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PIAN

Le pian est une dermatose infectieuse et contagieuse, non héréditaire, d'aspect papillomateux ou verruqueux, qui sévit avec prédilection sur les enfants de la presqu'île Indo-Chinoise, des îles de la Sonde et de beaucoup d'autres contrées d'Extrême-Orient, du Gabon, etc. (Jeanselme, Gaz. hebd. de Méd. et de Chir., 1er déc. 1901).

Étiologie. — Le Cambodge est le principal foyer d'endémie pianique : (' A Pnom-penh, dit Jeanselme, et dans ses environs, presque tous les enfants contractent le dâm-bao, nom cambodgien du pian. »

La maladie est inoculable ; les expériences de Paulet (1848), de Charlouis (1881 ), de Neisser (1906), ont mis depuis longtemps le fait hors de doute en même temps qu'elles séparaient nettement le pian de la syphilis. Cependant Castellani a découvert dans le pian un spirille analogue au spirochète de Schaudinn [Brii. Med. Assoc, juillet 1905). L'éruption apparaît entre le douzième et le vingtième jour de l'inoculation. Le pian est également autoinoculable. Une première atteinte ne confère pas l'immunité d'une façon certaine. Le sang et les sécrétions des éléments éruptifs sont virulents à leur période d'augment et d'acmé, pour cesser de l'être au stade de déclin. Un indigène atteint de pian a pu être inoculé de syphihs (Charlouis).

Le pian est très contagieux : « Quand, dans une case, dit Jeanselme, un enfant est atteint, tous ceux qui, jusqu'alors, avaient été indemnes contractent presque fatalement cette maladie. » L'enfant peut être pris dès sa naissance, quand il tète une femme atteinte de pian, et l'éruption débute alors par la bouche. L'érosion cutanée la plus minime permet l'infection pianique ; toute plaie ou ulcère non pansé peut se transformer en bouton de pian. La maladie n'est pas héréditaire : on ne voit pas les boutons apparaître avant le vingtième ou le trentième jour chez le nouveau-né.

Anatomie pathologique. — La lésion initiale occupera couche papillaire du

derme, dont les vaisseaux sont très dilatés ; les papilles augmentent de longueur en allant de la zone marginale vers le centre du bouton. Le long des capillaires gonflés, on trouve des amas de pla^mazellen montant sous forme de traînées linéaires dans l'axe des papilles. Le réseau élastique du derme a disparu. L'épiderme, épaissi par multiplication des couches du corps muqueux de Malpighi, envoie des prolongements interpapillaires qui s'enfoncent dans le derme. Les cellules superficielles s'aplatissent et se dessèchent formant une croûte sur le papillome. Les capillaires sont encombrés de leucocytes polynucléaires, qui émigrent aussi dans le corps muqueux et forment des abcès miliaires intra-épidermiques. Jeanselme n'a pu déceler de microbes dans les coupes de l'élément, d'ailleurs un peu ancien, qu'il a examiné.

Symptômes. — La période à"* incubation est variable, mais toujours longue (de quinze jours à quelques mois) ; s'il y a eu inoculation expérimentale, cette inoculation se réduit à deux ou trois semaines.

h' invasion est marquée par de la fièvre, du malaise, de l'embarras gastrique, de la diarrhée. De plus on note une céphalée à exacerbation nocturne et des douleurs articulaires et ostéocopes. Peau rude et flétrie, semée çà et là de macules recouvertes d'une fme desquamation, formant des cercles, des anneaux, des dessins irréguliers, de nuance bistrée, rappelant un peu les placards de tricophytie circinée.

A la paume des mains et à la plante des pieds, il se forme une couche cornée épaisse avec plis crevassés.

Puis se montre le premier boulon de pian au pied ou à la jambe, sorte de furoncle dur, surmonté d'une croûte qui cache une ulcération tenace et bourgeonnante. Ce papillome, après être resté stationnaire pendant plusieurs semaines, rétrocède spontanément, laissant à sa place une macule achromique ou une cicatrice lisse, parfois un peu gaufrée. Après la guérison du bouton initial, — souvent plusieurs semaines ou plusieurs mois se sont écoulés, — apparaissent de la fièvre et des douleurs rhumatoïdes qui annoncent la généralisation. On voit naître alors de petits boutons coniques, ponctués de jaune au sommet, entourés d'un liséré rouge à la base, qui ressemblent aux syphilides acnéiformes et ecthymateuses. Ces éléments peuvent rétrocéder ou s'ulcérer. L'ulcère s'élargit et envoie des prolongements entre les papilles, rappelant une mûre ou une framboise {{rambœsia de Sauvages).

Alors le papillome forme une saillie hémisphérique de 1 à 2 centimètres de diamètre, coiffée d'une croûte épaisse et adhérent^.

Si on enlève cette croûte, on voit des végétations molles, de couleur jaune ou rose vif, qui saignent facilement et laissent transsuder un hquide gommeux, fétide, qui se concrète à la surface.

Quelques éléments sont susceptibles d'un plus grand développement (volume d'un macaron). D'autres sont nummulaires, d'autres veloutés, annulaires, réniformes. Le type annulaire, en cocarde, n'est pas rare, même d'emblée. Les anneaux peuvent être incomplets, dessinant entre eux des franges polycycliques. Tous ces éléments peuvent se coifïer de croûtes rupiacées. Des groupes de petits éléments gravitent autour des plus grands,

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