VITILIGO
Le vitiligo est constitué par une altération accidentelle du pigment cutané (atrophie pigmentaire). qui se caractérise par la présence sur différents points de la peau de taches blanches, rondes ou ovalaires, sans trouble fonctionnel d'aucune sorte. De plus, il faut dire que les taches blanches, que Vachromie, s'accompagnent toujours à leur périphérie de surfaces plus foncées [hyperchromie). Donc le vitiligo n'est pas une simple achromie, mais une dy^^chromie. Le pigment, qui disparaît en certains points, se développe et s'exagère en d'autres points.
Étiologie. — Les causes du vitiligo restent bien souvent indéterminées. On est d'accord pour reconnaître la prédominance du sexe masculin (trois quarts des cas), de la race nègre, des sujets bruns et colorés. Quant à l'influence de la diathèse nerveuse ou arthritique, de l'impaludisme, de la syphilis, des cachexies diverses, elle n'est pas nettement étabhe. Le vitihgo peut se rencontrer chez des enfants bien portants. Je l'ai vu coïncider, chez un garçon de sept ans, avec la dyspepsie atonique, la lithiase intestinale, l'hypertrophie hépatique avec achohe. On a accusé la syphihs.
Ânatomîe pathologique. — Au niveau des taches achromiques, on note l'absence de granulations pigmentaires dans les cellules profondes du réseau de Malpighi ; on voit au contraire l'exagération du pigment à la périphérie des taches. A ces lésions de l'épiderme, Leloir a ajouté des altérations nerveuses : névrite parenchymateuse, pigmentation de la myéline, multiphcation des noyaux, parfois disparition du cyHndraxe.
Symptômes. — Le début est insidieux et passe inaperçu dans les parties couvertes. On voit, sans Cause appréciable, sans aucun phénomène réactionnel, se développer des taches rondes ou ovales, blanches, entourées de cercles brunâtres, fortement pigmentés, comme si le pigment était refoulé du centre à la périphérie. D'abord petites et dispersées, les taches de vitiligo gagnent en surface, se fondent entre elles et forment alors des traînées plus ou moins longues. Souvent ce sont les parties brunes et hyperpigmentées qui attirent
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d'abord l'aLtentioii ; au cou, elles simulent les syphilides pigmentaires. On est parfois très embarrassé pour discerner quelles sont les parties malades parmi les surfaces colorées et celles qui ne le sont pas. Au niveau des taches vitiligineuses, la peau est d'un blanc mat, laiteux, neigeux ; elle a conservé sa souplesse, son épaisseur, ses caractères physiques. Les poils se décolorent généralement au niveau des plaques.
Les taches ont de la tendance à s'accroître incessamment et procèdent sans ordre à l'envahissement irrégulier de tout le corps ; quelquefois, pourtant, elles affectent une disposition symétrique.
Le pronostic est bénin, car aucune fonction importante n'est compromise, mais la maladie est quasi incurable.
Diagnostic. — Le diagnostic repose sur l'apparence des taches, leur forme, leur dissémination, sur l'hyperchromie qui les entoure, sur l'absence de réaction locale ou générale. On reconnaîtra aisément les éphélides, le pityriasis versicolor, la maladie bronzée, la syphilide pigmentaire, les taches cicatricielles, la lèpre maculeuse. L'albinisme est une difformité congénitale de la peau caractérisée par l'absence de pigment en certains points, sans hyperchromie autour d'eux ; les poils eux-mêmes sont blancs, l'iris est rouge. Quand l'albinisme est localisé, il donne l'apparence des animaux pies.
Traitement, — Tout a été essayé sans succès ; E. Besnier recommande les injections de pilocarpine. Wladimiroff a obtenu un succès partiel avec l'arsenic chez un garçon de six ans {Arch. fur Kind., 1897).