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VERRUES

On décrit sous le nom de verrues des kératoses circonscrites avec hypertrophie des papilles sous-jacentes. Nous laisserons de côté les verrues séniles pour ne nous occuper que des verrues des jeunes sujets, dites quelquefois verrues de croissance. On distingue, au point de vue clinique, deux formes de verrues juvéniles : les verrues communes, très saillantes, très dures, très rugueuses, papilliformes, qui siègent surtout aux mains ; et les verrues planer, qui sont unies, miliaires ou lenticulaires, et occupent avec prédilection la face. Mais je me hâte d'ajouter qu'il n'y a pas de différence de nature entre ees deux ordres de verrues : j'ai vu trop souvent leur coïncidence chez le même sujet pour en douter. Planes et lisses à la face, les verrues peuvent être saillantes, dures, cornées aux mains ; pure différence de siège.

Étiologie. — Les verrues sont rares chez les nourrissons ; elles se rencontrent fréquemment, au contraire, dans la seconde enfance et l'adolescence. Cela tient à ce que les enfants déjà grands sont plus exposés à la contagion dans leurs jeux, à l'école, que les enfants tout petits qui vivent dans un isolement relatif, La transmissibihté des verrues ne fait doute pour personneaujourd'hui; elle exige un contact direct, et c'est le plus souvent en se prenant la main que les enfants se communiquent leur mal. De la maiUj lieu d'élection des verrues, ces productions peuvent s'étendre à la laee, ;S0us l'influenec des attouchements, des grattages. Les parties eouvertes sont respectées. Variot a pu inoculer les verrues avec succès, 11 est donc certain que les verrues sont des productions parasitaires ; mais quel est le microbe pathogène ? G. Kûhnemann (Monat. fiir praki. DermaL, t. VIII) a essayé de le déterminer, comme on va le voir.

Anatomie pathologique. — Les lésions essentielles des verrues sont épidermiques, et, si les papilles sont atteintes, ce n'est que secondairement,, l'état papillaire étant occasionné principalement par la pénétration de la couche épineuse épidermique dans le derme. Il y a prolifération des cellules du stratum dentelé, et secondairement hyperémie du derme avec hypertrophie. Dans le stratum dentelé, Kiihnemann a remarqué, dans les cellules entre les cellules, dans les espaces lymphatiques, des bâtonnets dont la Ion-

gueur ne dépasse pas la5, et qui se trouvent quelquefois dans la couche cornée, rarement dans le derme. Dans les verrues anciennes, les bâtonnets sont moins nombreux que dans les récentes. Cultures positives sur gélatine et sur agar.

Outre la verrue commune et la verrue plane, les jeunes sujets peuvent présenter une forme particulière dite angiomateuse, décrite par V. Mibelli sous le nom d'angiokératome, et par W. Dubreuilh sous celui de verrues îélangiecfas iques .

Symptômes. — Les verrues communes siègent surtout à la face dorsale des mains et des poignets ; elles sont dures, cornées, rondes, saillantes, de volume inégal. Les unes sont grosses comme des pois ou de petits haricots, ce sont les plus anciennes ; les autres sont lenticulaires, mihaires. Elles sont en nombre discret et ne forment que rarement des groupes de plusieurs éléments. Les lésions sont purement objectives ; pas de douleurs, pas de démangeaisons, pas de symptômes inflammatoires. Les fonctions de la main ne sont pas gênées ; cependant, si les verrues occupent les faces latérales des phalanges, elles peuvent entraver l'écriture, la couture.

La marche des verrues est très lente, elle dure des mois et des années ; cependant certains éléments disparaissent assez vite pour être remplacés par d'autres. Quand on examine une main envahie par les verrues, on en voit de tous les âges et de toutes les dimensions. Il y en a une généralement plus grosse que les autres, c'est la verrue mère entourée de verrues filles de différentes générations.

Les verrues planes ont des dimensions moindres ; elles sont moins saillantes, moins colorées, plus nombreuses, plus groupées, en certains points. Elles siègent indifféremment aux mains, aux poignets, à la face, et leurs dimensions sont parfois si minimes qu'il faut les regarder de très près pour les reconnaître. Leur relief est d'ailleurs parfois insignifiant, et le toucher est nécessaire pour s'assurer de leur présence. Quand les verrues planes juvéniles sont très rapprochées les unes des autres, elles simulent le lichen plan ; mais elles ne s'accompagnent pas de démangeaisons, et leur étendue est toujours plus restreinte que celle de la dermatose de Wilson. Sur le front, sur les joues, sur le menton, les verrues planes prennent une teinte jaune chamois, parfois xanthélasmique.

A côté d'éléments aplatis, arrondis, cerclés, on voit parfois chez le même sujet des verrues filiformes, pendulœ, particulièrement au niveau des lèvres. Ces appendices filamenteux, souvent pédicules, toujours mous, constituent les verrues mollusci formes, et c'est avec raison que Kaposi les rapproche du molluscum pendulum, du molluscum fibreux.

Diagnostic. — Les verrues vulgaires, communes, avec leur saillie relativement considérable, leurs fissures, leur coloration noire, leur enveloppe hyperkératosique, pourraient être confondues avec la tuberculose verruqueuse, papillomateuse, de Riehl et Paltauf. Mais celle-ci ne se présente jamais avec un aussi grand nombre d'éléments ; elle a une base plus large, plus irrégulière : elle saigne ou suppure quand on enlève les croûtes qui la recouvrent, elle est douloureuse à la pression. Les nœvi verruqueux, pigmentaires,

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