéchies et aux accidents cutanés.
A l'intérieur, pour combattre la tendance aux hémorragies, on donnera l'acide citrique (2 à 4 grammes dans unjulep gommeux), la quinine, l'ergotine (50 à 60 centigrammes par jour), le sirop de ratanhia (50 à 100 grammes), l'extrait de quinquina (2 grammes dans une demi-potion de Todd).
Si les hémorragies deviennent inquiétantes, on donnera le perchlorure de fer (XX gouttes dans l'eau sucrée); on fera des injections sous-cutanées d'ergotine, malgré le danger qui peut résulter d'un léger traumatisme de la peau ; le tamponnement des fosses nasales, voire la transfusion, sont parfois indiqués.
Les injections sous-cutanées de sérum de cheval non immunisé ou à son défaut de sérum antidiphtérique (20 centimètres cubes) répétées plusieurs jours de suite seront essayées contre les hémorragies graves qui accompagnent certains purpuras. Cependant J. Porter Parkinson [Royal Soc. of Medicine, avril 1909), dans 2 cas de purpura rhumatoïde, avec urines sanglantes et albumineuses, a employé sans succès les injections de sérum de cheval (garçons de six et huit ans). Dans un troisième cas (garçon de cinq ans), les douleurs de ventre jointes au melsena ayant fait croire à une invagination, on fit une laparotomie qui montra la présence de purpura intestinal sans invagination ; l'enfant mourut de péritonite. Chez une fille de sept ans, vue par J. Lovett Morse et James S. Stone [Arch. of Ped., avril 1909), ayant du purpura des membres avec melœna, douleur au côté droit du ventre avec sensation de boudin (21.000 leucocytes), il y avait bien une véritable invagination iléo-cœcale que la laparotomie permit de réduire avec succès. Une semaine plus tard, rechute, on écarte les lèvres de la plaie et on ne trouve que du purpura intestinal. Les injections de sérum gélatineux sont parfois efficaces, mais elles exposent au tétanos si le produit n'est pas absolument stérilisé.
Dans un cas de maladie de Werlhof à forme chronique, Apert et Rabé ont obtenu un bon résultat en donnant le chlorure de calcium, une cuillerée à soupe avant chaque repas de la solution suivante :
Eau 400 grammes.
Chlorure de calcium 10 —